Saturday, March 07, 2026

NEIGE ARTIFICIELLE + CORPS AUGMENTÉ = UNE MÊME MUTATION INDUSTRIELLE ?

Si les JO d’hiver sont devenus un laboratoire de l’artificialisation de la nature, les Jeux Paralympiques d'hiver sont-ils - eux - en train de devenir un nouveau laboratoire de la "fusion homme-machine" ?


Au vu de certaines épreuves, on peut se poser la question.


- En monoski (Sit-ski), l'athlète fait corps avec un châssis en titane ou carbone doté d'un amortisseur haute performance (souvent issu de la technologie F1 ou du motocross). La mutation du corps ici est celle de la sangle abdominale et de l'équilibre de l'oreille interne, qui compensent l'absence de jambes.


- En snowboard para, les lames en carbone sont conçues pour absorber des impacts sur les genoux. Le corps de l'athlète devient une structure hybride capable de résister à des forces de compression extrêmes sur de la neige artificielle très dure.


- Dans les disciplines de vitesse (Descente/Super-G) pour malvoyants, les athlètes descendent à plus de 100 km/h (!!!) en suivant uniquement la voix de leur guide via un intercom. L’oreille remplace l’oeil.


- Dans le biathlon paralympique, les non-voyants utilisent des fusils laser qui transforment la précision visuelle en signal sonore. Plus le son est aigu, plus on est proche du centre. 


On a presque envie de dire que les JO d’hiver paralympiques n’ont plus grands choses à voir avec les Jeux des valides.


En effet, si les Jeux connaissent une vraie mutation environnementale (dépendance aux infrastructures), les Jeux Paralympiques connaissent eux - en plus !  - une mutation biologique et matérielle.


- Chez les valides, on "industrialise" la piste pour qu'elle soit une infrastructure parfaite.


- Chez les paras, on "industrialise" le corps pour qu'il soit une machine de performance parfaite.


Mais dans les deux cas, la "neige naturelle" et le "corps biologique" semblent presque devenir des variables obsolètes.