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Friday, January 23, 2026

ET SI LA GUERRE ET LE SPORT PASSAIENT DU CHAUD AU FROID ?

Nous changeons de contextes.

Nous changeons de contexte climatique, géopolitique et guerrier.

Et ces changements de contextes pourraient entrainer une importante mutation des imaginaires sportifs.


Les faits d'abord

Depuis plusieurs décennies les grands conflits se sont essentiellement passés dans des zones chaudes. 

Après l'Asie du Sud-est dans les années 70, ce furent le Moyen Orient et l'Afrique qui concentrèrent les principaux conflits.

Longtemps, la guerre fut et est encore globalement associée dans l'esprit des Occidentaux, à la pauvreté, à la chaleur et désert.

C'est en train de changer et ce de façon assez radicale.

Ça a commencé en 2022 avec l'Ukraine.

La guerre est redevenue associée au froid et à la boue 

Et ce basculement s'accélère aujourd'hui avec les menaces de conflits autour de l'Arctique et les prétentions américaines, russes et chinoises dans cette zone. 

Le Groenland est en train de remplacé le Sahara.

Et on sait que l'imaginaire sportif a toujours entretenu un lien étroit avec l'imaginaire guerrier et géopolitique. 

On peut donc imaginer que si les armées basculent de l'Afrique à l'Arctique, le sport suivra ce mouvement avec une décennie de décalage. 

Voilà comment on peut imaginer que ce basculement climatiques des militaires transforment radicalement les imaginaires climatiques des sportifs et donc les pratiques sportives dans les deux décennies qui viennent.

Depuis vingt ans, les trail et les ultramarathons dans des contextes chauds et désertiques incarnent un certain idéal sportif occidental. 

Cette esthétique reflétait parfaitement la guerre asymétrique en zones arides.

Le basculement vers le froid pourrait marginaliser ces pratiques au profit de disciplines hivernales d'endurance : ski de fond, trail hivernal, courses en raquettes. 

L'imagerie heroïque se déplacera du corps trempé de sueur sous le soleil au corps luttant contre le gel et la neige.

Le biathlon, le ski-alpinisme, le ski de randonnée nordique, voire des pratiques extrêmes comme les traversées polaires à ski pourraient passer du statut de niches confidentielles à celui de nouvelles disciplines de référence pour mesurer l'endurance et la résilience.

Retour de la rusticité.

On pourrait aussi assister à une réhabilitation de l'endurance "brute" contre la performance "connectée"

Si les armées redécouvrent que le "low-tech" l'emporte sur le "high-tech" dans le froid (batteries mortes, électronique gelée), le sport pourrait connaître un mouvement similaire. 

On assisterait à une valorisation des pratiques rustiques, sans technologie ; courses hivernales "déconnectées" (sans montre GPS, sans assistance électronique), défis de survie en milieu froid (bivouac hivernal, construction d'igloos)

On pourrait assister alors à une fracture générationnelle : les "digital natives" des sports chauds contre les "nordic natives" des sports glacés.

Militarisation des compétitions.

On pourrait voir émerger des compétitions hybrides mêlant sport et simulation militaire arctique : courses d'obstacles dans la neige avec épreuves de franchissement de rivières glacées, transport de charges lourdes dans des conditions de blizzard, épreuves de tir en conditions de gel extrême.

Ces événements, déjà embryonnaires (certaines courses "Spartan" ou "Tough Mudder" ont des versions hivernales), pourraient devenir mainstream si l'imaginaire collectif glorifie à nouveau le soldat arctique plutôt que le soldat désertique.

Mutation des équipementiers

Les marques de sport devront s'adapter. Les géants du running tropical (Hoka, On, etc.) devront développer des gammes hivernales crédibles ou risquer la marginalisation. À l'inverse, des marques scandinaves spécialisées (Craft, Haglöfs) pourraient devenir dominantes.

Les équipementiers militaires (Arc'teryx LEAF, 5.11 Tactical) pourraient franchir massivement la frontière vers le sport civil, apportant leur expertise arctique.


Mais…

Mais évidement tout cela se passerait dans un monde de plus en plus chaud. 

On vivrait alors un vrai paradoxe climatique : des sportifs qui s'entraînent au froid dans un monde qui se réchauffe !!

Ce paradoxe pourrait créer une fracture :

- Un sport "réaliste" qui s'adapte au réchauffement (moins de neige, sports de transition)

- Un sport "nostalgique" qui cultive artificiellement les conditions froides (chambres cryogéniques, entraînements en Alaska) comme affirmation idéologique.

On aurait alors possiblement une explosion des offres commerciales pour les sports polaires. 

Les courses au Groenland, les stages d'entraînement en Laponie, les camps de ski de fond dans le Grand nord canadien se banaliseraient peu à peu et deviendraient accessibles à une classe moyenne sportive, créant un nouveau marché du "sport extrême nordique".

Vers une bipolarisation climato-sportive ?

Dans la décennie à venir, on pourrait donc assister à une véritable guerre culturelle sportive entre deux imaginaires :

- Le camp chaud : technologie, optimisation, individualisme, déserts et tropiques, esthétique colorée et connectée

- Le camp froid : rusticité, endurance, collectif, Arctique et toundra, esthétique militaire et déconnectée


On en reparle le 18 mars avec "Et si demain, la guerre changeait le sport ?"

Thursday, January 22, 2026

Tuesday, December 16, 2025

ET SI NOUS ARRÊTIONS D'IMAGINER POUVOIR TOUJOURS MOTORISER NOS EXCÈS ?

Imaginons la réunion de publicitaires  : "Et si pour montrer que prendre le train c’est facile, on montrait une assemblement de valises faisant un véhicule électrique ? On aurait plus à marcher avec nos valises dans la gare, on roulerait dessus !"


Et on passerait ainsi de la valise à roulettes à la valise-voiture comme on peut le voir dans «The Way to the Train», une pub pour le site Trainline.


«Brillant !» diront certains.


«Affligeant !» dirons d'autres, dont nous.


Car ce concept car de valises motorisés est juste un symptôme de plus d'une société qui a déclaré la guerre à son propre corps. 


Remontons trente ans en arrière.


1991, lancement des premières valises à roulettes. 


À l'époque, beaucoup ont vu cela comme un progrès. 


On n'avait plus à porter 20 kilos, juste à les tirer ou les pousser. 


Sauf qu'on a oublié de se poser la question : pourquoi voyageons-nous avec 20 kilos ?


La vraie innovation aurait été de réduire. 


D'apprendre à partir avec moins. 


De distinguer le nécessaire du superflu. 


Mais non !


On a préféré l'escalade : puisqu'on peut maintenant traîner 30 kilos sans effort, pourquoi se limiter ? 


Les valises ont enflé. 


Le voyageur est devenu un déménageur récréatif.


Et maintenant certains imaginent la suite "logique", comme cette valise-voiture présentée comme un idéal de liberté et de mobilité.


Parce que marcher dans un couloir est devenu pour certains une épreuve insupportable (on ne parle pas ici bien évidement des handicapés ou des vieux séniors).


Parce que tirer 15 kilos sur 500 mètres, c'est encore trop demander à certains valides biens portants. 


Parce que certains ont visiblement décidé que marcher et faire des efforts étaient devenus une forme d’agression contre notre bien être dans notre société de la flemme.


Nous sommes la première génération de l'histoire à considérer la marche comme un effort extraordinaire. 


Alors plutôt que de voyager léger, nous préférons motoriser nos excès…


...et nous imaginer que nous pourrons continuer à le faire encore longtemps.

Thursday, November 09, 2023

ET ON LES REGARDE COMMENT CES IMAGES ?

Dans notre précédent post, nous nous demandions "qui émet aujourd'hui de nouvelles images sur le sport de demain ?

Parmi les réponses que nous proposions, il y avait l'Arabie saoudite qui avec son mega projet de Neom est devenue une très forte émettrice de nouveaux récits urbains et sportifs.

Lors de la dernière Biennale d'architecture de Venise, l'exposition "Zero Gravity Urbanism" consacrée à Neom, était clairement l'une des plus inspirante. 

Evidement, Neon est a priori une aberration urbaine, sociale et écologique. 

Mais ...

Mais les pistes d'explorations générées par Néon apportent un vrai décalage dans la façon de pensée un certain urbanisme et sur les possibles nouvelles façons faire du sport.

On est pas obligé d'être d'accord, mais cela fait réfléchir.

Et c'est ce que dans ce post, nous voulons retenir.

La capacité de certains pays qui n'existaient pas sur la planète sport il y a encore 5 ans, à proposer aujourd'hui des choses nouvelles, de nouvelles histoires, de nouvelles approches ... 

Bref toutes ces choses qui nous manquent tant aujourd'hui en Europe.

Il sont où les nouveaux récits sur l'urbanisme et le sport en Europe à l'horizon 2045 ? Heuuu ...

Ils sont où les nouveaux récits européens sur les pratiques sportives du futur ? Heuuuu ...

Ne cherchez pas, ils sont nulle part !!

Ils n'existent pas.

Et si donc c'était ces pays émergents que l'on aime tant mépriser comme l'Arabie saoudite, qui remplissaient ce rôle de visionnaires que nous sommes devenus incapables de faire ?

Et si donc au lieu de critiquer l'Arabie saoudite (même s'il y a très largement de quoi ...), on se posait la question de savoir pourquoi nous européens sommes incapables aujourd'hui de proposer de nouvelles visions écologiquement tenables sur les nouvelles formes urbaines et sportives de demain ?

Et si au lieu de juger et de dénigrer les autres, on se mettait un peu plus à travailler pour émettre de nouveaux récits et apporter de nouvelles réponses ?

C'est ce que nous faisons au quotidien dans le cadre de notre Prospective Sport Lab ®+ .

Et c'est ce que nous ferons avec vous le 5 décembre prochain lors des Rencontres de la Prospective Sportive ® organisées autour de la question "Et si désormais le sport se réinventait en dehors de l'Occident ?"

Wednesday, July 19, 2023

C'EST QUOI PENSER LA PISCINE DANS UN MONDE TOUJOURS PLUS INÉGAL ?

Entre rues péruviennes  et méga-paquebot , c'est quoi penser la piscine dans un monde toujours plus inégal ?

Ou quand la piscine va devenir une des grandes questions politiques du XXI° siècle.

On en reparlera le 14 septembre prochain lors des deuxièmes Rencontres Sport/Équipement/Stratégie ® organisées autour de la question C'est quoi nager demain ?

Tuesday, April 18, 2023

ENTRE FICTION ET PROSPECTIVE, C'EST QUOI PENSER LA MONTAGNE DEMAIN ?


Les Rencontres s'organiseront autour de trois grandes séquences.

La première séquence sera consacrée aux territoires sportifs du futur.

Nicolas Petitjean, co-fondateur d'Afterstudio, présentera l'étude "La Montagne en 2050 - Prospective, stratégie, fiction et design au service de la décision."

C'est un travail passionnant et très stimulant tant sur le fond que sur le process de réflexion.

Pour venir l'écouter, il suffit d'envoyer un mail à francois.bellanger@gmail.com en disant "Je viens"

Tuesday, April 11, 2023

ÇA PEUT RÉPONDRE À QUELLE QUESTION ?

Une ville improbable. 

Un stade improbable.

Quand on ne sait pas très bien si ces images de The Line répondent à la question "c'est quoi un équipement sportif demain ?" ou plutôt à la question "et si la science-fiction nous aidait à penser les futurs du sport ?"

Probablement plus à la seconde qu'à la première.

Tuesday, March 28, 2023

ET SI LES DESTINATIONS SPORTIVES DEVENAIENT OPÉRATEURS DE TRANSPORT ?

Dans notre précédent post, nous nous demandions et si les stades devenaient des aéroports ? 

Ce qui pouvait apparaître comme une question provocante et décalée, trouve ces jours-ci un semblant de validation avec l'annonce faite par les promoteurs de Neonl'un des grands hubs sportifs mondial de demain, de vouloir lancer leur propre compagnie aérienne en 2024 - .

Évidement, on ne peut qu'être effarés devant l'aberration écologique et énergétique que représente ce projet de ville artificielle dépendant totalement de l'aérien.

Mais cette initiative pose une question pas inintéressante et qui mérite peut-être d'être travaillée.

La question est celle-ci : et si demain gérer un équipement sportif, c'était aussi gérer les réseaux de transports qui y conduisent ?

Dit autrement : et si demain, les gestionnaire d'équipement sportifs devenaient aussi des acteurs de la mobilité et notamment des mobilités actives ?

Pourquoi la dynamique sportive d'un équipement sportif ne devrait-elle pas, en effet, rejaillir sur ses alentours et sur les moyens d'y accéder ?

On en parlera, .

Thursday, August 18, 2022

ET SI NOUS PASSIONS DE LA SAISON DES FEUX AUX ANNÉES EN FEU ?

Cela fait plusieurs années que chez Transit-City on s' intéresse beaucoup à ce qui se passe en Australie et en Californie pour penser les imaginaires de nos futurs modes de vie, et notamment les imaginaires du climat et du sport.

C'est notamment pour cela que nous avions réalisé notre deuxième Carnets Parallèles autour du duo "Australie/Californie"

Voir, entre autres, :

Dans notre récent "le feu comme stade du futur ?", nous nous concentrions sur le cas des feux en Californie et la façon dont ils pourraient influer sur la pratique sportive.

Certains pouvaient se rassurer en se disant que les feux se développaient que sur une période de l'année, en général pendant l'été.

Sauf que ...

Sauf que de récentes études montrent que désormais en Californie, le feu n'a plus de saison !

Ou dit autrement, qu'avec le dérèglement climatique nous passons d'une saison des feux à des années du feu !

Pour s'en convaincre, il suffit de regarder les graphiques ci-dessous extraits de "Climate Change Is Turning California’s Wildfire Season into Wildfire Year".


Mais cela nous fait surtout bien comprendre que nos imaginaires climatiques, saisonnier et donc touristiques et sportifs sont en train de complètement exploser.