Friday, July 23, 2010

PLASTIKI






Quelques images du Plastiki, avant d'interrompre ce blog un mois pour cause de course au large.

Bon vent à tous.


Wednesday, July 21, 2010

THE ICE ROAD TRUCKERS AND THE EMERGENT NORTH







Les photos ci-dessus sont issues d'un reportage réalisé par Michael Ericsson sur la fameuse Tibbitt to Contwoyto Winter Road dans le grand nord canadien.

Cette route entretenue et gérée dans le cadre d'une joint-venture entre les principaux groupes miniers installés dans la région (Echo Bay Mines Ltd, BHP Billiton et Diavik Diamond Mines Inc, une filiale de Rio Tinto Group ) a une vocation purement industrielle, celle de permettre l'évacuation des différents minerais tirés des immenses mines à ciel ouvert, comme celle de Diavik, ci dessous (Plus ).



"Each year, the North's mining industry constructs what is arguably the world’s longest heavy haul ice road, which stretches 600 kilometres (360 miles) into Canada’s northern tundra.

It is a region served by no other highways and for 10 months of the year accessible only by air.
" (source )



La principale particularité de cette route étant d'être construite sur de la glace et dans un univers particulièrement hostile, elle suscite de nombreux fantasmes, notamment en matière d'accidents, même si ceux-ci sont dans la réalité très peu nombreux.



En 2007, sur les 11 000 camions qui l'ont utilisé, seuls neuf ont eu des problèmes dus notamment à un affaissement de la couche de glace, et on ne compta parmi les chauffeurs qu'un blessé léger. Soit statistiquement beaucoup moins que les accidents enregistrés par exemple sur les pistes australiennes par les road train

Mais qu'importent ces chiffres, le cadre et la vie de ces "routiers de l'extrême" est trop beau pour ne pas être survendu et magnifié, comme l'a fait récemment History Channel avec sa série Ice Road Truckers, dont la campagne de promotion (voir ci-dessous) mixait les univers du " Salaire de la peur " et ceux de " Brokeback Mountain ".
La suite logique de cette démarche étant évidement le jeu vidéo ( , dans sa version la plus basique) téléchargeable sur i-Phone ( )



Si je vous parle de cela aujourd'hui, c'est que la grand nord canadien étant promis a un fort développement économique du fait de la richesse de son sous-sol ( voir et ) et de l'ouverture probablement très prochaine du passage du Nord-Ouest, ces contrées jusque-là glaciaires et désertiques vont subir une pression écologique auxquelles elles sont peu préparées.

Ces territoires deviennent donc depuis quelques années l'objet d'un nouveau type de réflexions urbaines et architecturales. Et c'est justement cette démarche que le Conseil des Arts du Canada a tenu à saluer la semaine dernière en attribuant son Prix de Rome en architecture (sic) à l'agence Lateral Office basée à Toronto, pour son travail Emergent North.

" Lateral Office’s founding partners, Lola Sheppard and Mason White, will use the prize funds to travel to the Arctic to pursue their research proposal entitled Emergent North.

The travel research continues an ongoing investigation and documentation of cold-climate settlement forms, issues, and vernacular innovations in the Circumpolar region.

Emergent North looks at the challenges and opportunities of the public realm, civic space, landscape, and infrastructure emerging from a unique geography
."


Evidement dans ce cadre, le problème de la sécurisation et de l'aménagement de la Tibbitt to Contwoyto Winter Road est abordée ( image juste ci-dessous ), mais les réflexions de Lateral Office vont beaucoup plus loin avec notamment leurs concepts de Caribou Pivot Stations ( quel nom génial !! ) et de Liquid Commons. (Cliquer sur les images pour en savoir plus. )




Sur un sujet proche, Lateral Office avait proposé, dans le cadre du concours d'idées Bering Strait Connection un projet intitulé IceLink fondé, lui, sur des relations ferroviaires.

" In a wide sense, it includes building a tunnel or a bridge at both ends of the strait, extending [the] existing railways of the United States and Russia, and laying a world highway around the coasts of the world, which requires a massive amount of construction. "




Sur ce sujet, mais de façon plus fictionnesque, voir aussi, .

Monday, July 19, 2010

BANAL ET QUOTIDIEN


C'est tout sauf spectaculaire. Ce sont juste de petites zones industrielles et commerciales comme il en existe des milliers en Europe du Nord, avec les pavillons qui parfois les entourent.

Ces oeuvres discrètes et terriblement quotidiennes dans la lignée du travail d'Edward Hopper ou de Bernd et Hilla Becher, sont celles des artistes allemands, Kocheisen + Hullmann.

On retrouve dans ces toiles la même vacuité urbaine que dans les banlieues américaines vues, ci-dessous, par le dessinateur américain Chris Ware.

Une image qui prend une autre dimension quand elle accompagnée d'un superbe texte d'Octavio Paz, comme c'est le cas ici.

Ou la preuve de la triste mondialisation du modèle de la suburbia américaine dont l'origine est très bien analysée et expliquée par les toujours décapants Noam Chomsky, Peter Galison et Mike Davis. A lire absolument.

Une histoire que Robert Crumb avait lui, de son côté, merveilleusement résumé dans sa fameuse "A Short History of America"

Monday, July 12, 2010

LIVRET DES VILLES DU DEUXIÈME MONDE

" Déclaration : Or ce monde n'est pas seul. Il est un deuxième monde. Le voir c'est l'imaginer. L'imaginer c'est lui permettre de se dérober. C'est dans cette dérobade qu'il faut tenter de le "voir". C'est dire : être disponible, et prêt à tout.

Précision : Ce deuxième monde défait le réel. Il se profile dans le remous des futurs avaleurs de passé. Il bourgeonne dans le trouble d'un chaos génésique. Il appartient aux hommes car il naît d'eux, de leur imaginaires ou de leur industrie. Mais tous les hommes ne le voient pas. Moi, j'ai vu. Ou cru voir certains de ses côtés : impossible et inutile de tenter d'en percevoir l'entier. Il faut aller en ses principes comme divination. J'ai vu. Et à chaque fois je n'ai vu que des villes.

Précision : Le deuxième monde n'est pas une ville.

Précision : Le deuxième monde n'est pas un monde urbain. Mais l'urbain l'a frappé.

Précaution : Disons "ville", en attendant de trouver le mot juste. Sans être sûr qu'il en faille un.
"
(...) "J'ai vu dans leurs ruelles errer ensemble de vieux conquistadores, couverts du grincement de leurs armes rouillées, des maîtres de bateaux qui trafiquaient la chair humaine, des réfugiés aux yeux brillants qui fuyaient les contrôles, des chasseurs aux arcs devenus inutiles et qui se sentaient libres, les polices urbaines et les vieux chevaliers, les marins en bordée et les immigrés, chauffeurs routiers, motards, barmans, rois et présidents, les dictateurs et les pères de familles obsolètes qui vivotaient de-ci et de-là ...

Certaines conservaient encore (sans comprendre pourquoi ) d'immenses statues corail blanc. D'autres - plantées comme au centre de pistes caravanières, dans des noeuds d'autoroutes ou des complexes d'aéroports, de gares pour trains à grandes vitesse reliant des Chine et Méditerranée, des Sahara et des Amazonie, des terres à soie et des îles à épices - couvraient leurs murs de mosaïques cousines de celles de Samarkand qui célébrèrent si bien les grandeurs de l'Islam."
Ces quelques lignes sont extraites du magnifique "Livret des villes du deuxième monde" de Patrick Chamoiseau

L'image vient, elle, du très stimulant "Al Manakh 2 - Gulf Continued " qui nous décrit une nouvelle réalité urbaine et mobile encore trop inconnue.

Thursday, July 08, 2010

NEW HUB FOR NEW SUBURBIA ?

Repenser la suburbia implique-t-il de repenser le rôle du train et de la gare ? Si c'est une évidence en Europe et en Asie, c'était encore loin d'être le cas dans des pays comme l'Australie ou les Etats-Unis.

Mais visiblement les choses changent comme le montre ce projet de SUBHUB Transit System proposé par DUB Studios dans le cadre du concours d'idées Build a better burb.

Les autres propositions .

Tuesday, July 06, 2010

COMMUTER PAIN

"The daily commute in some of the world's most economically important international cities is longer and more grueling than before imagined, reflecting the failure of transportation infrastructure to keep pace with economic activity, according to IBM's first global Commuter Pain study released today. (...)

The middle class in China is growing rapidly, with the number of new cars registered in Beijing in the first four months of 2010 rising 23.8% to 248,000, according to the Beijing municipal taxation office. Beijing's total investments in its subway system are projected to be more than 331.2 billion yuan by 2015 as the city expands the system to more than double its current size, according to Beijing Infrastructure Investment Co., Ltd. The city plans to invest 80 billion yuan in 2010 in building its transportation infrastructure.

The study did offer a number of bright spots. Forty eight percent of drivers surveyed in Beijing reported that traffic has improved in the past three years – the high for the survey – reflecting substantial initiatives to improve the transportation network in that city.

In addition, the commute for drivers in Stockholm, Sweden seems to be, if not pleasant, then largely pain-free. Only 14% of Stockholm drivers surveyed said that roadway traffic negatively affected work or school performance.

Overall, though, the study paints a picture of metropolitan-area commuters in many cities struggling to get to and from work each day. For example, 57% of all respondents say that roadway traffic has negatively affected their health, but that percentage is 96% in New Delhi and 95% in Beijing.

Similarly, 29% overall say that roadway traffic has negatively affected work or school performance, but that percentage rises to 84% in Beijing, 62% in New Delhi, and 56% in Mexico City.

Moscow was notable for the duration of its traffic jams.
"

Tous les détails sur cette étude, , et plus particulièrement sur Beijing.

(source, )

Et pour continuer à réfléchir sur le sujet, voir "Et si c'était Cai Guo-Quiang ..." ou lire "Two billion Cars" pour ceux qui veulent se rassurer et croire que les nouvelles technologies et les nouvelles sources d'énergies ( électricité, hydrogène, biocarburants ... ) vont être une solution. Les auteurs sont américains et la préface est signée du gouverneur de la Californie, Arnold Schwarzenegger, l'optimisme est donc de mise. Mais on est pas obligé de partager leur point de vue.

Monday, July 05, 2010

LES ZOMBIES ET LE SUD COMME AVENIR URBAIN ?


"Les zombies, qui prolifèrent aujourd'hui dans le nord (de l'Afrique du Sud), ne sont à cet égard pas les signes d'un retour aux " traditions " ou, pire, les restes d'une supposée " irrationalité " sud-africaine. Ils incarnent, au sens propre autant que figuré, l'une des réponses régionales aux évidences tacites du néolibéralisme, et notamment à ces idées très répandues selon lesquelles on peut consommer sans produire, s'enrichir sans effort, travailler sans s'inscrire dans un lieu et vendre son corps organe par organe.

Les zombies sont les plus flexibles et les moins protestataires des ouvriers ; leur disponibilité représente le comble de la main-d'oeuvre en régime néolibéral.

Inscrits dans un imaginaire mondialisé nourri de l'esthétique des films de Romero et des clips de Michael Jackson, ils exemplifient cette promesse d'accumulation presque magique de la richesse qui séduit toujours plus d'habitants de la planète.

En ce sens, le cas sud-africain est un révélateur inédit des économies de transition et, de façon plus décisive encore, le miroir grossissant d'une " culture du capitalisme " qui prospère dans le monde entier, avec son lot d'inconséquences et de superstitions.
"

Voilà ce que l'on peut lire au dos du passionnant livre "Zombies et frontières à l'ère néolibérale : Le cas de l'Afrique du Sud post-apartheid" de Jean et John Comaroff, couple d'anthropologues originaires d'Afrique du Sud et tous deux professeurs à University of Chicago. ( Accessoirement en lisant ce livre, on comprend mieux un film comme District 9, la figure de l'alien et du zombie étant très proche )


Si je vous parle de ce livre aujourd'hui, c'est que cela fait plusieurs années que je travaille sur l'hypothèse que si le monde a pris l'Occident pour modèle, il y a quand même de très très grande chance que de nombreuses métropoles de demain ressemblent plus à Sao Pauloqu'à Tokyo, San Francisco ou Oslo (Voir, Nairobi, a danish city ? )

Jamais les métropoles des pays émergents ne pourront atteindre le niveau de vie de ces villes occidentales, ne serait-ce que pour des raisons de limites des ressources naturelles (voir notamment et ). A cela s'ajoute un nouveau capitalisme financier qui fait que si la planète est toujours plus riche, elle n'a jamais compté autant de pauvres, la croissance ne profitant qu'à une minorité ( voir, Captations ).

Dans ces conditions, étudier les pays émergents pour voir ce que produit le capitalisme actuel sur le plan urbanistique apparaît essentiel. C'est en tout cas un des axes que nous avons choisi de développer au sein de Transit City notamment avec un Atelier comme "Et si c'était en Inde que s'inventait une partie de notre avenir urbain ?".

C'est donc avec cette sensibilité que j'ai lu avec beaucoup d'intérêt "Zombies et frontières à l'ère néolibérale", l'une des hypothèses de l'ouvrage, étant que les sociétés du sud - et donc notamment l'Afrique du Sud - sont "des laboratoires privilégiés de ce que sont déjà, ou en passe de devenir, les pays du Nord."

Une hypothèse que les Comaroff défendent et justifient dans un ouvrage à paraître prochainement titré justement "Theory from the South : Or, How Euro-America is Evolving Toward Africa"

Si le livre n'est toujours pas disponible, voilà sa présentation.

"The “Global South” has become shorthand for the world of non-European, postcolonial peoples. Synonymous with uncertain development, unorthodox economies, failed states, and nations fraught with corruption, poverty, incivility, and strife, it is that half of the world about which the “Global North” spins theories.

Rarely the “Global South” is seen as a source of theory and explanation for world historical events. Yet, as many nation-states of the Northern Hemisphere experience increasing fiscal meltdown, state privatization, corruption, ethnic conflict, and other crises,it seems as though they are evolving southward, so to speak, in both positive and problematic ways. Is this so ? How ? In what measure ?
"

Stimulant. Et dans cette optique, l'évolution actuelle des villes africaines est passionnante à suivre (voir et ).

On y revient donc très bientôt !