
J'ai souvent abordé dans ce blog la question des étonnantes relations qu'entretenaient les constructeurs automobiles avec le monde des jeux vidéo (voir là et là, par exemple), et, de façon plus générale, de la difficulté qu'ils avaient aujourd'hui à profiter des nouveaux imaginaires mobiles liées aux technologies de communication (là) pour vendre leurs voitures.
Mais j'avoue que je n'aurai jamais osé imaginé que leur désarroi serait tels, que certains d'entre eux profiteraient des univers les plus sombres véhiculés par certains jeux pour vanter l'un de leur modèle. C'est pourtant ce que s'apprête à faire début 2012, la marque Jeep pour lancer une série limitée de Jeep Wrangler Rubicon brandée du nom du blockbuster "Call of Duty : MW3 Special Edition".
Le film de lancement est visible là.
Je n'ai évidement aucun problème avec "Call of Duty MW3", jeu de guerre très bien foutu, et dont je vous ai déjà dit le plus grand bien là. Et ce n'est certainement pas moi qui vais faire ma vierge effarouchée devant l'idéologie très perverses de beaucoup de jeux vidéo, notamment en matière de mobilité - voir là ou là.
Mais j'avoue quand même - oui, quand même - que profiter d'un univers guerrier se déroulant dans un environnement urbain réputé pacifique, les villes européennes et, ici, Paris en particulier, pour vanter les mérites d'une voiture, me laisse un drôle de goût dans la bouche. Et je me demande si sur ce coup là, Jeep ne s'est pas juste complètement planté dans son marketing.
Que certains considèrent la circulation en ville comme une guerre, pourquoi pas ?
Que d'autres aient parfois envie de défoncer les barrières de chantiers qui bloquent les rues ou d'utiliser des escaliers comme raccourcis, je peux comprendre.
Mais qui - honnêtement - peut fantasmer sur une environnement urbain en guerre ? Qui peut rêver à ce point d'un tel environnement pour acheter une automobile censée lui permettre de revivre cet univers guerrier ? Et ce surtout aux Etats-Unis, pays cible de cette campagne, où la grande majorité de la population cherche plutôt à oublier la calamiteuse expédition irakienne et son cortège d'horreurs.
Avec cette démarche, Jeep montre combien les constructeurs américains ont aujourd'hui du mal à renouveler l'imaginaire de leurs marques et à mettre ces dernières un peu plus en phase avec ceux des nouvelles générations.Surtout que l'on sait maintenant que loin de rendre les jeunes accrocs à la bagnoles, les jeux vidéo auraient plutôt tendance à les en éloigner, les gamers trouvant la voiture traditionnelle trop ennuyeuse par rapport à celles qu'ils peuvent conduire avec leur console (voir là).
On reparle de tout cela très bientôt, et notamment lors du prochain Atelier Transit-City consacré aux jeux vidéo, le vendredi 20 janvier prochain- voir là.















































