Sunday, August 28, 2011

NEW-YORK AS ONE VERTICAL TRAILERS PARK ?

Au lendemain de la catastrophe déclenchée par le passage de Katrina sur la Nouvelle Orléans, la Federal emergency Management Agency, dont je vous ai déjà parlé dans "Le pire scénario", avait lancé son opération FEMA Trailer destinée à offrir dans les situations de grande catastrophe des logements d'urgence aux sinistrés sous forme de caravanes. (voir photos ci-dessus, et beaucoup plus d'explications, ).

Une partie de ces FEMA Trailers furent ensuite mise en vente aux enchères (voir ) et certains élus américains évoquèrent l'idée de les envoyer en Haïti au lendemain du tremblement de terre qui détruisit une partie de l'île en 2010 (voir, Rebuilding Haïti)

Poursuivons la question : si le passage d'Irène sur N-Y devait déclencher d'énormes dégâts, devrait-on créer des trailers parks verticaux comme certains le suggéraient déjà en 2007 (voir ci-dessous) dans le cadre du concours "What if New-York ..." organisé sur le thème "post-disaster housing".

L'idée n'est pas forcément neuve (voir, "New urban camping or next vertical city for homeless ?") et si je vous en parle aujourd'hui, outre l'actualité, c'est que cette piste rejoint et nourrit nos récentes réflexions sur le rôle futur des tours dans le contexte d'une montée du niveau de la mer () ou de leur nouvel aménagement possible par des populations en situation de détresse sociale (voir, ).

Sur le rôle possibles des mobile homes dans l'urbanisme futur, voir "The Great next exodus ?", et sur le modulaire, .

Saturday, August 27, 2011

PANIC CITY

Voir , mais aussi "weather panic : the new normal ?" et du rôle des catastrophes dans la réflexion prospective.

Et sur les conséquences des ouragans et de la montée des eaux à New-York, voir (et plus spécialement "What if New-York ...") et .

Et pour continuer à se faire peur, mais en évitant surtout de réfléchir à l'influence de nos modes de vies sur les changements climatiques, il reste toujours "The Day After Tomorrow" ou "The Coming Global Superstorm", le livre qui a inspiré le film. Mais là, les sacs de sable ne serviront plus à grand chose.

Thursday, August 25, 2011

Wednesday, August 24, 2011

XX° CENTURY, THE PIECES

La course à la Lune, JFK, Marilyn, Elvis, Roswell ... ou quand les grands mythes américains du XX° siècle sont à rebricoler soi-même.

C'est une campagne du fabricant de jouet japonais Tamiya diablement efficace pour faire le lien entre jouets et mémoire. Elle renvoie d'une certaine manière à cela, cela mais aussi, bien évidement, à cela.

Pour une autre façon de célébrer le XX° siècle à partir des jouets, voir Monument for the XX° century's mobility ?

Monday, August 22, 2011

TOURS ABANDONED AS VERTICAL POLDERS OF THE FUTURE ?

Bangkok a deux particularités.

D'abord celle d'être la ville qui compte le plus de tours non terminées, et ce depuis la crise du début des années 2000 qui avait fortement frappée ce que l'on appelait alors les nouveaux dragons asiatiques.

Ensuite celle d'être une des villes qui s'enfonce inexorablement sous le niveau de la mer (de 1,5 à 5,3 cm par an) et dont la survie est très directement menacée à une échéance de 20 ou 30 ans. Voir à ce sujet Bangkok is sinking, ou Thai Capital risks washing into the sea dont j'extraie le passage ci-dessous "Tôt ou tard, le niveau des mers va menacer plus de 1 million de bâtiments, dont 90% sont résidentiels. Dans le port Samunt Prakan, à environ 15 kilomètres de Bangkok, les maisons de banlieue le long du fleuve sont déjà inondées certains mois de l'année.
Dans un rapport publié par la Banque mondiale, la Banque asiatique de développement et de la Japan International Cooperation Agency, Bangkok apparaît sur la liste des villes menacées par le changement climatique.
"

L'affiche de Greenpeace résume, on ne peut mieux, la situation.

Si un tel scénario catastrophe devait se réaliser, Bangkok pourrait alors en 2050 ressembler à quelque chose comme les images ci-dessous. Celle que certains qualifient de "Venise de l'Asie" ressemblerait alors plutôt à l'Atlantide - voir, .

Ce photo-montage est tiré du projet de Haen Suk Yi, visant à construire des tours permettant aux habitants de vivre au dessus de l'eau.

Évidement après avoir un tel projet, on est amené à regarder un peu autrement les fameuses tours abandonnées de Bangkok. C'est à dire non plus les premières ruines du XXI° siècle, mais comme les possibles futurs polders verticaux d'une nouvelle cité lacustre.

Et pour ceux qui veulent continuer à réfléchir à cette question, je ne peux que les inciter à lire "Drownig Towers", roman d'anticipation de l'australien George Turner.

L'action se passe dans un Melbourne noyé en partie sous les eaux à cause de la montée du niveau de la mer, et qui voit une partie de sa population - les plus pauvres - se réfugier dans les tours abandonnées du CBD.
Dit autrement, ca peut donner cela "Australian writer Turner envisions a 21st century nightmare that is the result not of war but of economic and climatic forces already underway. Massive unemployment has combined with the greenhouse effect (raising global temperatures and the sea level) to produce a society in which nine-tenths of the population lives in high-rise ghettos, jobless and demoralized."
Entre crise économique et réchauffement climatique, on est pas forcément très loin de la situation qui se dessine actuellement dans différentes parties du monde.

Voir aussi, .

Saturday, August 20, 2011

TOURS ABANDONED AS VERTICAL SLUMS OF THE FUTURE ?

Pour prolonger mes récentes réflexions sur la forme des bidonvilles dans les années à venir (voir ), je voulais vous proposer ces quelques images tirées de l'exceptionnel et passionnant travail conduit par Mikhael Subotzky et Patrick Waterhouse sur la tour Ponte City située au coeur de Johannesburg (Plus de photos, .)

Construite en 1976, année des premiers soulèvements de Soweto, elle fut désertée peu à peu après la fin de l'apartheid en 1994, par la bourgeoisie blanche qui l'occupait jusque là et qui fuyait l'insécurité du centre ville pour rejoindre les gated communities des banlieues riches du nord. La tour est ainsi devenue sur ses 54 étages un improbable lieu d'abandon, de prostitution, de squats en tous genres, de violence. En 2007, le bâtiment a été acheté par des développeurs qui promirent d'engager plus 300 000 000 rands de travaux afin d'attirer une nouvelle génération résidents, notamment les membres de l'émergente classe moyenne noire. Ils commencèrent par vider la moitié du bâtiment en jetant tous les gravats dans la partie centrale de la structure (voir photos) et redessinèrent les appartements. Mais à la fin 2008, leur tentative pour rénover et revitaliser Ponte City échoua et ils firent piteusement faillite. La tour abrite aujourd'hui une population très cosmopolite, mais totalement monochrome, on n'y compte aucun blanc. (Sur le retour timide des blancs dans le centre de Jo'burg, voir )

C'est cette nouvelle Ponte City qu'illustre les deux photos ci-dessous, qui correspondent aussi à une nouvelle étape du travail du photographe et du plasticien sur cette tour iconique. "Subotzky and Waterhouse combine photography, historical archives, found objects, and interviews to create a body of work that spans the pre-history of the building, its spectacular decline, and the recent attempts at its transformation. The building is cast as the central character in a tangled narrative about Johannesburg’s magnetic pull on people from all over the continent." (Plus )

Si je vous parle de cette tour dans ce post, c'est que son histoire reflète, selon moi, un phénomène de plus en plus courant dans les mégapoles du sud, celui de l'occupation plus ou moins légale des tours abandonnées, et la transformation de ces dernières en véritables bidonvilles verticaux, comme, par exemple, ci-dessous au coeur de Luanda, la capitale angolaise.

Je parle de phénomène récent car jusqu'à ces dernières années, les tours étaient - et sont encore très majoritairement - les symboles de la réussite économique et de la richesse. (voir, ou ). Une des rares exceptions était la fameuse São Vito de Sao Paulo (photos ci-dessous), transformée en favela verticale depuis plus de vingt ans.

Mais la crise de 2008 a peu à peu bouleversé les choses en entraînant dans un certain nombre de villes du sud, notamment Bangkok ou Resistencia en Argentine le brusque arrêt de la construction de certaines tours dont les promoteurs avaient déposé le bilan. Ces bâtiments, plus ou moins finis, sont devenus au fil des ans de véritables alternatives pour des populations pauvres en mal de logements.

L'un des cas les plus emblématique de cette évolution est la fameuse Torre de David de Caracas, à laquelle Domus a consacré un excellent reportage, . (Voir aussi le très bon post publié récemment par Léopold Lambert)

Et ci-dessous, extraits de "Au coeur du plus grand squat du monde"

"La tour Confinanza (premier nom de la torre de David - ndlr), la plus haute de Caracas avec ses 47 étages, se voit de loin. Dressée en plein centre des affaires de la capitale vénézuélienne, elle n’accueille pas des bureaux comme ses voisines mais plus de deux mille squatters…

Sans façade ni ascenseur, l’immeuble a été abandonné en pleine construction en 1994 lorsque son promoteur a fait faillite. Plus de dix ans après, quand Clarisse Flores, mère célibataire, a su qu’un groupe d’«envahisseurs», comme on les surnomme au Venezuela, prenait possession de la tour, elle n’a pas hésité une seconde à les rejoindre. «Je louais une toute petite chambre dans un barrio (ndlr: quartier pauvre de Caracas), où il n’y avait pas assez de place pour moi et mes cinq enfants», raconte-t-elle. «L’insécurité était terrible, chaque jour je voyais des jeunes passer dans la rue une arme à la main.»

Comme les autres squatters, elle a choisi un étage et y a construit au fil des mois sa vivienda, son foyer. Tous les habitants, jusqu’au 28e étage, le dernier occupé, ont dû transporter leurs matériaux de construction par les escaliers. Chacun a monté ses murs de moellons rouges, tendu un bout de tissu devant les ouvertures des portes et fenêtres, et fait venir par leurs propres moyens l’eau et l’électricité. Afin d’empêcher les chutes mortelles qu’a connues l’immeuble à ses débuts, tout nouvel habitant doit aujourd’hui s’engager à construire une rambarde pour son balcon.(...)

(...) Les quelques 600 familles se sont organisées en coopérative pour le nettoyage des étages et des escaliers, la sécurité ou encore les motos-taxis, qui transportent, grâce à une rampe d’accès, les habitants jusqu’au dixième étage. Chaque foyer paye 100 bolivares par mois de charges, et bien entendu aucun loyer…"

Évidement devant de telles images, on peut imaginer de nombreux scenarii urbains, notament celui de villes riches qui, sous l'influence d'une grave crise économique, verraient leur quartier d'affaires s'effondrer et leurs luxueuses tours se transformer en bidonvilles. Certains l'ont déja imaginé et illustré avec la fameuse tour Swiss Ré installée au coeur de la City de Londres - voir ci-dessous. (Plus, )

Une des autres pistes de réflexions serait de regarder autrement les images de ruines urbaines comme celle-ci dessous, en ne les voyant pas comme des images de catastrophe, mais au contraire comme le point départ de nouveaux développements architecturaux et urbains. (Voir sur ce sujet, Next cities, Destroy the tower et The next incredible London ? )

Une image de ruines ou de bâtiment en démolition peut, en effet, parfois prendre un tout autre sens quand elle est confrontée à une image de chantier.

Entre tour abandonnée et construction modulaire semble ainsi pouvoir peut-être se dessiner de nouvelles hypothèses pour demain, comme le montre certains projets tel celui de Vertical Slum, illustrée ci-dessous et qui n'est pas sans rappeler celui-ci, celui-ci ou celui-ci.

Ca serait l'étape suivante et plus professionnelle de l'auto-construction décrite supra dans la plus grande tour de Caracas.
Voir, par exemple, .

De façon plus glauque, voir aussi Dystopia favela

Et pour ceux qui trouveraient ces pistes de réflexions sur les nouvelles formes des bidonvilles du futur, un peu vaines, je les incite juste à regarder les deux tableaux ci-dessous qui ont le grand mérite de rappeler certaines réalités trop souvent oubliées.

Proportion de la population mondiale vivant dans un bidonville
Proportion de la population urbaine mondiale vivant dans un bidonville

Wednesday, August 17, 2011

SUD / SUD : ET SI C'ÉTAIT LÀ QUE S'INVENTAIT UN NOUVEAU MODÈLE DE CROISSANCE ?

La Chine, l'Inde et l'Afrique sont - avec le Brésil - les trois zones qui connaissent actuellement les taux de croissance les plus forts au monde, entre 6 et 9 % depuis plusieurs années.

La question est de savoir si la croissance de ces pays n'est qu'une simple copie de ce qui s'est passé en Occident au XXème siècle, et qui fut dupliqué avec un certain succès par des pays comme le Japon ou la Corée du Sud, ou si les Chinois, les Indiens et les Africains sont en train d'inventer un nouveau modèle de croissance plus vertueux, notamment sur le plan énergétique et écologique ?

A priori, on peut sérieusement en douter.

Le processus de modernisation en cours dans ces pays emprunte les mêmes voies structurelles que celles de l'Occident, même si tout le monde sait que ce modèle n'est pas viable ni soutenable sur le plan écologique et énergétique. Voir sur ce thème, notamment, les analyses d'Hervé Juvin.

La Chine est devenue en moins de vingt ans, le premier émetteur de CO2 au monde. L'Inde voit le nombre de ses pauvres continuer à augmenter. Quant à la croissance africaine, elle est surtout liée à ses formidables réserves de matières premières, et notamment le pétrole, dont les revenus ne profitent qu'à une extrême minorité.

S'ajoutent à cela tous les ferments de conflits que suppose cette croissance. Quand tout le monde désire la même chose, cela entraîne forcément de grosses frictions. Rappelons, juste à titre d'exemple, que si la Chine devait consommer autant de nourriture que les Américains aujourd'hui, elle absorberait les deux tiers de la récolte mondiale de céréale et les quatre cinquièmes de la production mondiale de viande.

Mais on peut aussi faire l'hypothèse qu'après une phase de rattrapage, l'Inde, la Chine et certains pays africains inventent de nouveaux modèles de croissance, et que - pourquoi pas ? - ceux-ci deviennent des références.

C'est notamment l'hypothèse défendue par des gens comme le sinologue François Jullien, le spécialiste des processus d'innovation Marc Giget ou quelqu'un comme Jean-Claude Guillebaud, pour qui ces pays vont trouver leur voie et se démarquer peu à peu du modèle occidental.

C'est aussi que peuvent laisser penser certaines déclarations comme celles du ministre indien en charge des infrastructures publiques d'information et de l'innovation, Sam Pitroda. Pour lui, « les cerveaux travaillent trop à résoudre les problèmes de riches. Nous - les Indiens - devons penser l'innovation en termes de produits et de services pour toucher les gens au bas de la pyramide. Nous voulons faire de l'innovation frugale. Nous pensons qu'il faut résoudre les problèmes des populations pauvres non seulement parce que l'Inde possède l'une des plus grosses populations pauvres de la planète, mais aussi parce que nous pensons que notre pays a le talent pour résoudre les problèmes des populations pauvres du monde entier. »

Si on veut bien se souvenir qu'en 2050, sur une population de 9 milliards d'humains, on devrait compter entre 4 et 5 milliards de pauvres, on comprend que ce genre stratégie est loin d'être anodine sur les logiques économiques d'un monde futur qui disposera de moins de ressources.

C'est pour aborder toutes ces questions que nous avons invité pour le premier Atelier Transit-City de la saison 2011/2012, le vendredi 23 septembre 2011 :
Jean-Joseph BOILLOT, chercheur au Cepii dont il anime le cycle «pays émergents» depuis 2007.

Après de multiples séjours en Inde et en Chine au cours des années 1980, il a soutenu en 1989 une thèse sur le modèle Indien de développement comparé en particulier à celui de la Chine.

Il est le fondateur de l'Euro India Business Group (EIEBG) et l'auteur d’une vingtaine d’ouvrages, dont le tout récent
"KAL, un abécédaire de l'Inde moderne".

Pour assister à cet Atelier Transit-City, l'inscription est absolument obligatoire.

Toutes les infos, .

Monday, August 15, 2011

ON REGARDE OÙ ?

Pour faite suite à mon précédent post, je voulais vous proposer cette affiche du dernier festival Cine Las Americas qui a eu lieu à Austin en avril dernier.
Non pas pour m'extasier sur cette image faussement dénonciatrice, mais pour me demander si ce montage ne pourrait pas être une des nouvelles images publicitaires et touristiques de Rio dans les années qui viennent ?. L'accroche pourrait ressembler à quelque chose comme "Marre de Corcovado et de ses touristes ? Alors venez vous amuser dans les favelas mystérieuses et inaccessibles de Rio !!". Ca ne serait que le prolongement d'une tendance mondiale déjà très dynamique, celle du tourisme de la misère ou slum tourism, dont les favelas tours actuels ne s'ont qu'un des aspects.

"La fréquentation touristique organisée des bidonvilles est née à Rio de Janeiro, au début des années 1990, lorsqu’un professionnel du tourisme, Marcelo Armstrong, créa Favela Tour, agence dédiée à la visite touristique des favelas et, plus précisément, de la plus grande d’entre elles, Rocinha (entre 60 000 et 100 000 habitants, selon les sources)." peut-on lire . On peut aussi y lire : "Dominant la ville, ces favelas de la zone sud bénéficient de vues sur un site extraordinaire avec, parfois, l’océan en toile de fond." Ce qui nous renvoie à cette hypothèse.

Voir aussi, .