Thursday, April 24, 2008

LA TRANSPARENCE MAGIQUE DU METRO DE MADRID









Voilà, c'est tout simplement superbe.

C'est une publicité pour le métro de Madrid, et cela fait rêver.

C'est visible

Et pendant que vous y êtes, regardez aussi ce spot, c'est probablement le plus poétique jamais réalisé en faveur d'un métro.

Et si vous voulez voir comment le métro de Madrid s'est exporté dans un village philippin, regardez cela

Wednesday, April 23, 2008

"L'ARCHITECTURE A L'HEURE DE LA CONVERGENCE DES CATASTROPHES"


Il y a certain jour magique, ou vous trouvez par hasard un texte parfait. Un texte qui synthétise comme par enchnatement, et avec talent, ce que vous pensez de l'architecture contemporaine et de l'évolution urbaine.

Ce texte, titré "Qui construira l'arche ?", le voilà.

"A la veille d'une urgence mondiale sans précédent, alors que les températures, le prix du pétrole et des aliments, la population des bidonvilles et la violence urbaine croissent tous à l'unisson, la pratique architecturale dominante (mainstream) n'a jamais semblé aussi blasée, aussi autoréferentielle, et aussi moralement déplacée.

De fait le milieu des célébrités architecturales ressemble de plus en plus à un culte apocalyptique, adorant les hyperboles socio-économiques et l'architecture in-soutenable de Dubaï et de Las vegas.

Sur une planète où plus de deux milliards d'individus subsistent avec moins de deux euros par jour, ces mondes chimériques encourageant des désirs - pour une consommation sans limite, pour une exclusion sociale totale, pour la sécurité physique et pour une monumentalité architecturale - qui sont de toute évidence incompatibles avec la survie écologique et morale de l'humanité.
"

Ce texte qui émane de la Société française des architectes, est destiné à annoncer une conférence que donnera Mike Davis, le vendredi 6 juin prochain au Studio des Ursulines à Paris sur le thème de "l'architecture à l'heure de la convergence des catastrophes" Cela devrait être un excellente complément à notre Atelier du 23 mai sur le thème "Et si on avait pas assez peur ?".

Mike Davis est cet écrivain américain, théoricien des questions urbaines, connu pour ses ouvrages City of quartz, Magical Urbanism et Planet of Slums.

Il développe depuis quelques années un discours très dur, mais très salutaire sur le modèle de Dubaï, dont nous avons déjà parlé. Voir

Tuesday, April 22, 2008

QUAND NEW-YORK NOIE SES METROS

Le 8 août dernier, un violent orage doublé d'une défection des pompes de secours noyaient le métro de New-York et créaient l'un des plus gros embouteillage qu'ai connu Manhattan. Se mirent en place des stratégies de déplacements assez inédites, les radios locales incitant notamment les automobilistes à prendre avec eux les gens qui faisaient du stop ... contre un montant forfaitaire de 5 $. Business as usual

Voir les photos de la journée et le récit de la grande pagaille, .


C'est le genre d'événement dont je n'aurai pas forcément pensé évoquer dans ce blog, si je n'étais tombé sur ce reportage photographique dans le New-York Times, qui montrait comment les anciennes rames de métros étaient jetées à la mer, pour servir de refuge aux poissons.

Voir le reportage du New-York Times;







Des images étonnantes qui sont immédiatement rentrées en résonance avec le réseau noyé du mois d'août, comme si le métro de N-Y avait vocation, d'une façon ou d'une autre, a finir sous l'eau.

Un scénario pas forcément improbable et sur lequel travaillent déjà certains urbanistes.
Voir, entre autres,


PS / Ceci est une lointaine digression par rapport à ce que je raconte au-dessus, mais cette histoire de métro sous l'eau m'a aussi rappelé ce superbe livre de Colum McCann, The Side of brightness (Les Saisons de la nuit, en français). L'auteur irlandais y raconte, entre autres, le percement du métro sous l'Hudson au début du XX°, et les terribles conditions de travail que connaissaient les ouvriers sur le chantier avec, notamment, de nombreux accidents liés aux infiltrations d'eau. Si vous ne l'avez pas lu, précipitez vous dessous. Vous devriez vous régaler et, après, ne plus regarder New-York et son métro de la même façon.

Monday, April 21, 2008

QUAND IKEA S'OCCUPE DES METROS JAPONAIS



Non malgré les apparences, ce post n'a rien à voir avec le précédent sur les nouveaux trains japonais.

Les photo ci-dessous ne sont pas la préfiguration du métro de demain, mais un joli coup de pub monté par Ikéa à Kobé, où la chaîne suédoise vient d'ouvrir un magasin. Situé sur l'île artificielle de Port Island, le magasin est desservi par cette ligne de métro léger.
Plus d'infos et de photos,

Si, bien sur, on peut regretter que ceci ne soit qu'un opération ponctuelle (jusqu'au 16 mai), on peut aussi constater que parfois qu'il manquerait peu de chose pour rendre le métro désirable et confortable. Juste un peu d'imagination et de courage créatif, ... ce qui n'est malheureusement pas toujours le point fort des opérateurs de transports.



Avec ce métro ultra-cosi, Ikéa n'en est pas à son coup d'essai. La marque avait, en effet, déjà monté une opération similaire à New-York en mai 2006, en réaménagent différents mobiliers urbains de la ville, dont des abri-bus.


Et là, tout d'un coup, on ne regarde plus les transports en commun de la même façon.

Wednesday, April 16, 2008

LES NOUVEAUX IMAGINAIRES DES TRAINS JAPONAIS

Voyager en train au Japon, ce n'est pas seulement voyager dans le réseau ferroviaire le plus fiable et le plus performant du monde, c'est aussi découvrir une nouvelle approche du train.

Le look et le design de ces derniers correspondent, en effet, à des imaginaires souvent très éloignés des codes occidentaux.

Il n'est pas rare d'avoir l'impression de voir des trains jouets, des trains fusées voir certains sortis carrément des Pokemon.


Cette diversité des formes est liée bien évidement à la concurrence que se livrent les différentes compagnies de chemin de fer, mais aussi aux univers et aux imaginaires véhiculés depuis plusieurs dizaines d'années par des séries télévisées telles The Galaxy Railways ou Galaxy Express 999 , qui présentent les trains comme de véritables vaisseaux spatiaux.

On peut d'ailleurs parfois se demander "qui copie qui ?" quand on compare les images tirées de ces mangas ou anime avec les plaquettes officielles des compagnies.

Mais aujourd'hui, trente quatre ans après la mise en service du premier Shinkansen, l'imagerie de la fusée ou du jouet commence à s'épuiser. Elle ne correspond plus forcément aux attentes des Japonais en matière de transport ferroviaire (voir, "Et si la vitesse c'était fini ?").

Preuve en est la récente campagne deployée notamment sur l'île de Kyushu, au sud de l'archipel, où le train n'est plus présenté comme un bolide, mais au contraire comme un moyen extraordinaire de redécouvrir les beautés naturelles du pays.
Une redécouverte qui passe aussi par les valeurs ancestrales du Japon comme le montre cette superbe campagne en faveur du Tsubame, le shinkansen de l'île du sud qui sera bientôt connecté au reste du réseau grande vitesse du pays.

Tout l'aménagement de ce train sent bon le Japon traditionnel avec des codes et des matériaux que l'on a peu l'habitude de trouver dans les trains.



Mais on pourrait aussi dire la même chose du Kamome dont l'intérieur à dominante bois montre que l'intérieur d'une voiture peut être un formidable espace d'innovation et de confort dépassant largement l'exercice de style assez minable fait en France par le couturier Lacroix pour le TGV.
A noter aussi la baie vitrée qui permet un rapport au paysage extérieur très agréable. A chaque fois que j'ai pris ce train, j'ai passé plus de temps debout à cet endroit là, qu'assis sur mon siège.


Pour aller plus loin, voir notre Cahier TRAINS VISIONS .

Sunday, April 13, 2008

AÉROPORTS : ENTRE DENTELLE ET NOUVELLES AILES

Certains post n'ont pas besoin d'être bavards, les images - et surtout leurs rapprochements - en disent souvent plus et mieux.
C'est le cas aujourd'hui, autour de l'évolution de la forme des aéroports et de la possible évolution de la forme des avions gros-porteurs demain.

Ci-dessous, c'est le futur terminal réservé à la famille royale d'Arabie Saoudite, que se prépare à faire construire Rem Koolhaas, lauréat en juillet du concours pour l'aéroport international de Djeddah, situé près de la Mecque.



Ci-dessous, ce sont les photos du futur terminal 3 de l'aéroport de Shenzen que vient de se voir confier Massimiliano Fuksas.
Vous apprécierez la structure en dentelle qui n'est pas sans rappeler le travail de broderie prévu pour Jeddah



Mais ce qui m'a le plus marqué dans ce projet c'est sa forme. Cela commence comme un avion classique et fini comme une aile volante.




En voyant ce projet chinois, j'ai immédiatement pensé à la forme des avions et à leurs évolutions possibles demain.







Tuesday, April 08, 2008

ET SI LE RICKSHAW ÉTAIT L'AVENIR DE LA VOITURE ?


Sous le titre Don’t benchmark India’s engagement in Africa against China’s, C. Raja Mohan, professeur indien d'économie, a fait paraître dans The Indian express, daté du 8 avril, un article très révélateur sur certaines mutations qui agitent actuellement notre planète.

Cet article, lié au Sommet Indo-Africain des 8 et 9 avril, pourrait apparaître comme une attaque de plus contre les Chinois, dont les Indiens sont à la fois jaloux et admiratifs.
Le complexe de l'ancien colonisé via à vis de l'Angleterre est en train d'être remplacé, en effet, par le complexe vis à vis de la Chine. Il n'est pas rare qu'un Indien vous explique que si la Chine a réussi grâce à ses bras et son industrie, l'Inde va réussir demain, elle, grâce à ses "cerveaux". Et tout l'article de Raja Mohan, même si celui-ci vit essentiellement à Singapour, s'inscrit dans cet état d'esprit.

"Despite “losing” some major resource contracts to China, India has consciously avoided many elements of the China model in Africa. It has neither imported Indian labour into Africa nor has it sought to undermine the local industry. It has placed special emphasis on capacity building and human resource development. New Delhi has also focused on the transfer of intermediate technologies and facilitating the development of agriculture and related industries in Africa." (...) "Although seemingly less efficient, India’s Africa policy is more broad-based and capable of high endurance. The Indian private sector is also more sensitive to local risks that the state-driven Chinese strategy is not always good at managing."

Alors pourquoi je vous parle de cela ? Car ces dernières phrases sur le secteur privé indien me paraissent rejoindre certaines de nos réflexions notamment sur le futur de la mobilité motorisée et sur l'apparition de nouveaux modèles inspirés des pays pauvres.

Une évolution que nous avons tenté de synthétiser sous le concept de Light Mobility, et qui est née d'un constat simple : le modèle de la voiture occidentale est aujourd'hui à bout de souffle (et le sera encore plus demain !!!) et il va falloir inventer ou réinventer de nouveaux types de véhicules.
Voir entre autres sur ce sujet

Dans ce cadre, le rickshaw est certainement l'une figure porteuse de la mobilité motorisée de demain non seulement dans les pays pauvres, mais aussi dans les pays riches et développés
Et l'hypothèse que l'Inde avec ses rickshaws puisse être une alternative au modèle automobile traditionnel, semble aujourd'hui se confirmer.

Pour les pays pauvres, c'est presque une évidence. En Amérique centrale, il suffit de crapahuter à gauche et à droite pour rencontrer de multiple formes de rickshaws revus et corrigés. Ce sont eux qui assurent l'essentiel de la mobilité urbaine en relais des chicken bus

Mais aujourd'hui ce succès du rickshaw - et c'est une nouveauté - se développe en aussi Afrique.


J'en veux pour preuve l'étude passionnante réalisée par un jeune anthropologue, Philippe Tastevin, sur la montée en puissance du trois roues en Egypte.

Titré "L'autorikshaw en Egypte : une épopée provinciale" son travail a été publié récemment dans "Villes et urbanisation des provinces egyptiennes. Vers l’écoumènopolis ?", aux éditions Karthala/Cedej.

Son texte se lit comme un roman. Il y raconte comment suite à une faillite, un homme d’affaire égyptien marié à une indienne décide en 2000 de retourner en Inde à la recherche de nouveaux business.

ll y découvre l’autoricksaw. C’est dans la ville de sa belle famille que germe l’idée, cette ville dans laquelle il n’est plus venu depuis 28 ans, que cet ingénieur en mécanique décèle le truc, qui pourrait marcher dans son pays. Ses premières investigations auprès des chauffeurs sont pleines de promesses. L’investissement dans la machine apparaît aussi profitable que populaire. L’idée vient donc de là, de la découverte à domicile du triporteur indien, dans la ville de son principal constructeur. Le défi s’impose de lui-même : pourquoi ne pas tenter la même expérience en Egypte. Les usages en vigueur à Puna ne semblent-ils aisément reproductibles à Simbâlawayn ? "


Et là commence une histoire qui va peu à peu tout changer dans un certain nombre de petites villes égyptiennes.
"Au village, le passage de deux à trois roues transforme radicalement la mobilité de proximité. Alors qu’il était impensable pour les femmes de parcourir la campagne à califourchon derrière un motard, le triporteur leur permet enfin d’accompagner les hommes dans des déplacements, qui n’ont jamais été aussi nombreux. Au village le passage de deux à trois roues transforme radicalement la mobilité de proximité. L’usage se féminise et la moto disparaît."

Et Philippe Tastevin de souligner quelque chose que l'on a trop tendance à ignorer, à savoir que ce succès du Tok-Tok
"nous obligent à déplacer notre regard en suivant les nouvelles routes commerciales du Sud au Sud." C'est une petite révolution, et on y revient très bientôt.

Mais ce succès du rickshaw, nous oblige aussi à nous interroger sur nos modèles de mobilité motorisée dans les pays riches. Vous trouverez ci-dessus, quelques slides d'une réflexions que je conduis actuellement sur nos nouvelles références. Et où l'on découvre, que certains pays avaient peut-être dessiné, il y a cinquante ans, tous les éléments de la mobilité urbaine de demain.