Monday, January 16, 2012

DES MAQUETTES, DU BOIS ET GOOGLE MAPS


Les maquettes ont toujours été de formidables outils pour comprendre et penser les villes. L'exposition "La France en relief " conçue à partir d'un certain nombre de plans relief, en est une nouvelle et brillante illustration (voir ).


Depuis deux siècles, nombreuses ont été les villes qui a travers le monde ont utilisé cette technique pour présenter leur développement et - parfois - leur avenir.

Ce fut le cas de New-York (voir ), mais aussi de beaucoup autres villes de par le monde (voir "Biggest Little Cities : Model for Urban Planning" ), les Chinois étant depuis quelques années des grands adeptes de ce genre d'approche (voir ).

Mais même fascinantes, ces maquettes souffrent, pour beaucoup d'acteurs urbains, de deux gros défauts.

Le premier est d'être peu évolutive et surtout pas interactive, défaut rédhibitoire de nos jours,et qui explique notamment pourquoi le Pavillon de l'Arsenal a remplacé sa magnifique maquette en bois de Paris par une maquette numérique conçue par Google.

Le deuxième défaut est de ne pas pouvoir rendre compte de la mobilité et des flux qui irriguent les villes, les seules exceptions notables - et de façon très partielle - étant les maquettes de trains électrique. (voir sur ce sujet, et - surtout - , pour l'influence que ce genre de modélisme peut avoir dans notre façon de représenter les villes.)

Le paradoxe étant que c'est pourtant très souvent un maquette en bois qui est capable de rendre clair la complexité de certain lieu de transit, comme l'a montré la magnifique structure construite pour l'exposition sur le projet des Halles organisée par le Pavillon de l'Arsenal (photo ci-dessous).

Devant cette maquette je m'étais demandé si ses concepteurs n'auraient pas pu imaginer un parcours de billes pour retracer le cheminement piétonnier des millions de personnes qui y passent chaque année.

C'est donc avec ce goût des maquettes et ce souci de pouvoir intégrer de façon nouvelle et intelligente les flux de la ville, que je viens de découvrir un petit bijou publicitaire signé Google pour son appli Start Here et intitulé "Explore your world with Google Maps".

L'utilisation du low tech absolu - du bois et une boule de verre - donne toute sa force à Google Maps en l'installant dans un volume très simplifié avec une clarté et une crédibilité impeccable (et donc très loin des niaiseries à la Tron imaginées par les constructeurs automobiles - voir ).

On retrouve dans ce mariage low-tech / high tech, la magie du spot signé NTT Docomo pour le Touch Wood.SH-08C - voir absolument le film, .

Plus nous allons être entourés d'écrans, plus nous allons avoir besoin de concret et de dur, de vrais volumes et de matière plus ou moins brute.

Mais nous aurons aussi besoin - et de plus en plus - de nous déconnecter, de nous perdre, de prendre notre temps, bref de cesser de voir la ville comme quelque chose qui doit être forcément fluide et efficace et dont le fonctionnement pourrait se résumer à des écrans et à des applications.

On revient sur ces sujets lors du prochain Atelier Transit-City sur les jouets et les jeux vidéo, où l'on verra, notamment comment les systèmes développés autour du train électrique (maquette, automatisation ...) ont aujourd'hui de vraies conséquences dans nos façons de penser la mobilité urbaine.