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Wednesday, December 17, 2025

CAMPING WASHING

Imaginons une réunion de designers d'une marque automobile un peu à bout de souffle : "Et si on profitait du succès de l'outdoor pour inventer un concept-car qui transforme la voiture en camp base familiale mobile ? Et on pourrait faire cela avec une marque de sport, ca donnerait une touche dynamique !"

Et ça pourrait donner le concept car Elo, né d’un partenariat Citroën/Decathlon.

"Génial !", diront certains.

"Catastrophique !" penserons nous

Car ce concept n'est pas un "laboratoire d'idées sur le mouvement". 

C'est juste un symptôme de plus d'une civilisation incapable de concevoir le contact avec la nature autrement qu'en y accédant en voiture. 

C'est l'aboutissement logique de la trajectoire qui après nous avoir fait bitumer les chemins, construit des parkings dans les zones sauvages, permet à certains aujourd’hui d’imaginer des véhicules optimisés pour le moindre effort et ce, même dans des lieux dans lesquels la voiture n’a pas sa place.

Le concept-car Citroën/Decathlon n'est donc pas un laboratoire d'idées. 

C'est juste une énième variante des nombreux concepts cars apparus aux Etats-Unis dans les années 70 (voir ci-dessus) avant la crise pétrolière et la prise de conscience écologique.

C'est juste un outil marketing pour vendre des voitures en surfant sur l'aspiration contemporaine à la nature, tout en contribuant activement à sa destruction.


Et que dire de la référence à la 2CV et à ses sièges amovibles ?


À l'époque, c'était ingénieux parce que c'était sobre. La 2CV était une voiture minimaliste, légère, facilement réparable… tout le contraire d'Elo.


La vraie innovation aurait été de réduire


D'imaginer une 2CV ultra light.


Pas d'imaginer bulldozer déguisé en tente !


Pas d’imaginer une machine destinée à nous faire croire que hors du moteur, point de salut.

Et s'il fallait plutôt prôner toute le contraire ?

Tuesday, December 16, 2025

ET SI NOUS ARRÊTIONS D'IMAGINER POUVOIR TOUJOURS MOTORISER NOS EXCÈS ?

Imaginons la réunion de publicitaires  : "Et si pour montrer que prendre le train c’est facile, on montrait une assemblement de valises faisant un véhicule électrique ? On aurait plus à marcher avec nos valises dans la gare, on roulerait dessus !"


Et on passerait ainsi de la valise à roulettes à la valise-voiture comme on peut le voir dans «The Way to the Train», une pub pour le site Trainline.


«Brillant !» diront certains.


«Affligeant !» dirons d'autres, dont nous.


Car ce concept car de valises motorisés est juste un symptôme de plus d'une société qui a déclaré la guerre à son propre corps. 


Remontons trente ans en arrière.


1991, lancement des premières valises à roulettes. 


À l'époque, beaucoup ont vu cela comme un progrès. 


On n'avait plus à porter 20 kilos, juste à les tirer ou les pousser. 


Sauf qu'on a oublié de se poser la question : pourquoi voyageons-nous avec 20 kilos ?


La vraie innovation aurait été de réduire. 


D'apprendre à partir avec moins. 


De distinguer le nécessaire du superflu. 


Mais non !


On a préféré l'escalade : puisqu'on peut maintenant traîner 30 kilos sans effort, pourquoi se limiter ? 


Les valises ont enflé. 


Le voyageur est devenu un déménageur récréatif.


Et maintenant certains imaginent la suite "logique", comme cette valise-voiture présentée comme un idéal de liberté et de mobilité.


Parce que marcher dans un couloir est devenu pour certains une épreuve insupportable (on ne parle pas ici bien évidement des handicapés ou des vieux séniors).


Parce que tirer 15 kilos sur 500 mètres, c'est encore trop demander à certains valides biens portants. 


Parce que certains ont visiblement décidé que marcher et faire des efforts étaient devenus une forme d’agression contre notre bien être dans notre société de la flemme.


Nous sommes la première génération de l'histoire à considérer la marche comme un effort extraordinaire. 


Alors plutôt que de voyager léger, nous préférons motoriser nos excès…


...et nous imaginer que nous pourrons continuer à le faire encore longtemps.

Saturday, September 07, 2024

IL EST OÙ LE GARAGE DE LA PERFORMANCE FUTURE ?

Si on considère que demain, la performance n'est plus de se déplacer très vite, très bruyamment avec beaucoup de pétrole, mais - tout au contraire - de se déplacer de façon active, silencieuse et non polluante, alors il est où le futur garage de la performance ?

Dans un atelier de Formule 1 ?

Dans l'atelier Ottobock installé dans le Village olympique de Paris 2024 ?

On en reparlera, .

Thursday, September 05, 2024

ET SI LA VRAIE PERF DES PARALYMPIQUES N'ÉTAIT PAS SPORTIVE, MAIS PROSPECTIVE ?

Et si la performance sportive n'était vraiment intéressante que lorsqu'elle dessinait de nouveaux horizons ?

C'est un peu la question que nous posions dans notre précédent post, "et si demain, la performance sportive changeait de vocation ?"

Et c'est cette même question que l'on a envie de se poser devant la victoire d'Oksana Master lors de l'épreuve de para cyclisme sur route H4-5 au Paralypiques de Paris 2024 - .

Faut-il juste s'extasier devant la performance de cette multiple athlète, toute à la fois rameuse, cycliste, biathlète et fondeuse qui remporte là un huitième titre olympique ?

Ou, faut-il en regardant Oksana, se demander si celle-ci ne dessine pas aussi et surtout un autre avenir possible de la mobilité ?

Une mobilité écologique, silencieuse, sportive... et ouverte à tous.

Et si donc, on ne regardait pas le vélo-fauteuil d'Oksana Master comme un truc d'handicapé, mais plutôt comme un super concept-car écolo pour demain ?

Et si Oksana Master était donc une grande activiste et prospectiviste de la mobilité demain ?

Et si c'était ce genre de questions qui permettait de repenser un peu autrement la performance sportive ?

C'est en tout ce que l'on fera le 10 octobre prochain lors des huitièmes Rencontres de la Prospective Sportive ® organisées autour de la question "Et s'il était urgent de redéfinir la performance sportive ?

Tuesday, April 20, 2021

ET SI LA BASKET DEVAIT SE PENSER COMME UN MONSTER TRUCK ?

Si on part du principe que ....
- ... le XXI° siècle va être le siècle du corps, par opposition au XIX° et au XX° siècles qui furent les siècles de la mécanique.
- ... les imaginaires de la mobilité sont encore très dominés par les imaginaires automobiles.

Alors ...

Alors ne faut-il pas prendre l'imaginaire automobile le plus excessif qui soit, à savoir celui du monster truck, pour penser la chaussure performante de demain ?

C'est ce qu'on peut penser devant ce film de Nike sur la conception de sa Road Warrior.

Si le modèle automobile choisi peut paraître surprenant tant il est à l'opposé des valeurs de la basket, la méthode et le cheminement de la pensée des designers sont eux loin d'être inintéressants. 

C'est à voir et à méditer quand on réfléchit aux nouveaux imaginaires de la mobilité et du sport - voir "Nouvelles technicités de la mobilité ?"

Pour aller plus loin sur les imaginaires de la nouvelle gamme I.S.P.A de Nike, voir "Et si Nike se lançait dans le survivalisme urbain ?"

Et sur la capacité de Nike a toujours faire du très malin storytelling sur la création de ses modèles, voir "Et si Nike devait beaucoup à Archigram ?"

Friday, February 01, 2019

ET SI TINTIN ET UBER DISAIENT EXACTEMENT LA MÊME CHOSE ?



Quelques jours après les Uber Toys dans les rues de Paris - voir -, Le Monde annonçait l'édition le lancement d'un collection des plus fameuses petites voitures des aventures de Tintin - .

C'est évidemment un pur hasard.

Mais un hasard qui en dit beaucoup sur notre rapport à la voiture.

Aujourd'hui, la voiture est venue tellement banale et sans magie que seules la fiction - - et les jouets - - semblent pouvoir la magnifier et la réinventer.

Car la voiture va disparaitre.

Le faire part de décès a été émis par l'industrie automobile elle-même, lors du Mondial de l'Auto à Paris en octobre 2018.

Le funérailles vont être longues, mais elles sont engagées.

Car demain, la voiture autonome va tuer la voiture

La voiture autonome va tuer la voiture, car elle sera tout sauf une voiture.

La voiture autonome va tuer la voiture, car elle va tuer la conduite.

Bientôt dans les rues, il y aura des engins à roues que l'on continuera à appeler "voiture" mais qui n'en seront plus.

Un peu comme on continue à dire "téléphone" pour parler d'un iPhone, qui n'est, évidemment, plus plus un téléphone.

Cette mutation de la voiture va en chagriner certains, notamment les fous de la conduite.

Mais c'est pas très grave, ils iront s'amuser sur des circuits.

Il y a plusieurs années, Toyota avait déjà très bien identifié cette mutation et la frustration qu'elle pourrait engendré auprès des amoureux de la conduite sportive et transgressive - voir "Toyota contre Google Car".


La question qui va se poser demain aux constructeurs automobiles, va donc être : c'est quoi l'identité de la voiture si ce n'est plus la conduite et la vitesse ?

Certains y répondent avec talent, comme Toyota, .

D'autres, sans imagination, comme Renault, .

Ce décalage s'explique par l'histoire et la culture des deux marques.

Toyota pense mobilité - voir, - et, dans ce cadre, la voiture n'est qu'un élément de la réponse, ce qui permet d'être plus créatif et imaginatif par rapport à l'objet automobile

Renault pense voiture, et uniquement voiture. Mais quand l'histoire de la voiture change - ce qui va être le cas avec la voiture autonome - la marque se retrouve sans discours, ni vision.

Evidement, Renault n'est pas seulebeaucoup d'autres marques sont dans la même situation.

Ce qui fait qu'entre un présent terne - la voiture et le design automobile ne font plus rêver - et une mort annoncée - on aura plus besoin de conduire -, l'histoire de la voiture est aujourd'hui a un basculement.

Et comme à chaque fois que lorsqu'une histoire se termine, et que la nouvelle histoire n'est pas encore claire ni désirable, revient la nostalgie du passé.

Un passé forcément magnifié, souvent lié à l'enfance et donc au jouet.

Les récentes créations de Smart et Citroën illustrent à merveille cette évolution.


L'étape suivante ayant été imaginé il y a maintenant dix ans par les designers de GM,  - voir ci-dessous et .


.

Thursday, January 31, 2019

ET SI SEUL, LE JOUET POUVAIT RÉENCHANTER LA VOITURE ?

Et si aujourd'hui la voiture était devenue une chose tellement banale, que seul le jouet pouvait en réinventer ses formes ?

Et si aujourd'hui le design automobile était tellement devenu tellement pauvre et insignifiant, qu'il fallait l'esthétique des Lego et des Dinky Toys pour le rendre de nouveau désirable et surprenant  ?

C'est en tout cas, ce que semble dire Uber aux constructeurs automobiles avec son opération Uber Toys.

On est dans le prolongement de notre précédent post, "Et si seule, la fiction pouvait réenchanter la voiture ?"

Une approche autour du jouet qui renvoie très directement à 

L'approche d'Uber prend le contre-pied de celle de Peugeot qui, en 2004 avec son film "Toys"dénigrait, lui, totalement le ludique. Il faut dire que l'âge moyen d'un acheteur de voiture neuve en France est de 54 ans. Soit une tranche d'âge pour qui la voiture est encore un truc sérieux. C'est évidemment tout le contraire aujourd'hui de la grande majorité des clients d'Uber qui se fout, elle, totalement de l'objet voiture.

Sur ce thème de la voiture jouet, voir, entre autres,

Sur le statut de la route sous l'influence du jouet, voir "Hot Whells in L.A."

On en reparlera, .

Friday, January 11, 2019

LES FUTURES MÉCANIQUES DU TROTTOIR ?

Depuis quelques années avec la banalisation du jogging (je vais vite), du smart-phone (je fais tout en marchant) et de la trottinette électrique (je fonce sans me fatiguer), le rôle et le statut du trottoir sont fortement interrogés.

De lieu du seul piéton, le trottoir est devenu le lieu de toutes nouvelles mobilités émergentes. 

Et ce n'est probablement qu'un début au vu de ce que préparent certains industriels comme Continental avec ses chiens robots () ou Hyundai avec ses voitures à pattes ().

D'ou la question : et si pour penser les espaces de la mobilité urbaine de demain, il fallait réfléchir entre fin de la route et fin du trottoir ?

Wednesday, January 09, 2019

ET SI LA FIN DE LA ROUTE ÉTAIT LE NOUVEL AVENIR DE LA VOITURE ?

En à peine quelques années, la voile et les voiliers ont été révolutionnés par l'apparition des foils - voir, "De nouvelles jambes ?"

Demain, la voiture va-t-elle connaitre la même révolution avec des véhicules équipés de pattes qui leur permettraient de marcher ? 

Piste de réflexion avec le concept car "Elevate" signé Hyundai et présenté hier au CES de Las Vegas - .

Un concept car qui s'inscrit dans le prolongement "Et si la route dégradée devenait un idéal ?"

"... to walk, climb and traverse terrain never before possible by a traditional car."

On poursuit la réflexion le 15 février autour de la question "Et si la route, c'était fini ?"

Monday, December 03, 2018

ET SI AUDI PRÉPARAIT DÉJÀ LA FIN DE LA ROUTE ?

Historiquement, un constructeur automobile construisait des voitures pour que celles-ci roulent sur une route.

Demain, ça ne sera plus vrai.

Car les constructeurs automobiles vont devenir s'engager sur le "post-automobile", c'est dire la fin de la voiture tel qu'elle s'est inventé il y a 150 ans.

Cette mutation vers le post-automobile va prendre deux voies 

- soit la voie de la “voiture autonome” qui malgré son nom sera tout sauf une voiture - .

- soit la voie du “drone” qui va d’une certaine façon plus ou moins condamné la route telle qu’elle est pensée aujourd’hui.

Quand vous développez cette idée, comme nous le faisons chez Trans-City depuis plusieurs années, on vous reproche toujours votre manque de réalisme.

Et ce alors que tous les clignotants sur la mutation de la voiture sous l'influence du drone ne sont pas nouveaux - voir notre post de 2012"L'avenir de la voiture est-il dans le drone ?"

Oui, sauf ...

Sauf qu’aujourd’hui certains constructeurs sortent du bois et commencent à engager le virage “drone”.

Et parmi ceux-ci il y a un constructeur comme Audi, symbole de la culture de la voiture triomphante, qui vient de présenter un nouveau concept ... de "voiture autonome drone" - .

Ce concept n’a strictement rien d’innovant, il est entièrement pompé sur les recherches faites par l’US Army depuis de nombreuses années - voir ci-dessous, "Et si demain tout était dronisable ?

Le concept d'Audi ne fait aussi que reprendre des recherches développées par son partenaire Airbus - voir ci-dessous, "Quand le vol va s'urbaniser".

On est là juste dans la combinaison de la révolution automobile à venir, à savoir "le drone + la voiture autonome" - voir, "Drone + Voiture autonome = ???"

Le plus important n’est pas de savoir si ce concept car-drone verra le jour, ni quand il verra le jour.

Le plus important c’est clairement qu’aujour’hui Audi pense "l'après-voiture" et donc "l'après-route".

Le drone va changer radicalement la ville - .

Voir "Et si le drone devenait une révolution urbaine ?"

Mais le drone va aussi changer radicalement la route.

Pour s’en convaincre, il faut voir ce qui s’imaginent pour certains pays africains ou le drone est vu comme l'engin qui va permettra de “sauter l’étape de la route bitumée” très couteuse à construire et à entretenir - voir sur ce sujet,  "Et si les drones redessinaient les routes africaines ?"


Il faut donc bien comprendre qu'avec sa voiture-drone Audi n'invente pas une machine nouvelle, mais engage une vraie révolution de sa pensée routière et automobile.

Une voiture qui vole ne sera plus jamais une voiture.

Ca signifie, entre autre, de remettre à plat de façon radicale nos façon de penser la route.

On est avec le drone dans le prolongement de nos réflexions sur la fin de la route.

On en reparlera le 15 février prochain, lors de notre Atelier, "Et si la route, c'était fini ?"