Thursday, May 28, 2020

ET SI LE COVIDISME ® ENTRAINAIT UNE VRAIE RÉVOLUTION DE L'HABITAT ?

Chez Transit-City, on essaie actuellement de conceptualiser la mutation urbaine entrainée par le COVID et la période du confinement.

C'est dans ce cadre que nous avons fait l'hypothèse que si
- le XIX° siècle avait donné naissance au Haussmannisme,
- le XX° siècle au Manhattanisme,
- le XXI° siècle pourrait donner naissance au Covidisme ®

Un nouvel urbanisme basé sur un souci sanitaire qui viendrait accélérer la révolution du numérique pour faire exploser toutes nos grilles de lectures urbaines définies lors de la deuxième révolution industrielle, et qui devrait en toute logique réinterroger tous les lieux de la ville (bureaux, habitat, commerces ...)

Voir "Et si on sortait enfin du XIX° siècle ?"

Un nouvel urbanisme qui ne serait plus basé sur le fixe et la spécialisation des lieux, mais sur le corps en mouvement.

Aujourd'hui, c'est l'individu connecté et en mouvement qui détermine la fonction du lieu.

Avec le numérique, beaucoup de fonctions sont revenues au coeur de l'habitat

Le COVID va accélérer cette révolution vers les nouvelles fonctionnalité de l'habitat, comme on l'a vu lors du confinement avec le sport -



Avec le numérique la fonction des pièces a été perturbé.

Le COVID va accentuer cette mutation. On devrait enfin pouvoir développer une nouvelle pensée de l'habitat grâce au COVID.

Ce qui est extraordinaire c'est que ce sont les transporteurs d'Ile de France qui en parle le mieux.

Comme si pour penser le fixe, il fallait dorénavant passer par le corps en mouvement.

Comme si pour penser la ville de demain, il fallait arrêter de penser au "nous", et penser au "je".

On poursuit la réflexion dans les prochains posts.

Wednesday, May 27, 2020

ET SI LE COVIDISME ® DEVENAIT UN URBANISME ?

Toute révolution industrielle amène une révolution urbaine.

Toute révolution urbaine est liée à une réflexion sur la santé.

La première révolution industrielle - celle de la vapeur, des locomotives - aboutit au début du XIX° siècle au Haussmannisme.

Le Haussmannisme est directement lié à la lutte contre le choléra - .

La deuxième révolution industrielle - celle de l'électricité, des ascenseurs - aboutit au début du XX° siècle au Manhattanisme.

Le Manhattansime est aussi directement lié à la découverte du bien-être et du sport - c'est l'invention de la salle de bain américaine - - et des salles de sport - .

La troisième révolution industrielle - celle du numérique, de la mobilité généralisée - aboutit au début du XXI° siècle à une révolution urbaine qui n'a, aujourd'hui, pas encore de nom générique.

Peut-être parce qu'il lui manquait une versant santé publique que le COVID, le confinement et les règles de distanciation viennent de lui apporter.

Et si demain, la connexion permanente et la distanciation généralisée devaient aboutir à une vraie révolution urbaine ?

Et si on appelait cette révolution urbaine, le Covidisme ® ?

Et si le Covidisme ®, c'était faire tout, partout mais sans être forcément près les uns des autres ?

Le Covidisme ® devrait alors tout changer
- l'habitat
- les espaces de travail
- les espaces du commerce
- les espaces du sport
- les espaces publics
...

Ce qui renvoie à nos questions
- "Et si la distanciation devenait un idéal désirable ?"
- "C'est quoi demain, la ville de la distanciation ?"
- "Et si la distanciation permettait de tout revoir ?"

Monday, May 25, 2020

ET SI LE COVID ÉTAIT LE GRAND ACCÉLARATEUR DU VUCA URBANISME ® ?

Pour décrire une nouvelle réalité, il faut créer de nouveaux concepts capables de créer de la rupture dans la pensée et dans le regard - voir "Et si nos concepts étaient inopérant pour penser le futur ?"

C'est ainsi que pour analyser les nouvelles mobilité émergentes autour du corps, nous avons créer les concepts de Trans-Sport ®, de Motri-Cité ® ou de Sport As As Mobility Service ®.

Pour analyser les nouvelles logiques urbaines fondées autour de la mobilité, nous avons là aussi créer de nouveaux concepts plus aptes, selon nous, à décrire les mutations en cours

En 2014, nous lancions le concept de VUCA Urbanisme ® - voir .

Ce concept de VUCA Urbanisme ® s'inspire évidement du concept VUCA, acronyme développé par l'armée américaine pour décrire un environnement fondé sur la volatilitél’incertitudela complexité et l’ambiguïté et qui aboutissait - on l'oublie trop souvent - à une Light Footprint StrategyL’objectif était de définir un modèle plus souple, plus rapide, plus léger et plus en phase avec un monde en fortes et très rapides mutations. 

Chez Transit-City nous avons repris ces deux éléments - un monde VUCA et la stratégie de l'empreinte légère - pour essayer de voir comment ces deux concepts pouvaient nous aider à aborder la ville du futur et, surtout, nous aider à la penser et à la faire autrement que selon les principes définis par les techno-structures traditionnelles du monde de l'urbanisme, de l'architecture centrées sur le fixe, le pérenne et le lourd.  

Notre question était (et est toujours et plus que jamais ) : à quoi pourrait ressembler une analyse urbaine sous le prisme d'un VUCA Urbanisme ® 

En 2015, nous lancions le concept d'Hyper-Lieux Mobiles ® - voir, .

La création de ce concept d'Hyper-Lieux Mobiles ® s'inscrivait dans une triple réflexion :

- d'abord, une réflexion globale sur les notions de non-lieux et de tiers-lieux qui ne nous apparaissait plus pertinents pour penser le futur - voir "Et si la notion de tiers lieux n'avaient plus aucun sens ?"

- ensuite, une réflexion globale sur les nouveaux lieux de la mobilité que nous avions qualifié d'hyper-lieux dès 2015 - voir "Flux et hyper-lieux : qui définit l'identité de qui ?"

- enfin, sur l'idée que ces hyper-lieux ® allaient forcément devenir mobiles - voir "Et si on passait des non lieux aux ... hyper-lieux mobiles ® ?"

Or, qu'est-ce que l'on a vu à l'occasion du confinement ?

- Qu'est-ce qu'on a vu, sinon du VUCA Urbanisme ® ? - voir, ,  et .

- Qu'est-ce qu'on a vu, sinon du déploiement d'Hyper-Lieux Mobiles ® ? - voir,  et

Et, qu'est-ce que l'on voit aujourd'hui à l'occasion du déconfinement ?

- Qu'est-ce qu'on voit aujourd'hui, sinon du VUCA Urbanisme ®  avec, notamment, les pistes cyclables temporaires ?

- Qu'est-ce qu'on voit, sinon des projets d'Hyper-Lieux Mobiles ® comme ce Covid 19 mobile lab ?

Bref, qu'est-ce que l'on a vu et qu'est-ce que l'on voit maintenant ?

On a vu et on voit que le Covid est un agent démultiplicateur de la révolution urbaine engagée depuis une vingtaine d'années avec le numérique qui veut que désormais tout se doit être mobile et se peut faire en situation de mobilité - .

Mais aussi que tout se doit de pouvoir être léger, temporaire et mobile soit une logique de Light Footprint Strategy.

Saturday, May 23, 2020

LA FIGURE DU CAMPING COMME IDÉAL URBAIN POST-COVID ?

Pour prolonger "le camping comme idéal de distanciation ?"

Si on fait le constat que le le Covid et le confinement ont changé les imaginaires urbains.

Si on fait le constat que le Covid et le confinement ont accentué certaines aspirations lourdes, comme ...
- le désir de grand air
le désir de campagne
- le refus de l'hyper densité urbaine
- l'idée de pouvoir pouvoir tout faire partout

Alors ...

Alors, on regarde où pour penser ce qui permettrait de raconter une autre histoire de l'urbain peu dense et proche de la nature ?

Et si on regardait l'histoire du camping ?

Et si on regardait, plus spécialement l'histoire du camping américain ?

Car comme l'écrit Martin Hogue dans son très stimulant "A short history of the campsite", "raconter l'histoire du camping, ce n'est pas raconter l'histoire d'un site ou même d'un terrain de camping, mais plutôt examiner comment cet idéal culturel américain a été approprié et transformé en un modèle spatial générique largement reproduit." 

Le camping, c’est un idéal spatial fondé notamment sur :
- la mobilité,
- la distanciation,
- la densité contrôlée,
- l'attrait pour un certain rapport à la nature.

Bref, sur ce que sont ni plus ni moins les grandes aspirations post-Covid.

Évidement le sens de ce post n’est pas de dire que le camping est un modèle urbain destiné remplacer la ville, mais que ses imaginaires peuvent sans doute nous aider à penser la ville un peu autrement.

Pour aller plus loin sur cette question du modèle du camping aux Etats-Unis, voir :
"Le mobil-home comme histoire politique ?"
- "Pourquoi le camping va devenir un véritable enjeu du XXI° siècle ?"

Wednesday, May 20, 2020

ET SI LA DISTANCIATION DEVENAIT UN IDÉAL DÉSIRABLE ?

Brooklyn - Domino Park.

À écouter et à lire la plupart des commentaires sur la distanciation sociale qui s'impose à tous depuis quelques semaines, on a l'impression que celle-ci est une horreur.

Et si, à l'opposé de ces approches négatives, on faisait l'hypothèse que la distanciation sociale devenait un nouvel idéal désirable du XXI° siècle ?

Un idéal qui viserait à éviter d'être entassé dans les transports publics, dans les ascenseurs et dans tous les lieux publics.

Un idéal qui viserait à éviter d'être trop serré au restaurant, trop bousculé dans les magasins ou dans les rues et les parcs.

Bref, la réalisation d'une nouvelle convivialité et d'un certain art du vivre ensemble qui dépasse le simple entassement de personnes qui n'ont pas forcément choisis d'être serrées les unes avec les autres.

Evidement en terme de mobilité, cela change tout 

La distanciation sociale, cela veut dire des espaces clairement définis pour les piétons, pour les cyclistes et une obligations pour les transporteurs publics de transporter les gens dans des conditions dignes - voir, .

La distanciation sociale, c’est le grand retour du corps dans la pensée urbaine.

La distanciation sociale, c'est donc potentiellement le germe d'une des grandes révolutions urbaines du XXI° siècle qui va nous obliger à réinterroger tous nos schémas nés au XIX° et au XX° qui étaient, eux, pensés autour de la mécanique, de la technique et du moteur. 

C'est pas chez Transit-City, qu'on va se plaindre de cette évolution.

Voir: 

Tuesday, May 19, 2020

ET SI LE HANDISPORT ANNONÇAIT LA PROCHAINE RÉVOLUTION MOBILITAIRE ?

Il y a quelques jours, le New York Times a publié un très beau reportage sur le retour à l'entrainement de Rudy Garcia-Tolson, un triathlète américain multimédaillé aux Jeux Paralympics - voir, .

L'article est passionnant car il force à regarder autrement la ville, le sport, le corps et - surtout - le corps handicapé en mouvement dans la ville.

Et cela tombe bien car ces Transit-City, on s'est toujours beaucoup intéressé à ces questions
- C'est quoi un corps ? - .
- Ce sont quoi nouvelles frontières du corps ? - .
- C'est quoi le handicap ? -
- C'est quoi la performance handisport ? -

Alors pourquoi reparler de ces sujets aujourd'hui ?

Car ce matin à l'occasion d'un débat organisé par l'Union Sport et Cycle et Olbia autour de la question "Sports & mobilités actives : vers une transformation durable de la ville ?", on remarquait que personne n'avait vraiment vu émerger la stupéfiante croissance du vélo électrique (VAE), que celui-ci était un peu sorti de nulle part.

La question s'est alors posée de savoir qu'elle pourrait être la prochaine mobilité active qui va nous surprendre ? 

L'une des hypothèses que l'on fait chez Transit-City, c'est que ca sera le handisport avec, notamment, la transformation des engins et prothèses du handisport en véritables moyens de trans-sport ® et de motri-cité ®.

C'est une idée que nous soutenons depuis plusieurs années.


Le Japon est évidement moteur dans cette mutation à venir.
"Entre robots et fauteuils roulants"
"Quand Toyota tente de raconter une autre histoire"

Voir sur cette hypothèse :
"Et si la paralympisme descendait lui aussi dans la rue ?"
"Et si les handicapés accéléraient la mutation vers le trans-sport ® ?"

Une occasion aussi de rappeler qu'il serait bon de passer "passer du cyclable au pédalable" pour tenter d'être créatif.

Monday, May 18, 2020

ET SI MIZUNO AVAIT POSÉ LA BONNE QUESTION ?


Aujourd'hui, nous vivons une révolution urbaine qui met le corps en mouvement et les mobilités actives au coeur de la pensée et de l'action.

Est alors que cette mutation devrait profiter aux marques de sports, celles restent mystérieusement silencieuses - voir "Le sidérant silence des marques de sport

Comme si elles étaient terrifiées d'émettre une parole publique et politique qui dépasse leur seuls produits - voir "Et si les marques de sport devenaient - enfin - de vraies acteurs politiques ?"

Et ce, alors même que le succès d'une marque comme Nike, s'est en grande partie construit sur un discours et un marketing très politique - voir "Et si Nike n'avait toujours fait que de l'écologie politique ?"

A la vu des enjeux actuels de santé publique et du nécessaire développement des mobilités actives, on pouvait s'attendre à ce qu'un acteur du sport prenne la parole avec la même intelligence que celle qu'avait eu Mizuno aux Etats-Unis en 2014 avec sa campagne "What if every body ran ?"

Une campagne qui dépassait le sport et qui posait les vraies bonnes questions sur le rôle du sport dans nos sociétés développées, industrialisées et connectées.




À méditer

Friday, May 15, 2020

ET SI LES MARQUES DE SPORT DEVENAIENT - ENFIN - DE VRAIS ACTEURS POLITIQUES ?

"Lpolitique désigne ce qui est relatif à l'organisation ou auto gestion d'une cité, d'un état et à l'exercice du pouvoir dans une société organisée."
Non, la politique ce n'est pas sale.

La politique, c'est avoir une vision et une ambition pour le bien commun.

Question : si demain les villes s'organisent et se pensent autour des mobilités actives, du corps et de la santé, les marques de sport vont-elles devenir de vrais acteurs politiques, c'est à dire de vrais acteurs de la ville ? 

On en parlera forcément le mardi 19 mai lors de la Matinale Union Sports & Cycle organisée autour de la question "Sport & mobilités actives : vers une transformation durable de la ville ?

Thursday, May 14, 2020

LE SIDÉRANT SILENCE DES MARQUES DE SPORT

On est en train de vivre une révolution.

Une révolution urbaine et mobilitaire qui veut que les mobilités actives deviennent centrales pour penser demain.

Une révolution accélérée par le COVID.

Une révolution qui fait que c'est aujourd'hui la Ratp ou la SNCF qui font l'apologie du vélo.

Question : et les marques de sport, elles disent quoi dans ce contexte ?

Heuuu ... ben rien.

Elles sont encore persuadées que le sport ce n'est que du sport.

Elles font comme si elles n'avait pas pas compris que le sport devenait aussi trans-sport ® - et ce alors mêmes, qu'elles ont a priori tous les atouts pour devenir les grands acteurs de la mobilité urbaine du XXI° siècle - "Et si Decathlon remplaçaient la Ratp ?".

Elles font comme si elles n'avait pas pas compris que si le sport c'est longtemps pensé autour du corps ... il va devoir aussi se penser autour des enjeux écologiques - .

Quelle manque de réactivité de leur part !!

Quelle manque de vision et d'ambition et - pourquoi ne pas le dire ? - de courage !!!

Peut-être feraient-elles bien de regarder du côté de certaines marques anglo-saxonnes.

Voir :
- "Et si Rapha devenait une marque d'écologie politique ?"
- "Et si les marques d'out-door remplaçaient les écolos ?"
- "Quand l'out-door américain s'engage dans l'écologie politique"

Et de façon plus large : "Et si peu à peu, les marques de sport remplaçaient les partis politique ?"

Wednesday, May 13, 2020

HOME AS A STADIUM ®

Le COVID a changé notre regard sur la ville.

Le COVID a remis le corps au coeur de la réflexion urbaine et mobilitaire.

Le COVID a modifié les pratiques sportives.

Sport As A Mobility ® 

Le COVID a accéléré les mutations de l'habitat.

Le COVID a accéléré la transformation de l'habitat en lieu de travail. 

Home As A Office ® 

Le COVID a accélérer la transformation de l'habitat en lieu de sport.

Home As A Stadium ®


Tuesday, May 12, 2020

SPORT AS A MOBILITY ®

Parfois certains interviews ont le grand mérite de synthétiser quelques idées forces
C'est le cas de celui que j'ai accordé il y a quelques semaines à Uzbek & Rica dans la cadre d'un numéro spécial sur le sport en entreprise conçu avec United Heroes.


Q - Dans vos écrits, vous dites que nous sommes entrés dans "le siècle du corps" : qu’est-ce que cela signifie concrètement ? 

F.B : Les deux siècles qui viennent de s’écouler étaient les siècles de la machine. 

À l’époque, remplacer des corps en mouvement par des engins motorisés a permis la formation de grandes puissances qui ont dominé le monde. 

Mais, aujourd’hui, ce modèle s’essouffle et la technique est pointée du doigt comme responsable de la destruction de la planète. 

Parallèlement, les grandes idéologies politiques et religieuses se sont effondrées. Le corps est donc tout ce qui nous reste aujourd’hui. On se dit : "Demain est incertain, mais au moins moi je serai en forme". 

Aujourd’hui, dans l’imaginaire collectif, l’homme moderne, c’est celui qui court et qui prend soin de lui, pas celui qui reste assis dans sa voiture -

En société, dire que l’on travaille dans le secteur du sport attire davantage l’intérêt que dire que l’on est employé du secteur automobile. Et, quand un médecin nous demande notre métier, la sédentarité de l’activité est perçue comme une tare, un handicap. 

Q - À ce propos, y a t-il un lien entre activité physique et activité professionnelle ?

F.B : Au XIXe et XX e  siècles, les premiers clubs de sport ont été montés par l’Église, l’armée puis le Parti communiste. Ces entités voulaient structurer la société et contrôler le monde, et leur stratégie passait par la promotion du sport auprès des individus. Aujourd’hui ces idéologies se sont effacées pour être remplacées par ceux de la réussite individuelle et l'idéalisation du corps performant. 

Or, depuis les années 1980, la sédentarité liée au travail nous a donné envie de « retrouver notre corps». Les entreprises doivent maintenant répondre à ce besoin, en réunissant les conditions nécessaires à la pratique du sport. Sur ce sujet, il y a de multiples manières de faire et des milliers de scénarios à imaginer. 

Les entreprises doivent également encourager la mobilité quotidienne des employés. Je milite par exemple pour les baskets de fonction : aujourd’hui l’employeur devrait rembourser les baskets de ses salariés au même titre que sa voiture ou son indemnité kilométrique - .

Comment est-il possible que la fiscalité encourage encore le fait d’avoir une voiture polluante d’une tonne et demie, et pas des paires de baskets ? 

Qu’elle incite à construire des parkings plutôt que des vestiaires ? - .


Q - Vous parlez du concept de motri-cité ® : en quoi est-ce différent de celui de mobilité ? 

F.B : Actuellement, quand on parle de mobilité, cela désigne un tas de choses, dont la voiture autonome et le téléphone mobile. 

Mais je voulais remettre le corps en mouvement au centre de la pensée sur la mobilité, d’où l'utilisation de la notion de "motricité" -

Et pouyr accentuer cette réflexion sur le corps en mouvement dans son contexte urbain, j’ai créé le concept de "motri-cité ®". 

J’ai eu recours à la même gymnastique pour le mot "trans-sport ®" - .

L’idée était de détacher la notion de transport de la question du déplacement motorisé. 

Ces deux concepts sont des des moyens d’attirer le regard sur le fait que le sport devient un mode de déplacement - .

C’est un moyen d’inviter les entreprises à arrêter de subventionner les déplacements motorisés ou de payer des voitures de fonction et à encourager plutôt l’achat de deux-roues non motorisés ou de vélos cargos. 

L’employeur devrait rembourser les baskets de ses salariés au même titre que sa voiture ou son indemnité kilométrique 

Q - Le trans-sport ® fait évoluer la notion même de sport ? 

F.B : On a vécu 100 à 120 ans avec l’idée du sport comme sport de compétition. 

Notre imaginaire est encore conditionné par la compétition, mais cela tend à changer.

Mais aujourd’hui, beaucoup de gens ne se reconnaissent pas dans les Jeux Olympiques -

En France, les sports dits « rapides » concernent une minorité de personnes, la majorité pratique plutôt la marche, la randonnée... 

D’ailleurs, un des derniers modèles de baskets sorti par Nike est destiné aux gens qui veulent courir lentement (running slow) - .

La marque a compris que l’enjeu aujourd’hui pour beaucoup ce n'est pas d’être winner mais finisher

Tout cela participe aussi d’un sport plus inclusif, adapté aux seniors, aux personnes en surpoids, aux individus en situation de handicap.

Il faut construire un nouvel imaginaire autour du sport comme élément de la vie quotidienne, et pas seulement comme une parenthèse d’une heure dans la semaine, où l’on enfile son jogging pour aller courir sur un tapis. 

Le sport irrigue notre quotidien - .

D’ailleurs, il existe tout un tas de peuples qui continuent à parcourir 7 à 9 km par jour dans aucun problème, à la manière des civilisations pré-moteur - .

Q - À vous entendre, il semblerait qu’à l’avenir travail, sport et civilisation soient encore plus liés ?

F.B : Le travail comme l’activité physique vont devoir s’adapter à la nouvelle donne climatique -  et .

Historiquement, l’humain s’est toujours battu contre le froid et la nuit, or, aujourd’hui, l’équation s’inverse et les pics de chaleur nous obligent à repenser nos temps de travail et notre manière de faire du sport -

Par exemple, je crois au retour de la sieste : demain, on travaillera de 7h à 11h puis de 16h à 21h. Puis on rentrera chez soi en courant dans la fraîcheur de la nuit. C’est déjà le cas dans certaines villes, comme à Phoenix, où les habitants commencent à travailler de nuit, et où le top départ du dernier marathon a été donné avant le lever du soleil - .


La recherche de la fraîcheur guidera nos manières de nous dé- placer, de faire de l’exercice et de travailler : à Paris, la Seine sera sans doute l’une des dernières zones de fraîcheur - .

Qui sait, en 2027, elle pourrait enfin être réinvestie par les kayaks et les paddles, et connaître à son tour des heures de pointe quotidiennes de rameurs et de kayakistes ? - .