Thursday, June 30, 2011

LES ABATTOIRS DE CHICAGO COMME MODÉLE AÉROPORTUAIRE ?

Les abattoirs de Chicago, le fameux Union Stock Yard & Transit Co , vont-ils devenir des modèles pour les aéroports géants du futur ?

Si la question peut paraître incongrue, c'est pourtant bien celle que je me suis posée en découvrant les visions d'EADS et Altran pour les plates-formes aéroportuaires de 2050 - voir les images ci-dessous et la vidéo .


Ci-dessous l'original, avec une vision large de l'ensemble des infrastructures, la navette entre les différents terminaux et les salles d'attentes au premier plan.


PS 1 / Voir, "Et si c'était à Chicago ..."

PS 2 / Voir aussi, le passionnant "Du dépeçage à l'assemblage, l'invention du travail à la chaîne à Chicago et à Détroit"

PS 3 / L'exercice d'Altran et d'EADS ne répond évidement, en plus, à aucune des vraies questions sur le transports aérien du futur (notamment saturation des airs et prix du fuel) - .

Tuesday, June 28, 2011

MONOLITHE (4)


Le Monte Rosa Hut, ou quand certains bâtiments atteignent une certaine perfection. (Plus )

L'autre récompense.


Monolithe (1), (2), (3)

Saturday, June 25, 2011

HEATHROW, A VATICAN OF WESTERN SUBURBS ?

Entre la fin de l'aéroport et Aerotropolis, voir la démarche Heathrow Heritage. Ou quand l'aéroport devient un objet d'étude à travers ses périphéries proches, mais en réalité si lointaines.

Une réflexion qui m'a renvoyé à cette terrible phrase de Iain Sinclair dans son incontournable "London Orbital", " Heathrow is its own city, a Vatican of the western suburbs." Et de poursuivre "Le complexe aéroportuaire, avec ses hôtels internationaux, ses entrepôts de stockage, ses routes semi-privées, est aussi détaché de la piteuse entropie de la métropole que la City, la colonie originelle fermée par une enceinte. Tous deux deux ont leurs propres règles, leurs propres forces de sécurité, l'arrogance du capitalisme global. Ils servent Moloch, sous quelque forme qu'il choisisse de se révéler ; ils prêtent la main aux économie de drogue/armement, sang/pétrole."

Dans l'édition française de London Orbital, tous les passages sur Heathrow se trouvent entre les pages 273 et 289 - elles sont à lire absolument. I. Sinclair y raconte très bien comment tous les petits villages aux alentours ont été aseptisés pour devenir des décors de carte postale.

"L'église de brique et de silex de St. Mary, à Harmondsworth, est remarquable pour ses portes normandes. Bien sûr, l'église est fermée. mais la fameuse grange aux dîmes, restaurée, comme placée sous une cloche de Plexiglas, est toujours là. Une allée gravillonnée parfaite. De faux réverbère à gaz. Des remises transformées en bureaux. Des haires de grands ifs. L'expansion entrepreneuriale dans le Surrey exige des gages de patrimoine historique. Efficacité et pédigree : vieux mais propre. L'époque élisabéthaine équipée d'air conditionné. (...) L'église, le pub et les espaces verts de Miss Marple : à dix minutes d'un aéroport international." En France on retrouve ce même genre de villages factices autour de Roissy CDG et des centrales nucléaires.


Voir aussi sur ce sujet du hors-sol aéroportuaire, l'excellent post de City of sound sur le "A Week at the Airport: A Heathrow Diary". Voir, aussi, Flughafen und hotel.

Les vraies questions restant, celle-là et celle-là.

Friday, June 24, 2011

REVOLT AT THE OFFICE

C'est juste la suite de mon précédent post. C'est signé du génial Packard Jennings, dont je vous avais déjà parlé .

Voir aussi U/R.

Thursday, June 23, 2011

VERY BAD TRIP AT THE OFFICE

L'idée, largement véhiculé par les fabricants d'ordinateurs et les opérateurs de téléphonie mobile depuis plus d'une décennie, était que les terminaux nomades devaient nous libérer du bureau. Le travail devait s'installer partout, dans les transports, au café, au domicile ... De nouvelles formes d'organisation de travail devaient se mettre en place. Bref, cela devait être la révolution et le bureau virtuel devait devenir la norme.

L'idée était que la nouvelle organisation du travail, ou plutôt sa déstructuration, serait permise par le passage d'une société industrielle et tayloriste à une société de services désynchronisée et délocalisée, moins tributaire a priori d'une implantation géographique (voir, Le bureau partout, le bureau nulle part ? ). Dit autrement la doxa dominante était, et est toujours "your office is where you are". C'est vrai pour beaucoup d'entre nous.

Ca, c'était la belle histoire. Sauf que si on travaille, en effet, toujours plus, n'importe où et n'importe quand, (chose merveilleuse quand c'est choisi, insupportable quand c'est subi), les espaces de bureaux n'ont pas disparu et surtout n'ont pas beaucoup bougé. On a même plutôt assisté à une forte régression dans l'organisation des espaces entre open space mortel et cubicle carcéraux. Et aujourd'hui quand vous visitez les temples de la high tech californiennes ou indiennes, vous visitez de vraies entreprises fordistes dont les travailleurs sont collés à leur écran comme l'étaient les ouvriers à leur chaîne de montage. Et c'est pas le Babyfoot super cool installé dans la cafeteria qui change grand chose ! Bref, on est très loin de l'ordinateur libérateur.

Et là parfois- en tout cas cela m'arrive de plus en plus souvent dans les grandes entreprises, et notamment chez certains de mes clients - je me prends à imaginer un méga pétage de plomb, une révolution, non pas pour renverser les chefs, mais juste pour foutre le bordel et faire une méga fête. Bref un truc qui sente la vie, genre la bonne grosse troisième mi-temps avec slip sur la tête et une bouteille dans chaque main. Un fantasme dionysien qui explique les images que je vous propose ci-dessous, véritables bacchanales de notre tertiaire pseudo moderne. C'est assez réjouissant.

Et de façon plus profonde sur ce sujet, voir Et si la crise était plus civilisationnelle qu'économique ?
L’époque attend sa propre apocalypse, c’est-à-dire d’être révélée à elle-même, afin de pouvoir mettre à jour ce qu’elle cachait.

"On est au seuil d’une ère nouvelle.

A l’esprit de sérieux du productivisme moderne est en train de succéder un ludique ambiant.

Aux institutions rationnelles qui connurent leur apogée à la fin du XIX° et jusqu’à la moitié du XX°, succèdent des tribus postmodernes qu’il faut considérer comme la cause et l’effet d’une mutation n’étant pas un simple rêve pour quelques happy few mais qui est devenue le réel pour le plus grand nombre
"
Extraits de "L'Apocalypse" de Michel Mafesolli.