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Saturday, July 25, 2026

ÉCONOMIE DE L'OMBRE ® : LA RÉVOLUTION SPORTIVE

Le réchauffement climatique et la multiplication des canicules vont appeler à la création de nouveaux outils de mesures économiques.

C'est pour cela que nous avons créer le concept d'Economie de l'Ombre ® afin de mieux analyser les conséquences économiques des grands dérèglements climatiques qui arrivent.

Nous avons travaillé sur l'émergence d'une nouvelle économie et d'une nouvelle fiscalité urbaine fondées sur l'Economie de l'Ombre ® - voir, La révolution urbaine à venir ?

Nous avons réfléchi à de nouvelles approches économiques économiques et fiscales afin de soutenir le développement des mobilités actives malgré un climat trop chaud - voir, La révolution climatique des mobilités actives.

Nous entamons maintenant une série de réflexion pour essayer de comprendre comment cette Economie de l'Ombre ® pourrait impacter toute l'économie du sport.

Pour dépasser le simple stade du "terrain couvert avec de la clim", Economie de l'Ombre ® doit être envisagée comme un changement complet de modèle d'affaires pour le sport. 


Sous un régime où les pics de chaleur à 45 °C ou 50 °C deviennent la norme estivale, la contrainte thermique cesse d'être une météo défavorable pour devenir la variable économique structurante de toute la filière.


Mais ce changement ne touche pas le très vaste monde du sport de la même façon ni au même niveau. 


C'est pour cela que nous avons distingué très clairement cinq strates d'acteurs, chacune répondant à sa propre logique économique : 

1° - L'économie des infrastructures sportives,

2° - L’économie du corps et du pratiquant 

3° - Les instances du jeu et sa géopolitique, 

4° - Une révolution médiatique très lucrative,

5° - Qui pourraient remplacer les équipementiers ?

Chacune de ces strates d'acteurs va faire l'objet d'une analyse spécifique dans une série de cinq posts à venir.

Friday, July 03, 2026

SPORT : DE LA FABRIQUE DU CORPS À LA SURVIE CLIMATIQUE

Le sport a longtemps cru s’extraire des lois du monde. 


Conçu comme une parenthèse enchantée, une bulle de règles pures où l’être humain se mesure à lui-même et à ses pairs, il s’est développé sur une illusion fondamentale : celle d’un espace-temps immuable, soutenu par une abondance de ressources et une stabilité climatique garantie.


On sait que ce n’est plus vrai.


La trajectoire du sport va profondément muter. 


Elle s’articule désormais autour de trois grandes étapes - trois âges de la performance - qui marquent le passage d’un culte du muscle à une science de la longévité, pour aujourd’hui défier probablement le plus grand défi de sa courte histoire : son habitabilité sur une planète en crise.


Étape 1 : L’ére de l’Athletic pur - La fabrique du corps héroïque (XXe siècle)


Le XXe siècle a été le siècle de la géométrie, de la standardisation et de l’expansion quantitative du sport. 


Dans le sillage de la révolution industrielle, le sport s’est structuré comme une immense machine à façonner, mesurer et célébrer le corps humain. 


C’est l’ère du «plus vite, plus haut, plus fort» poussé dans sa dimension la plus mécanique.


Les caractéristiques de cette étape :

- Le chronomètre et le stade : La performance se définit par le chiffre et la standardisation. Pour comparer deux records, il faut que la piste d'athlétisme en résine, le bassin de natation ou le terrain de football soient rigoureusement identiques à Paris, Tokyo ou New York. Le sport s'isole du milieu naturel.


- Le corps comme outil de puissance : Inspiré par le modèle productiviste, le corps de l'athlète est traité comme une usine. On cherche à augmenter le rendement, la force brute et la résistance. Le sportif est un héros sacrificiel : il donne tout, quitte à briser sa santé en fin de carrière, pour la gloire du drapeau ou du club.


- L’illusion de l’abondance : Cet athlétisme triomphant repose sur la construction d'infrastructures lourdes et énergivores (stades illuminés de nuit, stations de ski aux canons à neige artificielle, pelouses importées et arrosées en plein désert). Le climat n'est qu'un décor passif que la technologie se charge de dompter.

 

Étape 2 : L’ére de l’Athletic Longevity - L’optimisation du capital humain (Début du XXIe siècle)


À l’aube des années 2000, le sport opère un virage qualitatif majeur. 


On réalise que briser les corps est un mauvais calcul économique et humain. 


Émerge alors le concept d’Athletic Longevity : l'objectif n'est plus seulement d'atteindre le sommet de la performance, mais d'y durer le plus longtemps possible. 


L'athlète devient un projet de long terme.


Les caractéristiques de cette étape :

- L’alliance de la tech, de la data et de la médecine : C’est l'ère de l'athlète hyper-connecté. Les capteurs de puissance, les analyses biologiques en temps réel, le suivi du sommeil ou l'étude algorithmique de la charge d'entraînement permettent de repousser le vieillissement physiologique. Des champions dépassent allègrement la trentaine ou la quarantaine au plus haut niveau mondial.


- La personnalisation absolue : Le sport intègre la nutrition de précision, la récupération cryogénique, la kinésithérapie préventive et la préparation mentale. Le corps n'est plus une machine brute que l'on épuise, mais un capital précieux que l'on optimise scientifiquement.


- Une impasse hors-sol : Le paradoxe de l’Athletic Longevity est qu’elle requiert une débauche de moyens technologiques. Elle crée un athlète d'autant plus performant qu'il évolue dans un environnement parfaitement contrôlé (chambres hypoxiques,hypérité matérielle). C'est une quête de durabilité interne... totalement déconnectée de la fragilité externe du monde.

 

Étape 3 : L’Ère de la Climatic Longevity ® - Le sport face au défi de l’habitabilité


Nous y sommes. 


En ce milieu des années 2020, l’illusion d'un environnement stable s’effondre. 


Les vagues de chaleur stationnaires rendent l’effort physique de haute intensité mortel en extérieur pendant plusieurs mois de l'année. 


Les pelouses grillent et les incendies ou les crues vont fermer durablement des espaces de pratique.


L’Athletic Longevity ne va plus suffire : si l'environnement devient impraticable, optimiser le corps de l'athlète ne sert plus à rien. 


Le sport doit d'urgence inventer sa Climatic Longevity ® : comment continuer à exister, s’adapter et durer avec et malgré le dérèglement climatique ?


Les piliers de la Climatic Longevity ® :

- De la performance à la résilience : Le sport doit rompre avec la monoculture du chiffre et du chronomètre pur. La performance ne se mesure plus à la vitesse, mais à la capacité d'adaptation. S'avoir s'arrêter lors d'un pic de chaleur, savoir gérer ses ressources en eau en autonomie complète, modifier son itinéraire face à un aléa : voilà les nouvelles compétences athlétiques.


- Le virage doctrinal du bas carbone et de la low-tech : la Climatic Longevity ® prône la soustraction plutôt que l'accumulation. Elle abandonne les infrastructures lourdes au profit de la "compétence embarquée". L'athlète de demain est un minimaliste : il sait vider son sac, réparer son matériel, et utiliser des équipements polyvalents pour réduire son empreinte au strict minimum.


- L’athlète comme sentinelle et acteur de crise : Les sportifs de pleine nature (traileurs, cyclistes, kayakistes) cessent d'être de simples consommateurs de paysages. Ils se transforment en vigies du territoire, formés à la cartographie de crise, à la surveillance écologique des cours d'eau ou à la détection des feux. Le sport se réoriente vers l’utilité publique et la sécurité civile.


- La plasticité temporelle et spatiale : Pour durer, la pratique doit devenir fluide. On ne joue plus à heure fixe sous un soleil de plomb ; on adopte les rythmes nomades. Le sport de la Climatic Longevity ® devient furtif : il investit les corridors de fraîcheur des forêts protectrices, privilégie l'effort nocturne ou matinal, et s'adapte en temps réel aux pulsations de la météo.

Bilan prospectif : un certain voyage du sport va se refermer. 


Après avoir cherché à conquérir le monde (étape 1), puis à s'en extraire par la technologie (étape 2), le sport est contraint de revenir sur terre pour y trouver sa juste place (étape 3). 


Pour les institutions sportives, le virage doctrinal va être brutal : le sport ne sera viable que s'il accepte de troquer son armure de certitudes matérielles contre un sac à dos ultra-léger, devenant ainsi une magnifique école de la sobriété et de la cohabitation avec le vivant.


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Ce post conclut notre série

Thursday, June 18, 2026

QU'EST-CE QUE SAIT - ET FAIT - LA LITTÉRATURE AUSTRALIENNE ?

Qu'est ce que sait la littérature ?


Qu'est ce qu'elle sait et fait que les autres arts ne savent ou ne peuvent dire ou faire ?

Qu'est ce que la littérature peut nous apporter dans nos métiers de conseils marketing et prospectifs ?

Voilà des questions toutes simples, mais qui ne cessent de nous tarauder dans nos réflexions.

C'est d'une certaine façon la volonté d'y répondre qui nous a amené à faire cette série de posts autour de la question et si la littérature australienne permettait de penser autrement le corps et le sport demain ? ou nous avons successivement réfléchi avec Erin HortleAlexis WrightLaura Jean McKay, Richard Flanagan et Tim Winton.

Conscients que les temps de lecture de chacun sont aujourd'hui de plus en plus raccourcis, nous avons tenté une synthèse sous forme de tableau des thèmes et des pistes prospective que nous avons retenues de nos cinq écrivains australiens.

Les détails là :

L’athlète du futur recherche activement la perméabilité avec le milieu, acceptant l'usure, l'asphyxie choisie et la friction brute comme les seuls vecteurs capables d'opérer un reset neurologique face à la saturation des métropoles.


- Richard Flanagan • Le corps mémoriel

Le sport quitte la sphère du divertissement pour devenir un laboratoire de résilience, où l'histoire de l'âme et la mémoire organique redeviennent des composantes de la performance.


- Laura Jean McKay • L'athlète animalisé

Le sport devient une négociation en temps réel avec le biotope. Les disciplines du futur se déploient dans des terroirs précaires, selon des règles mouvantes dictées par l'instabilité climatique, où l'exploit réside dans la capacité à se fondre dans le mouvement de l'autre.


- Alexis Wright • Le corps-paysage

La pensée de Wright incite au marronnage corporel contre le chrono-capitalisme occidental. La performance n’est plus quantifiable par la métrique industrielle ; elle s’évalue en degré d'harmonie, en activation de la mémoire cellulaire et en résistance respiratoire face à un monde saturé.


- Erin Hortle • Le corps augmenté par la nature

Horthle théorise un corps réparé et augmenté par la nature elle-même. Les disciplines sportives glissent vers des rituels d'effacement et d'empathie écologique. Le geste physique devient un outil thérapeutique d'inclusion à la fois des corps abîmés mais aussi de restauration des milieux vivants.

Cette série sur la littérature australienne est la première émergence de tout un travail engagé depuis plusieurs années intitulé Ruptures Littéraires ® visant à comprendre comment la littérature contemporaine d'un certain nombre de pays peut nous aider à penser le corps et le sport de façons un peu différentes.

Thursday, June 11, 2026

ÇA VEND QUOI NIKE EN 2040 ?

Il y a quelques semaines Nike a lancé la Mind 001, une chaussure pour avant et après l'effort destinée selon ses concepteurs à influer le cerveau en facilitant notamment la concentration et la récupération - plus, 


Le pari de Nike est de traiter le pied comme un capteur neurologique. 


"Une chaussure conçue depuis le cerveau vers le sol, et non l'inverseexpliquait le directeur scientifique du Nike Sport Research Lab.


On est pas qualifiés pour dire si tout cela est du pur bullshit ou non.


Mais on peut au moins s’interroger ce que peut signifier ce genre de produit dans la stratégie Nike à 10 ou 15 ans.


Car ce que révèle la Mind 001, ce n'est pas juste un nouveau produit. 


C'est potentiellement un changement de paradigme profond sur ce qu'est Nike.


Pendant 50 ans, Nike a vendu de la vitesse, de la puissance, du dépassement physique. 


« Just Do It » c’était du corps, et que du corp. 


La Mind 001 marque le pivot vers quelque chose d'autres choses : la performance mentale, la concentration, la récupération cognitive. 


C'est une logique de développement qu'on peut extrapoler et qui peut être porteur d'un formidable business : demain, pourquoi pas des textiles qui régulent le cortisol, des semelles qui mesurent le stress en temps réel, des équipements qui "lisent" l'athlète avant même qu'il commence à bouger ? 


Nike se positionne pour devenir une marque de biofeedback


Si ça se confirme, la concurrence changera de terrain.


Ça ne serait plus Nike face à Adidas ou New Balance


Ça sera Nike face à Whoop, Oura, Garmin, et surtout Apple


Voir : et si Apple ringardisait Nike ?


La question qui se pose donc aujourd'hui est : est-ce que Nike peut devenir la marque pivot entre le corps, les données et la performance ?


Si c’était le cas, le Nike de demain ressemblerait moins à un équipementier sportif qu'à une plateforme de performance humaine globale - physique, mentale, sensorielle. 


L'image qui illustre ce post semble en tout cas vouloir aller dans cette direction : l'athlète regarde vers le bas, immobile, connecté. Il n'est pas en train de courir. Il semble être en train de préparer son cerveau. 


Le cerveau comme nouvelle frontière de Nike pour 2040 ?


Intéressante perspective à méditer.



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Sur les possibles basculements des territoires de marque dans le monde du sport dans les années qui viennent, il faut lire :


- Comment en 2040, l'Oréal est devenue une grande marque de sport ?

- Comment en 2040, Danone est devenue une marque de sport ?


- Les 3 sphères de domination du marché sportif en 2040.

- Et si ces deux trilogies aidaient à penser mieux et autrement les futurs du sport ?