Monday, October 29, 2018

QUAND L'OUT-DOOR AMÉRICAIN S'ENGAGE DANS L'ÉCOLOGIE POLITIQUE

Chez Transit-City, nous avions l'habitude d'analyser le sport en 6 temps - voir, "Sports : les 6 temps de la dévoration du monde"

Récemment, nous avons émis l'hypothèse que nous allons voir émerger très rapidement un septième temps du sport : le temps du combat écologique - Voir "Et si l'écologie devenait le septième temps du sport ?"


Cette hypothèse s'appuyait sur le rôle que pourrait jouer face à l'essoufflement du discours écologiste traditionnel ?
- "Et si les marques d'out-door remplaçaient les écolos ?"
- "Et si le Tour de France faisait le boulot des écolos ?"

Cette hypothèse s'appuyait sur les mutations de certains acteurs du sport et de l'outdoor
- "Et si Rapha devenait la marque d'une nouvelle écologie politique ?"
- "Et si demain Patagonia devenait une force politique ?"
- "Et si Adidas devenait un acteur de l'écologie ?"

Évidment devant ces hypothèses, un certain nombre de nos interlocuteurs ont réagi en nous disant que cette mutation des marques était purement opportuniste et markéting et que rien en valait le "vrai" combat politique, celui des élections.

C'est pas faux, sauf que les forces politiques censées menées le combat politique de l'écologie sont dans un certain nombre de pays, soit absentes (les Etats-Unis), soit tellement déconsidérées (voir en France) que plus personne n'est là pour mener ce combat.

Et qu'il faut donc bien que certains mènent ce combat.

Aux Etats-Unis, ce sont les industriels de l'out-door qui ont décidé de prendre les choses en main et donc de mener ce combat lors des élections de mi-mandat qui auront lieu le 6 novembre prochain - voir tous les détails "Vote the out-doors".

D'abord en menant campagne pour que les gens s'inscrivent sur les listes électorales.

Ensuite, en s'engageant à libérer leurs collaborateurs le mardi 6 pour qu'ils aient le temps d'aller voter (Patagonia fermera les portes de ses magasins.)

Enfin, et surtout, en menant une véritable politique d'audit écologique de tous les candidats pour savoir lesquels méritaient d'être soutenus au vu de leurs engagements en matière de protection de la nature, mais pas que (détail, .)

Les critères de choix sont notamment :
- la défense et la conservation des terres et des eaux publiques des États et des territoires fédéraux
- la reconnaissance de la menace du changement climatique
- le soutien aux initiatives commerciales équitables
- le soutien aux activités d'out-door.

Soit franchement rien d'extraordinaire, mais qui face à la politique de Trump se révèle déjà un formidable contre-poids politique.

Questions toute simples : 
- que font les grandes marques d'out-door européennes ?
- que font les grandes marques d'out-door françaises ?

Qu'attend le monde de l'out-door européen - marque comme athlètes de haut niveau - pour faire pression sur la classe politique européenne et engager enfin une vraie mutation écologique ?

On en reparlera forcément le 23 novembre, .

Friday, October 26, 2018

ET SI ON S'INTÉRESSAIT À STUPID WAY TO WORK ?

L'association des Commuters du Kent a lancé récemment une campagne de protestation destinée à sensibiliser les habitants de leur région sur fait que la liaison vers Londres risquait d'être supprimée dans le cadre du nouvel appel d'offre pour l'exploitation de cette ligne.

Mais au lieu d'utiliser les outils traditionnel de la contestation, les Commuters du Kent ont lancé une campagne totalement décalée signée Stupid way to work tendant à montrer que la fermeture de la ligne ne serait pas un problèmes car il existait plein d'alternatives au train - détails, .

Evidement les premières alternatives présentées et répondant aux jolis nom de Commuterpault, Circumnavigator et Centipedal, sont totalement farfelues et peu réalisables.

Mais qu'importe ...

Qu'importe, car il est très tentant de prendre ces affiches non pas au pied de la lettre, mais au moins comme sources d'inspirations pour penser autrement

Et on va en avoir besoin pour penser autrement les rapports entre la mobilité et le travail - voir "Et si la mobilité était le nouvel horizon de la religion industrielle ?"

Mais aussi pour penser autrement la mobilité écologique de demain.

En effet, si on part du principes que les solutions de transports inventées au XIX° et au XX° siècles ne vont pas suffire pour répondre au défis écologique du XXI° siècle, et que le numérique ne suffira pas lui non plus à sauver le monde, il est urgent d'inventer des solutions radicalement nouvelles, dont un certain nombre sont forcément difficilement imaginables aujourd'hui, enfermés que nous sommes dans des schémas dépassés

Et quoi de mieux que des propositions totalement délirantes et irréalisable pour essayer de penser de façon réellement disruptive ?

Sur cette question de nos façons forcément toujours trop étroites de penser l'avenir, je vous renvoie à "Their imaginations are constrained by the tyranny of the possible"

Le pétage de plomb est toujours plus créatif que la pitoyable technique du "design thinking" et de ses fameux post-it censés libérer l'esprit - voir, Et je vous incite à voir ce que cela peut donner avec "Et si Las Vegas inventait une nouvelle mobilité aérienne ?"

Si on revient à la campagne Stupid way to work, les solutions proposées sont d'autant plus stimulantes, qu'elles s'appuient souvent sur des petits bouts de démarche testées à une époque, puis oubliées (voir le vélo à voile), ou de solutions existantes mais qui pourrait se réinventer avec de nouvelles approches (voir le vélo cargo).



Sur ce thème du vent et de la voile, voir "Et si le kite devenait un trans-sport ® terrestre ?" mais aussi , et .

Chez Transit-City, on apprécie d'autant plus ces pistes qu'elles remettent le corps en mouvement au coeur de la réflexion et permettent donc d'enrichir les notions de trans-sport ® et de motri-cité ®.

On en reparlera le 23 novembre prochain, .

Thursday, October 25, 2018

ET SI ON CRÉAIT DES SWIMMING LANES URBAINES ?


Ce post part de deux hypothèses :

- La première hypothèse est que la natation pourrait devenir dans les années qui viennent un moyen de trans-sport ® à part entière, c'est à dire un vrai moyen de déplacement actif, sportif et écolo au même titre que la marche à pied ou le vélo - .

- La deuxième hypothèse est qu’en devenant moyen de déplacement elle engendre un phénomème de en swim commuting, c’est à dire en moyen de déplacement quasi quotidien pour se rendre à son travail.
Ces deux l’hypothèse s'appuient sur deux réalités

D'abord, la mutation de la course à pied en véritable moyen de trans-sport ® avec l'émergence du run commuting - voir, .

Ensuite que le swim-commuting est déjà une réalité pour certains - voir "swim to work".

Nous avions déjà abordé cette question dans "conduire ou nager ?

Réfléchir à ces hypothèses sur les mutations de la natation supposent de regarder deux choses :

- D'abord, identifier tout ce qui pourrait bloquer ce développement, et là c’est facile tant la liste est longue et notamment l’incapacité des pouvoirs publics à penser la natation comme un moyen de déplacement - voir, .

- Ensuite, identifier tout ce qui pourrait permettre le développement de la natation trans-sport ® urbain.

C'est dans cette optique que nous vous incitions récemment à regarder la démarche de l'Outdoor Swiming Society britannique. 

Aujourd'hui c'est vers l'Espagne que nous aimerions vous inciter à regarder, avec sa démarche dites des "Vies Braves" ("Voies braves" en français);

Les "Vies Braves" sont des parcours marins balisées qui permettent aux nageurs de parcourir et de se déplacer le long des côtes espagnoles.

Elle permettent de se déplacer de façon sportive en développant un rapport écologique à la mer et à la terre

Et dans certains cas, elles sont associés à la course à pied - voir,  - offrant airain une véritable alternatives sportives et écologiques à la découverte des côtes.

On comprend facilement que se développe là une nouvelle approche de la mobilité et qu'il y a dans ces Vies Braves le permet de ce qui pourraient être le support à de nouveaux parcours urbains fondés sur la natation seule, ou associées à d'autres mobilités actives (marche, course, vélo ...).

La première étape pourrait être la création de véritables swiming lane dans le coeur des grandes villes à l'image de la communication de l'Open Swim Stars.

Ainsi après les pistes cyclables, les très souhaitables couloirs pour coureurs (voir, ), on pourrait espérer voir l'apparition de swimming lanes urbaines balisées de swiming station.

Et à partir de là, on pourrait repenser la mobilité des grandes métropoles avec des schémas de motri-cité® et de sportivité totalement nouveaux.

Ci-dessous, une hypothèse parmi beaucoup d'autres possibles.

On en reparlera beaucoup plus longuement le 23 novembre prochain, .

Wednesday, October 24, 2018

ET SI ON FAISAIT DE LA NATATION UN VÉRITABLE TRANS-SPORT® URBAIN ?

Non, en 2025on ne se baignera dans la Seine !!!

On se baignera seulement dans l'eau de la Seine, et ce dans des espaces bien délimités appelés "zone de baignade" et qui seront ni plus ni moins que des piscines à ciel ouvert - détails, .

Il suffit d'ailleurs de regarder les images des dites "zones de baignades", pour constater que personne ne nage dans la Seine !!!


Et donc pour être très clair, en 2025, on ne pourra toujours toujours pas traverser Paris à la nage.


Avec les zones de baignades imaginées pour 2025, on sera beaucoup plus proche des piscines installées le long des quais parisiens au début du XX° siècle (ci-dessus) que de d'épreuve comme "la Traversée de Paris à la nage" (ci-dessous).

En 2025, la natation sera donc un simple loisir.

En 2025, la natation ne sera toujours pas un moyen de trans-sport ® au coeur de Paris.

Et c'est évidemment tout ce qu'on peut regretter.

Une fois de plus le sport est dissocié d'une véritable pensée innovante sur les nouvelles mobilités actives urbaines.

Et pourtant il y a de quoi faire : voir, "et si on passait du transport aux trans-sports ® ?"


Pourquoi "ne pense-t-on pas plus la mobilité urbaine autour de la natation ?" 

Pourquoi ne pense-t-on pas plus la Seine comme un espace de trans-sport ® et de motri-cité ® ? - voir et .


Pourquoi n'imagine-t-on pas plus que l'on puisse aller travailler en nageant ? - voir "swim to work ?" et "Et si on passait de "conduire ou courir ?" à "conduire ou nager" ?"

Pourquoi n'imagine-t-on pas "des couloirs de nage" sur la Seine qui seraient réservés aux nageurs pour se rendre d'un point à un autre dans Paris ? 


Pourquoi n'imagine-t-on des "swimming station" pour inciter au swim commuting à l'image de ce qui se passe avec le run commuting ? - voir et .



On est dans le prolongement de

On poursuit la réflexion dans le prochain post.

Et on en reparlera forcément le 23 novembre prochain, .

Monday, October 22, 2018

ET SI L'OUTDOOR SWIMMING SOCIETY ÉTAIT UN MODÈLE POUR PENSER LA NATATION AUTREMENT ?

Le métier de Transit-City c’est de faire de la prospective, notamment, dans deux domaines :
- la mobilité
- le sport

C’est en croisant ces deux domaines, que pour alimenter nos réflexions nous avons créer deux concepts :
- le trans-sport ®, concept qui vise à réfléchir sur la façon dont le sport peut nourrir de nouvelles mobilités autour du corps en mouvement
- la motri-cité ®, concept qui permet de sortir de la notion de mobilité devenue beaucoup trop large depuis quelques années.

Ces deux concepts ont pour donc point commun le corps en mouvementde mettre le corps en mouvement au coeur de la réflexion. .

Nous l’avons fait notamment cette réflexion dans de nombreux domaine, et notamment la natation avec, entre autre, avec la création du Swiming Mobility Lab.

Depuis quelques posts - et -, nous essayons de creuser cette piste de penser la natation comme un trans-sport ®, c'est à dire de voir si - et comment - la natation pourrait devenir un moyen de déplacement presque quotidien au coeur des villes- voir "Swim to work ?" et "Et si on passait de "conduire ou courir" à "conduire ou nager" ?"

Ce travail passe, entre autres, par la détection de signes faibles montrant que dans certains pays la natation est pensée autrement.

C'est notamment le cas avec l'Outdoor Swiming Society britannique dont la vocation est developper la natation longue distance dans des cadres naturels peu pensés pour la natation.

Son terrain de jeu est, d'une certaine façon, cartographié dans la carte Wild Swim, qui let en évidence tous les spots aquatiques permettant une pratique "sauvage" de la nage.

Très active, l'Outdoor Swiming Society monte aussi des raids qui permettent de repenser autrement les fleuves et les rivières avec une cartographie spécialement dédiée aux nageurs, la Swimmer's Map, et pas seulement aux navires comme c'est trop souvent le cas. - voir "The Dart 10km".

Il y a dans cette démarche de l'Outdoor Swiming Society des tas de pistes de réflexions et d'actions à tirer pour développer une nouvelle approche de nos rivières et de nos fleuves et envisager - pourquoi pas ? -  la natation que comme un moyen de trans-sport ®.

On en reparle le 23 novembre prochain à l'occasion de notre Atelier consacré à la double question 

Thursday, October 18, 2018

ET SI IL FALLAIT JUSTE LIRE OU RELIRE PATROLIN ?


Et si pour regarder nos fleuves et nos rivières un peu autrement, il fallait juste lire ou relire ce petit chef d'oeuvre qu'est "La traversée de la France à la nage" de Pierre Patrolin ?
"J’avais lancé en riant que je rentrais vers Paris à la nage, avant de plonger, résolu à me diriger vers l’amont, vers la boucle où la Meuse disparaissait dans un long virage. La rivière paraissait s’enfouir sous une pente de forêt, absorbée par le manteau de feuilles et de branches qui fermait l’horizon.
La vague levée au passage d’une péniche plus rapide suffit à tout masquer : je nageais sur le ventre, et cette houle m’entraîna. Emporté avec elle, je remontai aussitôt le courant sans effort, au rythme de son moteur. Dans la vapeur bourdonnante de ce moteur, un toussotement mat et régulier, entêtant, à la fois amorti par la surface de l’eau et réfléchi sur la cloison de forêt qui montait vers le ciel." (...)  
(...) " Le monde autour avait disparu. Nul moteur. Plus de pont, pas une construction, aucun ponton. Pas même un héron. Une masse d’eau brunâtre qui glisse sans rien qui puisse l’arrêter, ni ralentir son cours. La Meuse ne coule plus, elle glisse. Elle glisse comme une plaque, une plaque d’eau figée qui descend lentement sa vallée. Je nage sans bruit, attentif à chacun de mes mouvements. Je glisse aussi, en silence contre le courant, seul, sans téléphone, sans vouloir imaginer ce qui m’attend. Longtemps." 
(...) " Je nage sans effort, comme protégé par la tiédeur du coton humide qui épouse maintenant chaque mouvement de mon corps, dans une odeur de gaz froid, de carbone calciné et amer sur le côté de la rivière, seulement repoussé par le sillage des bateaux-mouches quand ils remontent le courant."

Et pour une autre vision romanesque, mais cette fois-ci américaine, des nageurs de rivières, voir "Il faudra que j'y aille à la nage, j'ai pas de voiture !"

Tuesday, October 16, 2018

ET SI ON ESSAYAIT DE DESSINER DE NOUVELLES MOBILITÉS SPORTIVES ET AQUATIQUES ?

La carte ci-dessus est la carte Strava des mobilités cyclistes.

La carte ci-dessus est la carte Strava des mobilités course à pied.

La carte ci-dessus est la carte Strava des mobilités sportives aquatiques.

Oui, il y a un énorme gap entre les deux premières cartes et la dernière.

Et, oui encore , il y a un énorme gap entre les mobilités aquatiques - très faibles - et du réseau de rivières et de fleuves en France - voir ci-dessous.


Comment expliquer ce différentiel entre la richesse du tissus aquatique français et la faiblesse des mobilités sportives ?

Comment expliquer que les mobilités sportives ne soient pas plus riches, surtout quand on constate le succès du triathlon depuis plusieurs années et la montée en puissance de la nage longue distance et en eaux vives ?

Pourquoi, à l'image du vélo et de la course à pied, l'eau ne devient-elle pas le support de nouveaux de moyens de trans-sport ® alternatif aux moyens motorisés ?


Il y aurait sans doute là un élément de plus pour construire le Plan National de Trans-sport ®  - que nous appelons de nos voeux.

On essaie d'y apporter des réponses dans les prochains posts.

Voir, sur la natation : 
So, why take the ferry ?

Et sur les autres mobilités sportives, voir :
- Et si Hobie-Cat devenait une nouvelle référence de la mobilité fluviale ?

Monday, October 15, 2018

ET SI ON AVAIT DÉJÀ LES BASES POUR UN FUTUR "PLAN DE TRANS-SPORTS ® FRANCILIENS" ?

Une carte des territoires de la course à pied.


Une carte des territoires de la marche.


Une carte de la randonnée pédestre.



Une carte des territoires du vélo.


Quatre cartes signées de l'Iaurif.

Deux façons de les regarder.

Soit on les regarde comme de simples cartes des pratiques de loisirs.

Soit on les regarde, et cela devient tout de suite plus intéressant, comme de possibles bases d'un potentiel futur Plan de Trans-sport ® francilien - - qui mettrait les mobilités douces et sportives au coeur des politiques de déplacement.

Ca serait une première étape possible vers ce qui pourrait être un très souhaitable Plan National de Trans-sport ® - .

On est avec ces hypothèses de Plan de Trans-sport ® dans le prolongement nos récentes questions :
Et si les révolutions du sport entraînaient une vaste mutation urbaine ?
Et si demain, on passait du transport au trans-sport ® ?

On en reparle le 23 novembre à l'occasion de notre Atelier consacré à la double question 


Sur la capacité des nouvelles cartographie sportives à penser autrement, voir :