Pour réfléchir sur les bases de notre système industriel et urbain, on peut aller à Orsay.
Pour réfléchir sur la modernité occidentale du XXᵉ siècle dans laquelle nous baignons encore, on peut aller à Beaubourg.
Pour réfléchir sur le monde, et pas seulement l'Occident, on peut aller à Branly.
C'est ce que nous avons fait en nous demandant si le sport du futur pouvait s'y inventer.
Branly montre des sociétés qui ont couru, dansé, lutté et joué sous des chaleurs que nous commençons à peine à redouter.
Mais si on veut comprendre pourquoi ces savoirs des peuples fonctionnaient, il faut aller un cran plus loin.
Il faut aller voir le vivant lui-même.
Il faut aller au Jardin des Plantes et au Muséum National d'Histoire Naturelle.
Branly nous montre ce que les humains peuvent faire avec la nature sans l'abimer.
Le Muséum nous montre ce qu'elle sait faire.
C'est pour cela qu'une expo comme "Automne tropical" dans les Grandes Serres du Jardin de Plantes est à prendre au sérieux.
On peut y aller en curieux, pour le plaisir d'un paysage de tropiques en plein automne parisien.
Mais on peut aussi y aller avec une autre question : et si ces plantes avaient des choses à nous apprendre sur la manière de bouger, de s'abriter et de s'équiper dans un monde plus chaud ?
La question n'a plus rien d'exotique.
En Europe, les printemps, les étés et mêmes les automnes ressemblent de plus en plus à ce que les serres reproduisaient autrefois comme une curiosité.
Ce qui était un climat d'ailleurs devient un climat d'ici.
Les Grandes Serres ne sont donc plus seulement un conservatoire du lointain.
Elles deviennent un petit laboratoire du proche : on y observe, à l'abri, des plantes qui ont résolu depuis longtemps le problème que nous allons devoir résoudre pour vivre dans le nouveau monde climatique qui s'installe.





