Wednesday, March 22, 2017

LA VALORISATION DU MOINDRE CENTIMÈTRE CARRÉ

"Quand nous passons les contrôles de sécurité d’un aéroport, le plateau gris sur lequel le voyageur doit placer son bagage à main pour qu’il passe aux rayons X s’est couvert de publicité.
"Récemment, alors que je m’installais dans un avion pour Chicago, en dépliant la tablette face à mon siège j’ai découvert que sa surface était entièrement recouverte d’une publicité pour Droid, le smartphone multimédia.  
À l’aéroport international d’O’Hare, la rampe mobile de l’escalator répétait à l’infini un message du groupe financier Lincoln : « C’est toi qui décides® ». 
Une fois arrivé à mon hôtel, on m’a remis une carte clé magnétique dont une face vantait les restaurants Benihana. Jusqu’à il y a peu de temps encore, le fait que ce type de carte magnétique offre une surface visuellement exploitable de quelques centimètres carrés était passé inaperçu, ou plutôt il n’avait pas été monétisé. 
La dernière grande découverte du capitalisme, c’est que plus que dans une économie de l’information, nous vivons dans une véritable économie de l’attention, du moins si on applique le terme d’« économie » à toute ressource rare et donc précieuse. Comme l’illustrent les exemples que je viens de donner, ce qui compte dans cette affaire c’est le développement d’une technologie sociale, pas l’invention d’un gadget électronique : il n’y a rien d’intrinsèquement « numérique » dans le fait de transformer une surface à caractère indéniablement public en instrument de marketing." 

C'est dans la lignée de :

Voir aussi "Exciting nomadic life".

UNE MOBILITÉ ENTRE LAME ET ROULETTES ?

Samsonite vient de lancer une nouvelle campagne signée "We Carry the World" - voir  - mettant en avant non pas ses bagages, mais ce qu'ils peuvent transporter au service de tous les types de voyageurs possibles et imaginables. 

Parmi la série de visuels - voir  -, un a particulièrement retenu mon attention. C'est celui qui s'adressant aux "courageous" (les runners et les vétérans, entre autres) met en avant une lame pour handicapé (voir l'image). 

Un peu comme si la lame était devenue en à peine dix ans, un objet totalement normal de mobilité - voir "de la voiture à la prothèse ?"

Un peu comme si le handicap sous l'influence des sportifs, n'était plus vraiment un enjeu mais une banalité - voir, .

Un peu comme si un vétéran amputé et équipé d'une prothèse faisait désormais partie des choses normales - voir, "de la mutation du soldat à la mutation du vétéran ?"

Un peu comme si la lame était devenue un objet usuel comme la roulette ou la basket.

Bref, un peu comme si la lame avait effacé la question "c'est quoi un handicapé ?"

Tuesday, March 21, 2017

1971 - ET SI C'ÉTAIT CELA LA VOITURE AUTONOME DE DEMAIN ?

Quand en 1971, le container d'avion est pensé comme un bureau mobile.

On peut aussi y voir les prémisses de ce que pourrait devenir la voiture autonome - .

Monday, March 20, 2017

QUAND LES VOILEUX PERMETTENT DE PENSER AUTREMENT LA MOBILITÉ URBAINE

Ci-dessus l'Hydroptère, l'un des premiers voiliers à tester les foils en haute mer.

C-dessous le concept de Seabuble qui pourrait peut-être devenir un jour la base d'un nouveau réseau de taxis autonomes sur la Seine.

Le lien entre ces deux images ? Un marin,  Alain Thébault, co-concepteur et skipper de l'Hydroptère qui a décidé de basculer son savoir faire en matière de navigation sur foils dans le domaine de la mobilité urbaine


Aujourd'hui, le projet de Seabuble est très loin d'être assuré - il reste beaucoup de problèmes techniques et financiers à régler - mais qu'importe...

Ce qu'il faut retenir dans cette démarche, c'est la façon dont cette technique - le foil - jusqu'il y'a encore quatre ans très marginale, s'est très rapidement diffusée - voir,  et - pour aujourd'hui irriguer de nouveaux imaginaires et donc de nouvelles pistes d'innovations dans le domaine de la ville.

C'est notamment pour parler de cette irrigation du monde de la voile vers des domaines qui lui sont a priori très éloignés, que le prochain Atelier Transit-City aura lieu ce vendredi 24 mars autour de la question "Et si on s'intéressait à la façon dont les voileux innovent ?"

Et pour ceux qui s'intéressent à la question de savoir comment la Seine pourrait devenir un axe de communication un peu plus sportif que ce qu'il est aujourd'hui, voir :

Friday, March 17, 2017

CORPS SPORTIFS : CE SONT QUOI LES NOUVELLES RÉFÉRENCES ?

Pour lier les deux précédents posts sur la normalisation des corps, je voulais revenir sur deux récentes campagnes de Nike.

Pour prolonger "c'est quoi être gros ?", il faut regarder la nouvelle offre et le discours de Nike pour les femmes rondes - voir, "Nike Plus Size Collection". 

Pour prolonger "le ballet comme refus de la différence"il faut regarder son anti-thèse avec "FKA Twigs on Sports and Expression". C'est une ode à la diversité à l'opposé de l'approche de celle de l'Opera de Paris.


Ces deux démarches ont pour point commun de dire que le sport ne se réduit plus au sport. Que le sport c'est aujourd'hui une totalité qui permet l'affirmation de soi, de son corps, de son identité et de sa culture... et ce bien au delà des codes traditionnels de la compétition.

Question : on regarde où pour penser les codes du sport du sportif demain ?

Faut-il se tourner vers les cultures ancestrales et celles des peuples dits "premiers" ?

Et si c'était  qu'il fallait regarder ?

Si c'était cela les nouvelles références, alors ça serait un total renversement de situation par rapport à l'époque pas si lointaine où Nike prétendait faire passer certains peuples comme les Samburu dans la modernité en leur fournissant des chaussures !!

Autre question : demain, qui va copier qui ?

Et n'a-t-on pas déjà basculé dans la recherche de nouveaux codes avec un joueur comme Paul Pogba ?

Thursday, March 16, 2017

LE BALLET COMME REFUS DE LA DIFFÉRENCE ?

Pour prolonger le précédent post sur le corps et ses supposés normalités - voir "C'est quoi être gros ?", je vous propose de lire les quelques lignes ci-dessous extraites du magnifique film "La relève : histoire d'une création" dans lesquelles Benjamin Millepied, alors Directeur du ballet à l'Opéra de Paris, explique comment le ballet classique peut symboliser le refus de la différence.
« C’est très très difficile de rentrer dans le corps de ballet de l'Opéra de Paris. 
Il y a une sélection physique, une sélection de corps. 
Le corps d’un danseur se doit d'avoir de longues jambes, d’avoir un long cou, d’avoir de longs bras, etc, etc ... 
Les danseurs d’opéra sont dans un système qui les met en doute tout le temps. Tous les ans, ils ont une audition, un concours. Donc tous les ans, ils se mettent en doute et ils se mettent en doute les uns par rapport aux autres. C’est l’armée, avec des notes pour passer le niveau au dessus et un grade par rapports par rapports aux autres. Et cela depuis qu’ils sont tout petits.»
« C’est dommage qu’il y est toute cette hiérarchie, parce que elle n’a pas lieu d’être. Ils ont déjà passé toute leur vie à apprendre ce métier de danseur, et on va continuer à les classer, à  leur dire « Toi t’es troisième, toi t’es quatrième » « Toi t’as les pieds qui pointent pas ! »
Mais à quoi aboutissent tous ces concours et tout cette hiérarchie ? À créer de la peur, beaucoup de peur. A l’Opéra de Paris, il y une énorme peur de la hiérarchie. » (...) 
(...) « J’ai envie d’avoir une compagnie de ballet qui soit diverse. Avec des danseurs de nationalités différentes. De couleurs différentes sur scène.
Moi j’ai entendu très clairement quand je suis arrivé, qu’on ne met pas une personne de couleur dans un corps de ballet, car c’est une distraction. C’est à dire que s’il y a 25 filles blanches avec une fille noire, on ne va regarder que la fille noire. 
Dans un grand ballet tout le monde doit être pareil. Et donc tout le monde pareil, ça veut tout le monde doit être blanc.  
Quand on arrive des Etats-Unis et qu’on entend cela, cela fait peur. C’est une énorme connerie de dire cela. Il faut que je casse cette idée qui est raciste au fond. 
Comment on va changer le public du ballet, si on a pas aussi des danseurs sur scène dans lesquels le public peut se reconnaître ? »
Accessoirement, on comprends mieux pourquoi Benjamin Millepied n'est pas resté très longtemps Directeur du ballet à l'Opéra de Paris

Wednesday, March 15, 2017

C'EST QUOI ÊTRE GROS ?

Une belle réponse à la grande obsession contemporaine du corps parfait - voir le film, , et l'ensemble de la démarche, .

Dans l'esprit, mais de façon beaucoup moins extrême, on est dans le prolongement de "new fat mobility ?"

Merci Patrick pour cette belle découverte ;-)

Tuesday, March 14, 2017

CDK, C'EST CELA !!!!

CDK Technologies c'est notamment ces bateaux, soit juste quelques-unes des plus belles unités de course sorties récemment d'un chantier naval.

Son Dga, Yann Dollo, viendra nous en parler lors du prochain Atelier Transit-City organisé le vendredi 24 mars prochain autour de la question "Et si on s'intéressait à la façon dont les voileux innovent ?"

Toutes les infos, .

Monday, March 13, 2017

VITESSE : QUAND LE CORPS REMPLACE LES MACHINES

La semaine dernière, le hasard a voulu que deux équipementiers sportifs, Nike et Asics, lançent chacun de leur côté une campagne donnant l'impression de célébrer la vitesse du monde mécanique.

C'est d'abord Nike qui a l'occasion de la sortie d'une nouvelle chaussure (voir, ), révélait avoir monté un défi pour passer sous la barrière mythique des deux heures au marathon (voir, ) sur le circuit automobile de Monza en Italie (voir, )

Et là, de deux choses l'une :
- soit on se dit que Nike court après les symboles automobiles pour montrer la performance de ses produits et de ses athlètes,
- soit, au contraire, on se dit que Nike enterre la course automobile en montrant que les valeurs de vitesse et de performance sont aujourd'hui portés par des hommes... et non plus des machines.

Quand sur sont site (), on lit la façon dont Nike justifie le choix de Monza pour battre ce record (bon climat, bonne qualité du revêtement, virage large, bonne distance pour assurer les ravitaillement... ), on comprend que Nike se fout totalement des valeurs automobiles associées à Monza et qu'il considère juste ce circuit comme une piste bonne piste d'athlétisme.

Le pied de nez de Nike est d'autant plus intéressant qu'il fait suite à celui d'Asics qui, fin 2016, avait lui aussi utilisé un des lieux symbole du monde de l'automobile italien (le fameux Lingotto) pour mettre lui aussi en avant un de ses nouveaux modèles -

En fait sous couvert d'hommage à l'automobile, Asics et Nike enterrent gentiment la voiture et font comprendre que l'on a changé d'époque et qu'aujourd'hui la vraie mécanique performante c'est celle du corps - voir sur ce sujet, "Changement de piste"

Un peu comme si la technique était arrivée au bout de sa course à la vitesse, et que c'était maintenant au corps de prendre le relais.

Une analyse que semble confirmer la nouvelle campagne "Don't run, fly" d'Asics - .

A première vue Asics semble vouloir s'inscrire dans les codes de la performances liées à l'aéronautique. Tout y est, notamment l'athlète comparé à un avion ou l'utilisation du parachute pour ralentir. Sauf que...

Sauf que, comme avec Nike à Monza, ce n'est pas la technique qui est célébrée, mais bien le corps en mouvement et le corps qui peut bouger et voler sans forcément de la mécanique.

Le wingsuit est passé par là (voir ici et ici), de même que le kite (voir, ).


Aujourd'hui c'est le corps de l'homme qui porte les imaginaires de la performance et de la vitesse, comme le nontrent les jetman, ces hommes qui avec leurs ailes motorisées font jeu égale avec le plus gros des avions civils, l'A 380 - voir . Ou quand le corps devient l'équivalent d'un fuselage d'avion ou de fusée.

Friday, March 10, 2017