Wednesday, March 04, 2026

ET SI LES J.O D'HIVER N'AVAIENT PLUS BESOIN DE LA NEIGE... NI DE LA MONTAGNE ?

Regardons les choses objectivement (pour ne pas dire froidement)


Sur les 116 médailles d'or distribuées lors des JO d'hiver Milano-Cortina 2026, 55 n’ont rien à voir avec la neige.


En 2026, le ski alpin ne représente plus que 10 titres sur 116 !


Les JO d'hiver sont donc devenus, en majorité, des Jeux de «piste glacée», «d’échafaudage» et de «salle».


Pour les septiques, voilà le décompte précis :

- La « glace indoor » (patinoires) : 33 titres. C’est le plus gros bloc. Ces épreuves se déroulent dans des enceintes climatisées où la météo extérieure n'a aucune influence.


- Le « tube de glace » (pistes de bobsleigh) : 12 titres. Ici, on est à l'extérieur, mais sur une structure en béton réfrigérée artificiellement. On ne glisse pas sur de la neige, mais sur une paroi de glace vive de quelques centimètres d'épaisseur.


- Les « rampes du ski » : 10 titres. Bien que classés en "ski", les épreuves de sauts et de Big Air se déroulent sur des rampes d'échafaudage ou des tremplins où la "neige" n'est qu'un revêtement de réception ultra-compacté, souvent saupoudré de sel pour durcir la glace. 

Près de la moitié des épreuves (47% exactement) se jouent donc sans neige et ne dépendent plus du tout du climat, mais d’une infrastructure lourde.


D’où quelques réflexions 


- Les JO d’hiver ou le triomphe de "l'indoor" et du béton

- Une piste de bobsleigh/luge (comme celle de Cortina ou de Yanqing) coûte environ 100 millions d'euros à construire et nécessite des kilomètres de tuyauteries de refroidissement. 


- Un saut de Big Air nécessite une structure en échafaudage de 50m de haut posée sur un parking (comme à Pékin).


- C’est du "ski de laboratoire".


- En patinage de vitesse, les records ne tombent plus grâce à la météo, mais grâce au contrôle de l'hygrométrie et de la température de la glace au dixième de degré près.


- Les Pays-Bas dont le point culminant est à 322m, finissant troisième des Jeux grâce à une spécialisation extrême sur la glace circulaire.

- La « snow factory" ou quand la chimie remplace la météo

- 28% des épreuves se font sur neige artificielle. 


- A Cortina, 100% de la neige utilisée pour le ski acrobatique et le snowboard était artificielle.


- Pour le Big air ou le Half-pipe, la neige naturelle trop molle, trop changeante est remplacée par de la "glace broyée" ultra-compacte pour garantir la hauteur des sauts. 


- Le ski est devenu un sport de skatepark blanc plutôt qu'un sport de montagne.


- Dans l’épreuve de ski-alpinisme, c’est un escalier en bois qui faisait office de montage !!

- Une fracture culturelle : le style contre le chrono

- Un certain nombre de pays anglo-saxons (E.U, Canada, Australie,;;;) ont poussé le CIO à intégrer des disciplines comme le Slopestyle ou le Big Air pour capter l'audience jeune. 


- Le ski n'est plus un moyen de descendre une montagne le plus vite possible, mais un support de voltige.


- C’est le modèle X-Games, c'est à dire une culture de l'adrénaline où la créativité et la prise de risque spectaculaire comptent plus que la simple performance athlétique, qui devient peu à peu dominant. 


- La note artistique (le jugement humain basé sur l'esthétique et la difficulté technique) est devenue le juge de paix dans 32 épreuves exactement, soit 28 % du programme olympique. Plus d'un quart des épreuves ne dépendent plus du chrono !!!

Le CIO privilégie désormais ces épreuves "hors-sol" car elles sont "transportables" sous toutes les latitudes.


On peut donc très bien imaginer dès aujourd'hui des JO d'hiver sans montagne.


D'où une possible double conclusion : 


Les JO d'hiver n'ont plus besoin de la montagne.


Et la montagne n'a plus besoin des JO d'hiver.