Monday, October 29, 2007

ENTRE ROBOTS ET FAUTEUILS ROULANTS

Qui aurait cru que le fauteuil roulant pour handicapés ou vieillards impotents devienne un jour un modèle pour penser la mobilité urbaine du futur?

Et pourtant ...

Aux Etats-Unis, il suffit de se promener à Las Vegas, dans les centres commerciaux ou à Disneyland, pour voir que le fauteuil roulant électrique est devenu un moyen de transport à part entière (notamment pour les obèses !!)

Mais les plus en avance dans cette démarche, sont une nouvelle fois les constructeurs japonais, qui aujourd'hui démultiplient les petits concept-car d'une place.

Cette production se fait sous une double influence.

D'abord celle du vieillissement de la population nippone, et la nécessité de proposer des engins adaptés aux déplacements de proximité, le fauteuil roulant est apparu comme une réponse naturelle. Restait à la caréner autrement. Chose faîte aujourd'hui par la plupart des constructeurs (Honda, Suzuki ...)

Aujourd'hui son utilisation est tellement banalisé que certains quartiers de Kyoto ou de Takayama bénéficient d'équipements pour faciliter leur circulation et leur parking.

L'autre influence est celle des mangas qui ont banalisé dès les années 70 avec Mazinger et Goldorak, le robot comme véhicule à part entière. Dans cette lignée, on ne peut que remarquer la très grande cohérence des propositions de Toyota qui en 2005 présentait ses "scienfictionesques" concepts I-Foot et et I-Unit qui aboutissent aujourd'hui à l' I-Real ou à l' I-Swing (voir photo). Le point fort de ce constructeur est d'avoir réussi à totalement "démédicaliser" le fauteuil roulant pour en faire un moyen de transport branché ... et désirable par toutes les générations.

De façon plus large, on peut se demander si les constructeurs japonais n'ont pas inventé là un nouveau type d'engin qui va apporter enfin une solution satisfaisante à l'ambition de créer des offres de voitures en libre service.

En effet, si aujourd'hui, certaines municipalités imaginent développer ce type de service de voiture en libre accés à l'image des Vélib parisiens, aucun grand constructeur traditionnel n'est capable de proposer un tout petit véhicule électrique adapté à ce type d'offre avec les véhicules directement installés sur la voirie (voir projet présenté en illustration)

De façon encore plus prospective, Suzuki imagine aujourd'hui avec son concept PiXY (voir photo) un véhicule pouvant transporter sur une longue distance deux "fauteuils roulants", ceux-ci pouvant ensuite retrouver leur autonomie dans les zones urbaines centrales qui seront de plus en plus interdites aux voitures.

Il s'esquisse là des pistes qui montrent combien la voiture dans sa forme actuelle est probablemnt en fin de vie, et que l'enjeu des années à venir va être d'inventer de nouveaux type de véhicule qui se situeront entre le scooter et la voiture. Un segment aujourd'hui totalement vide et qui pourtant va devenir dans les prochaines années un enjeu industriel et serviciel majeur.

Deux questions - un peu cruelles - pour finir :
- Où sont les projets des constructeurs français sur ce sujet ?
- Leur faudra-t-il attendre, comme pour le moteur hybride, que les Japonais aient pris 10 ans d'avance pour réagir et enfin commencer à penser autrement le véhicule de demain ?

Sunday, October 28, 2007

ET AILLEURS ILS ONT QUOI DANS LA TETE ?


Ce Carnet propose un vaste panorama de choses vues lors de notre Tour du Monde qui nous a conduit à visiter 19 pays au cours d'un périple de onze mois...

Nous y parlons de vieillards japonais dans des robots, de voitures light, de villes canyons, de casinos verts, des nouveaux imaginaires climatiques, de jeux vidéo, des glaciers de Patagonie, de la Google Car et de la Apple car, de maisons de paille néo-zélandaises, de bus argentins, de villes privées indiennes, de villes 3.0, de l'évolution possible de la téléphonie japonaise, de drogue et de narco-urbanisme, de centres commerciaux en glace, du métro de Bangkok, d'architectures climatiques australiennes, de dirigeables virtuels, de trains japonais, de beaux - mais fictifs - projets chinois, de Liquid city, de paquebots à voiles, de villes arabes écologiques, d'îles flottantes au Pérou, de la voiture du futur qui pourrait ressembler à un fauteuil roulant... mais aussi de plein d'autres choses.

Bref, ce Carnet parle des nouveaux imaginaires et de leurs conséqunces sur les développements urbains.

ET AILLEURS ILS ONT QUOI DANS LA TETE ?

La mutation californienne
Et si les Etats-Unis avait de l'avance sur la mobilité verte ?
Les stimulis asiatiques
Et si le rickshaw ... ?
Les perspectives japonaises
Du rôle des mangas
Du rôle des seniors
Les nouveaux imaginaires du mobile
Vers une Google Car ?

Réflexions sur la verticalité des villes et de leurs rues

Après-demain, ou du rôle de la science fiction
Aujourd'hui. BKK, Tokyo, HK et autres villes d'Asie
Demain. Les projets chinois
Et si BKK et HK ?
Et si la ville se faisait de l'intérieur ?
Entre fictions et virtuel
SL, après BKK et HK ?

Réflexions sur les nouvelles relation ville/nature

Quand le shopping défriche ...
Entre Osaka, Fukuoka, Singapour ...
Vers de nouvelles relations ville-nature
Quand le shopping révèle ...
Réflexions sur les nouveaux imaginaires climatiques

Quand le froid devient désirable
Le pingouin, animal du XXI° siècle ?
Vers une archi iceberg ?

Réflexions sur un monde trop chaud et trop sec

La mutation australienne
Architecture light
Urbanisme dense
Les nouvelles pistes arabes
Et si c'était là ... ?
Réflexions sur un monde trop humide

La préoccupation mondiale
Les angoisses américaines
Les pistes hollandaises
Réflexions sur un monde plus inégalitaire et plus violent

Quel modèle urbain ?
Le cas indien
Vers une banalisation des villes privées
L'exemple sud-américain

POURQUOI LA VOITURE A-T-ELLE AUSSI PEU ÉVOLUÉ DEPUIS 50 ANS ?


POURQUOI LA VOITURE A-T-ELLE AUSSI PEU ÉVOLUÉ DEPUIS 50 ANS ?
ET SI AUJOURD'HUI ELLE ÉTAIT CONDAMNÉE A TOTALEMENT SE REINVENTER ?

Pourquoi les voitures d'aujourd'hui ressemblent-elles encore autant aux voitures des années 60 ?
Et si les voitures actuelles ne correspondaient plus aux nouveaux imaginaires de la mobilité urbaine ?
Et si, face aux contraintes environnementales, énergétiques et urbaines, la voiture devait totalement se réinventer ?
Et si c'était Google ou Apple qui inventaient la voiture de demain ?
Bref, et s'il fallait tout remettre à plat pour penser la voiture de demain ?

Ces questions partent d'un constat : la voiture ayant peu évolué depuis les années 50, elle est aujourd'hui incapable de répondre de façon satisfaisante aux nouvelles contraintes environnementales qui s'imposent à elle, ni aux nouvelles attentes des consommateurs et encore moins aux nouveaux imaginaires de la mobilité urbaine.

Ce constat s'appuie sur nombreux éléments. Citons en deux, mais on aurait pu rallonger largement la liste.

Sur le plan environnemental, d'abord. Même si les constructeurs ont fait de gros efforts en matière de motorisation ces dernières années, les dégâts automobiles en matière d'environnement vont s'accentuer dans les années qui viennent. Car si les voitures sont moins polluantes, elles sont aussi toujours plus nombreuses.

Ensuite sur le plan des nouvelles attentes et des nouveaux imaginaires. Il est clair aujourd'hui que dans les pays riches, la voiture ne fait plus autant rêver, et que les jeunes générations ne se reconnaissent pas dans les modèles proposés. Au Japon, une récente enquête montre que seuls 13 % des 20 à 40 ans habitant la région de Tokyo possèdent une voiture. Ils étaient 23,6 % en 2000. Mais plus significatif encore, cette enquête financée par les constructeurs automobiles montre que l'envie de posséder une voiture a pratiquement diminué de moitié en sept ans : la proportion est aujourd'hui de 25,3 %, contre 48,2 % lors du même sondage réalisé en 2000 !!! Yoshinobu Shigenaga, membre de Association japonaise des concessionnaires automobiles, expliquait récemment "Les jeunes n'aiment pas les voitures. Ils préfèrent consacrer leur argent aux services sur téléphones portables et aux jeux vidéo."
On ne peut mieux résumer la mutation des imaginaires de la mobilité urbaine !!!

Alors face à ces mutations, les constructeurs tentent de renouveler leur approche de l'automobile en proposant régulièrement des concepts car plus ou moins réalistes qui ont le grand mérite de montrer que le modèle de la berline jusque là ultra dominant, n'est pas un modèle inéluctable et qu'il est même, peut-être, en fin de vie.

Mais dans ces conditions comment expliquer que les modèles qui sortent aujourd'hui, ou ceux prévus dans les années 5 à 10 ans qui viennent, soient aussi peu en rupture avec les modèles actuels ?

Comment expliquer que face aux bouleversements économiques, écologiques, culturelles qui s'annoncent, l'industrie automobile ne remette pas totalement en cause ses façons de penser l'objet voiture ?

Des questions qui amènent à se demander si, en fin de compte, la voiture ne se renouvellera réellement que par l'arrivée de nouveaux acteurs jusque là extérieurs au monde de l'automobile ? Alors pourquoi ne pas imaginer une Apple Car ou une Google Car, un peu comme Nike a imaginé son concept-car Nike One ?

Rappelons que ce ne sont pas les constructeurs de calèches qui ont inventé l'automobile !!!

C'est pour aborder toutes ces questions sur le devenir de l'objet "voiture", que nous avons invité le vendredi 30 novembre à notre Atelier

Patrick BERTHOLON, Prospective design Renault
Charles WASSMER, directeur de la Prospective du Groupe PSA

L'Atelier sera animé par François BELLANGER, qui en introduction présentera "AUTO(S) - La fin d'une certaine histoire ? "

Cet Atelier s'inscrit dans la continuité d'autres réflexions sur les nouveaux imaginaires de la mobilité, et dans le cadre d'une réflexion beaucoup plus large appelée VILLE(S) 3.0, lancée en juin 2006, sur les nouveaux imaginaires urbains.

toutes les infos sur : www.transit-city.com

Nous contacter : contact@transit-city.com

Saturday, October 27, 2007

LES NOUVEAUX IMAGINAIRES DE LA MOBILITÉ


A l’heure où la culture du manga, du jeu vidéo, du sportswear, de l’Internet et de la téléphonie mobile envahit les sociétés occidentales, les façons d’appréhender la mobilité urbaine connaissent une évolution sans précédent. La nouvelle donne socioculturelle des années 2000, à grands renforts de marketing et de pubs, amène en effet à s’interroger sur la pertinence des logiques traditionnelles de déplacement.
Depuis le XIXe siècle, pour faciliter la mobilité en ville, les opérateurs de transport public raisonnent en termes de tramway, bus, métro ou encore « bus à haut niveau de service ». Leur leitmotiv : des transports toujours plus rapides, fluides, accessibles, sûrs, non polluants, automatiques, avec des systèmes d’information-voyageurs performants, des services en station et à l’intérieur des véhicules, etc. Ces ambitions louables ont certes contribué à améliorer la qualité des offres et à promouvoir l’utilisation des transports collectifs. Mais est-ce aujourd’hui dans ces modes de déplacement lourds que se reconnaissent les nouvelles générations ? Tramways et métros correspondent-ils encore aux imaginaires modernes de la mobilité urbaine ?

N’en déplaise aux opérateurs de transport public, ce sont désormais Google, Nike, Sony ou Apple qui surfent sur les thèmes de la fluidité et de l’autonomie et qui sont devenus les univers de référence en matière de mobilité. En l’espace de quelques années, ces marques se sont accaparées les valeurs de « mouvement » et ont profondément modifié la façon d’envisager les déplacements en ville. A tel point que ce sont elles qui réinventent aujourd’hui la mobilité urbaine : dans l’imaginaire des jeunes, se déplacer signifie désormais chausser sa paire de basket, avoir son baladeur mp3 sur les oreilles. C’est un fait, tramways et métros ne font plus rêver. Les générations actuelles ne se projettent plus dans ces moyens de transports qui n'ont pas su renouveler leurs imaginaires désuets. Le constat est là : un profond décalage s’est installé entre les logiques traditionnelles de transport public et les nouvelles aspirations des jeunes.

Pour les opérateurs de transport, il n’y a donc pas d’autre solution que d’intégrer cette nouvelle culture mondiale et ludique de la mobilité. S’ils veulent ne pas être hors-jeu, une révolution de leur appréhension des déplacements est à effectuer. Sans doute cela passe-t-il d’abord par une politique d’innovation et de marketing totalement décomplexée : libérer la créativité, proposer des services et produits audacieux, bousculer les attentes, raconter les transports différemment, engager un autre rapport aux déplacements, etc. Autant de pistes possibles pour se forger une image moderne auprès des collectivités locales et des voyageurs. Et pour reprendre la main sur les entreprises de grande consommation, de loisirs et de communication qui accaparent pour le moment les images novatrices de la mobilité. Inventer les déplacements de demain : telle est semble-t-il la condition pour que le transport public suscite de nouveau le désir et fasse encore un peu rêver.