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Saturday, December 24, 2011

DUBAï ARCHETYPES


Je suis passé plusieurs fois à Dubaï, mais je n'y ai jamais rien vu.

Hier pas plus que les autres jours - sauf des archétypes.

des archétypes de femmes arabes

des archétypes de travailleurs immigrès

des archétypes de 4x4

des archétypes de signalisation routière

des archétypes de stations service

des archétypes d'autoroutes urbaines

des archétypes de tours

des archétypes de logo internationaux

des archétypes de rencontres entre l'Islam et l'Occident

des archétypes de choses vues sur CNN, BBC World ou dans les livres de Koolhaas.

C'est sans doute pour cela que je trouve que l'un des meilleurs bouquins sur Dubaï, est probablement "Dubai Graphic Encyclopedia". Très peu de mots, uniquement des silhouettes archétypales qui disent tout de cette ville.

Wednesday, May 25, 2011

L'ITALIE OU L'IDÉAL PERVERTI


Longtemps les cités italiennes furent des modèles.

Sur le plan politique avec la notion d'urbs, qui au même titre que la civitas, est l'un des piliers fondateur de la culture européenne.

Sur le plan esthétique avec une architecture et un urbanisme qui font de Venise, Padoue, Génes, Amalfi, Positano, Sienne et Rome probablement les plus belles villes du monde. Ou en tout cas parmi les plus belles ...

Voilà en tout cas ce que moi j'ai retenu de mes lointaines études classiques (plusieurs années de latin grec, notamment), de quelques lectures et d'un certain nombre d'escapades italiennes.

Et même si j'ai toujours su que l'histoire ne pouvait évidement se résumer à quelques concepts et bâtiments, la notion de cité italienne a toujours eu dans mon esprit une consonance un peu particulière.

Aujourd'hui ma question est : cette longue histoire politique et esthétique est-elle en train de servir de base à la négation de cet idéal de mixité et d'échange ? ou - dit autrement - l'image de la cité italienne va-t-elle fournir les décors à une nouvelle ségrégation ?


La question m'est venue il y a quelques semaines à Johannesburg où - par des hasards de réservation d'hôtel - je me suis retrouvé à Montecasino, fausse cité italienne dédié au shopping et aux jeux.

Un centre d'un nouveau genre - multi-fonctions (commerces, bureaux hôtels ...) et majoritairement à ciel ouvert - comme on en trouve de plus en plus aux Etats-Unis et qui sont destinés à offrir un semblant d'urbanité à l'européenne, ou en tout cas correspondant à l'idée que s'en font les non-européens (Voir la version indienne, ).

A noter que si à Montecasino les parties extérieures sont particulièrement réussies, les galeries intérieures sont, elles, très kitsh et très similaires à celles du Forum Shop du Caesar Palace de Las Vegas ou à celles du Venus Forte de Tokyo.


Ce centre a la particularité d'être un des rares endroits à Johannesburg où l'on peut sortir de sa voiture pour marcher et - encore plus fort - se promener le soir ou dîner à une terrasse. On se sent donc bien et libre ... même si l'on est en réalité dans un immense cage gardée par de nombreux vigiles.

Sauf qu'évidement dans l'ancien pays de l'apartheid ce genre d'enclave a forcément un drôle de goût. Surtout quand on constate que tous les vigiles sont noirs, et les clients blancs.

Parmi les nombreuses réflexions qui m'ont assailli en découvrant Montecasino, je voulais vous en proposer deux sous formes de questions

De la ville privée à la privatisation de Rome ?

Si la ville italienne devient le modèle de la ville privée, pourquoi ne pas imaginer à l'inverse que les zones centrales de Rome ou de Venise soient privatisées afin d'être transformées en une vaste entité d'un nouveau genre associant musée et commerces, et dont l'accès serait étroitement contrôlé ?

C'est en tout cas une hypothèse par très éloignée de celle proposée récemment par le magasine San Rocco à la suite des déclaration du ministre de l'intérieur italien d'interdire toutes les manifestations dans les zones touristiques des villes de la péninsule.

Les images proposées ci-dessous pour Rome et Venise sont en tout cas très fortes et prennent une vraie résonance politique quand on les compare à celles venant d'Afrique du sud. Ou quand lMontecasino semble donner de la crédibilité à une idée a priori totalement irréalisable et contraire à la culture européenne. La Plazza del popolo n'aurait alors de populaire plus que le nom.


De la fausse ville italienne à Manhattan comme centre commercial néo-vénitien ?

Si la galerie marchande décorée à l'italienne devient la référence urbaine et architecturale, pourquoi ne pas imaginer de transformer Manhattan en une Venise commerciale ?

C'est là encore une hypothèse pas très éloignée de celle proposée par Zuccaro Marchi, un étudiant en archi avec son projet "Bauci Outlet Mall City".


Voilà comment Z. Marchi présente son projet. Une fiction, que l'on peut lire évidement en regardant les photos de Montecasino.

The New York Times, Tuesday February 8, 2035 «2035...finally our Generation lost. Sustainability was considered a joke and now we have no more opportunities to live as our Fathers did. No more Fresh air, no more sane food....Cities sunk and the Solar light has become dangerous instead than helpful.

Traditionalism, the loss of trust on progress, finally has become the most powerful Religion in XXI Century Architecture, a dangerous religion for our souls which have turned our contemporary cities in a old William Blake tale. Thus in Berlin the Smithsons Hauptstadt has been totally destroyed, in London the built Exodus of R. Koolhaas has become a platform for single houses farms, Tange Tokyo Bay and Kurokawa Helix City have been transformed in small Italian style towns,.... Finally Architects focused their attention on Manhattan, New York. It was decided to demolish the Continuous Monument designed by Superstudio Group in 1969 and to reuse a part of its Superstructure in order to build a second level city, more traditionalist, more liveable, to be designed in the right human scale.

No ideas came out from the most important architecture firms, no ones. In a NY municipality reunion, out of the blue, an Outlet contractor who worked in Disney raised his hand: '' Why don''t we build again Venice as they already did more than 100 years ago in Coney Island? The real Venice is already sunk....we may all live in the Doge city, which was my wife dream, and get all millions of tourists who usually visited it.''

Already other cities attempted to use Venice image, but only New York now has the copyrights. Indeed a new Venice is now over our heads, with the same size of the old one.

Its new name is Bauci as one of the Invisible Cities narrated by the Italian writer Italo Calvino. Should our future be safe now with a new Invisible City?...



Sur ce sujet, voir , et .

Thursday, October 15, 2009

NEW VERTICAL SHOPPING ?


Depuis une cinquantaine d'années le commerce aux Etats-Unis et en Europe se développait - et se développe encore très souvent (voir ) en périphérie sous la forme de boîte à vendre.

Un type de développement qui, poussé jusque au bout, pourrait aboutir à l'image ci-dessus extraite de ce petit bijou d'animation qu'est Logorama.

On y retrouve là les théories développées il y a une trentaine d'années par Robert Venturi dans son incontournable "Learning from Las Vegas: the Forgotten Symbolism of Architectural Form", dans lequel l'architecte américain avait développé son fameux concept de "hangar décoré".

Mais si on part du principe que ce type de développement commercial est condamné à plus ou moins long terme (notamment pour des questions d'énergie cher - voir ) et que les grandes surfaces vont devoir se redéployer dans des espaces plus denses, la question est : à quoi pourraient ressembler ces nouveaux grands commerces dans des villes plus verticales ?

Un des éléments de réponse est peut-être à trouver, entre autres, dans les très stimulants travaux de quelqu'un comme Alain Bublex qui ne cesse d'interroger les espaces de la ville en utilisant un certain nombre de grandes théories urbaines qu'il réinterprête à sa sauce (voir, entre autres, Plug-in city et ici).

C'est dans ce cadre, qu'il a ainsi repris le Plan Voisin imaginé par Le Corbusier dans lequel l’architecte suisse proposait de reconstruire le centre de Paris dans des codes inspirés très directement de Futurama.

Le résultat des réflexions de Bublex sont, notamment, ces superbes tableaux ci-dessous, possibles préfigurations d'une partie de nos villes de demain sous l'influence de l'évolution des formes commerciales. Pour les voitures et les camions, il suffit juste d'imaginer qu'ils soient tous électriques, et en gros vous avez une densité plus ou moins écolo et compatible avec le système capitaliste actuel !








Fiction / Not Fiction : Ou quand le modèle de l'étalement américain sera abandonné au profit de la densité japonaise, comme dans les quartiers ultra-passants et commerçants de Shinjuku et Shibuya de Tokyo.


Saturday, June 14, 2008

ET SI LA VILLE SE PENSAIT COMME UN EMPILEMENT DE STADES ?

En 2004, les équipes de NikeLab proposait sur internet une clip donnant une vision décapante et onirique d'une ville conçue comme un enchevêtrement de pistes et de terrains de sports. (voir les image ci-dessus)

Si les images image relevaient de la science-fiction, la vision s'appuyait elle sur une réalité bien tangibles. A savoir que les villes, leurs rues et leurs parcs sont devenus un immense stade où se pratiquent de nombreux sports. (voir et , entre autres)

C'est d'ailleurs devenu l'un des positionnement clé et fort de la marque sur le plan publicitaire, que de toujours se mettre en scène en dehors des stades traditionnels, comme le montre ces images extraites d'un spot diffusé en Inde à l'occasion de la Coupe du Monde Cricket de 2007.

(voir le clip indien de Nike, - c'est très joyeusement foutrac à l'image du pays et de ses rues)

Cette idée que le sport est aujourd'hui partout dans la ville se traduit parfois sur le plan urbanistique par des propositions innovantes et capables de nous inciter à regarder le territoire urbain d'une autre façon. C'est en tout cas l'effet que m'avait fait cette proposition de stade installé au coeur de Manhattan, présenté une jeune équipe d'architectes lors de la Biennale de Venise de 2004.

Si je vous parle de cela aujourd'hui c'est que vient de s'ouvrir au Netherland Architure Institut de Rotterdam, un superbe expo intitulée NL 28 Olympic fire.

L'objet de l'expo est d'essayer d'imaginer les conséquences que pourraient avoir pour un pays comme la Hollande, l'organisation des jeux en 2028.

Les travaux présentés sont le fruit de la collaboration de Academy of Architecture Rotterdam et du Berlage Institute associé au cabinet MVRDV, jamais avare de visions prospectives décoiffantes. "They linked such themes as climate change, water management and energy production in various ways with solutions for stadiums, infrastructure and accommodation for athletes." Bref un travail très large qui aboutit à des propositions diablement stimulantes, comme celle ci-dessous, d'un mega-stade pluri-disciplinaires.

Cette image peut être rapprochée de celle ci-dessous, qui est issue d'une des premières présentations faîtes par l'émir de Dubaï pour son projet de Dubaï Sport City.

Depuis le projet a évolué (heureusement !) et cette cité du sport devrait plutôt ressembler aux images ci-dessous. A vous de juger de la qualité urbaine et architecturale du projet.

J'ai juste, de mon côté, une petite question en voyant le grand stade : comment peut-on jouer au foot par 45° à l'ombre, température moyenne dans l'émirat ? Tout cela risque fort de finir en un vaste cauchemar climatisé, un peu à l'image du reste de la ville.

PS / A propos NL 28 Olympic fire et de la montée des eaux
En visitant l'expo NL 28 Olympic fire qui aborde, entre autres, les conséquences d'une éventuelle montée des eaux sur l'organisation des JO en Hollande, j'ai été très surpris de ne pas retrouver ce superbe projet de BigFoot Floating Stadium qui avait été présenté lors de Flood, organisée à Rotterdam en 2005. Il y aurait eu, pourtant, toute sa place.

Tuesday, May 06, 2008

DUBAI - FUTUR 100% NAMING CITY ?


Ci-dessus quelques images du futur métro de Dubaï.

Ci-dessous, l'annonce faite par le Roads and Transport Authority (RTA) de l'émirat de louer pour une durée de 10 ans, les noms des deux lignes du futur réseau et de 23 des 47 stations qui le composeront.


On connaissait le naming pour les stades, qui consiste à louer à une marque la possibilité de rebaptiser une enceinte sportive - voir l'Emirates Stadium d'Arsenal, le Yahoo Stadium de Fukuoka, le Reebok Stadium de Boston ou, encore, l'Allianz Arena Stadium de Munich. Mais on n'avait encore jamais vu cela sur un réseau de métro. Et bien, voilà, c'est fait !!

Et comment s'étonner que ce soit à Dubaï que ce type de chose voit le jour, alors que la ville n'est déjà qu'une plaquette publicitaire ou le factice tient lieu de projet urbain, "le berceau d’un monde enchanté entièrement dédié à la consommation la plus ostentatoire»" ou, comme l'écrit Mike Davis dans son petit livre "Le Stade Dubaï du capitalisme", le fruit de la rencontre improbable "d’Albert Speer et de Walt Disney sur les rives d’Arabie".

"Plus encore que Singapour ou le Texas, elle est la parfaite expression des valeurs néo-libérales du capitalisme contemporain : une société entièrement conforme à l’imaginaire des Chicago boys. De fait, Dubai, est l’incarnation du rêve des réactionnaires américains — une oasis de libre-entreprise sans impôts, sans syndicats et sans partis d’opposition (ni élections, d’ailleurs). Comme il se doit dans un paradis de la consommation, sa fête nationale – non officielle -, qui définit aussi son image planétaire, est le fameux Festival du Shopping, parrainé par les vingt-cinq centres commerciaux de la ville. Ce grand moment de folie consumériste démarre tous les 12 janvier et attire pendant un mois quatre millions de consommateurs haut de gamme, provenant essentiellement du Moyen-Orient et d’Asie du Sud."


Mais en découvrant cette annonce, j'ai aussi immédiatement pensé à l'excellent "Snow Crash" dans lequel Neil Stephenson nous décrit un Los Angeles dont certains quartiers ont été franchisées par des compagnies privées. “Vista Road appartenait autrefois à l’Etat de Californie. Aujourd’hui, c’est la route CSV-5 de Fairlanes, Inc.” (...) “MétaFlics Unlimited est la force de maintien de l’ordre. Elle veille aussi au respect du code la route sur toutes les autoroutes et voiées privées gérées par fairlanes, Inc. Quelques EQNOF (Entités Quasi Nationales Organisées en Franchise) utilisent également ses services."

Bref quelque chose qui pourrait ressembler aux images ci-dessous réalisées par le collectif eBoy. Soit, "100% naming city"



Pour aller plus loin, voir notre dossier,