Tuesday, March 19, 2019

LE SURVIVALISME COMME RÉVÉLATEUR D'UNE NOUVELLE ARTICULATION SPORTIVE ?

Après la publication de "Le survivalisme comme nouvelle horizon sportif ?", certains m'ont fait remarquer que le survivalisme n'était pas un sport.

Et ils ont raison.

Le survivalisme n'est pas un sport, mais il permet de penser et d'imaginer autrement le sport de demain.

Petites explications.

Traditionnellement, l'approche du sport se fait par les pratiques et notamment selon un distinguo entre "loisirs" et "compétition".

C'est une approche légitime pour beaucoup d'acteurs, mais pas forcément très pertinente pour penser le futur, et surtout les futurs territoires du sport.

Le sport pratiqué majoritairement - le sport loisir - a fait exploser les cadres du sport.

Il a fait fait exploser le cadre des valeurs - aujourd'hui on veut être finisher, plus que winner.

Il a aussi fait exploser les cadres spatiaux, le sport se fait partout (et de moins en moins dans un stade).

Il s'agit donc de le faire atterrir quelque part, de lui définir de nouveaux territoires, de nouveaux points de contacts.

Aujourd'hui, cette recherche d'un quelque part où atterrir pour penser le sport demain, pourrait se définir dans un axe "virtuel / réel".

Dit autrement, autour d'un axe allant du e-sport à l'tultra-trail, ou du gamer à l'ultra-trailer.

L'un - le gamer - fuit le réel, l'autre - l'ultra-trailer - s'y plonge dans sa version la plus "sauvage".

Demain, le sport pourrait donc se penser entre ceux qui fuient le réel et d'autre qui veulent au contraire s'y confronter.

Il y aurait donc d'un côté le virtuel et de l'autre, le terrestre.

Et dans ce cadre, le survivalism, quelques soit ses défauts, est le révélateur de ce retour vers le terrestre.

C'est un retour au terrestre que l'on peut condamner dans certaine formes (notamment le côté para-militaire aux Etats-Unis), mais qui remet bien le terrestre au centre du débat

Le survivalism est le révélateur extrême que le dérèglement climatique va s'inviter dans la pensée sportive de demain.

Et c'est pour cela qu'il intéressant à suivre, même si lui - et c'est là, tout le paradoxe - ne lutte pas contre le dérèglement climatique.

Demain, on peut imaginer que l'on classifie les sports au regard de leurs action sur le changement climatique.

On aurait là une nouvelle articulation sportive.

Les sports qui font du bien à la planète... et les autres.

Une hypothèse déjà développée, .

Et évidement avec ce genre de grille de lecture, on remet complètement à plat les valeurs traditionnelles du sport et la base d'un nouveau mapping permettant de renouveler totalement l'approche du sport.

Un seul exemple : c'est quoi le football si on commence à y intégrer son bilan carbone ?

Cette réflexion sur une nouvelle articulation du sport s'inspire très directement de l'exceptionnel travail de Bruno Latour sur les nouveaux imaginaires de la politique "Où atterrir ? Comment s'orienter en politique ?"

Il montre comment aujourd'hui c'est le dérèglement climatique qui redéfinit un nouveau mapping politique qui n'opposerait plus la gauche/droite ou les nationalistes aux mondialistes, mais ce qui mettent, ou non, le changement climatique au coeur de leur réflexion et de leur action politique.

Pour B. Latour, le vrai curseur en politique de demain sera la volonté de lutter ou non, contre le changement climatique.

Demain, on peut faire le pari que ca sera aussi vrai pour le sport.

Sur ce sujet, voir :
- "Et si le sport pouvait réinventer le combat écologique ?"

Et on en reparlera beaucoup plus longuement, et de façon beaucoup plus construite, lors du prochain Atelier Transit-City du 24 mai prochain organisé autour de la question "Et si c'était à Branly que s'inventait notre avenir ?"

Monday, March 18, 2019

LE SURVIVALISME COMME NOUVEL HORIZON SPORTIF ?


Cela fait plusieurs années que Transit-City travaille sur les évolutions du sport, de ses imaginaires et de ses pratiques.

L'une de nos conclusions est que, aujourd'hui, "le sport a dévoré le monde"

Cette dévoration s'est faite autour de nouveaux rapports au corps en 6 temps - voir, "les 6 temps de la dévoration du monde"

Mais qu'un nouveau temps apparait non plus autour du corps, mais de la terre - voir "Et si l'écologie devenait le 7° temps du sport ?"

Le sport n'est met pas seulement au service du corps, mais se met au service de la défense de la nature et de la lutte contre le réchauffement climatique.

Cette lutte mutation politico-sportive s'est incarnée récemment par les initiatives des marques d'outdoor américaines lors des midterm de novembre dernier - voir "quand l'out-door américain s'engage dans l'écologie politique".

L'outdoor s'est, a avec cette initiative, mis au service d'une cause commune et généreuse : celle de la lutte écologique.

Mais une autre phase de l'outdoor plus sombre et pessimiste est en train d'émerger depuis plusieurs années : c'est celle du survivalisme.

Il ne s'agit pas de lutter contre le réchauffement climatique ou essayer de lutter contre une catastrophe, mais de s'y préparer et - surtout - d'apprendre à y survivre.

Aux Etats-Unis cela fait déjà plusieurs années que s'est développée une offre de stages dits survivalist - voir, entre autres, "12 Survival school that could save your life"

Avec la montée des périls climatiques et le succès d'ouvrage "Comment tout peut s'effondrer" - le mouvement survivalist est en train de s'implanter peu à peu en Europe.

En France, l'ouverture dans quelques jours à Paris de la deuxième édition de "Survival Expo le Salon de l'Outdoor et de l'Autonomie ", montre que le mouvement trouve aujourd'hui un véritable écho.

Et si l'affiche se veut fraiche et joyeuse, l'objet du salon est très claire : présenter "les méthodes utilisées par une partie de la population qui souhaite se préparer aux risques susceptibles d’interrompre le fonctionnement de la société. En s’équipant de produits et en investissant dans des systèmes leur permettant d’accroître leur autonomie, les survivalistes se préparent à la survenance de certains risques." Le tout est évidement emballé d'une pointe d'écologie "l’adoption de ce mode de vie est la clé pour devenir un citoyen responsable et respectueux de l’environnement".

L'outdoor n'est plus vue une activité destinée à être proche de la nature par choix , mais comme une préparation à la catastrophe, à la survie.

On pourrait voir cela comme le simple prolongement de toutes les courses et expéditions extrêmes qui se déploient depuis des années et qui dessinent aujourd'hui de nouveaux rapports à la nature, et dont le fameux Barkley Marathons en est une des illustrations les plus connues - .

On serait dans le prolongement "et si la route dégradée devenait un idéal ?" et "nouveaux trans-sport ® cynégétique ?", c'est à dire dans une mouvance sportive cherchant un rapport de plus en plus directe avec une nature sauvage et dans laquelle l'homme devrait se débrouiller seul et par ses propres moyens - voir, "La solitude pour penser demain ?"

Mais, on peut aussi imaginer que ce courant survivalist donne naissance à d'autre pratiques sportives plus guerrières, et dont un film comme "Hunger Games" serait l'aboutisement le plus extreme.

Sans aller jusqu'à "Hunger Games", on peut quand même faire l'hypothèse que le survivalisme donne naissance à un nouveau temps du sport - le huitième? - associerait survie, catastrophe et écologie.

Un nouveau temps qui se nourrirait encore un plus de l'univers militaire déjà très présent depuis quelques années.

Voir :
"Le militaire comme nouvelle référence mobile ?"
"Quand les militaires ne sont jamais très loin."

On y revient dans le prochain post.

Et on en reparlera forcément le 24 mai prochain, .

Saturday, March 16, 2019

LIQUID FRONTIERS / C'EST QUOI ISTAMBUL ?


C'est quoi la géographie une ville ? 

Du bâti ou des flux ... même des flux maritimes très lointains  ?

sur Istambul.

sur Singapour.

sur Le Havre.



Friday, March 15, 2019

LIQUID FRONTIERS / COMMENT PENSER SINGAPOUR ?

Pour prolonger la réflexion sur les nouvelles façons d'aborder les frontières de plus en plus floues entre terre/mer - voir,  et -, je voulais vous inciter à jeter un coup d'oeil sur "Sea Region", un remarquable travail conduit par le département d'architecture de l'ETH de Zurich sur la zone de Singapour. 

C'est à mettre en perspective avec "Liquid Frontiers / C'est quoi le Havre ?"

Thursday, March 14, 2019

LIQUID FRONTIERS / KELONG URBANISM

Pour alimenter la réflexion esquissée dans le précédent post sur la notion de frontière liquide, je voulais vous inviter un regard sur les iles autour de Singapour.

Voilà, en effet, une zone qui s’est développée depuis très longtemps sur un urbanisme liquide et souple structures fixes et structures mobiles pour définir de nouveaux rapports entre terre et mer. 

Le symbole de cette hybridité est le kelongune plate-forme offshore construite principalement en bois, et qui peut servir aussi bien à la pêche, qu'à la pisciculture ou au logement de famille entière de pécheurs.

Une partie de ces kelong sont mobiles et sont régulièrement conduits au large pour servir de base de pêche temporaire - schémas ci-dessous.


Se dessine ainsi, selon les saisons, un territoire mobile qui brouille les frontières traditionnelles à la fois entre la terre et mer, mais aussi entre navire et habitat.

Pour mieux comprendre ce qui se dessine là, il faut lire le passionnant travail de recherche  "Cultivated sea" conduit par le département d'architecture de l'ETH de Zurich dont sont issus toutes les illustrations de ce post.


On est, de façon plus artisanale, dans le prolongement de "Floating mobile factory 2030 ?"

Ce qui est certain, c'est que cela pose clairement la question de savoir comment définir un territoire urbain à partir du moment où celui est en partie mobile sur l'eau - voir  "c'est quoi le Havre ?"

On y revient dans le prochain post.

Et on en parlera le 24 mai prochain, .

Wednesday, March 13, 2019

LIQUID FRONTIERS / BENGLADESH

Faire de la prospective urbaine ou économique aujourd'hui, impose d'intégrer les dérèglememts climatiques.

Depuis vingt ans, c'est le numérique qui a été le moteur de l'innovation.

Dans les années qui viennent, c'est les dérèglements climatiques qui ca jouter ce rôle.

Le réchauffement climatique ne va pas se résoudre par le numérique.

Les inondations ne vont pas se résoudre par le numérique.

Les grands défis de demain ne vont pas trouver leur réponse dans le numérique.

Il va donc - et de façon urgente - commencer à regarder un peu ailleurs que du côté de la Silicon Valley, pour penser demain.

Ca fait déjà un certain nombre d'années, que nous essayons de le faire chez Transit-City - voir, entre autres, "et si c'était les pauvres qui obligeaient l'architecture à se réinventer ?"

C'est aussi dans cet esprit que nous avions engagé notre "Et si c'était à Branly que..."

Il va falloir s'habituer à trouver de nouveaux de points références climatiques pour penser demain.

C'est le genre d'exercice que nous avions fait notamment avec "et si dans un monde plus chaud et plus sec, la ville arabe devenait une référence ?".

Mais bien d'autres références sont évidement possibles.

Le Bangladesh en fait partie, tellement ce pays recèle à lui seul tous les défis climatiques du futur et va devenir, malheureusement pour lui, un des grands laboratoires du déréglement climatique - voir  et .

C'est dans ce contexte qu'aujourd'hui je voulais vous présenter le projet "Refuge-ground" autour d'un nouveau système de plates-formes destiné à permettre une vie à peu près normale dans des conditions d'inondations quasi permanentes - vidéo explicative, .


Il ne s'agit pas dans ce post de juger de la pertinence ou non de ce projet, mais d'initier un nouveau chantier de réflexions autour des nouveaux rapports entre la mer et l'urbanisme que nous avons appelé de "Liquid Frontiers"

Ce nouveau chantier est notamment destiné à renouveler les réflexions engagées depuis 10 ans sur cette question sous le label Liquid City - voir "Vers de nouvelles relations entre la mer et les villes ?"

Monday, March 11, 2019

ET SI DEMAIN, LES NUAGES DISPARAISSAIENT ?

Les nuages couvrent actuellement environ les deux tiers de la planète.

Demain, ça ne sera peut-être plus vrai.

Demain, les nuages auront peut-être totalement disparu.

L'hypothèse est a priori aberrante. 

Et pourtant, elle est bien réelle et fondée sur une étude très sérieuse : en 2100, les nuages pourraient avoir disparu de la Terre, si le réchauffement climatique s'accélère.

Pour bien comprendre comment un telle hypothèse pourrait se concrétiser, il faut lire "World without clouds".

Si certains scientifiques apportent un bémol à ce travail de recherche, tous admettent l'aspect terrifiant de cette idée et rappellent qu'en fait, nous savons très peu de choses sur les conséquences réelles du réchauffement en cours.

Mais au delà de la menace elle-même, ce qui me choque c'est la difficulté à penser cet impensable  : comment, en effet, nous humains, pouvons penser un ciel dans lequel les nuages seraient absents de façon définitive ?

Cela me renvoie juste à deux questions :
- Et si on avait pas assez peur ?
- Comment penser nos nouveaux imaginaires climatiques ?

Friday, March 08, 2019

MOBILITÉ LIQUIDE

Pour prolonger "ville aquarium" et "ville liquide", quatre peintures tirées de la superbe série "Under the unminding sky" signée Gregory Thielker.

Petites questions suggérées par ces toiles :
- et si demain avec la voiture autonome, nous n'avions plus besoin d'essuie-glaces ?
- et si demain avec la voiture autonome, notre rapport à la route et à ses paysage prenait aussi ces formes floues et dégoulinantes ?