Tuesday, May 26, 2015

LES PÉRIPHÉRIES DE PORT MORESBY DEMAIN ?

Quand Barumi Dump, la plus grande décharge de Port Moresby, la capitale de la Papouasie-Nouvelle-Guinée, fait l'objet d'une réflexion de prospective urbaine, cela peut donner ce genre d'images.

Cette dystopie a pour nom "Topology of a Phantom City" et est signée Daniel K. Brown.

On peut trouver cela totalement surréaliste et quasi-apocalyptique, mais rappelons quand même qu'en 2050 nous serons 9 milliards d'humains à vivre sur la terre, dont près de 2 milliards vivront dans des bidons-villes et que donc s'intéresser à la ville informelle va être un des grands enjeux du XXI° siècle - voir "D'autres futurs urbains".

Cette réflexion est dans la lignée des réflexions conduites sur le poids des ordures dans l'urbanisme du XXI° siècle - voir sur la notion de garbage city et - et sur leurs rôles dans la création d'une nouvelle architecture - voir "Et si on parlait un peu d'ordure ?"

Elle s'inscrit aussi dans le prolongement de l'idée que demain les bidons-villes accueilleront des nouveaux genre de structures verticales.
- voir au Brésil, "The Next Brasilian Hyper-density ?"
- voir en Inde, "The Next Indian Hyper-density ?"

Et pour élargir la réflexion, voir "Et si c'était les pauvres qui obligeaient l'architecture à se réinventer ?"


Et sur la façon d'approcher la prospective urbaine de cette manière, voir "Fiction Cities - centre de ressources sur le rôle de la fiction dans la construction des imaginaires urbains".

Friday, May 22, 2015

LES SYSTÈMES SANS PILOTE COMME "NOUVELLE NORMALITÉ" ?

Il y a quelques jours Ray Mabus, le secrétaire américain à la Marine, annoncait qu'il avait réorganisé son ministère pour se focaliser dorénavant prioritairement sur les systèmes sans pilote, c’est à dire les drones, les navires autonomes et les sous-marins robotisés. 

Pour lui, les systèmes sans pilote "doivent être la nouvelle normalité".

Ce n’est pas forcément une réelle nouveauté au vu de l’évolution de l’armée américaine depuis une décennie - voir "Trois étages de drones".

De ce mouvement, certains en déduisent notamment que le F 35 ci-dessus sera probablement le dernier avion de chasse dirigé par un pilote, laissant place à terme à des drones - voir l'image ci-dessous et "new cyborgs on the boat ".

De façon plus large, cette évolution renvoie évidement à la question plus globale d'une "dronisation du monde".

On en reparle 5 juin, .

Thursday, May 21, 2015

ET SI ON POUVAIT ENFIN S'ASSEOIR AUTREMENT DANS UNE VOITURE ?

J'ai toujours été très surpris de l'extrême pauvreté de l'aménagement intérieur automobile et du manque de diversité que celui-ci offrait à ses occupants (Voir : "Et si on changeait la place du conducteur ?"). L'intérieur d'une Audi c'est l'intérieur d'une Dacia avec juste un peu plus de place pour les jambes. Le reste n'est que de la déco avec des produits plus ou moins nobles et des codes esthétiques plus ou moins de bon goût.

Les choses vont probablement changer avec la banalisation de la voiture autonome et l'apparition de voiture-salon ou de voiture-bureau - voir , notamment.

En attendant quand on s'interroge sur cette question de la diversité des intérieurs automobiles, c'est une nouvelle fois chez les militaires que l'on trouve les idées les plus stimulantes - voir "Nouvelle approche ?" dans la lignée de nos réflexions esquissées dans "Et si c'était les militaires qui inventait la mobilité du futur ?"

On en trouve de nouvelles preuves avec les recherches que conduisent actuellement plusieurs industriels américains pour inventer la Jeep du futur qui aura vocation à remplacer le Hummer au sein de l'US Army dans les années qui viennent.

On voit dans ces projets des réflexions sur l'assise et sur les bagages qui renouvellent enfin l'approche automobile, un peu à l'image de ce que tentent certains avec les voitures ultra low-cost en Afrique - voir "Une autre approche automobile".

Évidement ces réflexions sont difficilement applicables en l'état à des véhicules civils qui doivent respecter un certain nombre de normes sécuritaires, mais il est rassurant de voir que l'avenir automobile pourrait être largement différent et plus créatif que ce que produisent aujourd'hui les grosses firmes automobiles qui font toutes plus ou moins la même chose.

Appréciez le siège balançoire !!

Et ci-dessous une image pour ceux qui rêvent de pouvoir voyager couché - et .

Et pour ceux qui rêvent de voyager debout, voir "la voiture de Kennedy comme modèle ?"

Tuesday, May 19, 2015

ET SI ALGECO POUVAIT RENOUVELER L'APPROCHE DES LIEUX DE TRANSIT ?

Un constat 

Nous sommes tous mobiles et connectés et c'est une vraie révolution urbaine. 

La mobilité touche nos façons de manger, de travailler, de consommer, de penser. 

Le numérique nous permet de tout faire quand on veut, où on veut. 

Nous sommes en train de passer d’une époque dans laquelle chaque lieu avait une spécialité, une identité claire et propre, à un grand mixage des temps, des lieux et des identités. 

Avec le digital tout lieu devient multi-fonctions et tout le monde va être impacté.

Les anciens lieux ne disparaissent pas, mais ils vont être obligé de se transformer, de muter et de changer de nature.

C’est quoi un bureau quand 30% des actifs européens passent plus du quart de leur temps en dehors de ce qui est défini comme leur poste de travail ? 

Cette nouvelle condition urbaine fondée sur la mobilité et la connectivité permanente va appeler de nouvelles réponses et notamment de nouveaux lieux pour accueillir ces pratiques nomades. 

On voit pour chacun se multiplier de nouvelles escales et de nouveaux lieux de transit parfois appelé tiers-lieux. 

Ces lieux de transit se sont insensiblement glissés dans l'actualité de nos comportements.  

Et en même temps ils ont du évoluer. 

Ils ne sont plus des lieux uniquement dédiés aux transports, mais des lieux de services, de travail, de repos, de commerces. 

De  lieux de flux, ils sont devenus lieux de vie de plus en plus multi-fonctionnels. 

L’objet d'un concours 

C’est pour réfléchir à l’évolution de ces lieux de transit qui ponctuent le quotidien de millions de personne dans le monde, qu’Algeco lance une nouvelle édition de son concours autour du thème «Transit 2025 : c’est quoi un lieu de transit dans 10 ans ?» 

 Les lieux de transit concernés par cette réflexion sont :
 - les gares 
- les aéroports 
- les hôtels 
- les stations services  
- les aires d’autoroutes 
- les gares maritimes 
- les parkings, dont ceux des centres commerciaux 
- les stations de métro 
- les arrêts de bus et de tramways 
- les stations de vélos et de voitures libre service. 

L’objectif de ce concours est de réfléchir de façon prospective - l’horizon 2025 - aux manières dont le modulaire peut aider ces lieux à évoluer pour mieux répondre aux changements de plus en plus rapide des modes de vies, des modes de consommation, des façons de travailler et de se divertir."

Toutes les infos sur cette nouvelle édition du concours Architecture(s) Élémentaire(s) sont .

Monday, May 18, 2015

ET SI LE CAMPING CAR POUVAIT RENOUVELER L'APPROCHE DE L'HABITAT ?

Pour prolonger mon précédent post sur ce à qui pourrait ressemble une"hackable architecture", c'est à dire une architecture véritablement évolutive et modulaire sans l'intervention des architectes, je voulais vous proposer ces deux photos.

La photo ci-dessus est celle du programme Villa Verde signé Alejandro Aravena au Chili visant à offrir des maisons pouvant être aménagées librement et de façons faciles par les habitants.  Pour mieux comprendre la démarche de cet architecte chilien, voir "My Architectural Philisophy ? Bring the Community into the Process."

La photo ci-dessous est celle d'une zone péri-urbaine française partagée entre pavillons et camping cars.

Quand on confronte les deux images, on voit à quelle d'hypothèse on aboutit - et si demain le camping-car devenait un moyen de renouveler l'architecture en devenant une vraie pièce en plus ?

Ou dit autrement : et si demain, on pouvait louer des pièces mobiles dont l'une des figures serait le camping car ?

Bref et si demain on remettait enfin à plat nos façon de penser le bâti et l'habitat pour offrir de nouvelles perspective de développent à un secteur de l'habitua sinistré par son manque d'imagination et de créativité ?

Dit autrement : "Je construit une pièce en plus en dur ou je choisis plutôt de m'installer une vraie pièce mobile en plus sous forme de camping car ?"

On est dans le prolongement de "Vers un urbanisme de camping cars ?" et de "Et si Wimes et Archigram redevenaient le futur ?"

Mais on est aussi au croisement de certaines de nos vieilles interrogations et obsessions comme "Pourquoi le modulable redevient-il à la mode ?" ou "La voiture comme une pièce en plus ?"

Pour aller plus loin, voir Habitat(s).

Wednesday, May 13, 2015

ÇA POURRAIT RESSEMBLER À QUOI UNE "HACKABLE ARCHITECTURE" ?

Il y a quelques jours le site Architectsjournal révélait que les architectes du futur Googleplex envisageaient de faire appel à des robots pour construire une partie des structures du futur siège de Google - voir "Robots to build Heaterwick and BIG's proposer Google HQ".

Si on part du principe que tout ce qui est programmable est piratable et que tout ce qui est construit par des robots est aussi très facilement évolutif, on peut se demander à quoi pourrait aboutir une architecture réalisée par des "crabots" ultra-réactifs ?

Dit autrement : est-ce que l'utilisation de ces crabots pourrait aboutir à une architecture hackable, c'est à dire beaucoup plus facilement modifiable et évolutive que l'architecture traditionnelle ?

Bref, est-on à l'aube d'une "hackable architecture", c'est à dire d'une architecture qui grâce aux robots serait capable d'évoluer au grès des besoins et des pratiques de ses occupants sans l'intervention d'un architecte ?


On est avec cette question au croisement de "Entre drones et imprimantes 3D, c'est quoi un chantier demain ?" et de "Dexterious manipulator".

L'autre façon de penser serait d'envisager que la vraie "hackable architecture" existe déjà et qu'elle est plutôt liée au low-tech et low-cost comme le démontre très brillamment et très intelligemment des architectes comme Teddy Cruz ou Alejandro Aravena en Amérique latine avec des réalisations qui laissent une grande liberté d'aménagement aux habitants.

Voir sur ce thème :
- "On regarde où pour penser l'innovation architecturale demain ?"
- "On regarde où pour penser l'innovation sociale et architecturale ?"

L'autre piste étant évidement le modulaire - .

On y revient très vite.

Tuesday, May 12, 2015

C'EST QUOI UN CAMION DEMAIN ?

Pour prolonger le précédent post sur l'évolution possible des camions demain, voir  les explications de ces photos.

On est à l'opposé du routier aventurier vanté par Mercedes - voir "Apologie du travail nomade" - mais très proche de cette vision .

On en reparle le 5 juin prochain lors de l'Atelier "Comment peut-on encore faire de la prospective transport ?"

Monday, May 11, 2015

C'EST QUOI UN CHAUFFEUR ROUTIER DEMAIN ?

Dans la lignée de mon tout récent "C'est quoi être derrière un volant ?", une autre question sur le l'évolution de la conduite demain avec cette annonce de l'état du Nevada d'accepter que Daimler teste des camions autonomes sur ses routes - voir .

Sur l'évolution du travail de routier demain, c'est à mettre en perspective avec "Quand le camion préfigure le travail connecté et surveillé du futur" et avec "Conduire, dormir, conduire ..."

Sur l'évolution de la fonction du camion demain, c'est à mettre entre "Et si les containers devenaient des robots ?", "C'est quoi le modèle du bureau de demain ?" et "Le camion comme usine du futur ?"

On en reparle le 5 juin prochain lors de l'Atelier "Comment peut-on encore faire de la prospective transport ?"

Thursday, May 07, 2015

C'EST QUOI UNE TÉLÉPHONE DEMAIN ?

En vingt-cinq ans le téléphone mobile a radicalement changé de formes et de fonctions.

Mais ce n'est sans doute rien par rapport à ce qui se prépare dans les labos - voir . 

Les "acoustruments" imaginés par les équipes de Disney sont une des facettes de cette mutation radicale d'un objet - "le téléphone" - dont la notion va devoir se redéfinir si on veut que ce mot est encore un sens pour penser demain - .

Tuesday, May 05, 2015

ET SI DEMAIN "HYPERMARCHÉ = SPORTIVITÉ" ET "INTERNET = OBÉSITÉ" ?

Dans la continuité de mes récents posts sur la façon dont le sport irrigue de plus en plus nos imaginaires et nos pratiques urbaines - - mais aussi certains lieux comme les bureaux -  et - ou les lieux de transports - -,  je voulais vous parler de la démarche que vient de lancer le groupe de distribution américain Wallmart au Costa Rica.

Cette démarche appelée "Healthy Shopping Card" est toute simple mais particulièrement maligne : il s'agit d'accroire l'idée que dans une société où l'on est tout le temps assis (), le temps de l'hypermarché devient un moment d'exercice bénéfique pour la santé.

Le moyen de cette mutation est un caddie doté de capteurs et d'un écran et qui devient quasiment l'équivalent d'un stairmasters en mesurant vos pas et en vous donnant des conseils diététiques.

C'est toute l'image du supermarché et des valeurs qui y sont traditionnellement associées qui sont là bousculées et qui peuvent à terme payer face au net qui, dans les années qui viennent, pourrait être associé à l'image d'un obèse devant un écran.

On est là dans le prolongement de cette nouvelle obsession du self quantified aujourd'hui soutenue aussi bien par les équipementiers sportifs -  - que les sociétés d'assurance -  .

On retrouve aussi l'idée qu'à terme la santé et le sport pourraient devenir de nouveaux moyens de consommer - voir "Le nouveau shopping de la sueur ?"

Bref, on est là au croisement des nouveaux rapport aux corps et des nouveaux rapports à la consommation.

Et accessoirement cette démarché répond, en partie, à la question "Pourquoi s'intéresser à la performance sportive quand on réfléchit à la consommation et au shopping de demain ?"

Pour au moins cinq raisons

- parce que le souci du corps, la santé et le sport sont devenus des valeurs centrales de la société - .

- parce que si les imaginaires de la mobilité et du shopping ont longtemps été nourri par la mécanique, c'est aujourd'hui le corps en mouvement qui les nourrit - .

- parce que nos rapports aux corps sont en train de changer sous l'influence des nouvelles technologies - Voir, à ce sujet, les projets d'Apple Health ou de Google Fit.

- parce que pour penser la mobilité et le shopping de demain, nous allons devoir intégrer ces mutations pour explorer de nouvelles pistes plus légères et moins motorisées - .

- enfin, parce que la notion de performance sportive change radicalement - .

Monday, May 04, 2015

C'EST QUOI ÊTRE DERRIÈRE UN VOLANT ?

Ces images sont tirées de la série "Rearview" réalisée par Mark Steigelman.

Et c'est évidement leur terrible banalité qui interpelle tant l'image du chauffeur automobile est ici réduite à celui de l'attente et de la passivité. Il n'y a dans ces images ni colère, ni énervement, juste une acceptation résignée au fait que prendre sa voiture aujourd'hui en ville, cela veut dire passer beaucoup de temps à rester passif et à ne rien faire.

Et c'est évidement aussi cette banalité de la passivité qui nous oblige à nous interroger sur l'évolution de la voiture demain et sur l'évolution de la situation de conducteur dans le futur.

Cela nous renvoie forcément à
"Ca sera quoi, demain, être derrière un volant ?"
"Et demain, on le met où le volant ?"
"Trains suédois ou Google Car ?"
et donc à
"Toyota vs Google Car"

On en reparle le 5 juin prochain lors de notre Atelier consacré à la question "Comment peut-on encore faire de la prospective transport ?"

Thursday, April 30, 2015

LA POSSIBILITÉ D'UNE CATASTROPHE

Face aux visions urbaines idéalisées et aseptisées de mon précédent post, on est forcément tenté de penser son opposé, à savoir penser l'accident ou la catastrophe dans des territoires jamais préparés à la recevoir. C'est ce qu'à tenter de faire avec un certain talent Jeremy Profit avec "Suburbia and other Catastrophes".

En regardant ces illustration on ne peut s'empêcher de penser à ces reportages très réguliers vus à la télévision de ces banlieues en apparence bien paisible et qui tout d'un coup sous l'effet d'une catastrophe ou d'un fait divers meurtrier semblent exploser totalement et perdre toute consistance, un peu comme si elles n'étaient que des villes décors.  On est dans le prolongement de "Bad Dream" et de "Dark Side of the Suburbia".

Ces planches nous renvoient aussi à notre capacité - ou non - à penser la catastrophe - voir "Et si on n'avait pas ..." - mais aussi "The New Normal ?" et "Le pire scénario".

Et ci-dessus une autre planche de Jeremy Profit qui, elle, semble renvoyer très directement à l'option "catastrophe" de "SimCity" - voir "Un monde sans catastrophe ?"