Tuesday, January 17, 2017

QUAND LA VOITURE DEVIENT MUR D'ESCALADE

Cela fait longtemps que certains grimpeurs entretiennent avec leur van un rapport très particulier. C'est non seulement leur moyen de déplacement et de logement, mais aussi pour certains d'entre eux leur lieu d'échauffement avant d'attaquer une course (voir les images ci-dessus)

Mais jusque-là, personne encore n'avait imaginé un mobile home "mur d'escalade".

C'est désormais chose faite avec la "Tiny Adventure Home".

C'est d'une certaine façon l'envers de la transformation du garage en lieu de grimpe et d'escalade - voir et . C'est maintenant le véhicule qui lui-même devient une paroie d'entrainement.

Ça peut renvoyer à "Fin du fixe : le sportif comme avant-garde ?"


QUAND LA VOITURE DEVIENT UN GARAGE

Pour prolonger le précédent post sur les différentes façons de penser le 4x4 - voir, , je voulais vous proposer ces images de Super Tourers conçu par l'australien Patriot Campers.

C'est le reflet d'un rapport typiquement australien au territoire et à la mobilité - voir Camping Transformers", mais aussi "Moving Cattle" sur l'influence des convois longs dans les imaginaires. 

La voiture est pensée comme une garage mobile devant pouvoir répondre à tout les types de mobilités.

L'idée est d'être totalement autonome et... seul. On est donc à l'opposé de l'approche américaine décrite dans "Vers un urbanisme de camping car ?" où l'on recherche la compagnie des autres.

Monday, January 16, 2017

ET SI LE 4x4 ÉTAIT DEVENU UNE CATÉGORIE POLITIQUE ?

Traditionnellement la politique se définit par et sur du fixe : un territoire bien délimité et des citoyens domiciliés à une adresse bien déterminée. 

L'analyse politique se faisait t donc de façon traditionnelle à partir d'une analyses de lieux fixes : des lieux de résidence, des circonscriptions électorales, des typologies socio-professionnelles lié à des zones urbaines ou rurales.

Bref, sur du fixe.

Mais dans des sociétés de mobilité généralisée comme le sont devenues les nôtres, pour comprendre les motivations politiques des citoyens, faut-il regarder là ou ils habitent ou comment il se déplacent ?

C'est une des questions que je me suis se posé en lisant le tres stimulant "Architecture that constructs a better world, not better bubbles, is the true task in this new year" de Aaron Betsky, qui fait un lien entre la civilisation du 4x4 et la victoire de Trump

Cet article concerne les États-Unis mais, bien évidement, ce genre de grille de lecture politique fondée sur la mobilité pourrait s'appliquer à tous les pays.

"We live in a pick-up nation, and we have elected a president who represents that particular mobile bubble. Those of us who live in virtual bubbles, isolated from reality and work in our connected and conditioned world, never imagined that the political disaster of the last election could befall us."(...)
(...) "Now we will have to live with the revenge of the Pick-Up Nation cruising on our federally subsidised roads, burning fossil fuels (as all of us do) and shrugging their shoulders at any investment in public transportation or infrastructure while their chosen overlords relax in their own condo cocoons and business-class bubbles. Meanwhile, people like me (my Facebook friends, my colleagues, my associates) will have the privilege of pretending reality does not exist as we retreat into our own bubbles." (...)
(...) "Pick-up trucks and their delivery versions have transformed the American landscape into one of strip malls, warehouses, and ever more isolated residential developments. We are moving beyond the purely car-dependent landscape.(...)
(...) "But the landscape the pick-up helped to shape has become our vernacular landscape. Life in a pick-up truck is reality-bound, suburban, or rural. It takes places outside the rarified crystal cities where both the very rich and the very poor live. People who drive pick-up trucks have – or had – real jobs, often involving physical labour. They have to move around a lot, from home to work, to stores, to schools, to health care and to each other." (...) 
(...) "Pick-up drivers do not need trains, buses, or, generally, airports, and so I doubt that we will see much investment at a federal level in these aspects of infrastructure in the near future."(...) 
On est pas forcément très loin de la fable des "Mange-bitume".

Friday, January 13, 2017

ET SI LES LIEUX DE TRANSIT DEVENAIENT DES PUISSANCES POLITIQUES ?


Il faut absolument lire "Inside LAX's New Anti-Terrorism Intellignec Unit" paru dans The Atlantic de cette semaine.

Au départ, il y a une enquête du toujours impeccable Geoff Manaugh sur les services de sécurité de LAX, l'aéroport international de Los Angeles.

A l'arrivée, il y a une réflexion politique remarquable sur la façon dont le terrorisme et l'obsession sécuritaire sont en train de transformer les lieux de transit en forteresses modernes devenant des entités politiques quasi-autonomes disposant, pour certaines d'entre elles, de plus de puissance de surveillance et d'espionage que certains états.
 (...) "Under the moniker of “critical infrastructure protection,” energy-production, transportation-logistics, waste-disposal, and other sites have been transformed from often-overlooked megaprojects on the edge of the metropolis into the heavily fortified, tactical crown jewels of the modern state. 
Bridges, tunnels, ports, dams, pipelines, and airfields have an emergent geopolitical clout that now rivals democratically elected civic institutions." (...) 
 (...) "It might sound like science fiction, but, in 20 years’ time, it could very well be that LAX has a stronger international-intelligence game than many U.S. allies. LAX field agents could be embedded overseas, cultivating informants, sussing out impending threats.  
It will be an era of infrastructural intelligence, when airfields, bridges, ports, and tunnels have, in effect, their own internal versions of the CIA—and LAX will be there first. (...)
Une analyse qui peut être mise en regard avec "Airport : the perfect space for a new terrorism museum ?"

Thursday, January 12, 2017

L'HOMO URBANUS EST-IL HORIZONTAL OU VERTICAL ?

Dans "La Traversée des Alpes - Essai d'histoire marché", Antoine de Baecque consacre sous l'intitulé "L'homo alpinus est-il vertical ou horizontal ?", plusieurs pages à la distinction faite au début du XX° siècle entre les randonneurs et les alpinistes ou, dit autrement, entre ceux qui marchent et ceux qui grimpent.

A priori cette distinction a peu de chose à voir avec la mobilité urbaine.

Sauf qu'avec le phénomène croissant des rooftopers - et - et une stégophilie de plus en plus tendance, les choses son train de changer. Et la question peut aujourd'hui légitimement se poser de savoir si nous n'allons pas être amenés à voir les murs d'immeubles comme à des parois de montagne et devoir réfléchir à une nouvelle mobilité urbaine verticale ? - voir des exemples dans "Vertical

L'escalade d'immeuble, longtemps associée à l'imaginaire des cambriolages, est en train de rejoindre les imaginaires très désirables de la sportivité et de l'alpinisme. Et on peut compter sur la pub pour contribuer à cette mutation des références et des regards avec des campagnes comme celle Zerogrand ci-dessous ou celle de Nike pour sa gamme ACG, .

Certes il y a de la marge avant que la stégophilie devienne un phénomène de masse, mais le besoin de nouveauté et de transgression est tel dans nos sociétés, que le phénomène devrait toucher une part de plus large d'une certaine frange de la population à la recherche de nouvelles sensations.

D'autant que cette mutation des regards pourrait encore s'accentuer dans les années qui viennent avec l'émergence de nouvelles pratiques artistiques associant danse et techniques alpines - voir "les Olympiades verticales".

On en reparle le jeudi 26 janvier lors de notre Atelier "Et si la montagne nous aidait à penser autrement la ville et ses mobilités ?"

Tuesday, January 10, 2017

Monday, January 09, 2017

ET SI NOS MAINS REVENAIENT AU COEUR DE NOS RÉFLEXIONS MOBILES ?

Les réflexions actuelle autour de la mobilité se font surtout autour des pieds et des roues, jamais autour des mains.

Pourtant
dans certaines techniques de mobilité, comme l'alpinisme, les mains sont souvent l'égales des pieds.

Est-ce que l'alpinisme pourrait nous permettre de penser autrement le rôle des mains dans la mobilité urbaine ? - voir "Mobilité transgressive, encore..." ou "Et si Shanghaï devait concurrencer Chamonix ?"

Surtout qu'au delà de l'alpinisme, des lignes d'horizon passionnantes sont en train de se dessiner autour de la main - voir, "le gant comme futur enjeu ?"

On en reparlera le jeudi 26 janvier lors de notre Atelier "Et si la montagne nous aidait à penser autrement la ville et ses mobilités ?"

Friday, January 06, 2017

LE FASTPACKING COMME AVENIR DE LA MOBILITÉ ET DU TRAVAIL ?

Le fastpacking, une nouvelle tendance qui renouvelle encore un peu plus l'approche de la mobilité montagnarde et qui devrait, en toute logique, irriguer très rapidement les imaginaires de la mobilité urbaine.

On ne peut, en effet, que faire un lien entre le fastpacking et le phénomène en hausse du "every day carry" qui se décline aujourd'hui chez les digital nomads urbains - voir  et .

En terme de réflexion prospective sur la ville, le fastpacking peut donc renvoyer à "demain pratiquerons nous la ville comme nous pratiquons un sport ?", mais aussi à la question "c'est quoi un bureau demain ?"

On reparle de tout cela le jeudi 26 janvier lors de notre Atelier "Et si la montagne nous aidait à penser autrement la ville et ses mobilités ?"

Thursday, January 05, 2017

ET SI LE SKI N'ÉTAIT PLUS ASSOCIÉ À LA MONTAGNE ?

Pour poursuivre notre réflexion sur l'évolution du ski - voir "et si le ski n'était plus associé à la neige ?" - je voulait vous proposer de regarder "Tracing Skyling" ou comment les ruines industrielles de Detroit peuvent se transformer en pistes de ski.

Ça peut être vu comme prolongement de "et si le ski remplaçait le skate ?"

Voir aussi "Who Need Mountain ?"

On en reparle le jeudi 26 janvier lors de notre Atelier "Et si la montagne nous aidait à penser autrement la ville et ses mobilités ?"

Wednesday, January 04, 2017

ET SI DEMAIN, LE SKI N'ÉTAIT PLUS ASSOCIÉ À LA NEIGE ?

Depuis sa création, le ski est associé à la neige.

Demain ca ne sera probablement plus vrai.

Pour plusieurs raisons. 

D'abord, parce que le réchauffement climatique nous incite à penser la montagne et le ski autrement - voir "c'est quoi une piste de ski demain ?"

Ensuite, parce qu'émerge de nouvelles pratiques du ski alpin émergent, dont certaines ne sont plus liées à la neige, mais tout juste à la pente.

Comme souvent dans le sport, ce sont des allumés talentueux qui ouvrent la voie à ce genre de pratiques vues au départ comme déviantes et marginales.

Et quand la puissance marketing d'une marque automobile s'y met, ca peut donner ce genre de petit bijou publicitaire avec l'ovni Candide Thovex - voir le film, .

Si évidement ce que fait Thovex est exceptionnel et très loin d'être reproductible par tous, ce genre de film ouvre la foi à de nouveaux imaginaires et donc à de de nouvelles approches de la glisse et du ski en particulier.

Et ce n'est certainement pas un hasard si depuis deux ou trois ans se multiplient sur YouTube des petits films de skieurs testant la glisse sans neige, voir "Ski d'herbe" par exemple.

On assiste donc bien à une mutation du ski aujourd'hui.

Pour l'instant aucune des grandes marques n'en n'a tiré profit en lançant des "skis hors neige"

Le phénomène est encore trop nouveau, trop marginal et trop disruptif pour que ces marques se lancent dans cette révolution technique et - surtout - culturelle.

Quelle marque de ski aujourd'hui pourrait prends le risque de dire que le ski n'est plus forcément associé à la neige ?

Et pourtant ... 

Sur le plan de l'aménagent de la montagne, le ski sans neige pourrait tout changer.

Le ski sans neige, ça veut dire que le moindre sous-bois et le moindre alpage peut devenir un piste de ski.

Le ski sans neige, ça peut vouloir dire la fin des pistes aménagées, véritables saignées qui défigurent la montagne particulièrement l'été.

Le ski sans neige, ça peut donc, aussi, vouloir dire enfin l'arrêt du massacre de la montagne engagé depuis une quarantaine d'années dans les Alpes françaises.

Le ski sans neige, ça peut vouloir dire la fin des canons à neige et leur consommation aberrante d'eau.

Le ski sans neige, ça peut vouloir dire des équipements de type SkiDome sans neige, donc sans plus de problème de création artificiel de froid et de sur-consommation énergétique.

Le ski sans neige ce n'est pas la fin du ski traditionnel, c'est juste une autre façon de penser la glisse et la montagne, un peu comme le foil permet aujourd'hui de repenser la voile et le rapport à l'eau - .

On en reparle le jeudi 26 janvier lors de notre Atelier "Et si la montagne nous aidait à penser autrement la ville et ses mobilités ?"

Tuesday, January 03, 2017

C'EST QUOI UNE PISTE DE SKI DEMAIN ?

Jusqu'à récemment, la définition d'une piste de ski ne semblait pas devoir poser de problème. En gros, une piste c'était un espace à la montagne, plus ou moins équipé, plus ou moins pentu, sur lequel on pouvait glisser avec des skis.

Puis au début des années 2000, sont apparue les pistes de ski artificielles, dont l'une des plus célèbres fut le Ski Dubaï, mais d'autres existent à Londres ou Valence.

A partir de ce moment là, la dissociation entre ski et montagne a commencé à se faire dans les esprits.

Puis le réchauffement climatique s'est confirmé.

On a alors commencé à faire de nouvelles hypothèses - voir "Quand le froid nous manquera".

Quand à l'occasion de différentes missions et conférences, j'évoquais la possibilité qu'un jour des skidomes puissent débarquer dans une station de ski dans les Alpes, on me regardait avec un peu de commisération. À l'Alpes d'Huez en 2008, on m'a expliqué que le réchauffement climatique ne toucherait pas la station, car elle était l'une des plus froide des Alpes.

Oui, sauf que ...

Sauf que malheureusement le réchauffement climatique n'a fait que se confirmer depuis dix ans - voir et  pour l'actualité récente.

Et que donc ce qui était encore inimaginable il y a quelques années, le devient aujourd'hui : à savoir l'installation d'une piste de ski artificielle dans une station des Alpes françaises, à Tignes précisément (images ci-dessus).

Pour plus de précisions sur le projet, lire "La station de Tignes veut mettre le ski sous cloche".

Le renversement avec la pensée dominante du début des années 2000 est radical : c'est donc aujourd'hui une station française qui copie Dubaï - poussant le mimétisme de l'artificialisation jusqu'à installer un vague de surf en bas de la piste.

Si on poursuit la réflexion, on comprend que le ski ne sera dans le futur plus forcément lié à la montagne et au froid.

On comprend que la piste de ski pourrait devenir un équipement urbain à part entière, et pas seulement pour quelques compétitions - voir "Et si New-York devenait une station de ski ?" - ou quelques allumés talentueux - voir "Et si le ski remplaçait le skate ?".

Et dans ce contacte, on ne s'étonne pas que certains imaginent à Randers au Danemark - pays plat par excellence - un énorme équipement composé de plus de 3 km pistes indoor et outdoor dominant une partie de la ville.

Voir les détail, sur Skidome Denmark.

Les pistes de ski ne sont plus avec ce genre de projet des équipements de montagne, mais des équipements urbains, créant un nouveau réseau de mobilité.

C'est une des facettes - certes, pas forcément la plus désirable, ni la plus souhaitable  - de la façon dont les imaginaires montagnards irriguent aujourd'hui la pensée urbaine.


On en reparle le jeudi 26 janvier lors de notre Atelier "Et si la montagne nous aidait à penser autrement la ville et ses mobilités ?"