Tuesday, October 31, 2017

Monday, October 30, 2017

MAIS OÙ EST-CE QU'ON EST EXACTEMENT LÀ ?

"Mais où est-ce qu'on est exactement là ?

On est à
- arrivée à l'hôtel
- chantier / centre-ville / banlieue / grande banlieue
- parking en plein air 
- on est à port industriel / containers / grues / noeud ferroviaire
- train entrant en gare
- porte-containers 
- on est à piste d'aéroport
- bruit des moteurs / cabine la nuit / silence / air conditionné
- salle de conférences / interventions collègues / baie vitrée / ciel clair 
- on est à la côte / la mer / l'Australie
- campagne US vue d'avion / la ville
- piscine / hôtel-spa
- l'Asie 
- on est à buildings
- banques / assurances / hall immense / façade en verre avec vue sur la ville
- on est à autoroute la nuit / le jour / le ciel bleu là / trafic rapide sur les voies
- passeport / embarquement
" (...)
"Salle d'embarquement" - Jérôme Game.

Wednesday, October 25, 2017

CA SERAIT QUOI LA MOBILITÉ URBAINE SOUS LE PRISME DU TRIATHLON ?



Aujourd'hui pour penser la ville et ses mobilités, il faut mettre le corps en mouvement au coeur de la réflexion - voir le schéma ci-dessus.

Mais si demain ...

Mais si demain, on commence à penser la ville non plus sous l'angle de la simple mobilité, mais aussi de la motricité - voir, là.

Mais si demain, on commence à penser la mobilité sous l'angle de la sportivité et des trans-sports - voir, .

Alors ...

Alors, il va falloir commencer à se construire de nouveaux cadres théoriques et pratiques nouveaux pour imaginer la mobilité dans la ville de demain.

C'est ce que j'ai essayé de faire avec le triathlon, un sport en très forte croissance qui est en train, depuis quelques années, d'irriguer les imaginaires urbains, comme l'a fait la course à pieds à la fin des années 70 - voir, et .

C'est ce même genre d'exercice qu'avait fait notre partenaire Patrick Roult de l'Insep avec ce que pourrait être un pentathlon renouvelé et en phase avec les nouvelles pratiques sportives - voir "Et si le pentathlon se réinventait autour de nouveaux sports urbains ?" - et que j'ai tenté de synthétiser dans le schéma ci-dessous.


On reparle de tout cela lors du prochain Atelier Transit-City organisé le 19 janvier prochain autour de la question "Et si les nouveaux sports nous permettaient de penser autrement la mobilité urbaine ?"

Tuesday, October 24, 2017

QUAND GOOGLE MET LE PIÉTON ET LE MODULAIRE AU COEUR DE SON APPROCHE URBAINE

La vraie révolution urbaine de ces vingt dernières années, c'est l'individu mobile et connecté.

C'est lui qui par sa connexion et sa mobilité redéfinit les territoires et les fonctions de la ville - voir "Et si nos concepts étaient inopérants pour penser demain ?"

Cela fait des années que chez Transit-City, on explique cette mutation par le schéma ci-dessus.

Aujourd'hui, c'est l'homme et le corps en mouvement qui va redessiner la ville, d'où l'importance d'une marque comme Nike pour penser demain (voir, )

C'est ce qui explique que nous allons devoir passer d'une approche fondée sur la "mobilité" à une approche fondée sur la "motricité" - voir, .

Ce virage lié à la connexion et au corps en mouvement, certains l'ont compris et en tirent des conséquences dans leurs façons de penser la ville, ses mobilités et ses équipements.

C'est notamment le cas de Google qui a décidé de devenir opérateur urbain à travers un concept très fort de Sidewalk Lab.

Penser Sidewalk Lab, c'est penser "ville trottoirs", c'est à dire penser la ville en mettant le piéton connecté au coeur de la réflexion.

La démarche Sidewalk Lab, c'est donc "la walkable city + la connexion". 

L'une des premières applications concrètes de cette approche est en cours actuellement à Toronto - voir, .

Mettre la mobilité au coeur de la réflexion urbaine, ça veut aussi dire pour Google mettre la modularité au coeur des bâtiments - voir, .

On retrouve ainsi à Toronto les réflexions que développe Google pour son futur siège social - voir .

C'est à ce genre de chose, que l'on comprend que l'on rentre dans une nouvelle étape de la révolution numérique.

Depuis, une vingtaine d'années, le numérique c'était de la connexion et des écrans.

Dans les vingt ans qui viennent, le numérique cela va être aussi - et surtout - une révolution des espaces - voir "La fin des boites ? La fin du fixe ?"

Et Google ambitionne de devenir un acteur de cette révolution en devenant aménageur urbain.

Thursday, October 19, 2017

LA CRAPULERIE INTELLECTUELLE DE VOLKSWAGEN

Dans le très instructif "Nomadisme Hippy", on peut lire combien est forte "l'aptitude du capitalisme à s'emparer des valeurs et des préceptes du mouvement hippy pour les destiner à devenir des biens de consommation courante, mais vidés de leurs substances subversives, ou plus insidieusement, à les faire paraître comme telles." 

Volkswagen en est aujourd'hui une parfaite illustration.

En 2009, Volkswagen crachait sur les hippies - voir, le spot  dont sont extraites les images ci-dessus.

Après avoir fraudé la législation anti-pollution, la marque tente aujourd'hui de redorer son blason aux Etats-Unis avec une campagne de pub mettant son fameux combi au milieu des hippies à Woodstock - voir  le spot.

Entre les deux spots, il y a évidement le scandale des logiciels qui permettant de masquer la vraie toxicité des moteurs diesel de la marque.

Avec ces deux publicités, on comprends que pour VW rien n'a de valeur, et surtout pas les grandes aspirations ou les convictions politiques

Pour VW tout se vaut... tant que cela permet de vendre des voitures, comme le montre la pub ci-dessous.

Sur la trahison des idéaux hippies, voir "Van life : le nouveau conformisme ?"

Et sur le lien entre Woodstock et l'automobile, voir "Quand Woodstock a failli inventer un nouveau rapport à la voiture".

Mais il faut aussi lire "Nomadisme Hippy" pour l'histoire qu'il fait du mouvement hippy et de la façon dont celui-ci a changé radicalement nos façons de voyager et irrigue toujours nos imaginaires contemporains. Et ce même si, évidement, cela fait longtemps que les belles utopies hippies ont toutes étaient trahies - voir "il est où le partage ?"

Wednesday, October 18, 2017

LE MOBILE-HOME COMME HISTOIRE POLITIQUE

Pour poursuivre la réflexion esquissée dans les deux précédents posts sur la façon dont une mobilité pensée comme marginale - en l'occurrence celles des vieuxfaçonne de nouvelles formes urbaines aux Etats-Unis (voir et ), je voudrai aujourd'hui m'intéresser à une autre mobilité marginale, celle des pauvres.

Des pauvres v 5us partout dans le monde comme des emmerdeurs, mais qui ont toujours inventé malgré eux de nouvelles formes d'habitat liées à la mobilité.

Pour alimenter la réflexion sur ce sujet je voulais vous proposer quelques lignes extraites de l'excellent "1929 / Krach & Mobiles Homes Parks" qui fait une histoire politique du mobile-home. C'est passionnant !
"La grande crise de 1929 : un cataclysme mondial pour les classes populaire et moyenne ; aux États-Unis, des centaines de milliers d'ouvriers et d'employés privés d'emploi, sont condamnés à vivre dans des campements de fortune ; d'autres ménages, qui avaient quelque économie auront la fortune de pouvoir se déplacer à travers le pays à la recherche de travail agricole saisonnier, et/où sur les grands chantiers du New Deal de l'Etat [barrage, digue, autoroute, voie ferrée, pont, etc.]. Leur survie économique pour ne pas sombrer dans la pauvreté totale tenait essentiellement à leur mobilité : la possession d'un véhicule pouvant à la fois emmener famille entière, effet personnel et mobilier en était une des conditions. 
Les industriels considérant qu'il s'agissait d'un marché potentiel, adapteront pour cette nouvelle catégorie sociale, les modèles de caravane [trailer] qui étaient à l'origine destinés au tourisme. D'inventions en innovations, le trailer sera supplanté par le mobile home puis, plus tard, par une formule inédite, la mobile house. Les premiers mobiles homes parks ou communities destinés aux itinérants, aux ouvriers des grands chantiers, apparaîtront rapidement sur l'ensemble du territoire, leur offrant à moindre prix quelques services. 
Il faut attendre la seconde guerre mondiale pour voir s'éteindre la crise économique et voir apparaître après la guerre une fabuleuse pénurie de logement. Le nombre de mobiles homes - économiquement accessible pour le plus grand nombre - augmentera mais avec une nuance : l'immobilisation de ce qui à la base était destiné à la mobilité ; le marché de la mobile house, plus onéreuse, prit alors son essor". (...)
 
(...) "Dans un article paru dans la revue Architectural Record en juillet 1936, l’ingénieur industriel Corwin Willson présenta son concept de mobile house tirée par une voiture et offerte aux travailleurs itinérants désireux de déménager leur famille et leur demeure. L’inventeur souligne, en faisant référence à un manuscrit non publié et intitulé Living on Wheels, que la conjoncture économique et la nature des emplois industriels sont à l’origine du phénomène des travailleurs migrants : “Par conséquent, le problème du logement en vient à inclure l’adaptation à une mobilité forcée croissante. La mobile house [...] rend la propriété du logement possible sans impliquer la perte de la liberté économique.” (“2-Story Mobile House...” 1936)". 
 
"En 1938, deux architectes présentèrent une autre version de la mobile home, le Durham Portable House (Wallis 1991). Ces maisons se différenciaient des caravanes existantes et du prototype de Willson en ce qu’elles “n’étaient pas conçues pour être généralement remorquée à travers le pays. En revanche, elles sont construites comme des maisons [homes] ordinaires avec une structure brevetée conçue pour être déplacée sans dommage ou ébranlement à l’aide de grands camions.” (Pebworth 1938). Le concept maintient néanmoins la spécificité de la mobile home, à savoir la possibilité de la déplacer sans en affecter les éléments structuraux."
 - la suite, .

Tuesday, October 17, 2017

QUAND LA MOBILITÉ DES VIEUX EST PRÉSENTÉE AUTREMENT


Pour prolonger mon précédent post "Et si les retraités américains inventaient un nouveau modèle de mobilité ?", je voulais vous proposer ces quatre images stylisées de véhicules.

Elles viennent d'une planche publiée dans "Young Old: Urban Utopias of an Aging Society" et titrée "Senior recreational vehicle community / emblematic objects".  

Ces quatre objets sont censés symboliser une certaine mobilité liée à une certaines frange de retraités américains.

Mais ces quatre véhicules représentent une certaine façon de penser le déplacement du plus banal (celui pour le chien, tout en haut) au plus excentrique (celui du mobile-home tiny house - voir, )

Il y aurait sur chacun de ces véhicules et des imaginaires qui y sont associés, beaucoup de chose à dire. Mais ce n'est pas l'objet de ce post.

Si je vous les propose aujourd'hui, c'est pour deux raisons :

- d'abord, pour insister sur la grande diversité et la grande créativité des seniors d'aujourd'hui, notamment de ceux qui ont connu 68, le flower-power, les buggies, les vans, les promesses de la vie communautaires et qui, 50 ans après, tentent de les faire vivre d'une façon ou d'une autre à travers notamment les camping cars (là) ou les quads (). 

- ensuite, pour remarquer combien notre pensée sur la mobilité à quatre roues est encore dominée par la figure de la voiture traditionnelle (berline ou SUV), et, en fin de compte très peu ouverte vers les engins un peu à part qui dessinent pourtant d'autres avenirs et d'autres façons de penser et de bouger. 

Ces quatre objets montrent que face aux modèles dominants de mobilité, ne cessent d'apparaitre des modèles disruptifs, venant notamment de franges de population que l'on a tendance à mépriser comme les vieux. Si en France "voiture de vieux = Citroën", dans d'autres pays comme le Japon () ou les Etats-Unis, les vieux sont plutôt des moteurs d'innovations. On y revient très vite.


Monday, October 16, 2017

ET SI LES RETRAITÉS AMÉRICAINS INVENTAIENT UN NOUVEAU MODÈLE DE MOBILITÉ ?

Dans son excellent et très stimulant  "Young Old: Urban Utopias of an Aging Society"  consacré à la façon dont la mobilité des retraités américains est en train d'inventer de nouvelles formes d'urbanisme - voir "Vers un urbanisme de camping-cars ?", Dean Simpson consacre plusieurs pages à The Villages, Florida 

The Villages est a priori une age-restricted community de riches retraités comme il en existe beaucoup d'autres dans ce coin là des Etats-Unis. Mais ce que montre Simpson c'est que le mode de motorisation des résidents à créer un réseau viaire local très original.

En effet, la quasi totalité des résidents possèdent à la fois une ou deux voitures normales (en général des grosses berlines), mais aussi une ou plusieurs voiturettes de golf pour leur déplacements dans leur micro-ville privée.

Une motorisation qui a conduit à construire un double réseau routier, l'un consacré aux véhicules traditionnels, l'autre aux golf carts - voir les schémas ci-dessous.

En terme d'espace à vivre au quotidien, cela donne les images ci-dessous.

Tout est fait pour diminuer la vitesse et favoriser les voiturettes de golf, les berlines traditionnelles n'ayant aucun avantage à circuler dans ce type de résidence (vitesse et espace très limités).


Devant ces images, il y a deux attitudes possibles.

- soit, on se dit que ceci est totalement marginal et qu'il n'y aucune leçon à en tirer.

- soit, et c'est bien sur ma position, on y voit l'émergence de ce que pourrait être un modèle alternatif de mobilité urbaine fondé sur des petits véhicules électriques, c'est à dire non polluants et peu consommateurs d'espaces

A l'heure ou un certain nombre de grandes villes ont enfin décidé de s'attaquer à la voiture classique, il y a peut-être à chercher dans ces Villages Florida de nouvelles réponses pour penser demain.

Une question possible parmi beaucoup d'autres : ca serait quoi la mobilité de Paris pensée autour de la voiturettes de golf ?

Au Japon, cela fait déjà plusieurs décennies que le fauteuil roulant et la mobilité des vieux sont des sources exceptionnelles d'innovation. 
- "entre robots et fauteuils roulants"
"et si le handicap permettait de penser autrement la mobilité automobile ?"

Ce post peut aussi renvoyer à deux autres questions
- "Ca ressemblera à quoi une ville de vieux ?"
- "Et si les villes privées devenaient une banalité ?"