Monday, March 16, 2015

ET SI LA NOTION DE "NON LIEUX" N'AVAIT PLUS AUCUN SENS ?

Dans son livre « Non Lieux », l'anthropologue Marc Augé présentait les lieux de flux et de transit comme des « non-lieux » au prétexte que ceux-ci étaient incapables de construire une identité.

Dés sa sortie en 1992, j’avais trouvé ce livre mauvais et ses analyses totalement fausses.

Si j'y reviens aujourd'hui, c'est que je suis frappé par la persistance de cette notion de "non lieux" auprès de certains, alors que tout dans notre vie quotidienne en apporte la preuve contraire.

C'était déjà vrai il y a vingt ans, ça l'est encore plus aujourd'hui.

En effet, si on part du constat

- que la mobilité est devenue un mode de vie.

- que nous sommes tous devenus des individus mobiles et connectés

- que la mobilité touche nos façons de penser, manger, travailler, consommer.

- que le smart-phone est devenu un des éléments constitutifs de notre identité par les images, les musiques, les applications et les contactes que l’on y conserve 

- et que donc "l’identité perd littéralement sa localisation géographique » selon l'expression d'Hartmut Rosa dans "Accélération". 

Alors ...

Alors on peut faire les hypothèses :

- que nous entrons donc dans une période d’identité situative, ouverte et flexible, c'est à dire d'une identité qui se construit par et dans le mouvement, et non plus seulement à travers les lieux de l'enracinement.

- que dans notre société mobile , les lieux de flux non seulement ne sont plus des "non lieux" (à supposé qu'ils l'aient été à une époque, ce que je ne crois pas), mais au contraire les "hyper lieux" de notre modernité, là où nous construisons nos nouvelles identités urbaines et mobiles.

- et que ceci est d'autant plus vrai, qu'aujourd'hui tout lieu tend à devenir un lieu de flux, un lieu de mixité et un lieu de multi-activités grâce notamment aux smart-phones qui démultiplient nos possibilités d'actions

En écrivant cela, je ne fais que prolonger de très vieilles convictions, dont le travail de Transit City est le témoin depuis quinze ans, mais aussi de récents posts comme 


On y revient très vite.