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Monday, March 16, 2026

ET SI LES PISTES D'ATHLÉ DEVAIENT S'INVENTER UN NOUVEL AVENIR ?

Les pistes d'athlétisme se vident. 


Les trails affichent complet.


Même époque. 


Même corps. 


Même besoin de courir.


Mais d'un côté : des couloirs numérotés, du tartan, une performance mesurée au centième. 


De l'autre : de la boue, du dénivelé, de l'incertitude.


Les coureurs ont choisi l'incertitude.


Ce que montrent ces photos n'est pas la mort du sport. 


Juste le déclin d'une certaine idée du sport.


La piste abandonnée dit exactement ce qu'elle est devenue.


Un terrain vague... où quelque chose de nouveau devrait pouvoir s’inventer.



Axes de réflexion possibles là :

Wednesday, February 18, 2026

ET SI ON REMPLAÇAIT LE MOTEUR PAR LE CORPS ?

Publié en 1941, «Sur les 4 Routes» est un ouvrage essentiel et passionnant dans lequel Le Corbusier synthétise sa pensée urbanistique et mobilitaire.


L'idée centrale est que la "vitesse" et les "flux" ont brisé l'équilibre de la vie humaine. 


Pour retrouver l'harmonie, Le Corbusier propose de repenser les fonctions des quatre grands support du transport - à s’avoir l’air, le fer, l’eau et la terre qu'il nomme les "Quatre Routes".


Il pense ces quatre voies sous le prisme de la technique et de la logistique :


- la route de l’air à travers l’aviation


- la route de l’eau à travers les bateaux à moteurs


- la route du fer à travers le train


- la route de la terre à travers la voiture


S’il évoque parfois le piéton, il ne parle jamais du corps.


Et encore moins du corps en mouvement.


Dans les années 40 et encore pour quelques décennie : transport = moteur et acier


Mais…


Mais si on tentait un exercice qui consisterait à évacuer le moteur et l'acier pour repenser ces quatre routes simplement sous le prisme de la physiologie humaine et de ses possibles prothèses sportives ?


Dit autrement : ça donnerait quoi les quatre routes sous le prisme du sport ? 


Dit plus précisément encore : ça donnerait quoi les quatre routes sous le prisme du trans-sport ® ? 


Voilà quelques pistes de réflexions :


- La route de l’air 

- Les objets : La voile de parapente, le car à voile, l'aile de kite… 

- Le corps en mouvement : C'est le corps suspendu, utilisant les courants thermiques (l'énergie de l'air) plutôt que le kérosène. 

- La mutation : Le "trans-sport" aérien devient un exercice de lecture du ciel et des vents. On ne se déplace plus d'un point A à un point B, on navigue. C'est le sport de l'équilibre et de l'ascendance.


- La route de l’eau

- Les objets : Le kayak de mer, le paddle, l’aviron, le pump foil… 

- Le corps en mouvement : C'est le corps qui fait corps avec le fluide. Le moteur est remplacé par la puissance du buste et des bras. 

- La mutation : La voie d'eau n'est plus une autoroute pour péniches, mais un ruban de glisse. Le "trans-sport" ici est une question de rythme cardiaque et de synchronisation avec le courant.

- La route du fer 

- Les objets : Le vélo de piste, le roller, le ski de fond… 

- Le corps en mouvement : C'est le corps machine, le muscle répétitif, l'endurance pure. 

- La mutation : Le rail rigide est remplacé par la vélocité. Le train (masse inerte) devient un "peloton" (masse vivante). Le mouvement collectif génère sa propre puissance. On ne subit plus le voyage, on le produit par le pédalage ou la foulée.

- La route de la terre

- Les objets : La chaussure de sport, le bâton de marche, le chausson d'escalade 

- Le corps en mouvement : C'est le corps bondissant, grimpant, explorant la tridimensionnalité. 

- La mutation : La route n'est plus une surface plane pour pneus, mais un terrain de jeu accidenté. Le sol est un obstacle que le corps franchit par le saut ou la marche athlétique.

Avec cette approche mobilitaire, on passerait alors d'une civilisation de la consommation de vitesse (moteur) à une civilisation de la production de mouvement (corps) basée sur le muscle et le souffle.

On pourrait appeler cela «Les 4 Souffles ®».



Ça serait un excellent complément conceptuel à notre réflexion "Et si le trans-sport ® devenait la nouvelle performance mobilitaire du XXI° siècle ?"


Voir aussi "Et si c'était à Branly que s'inventait nos futures mobilités ?"

Monday, February 16, 2026

C'EST QUOI DEMAIN, ALLER DEHORS ?

A l’occasion des J.O d’hiver 2026, ACG vient de produire deux actions marketing qui peuvent faire réfléchir sur deux de nos grands sujets favoris, à savoir la mobilité et le sport, ou plutôt les nouveaux imaginaires de la mobilité et les nouveaux imaginaires du sport.


- D’un côté le All Conditions Express, un ancien train de banlieue transformé en camp de base mobile, incarne le fantasme romantique ultime, celui du voyage, de la découverte et de l’aventure.

Ce train dit : l'outdoor commence bien avant d'arriver.


- De l'autre, l'Exhibition of SPEED à l'Espazo Maiocchi fait exactement l'inverse : elle importe la montagne dans un bâtiment fermé, réduit un ultra-trail à un circuit de 150 mètres répété 666 fois pour atteindre 100 km, et remplace les panoramas alpins par la "répétition mentale presque carcérale" d'un tunnel urbain.

Ce tunnel dit : l'outdoor peut exister n'importe où dès lors que tu acceptes la contrainte, la répétition, l'épuisement mental.


Ce que pourrait révéler cette double opération.


D’abord que l’outdoor n'existe plus seulement comme lieu, mais de plus en plus comme état mental.


- Le train fonctionne comme un dispositif scénographique de transformation : ce qui compte n'est pas d'être "dans les Alpes", c'est de vivre la transition, le passage, la préparation. 


Le train n'est pas un moyen de transport, c'est une chambre de décompression narrative.


- L’Exhibition of SPEED pulvérise l'idée que la nature est nécessaire à l'expérience outdoor. En enfermant volontairement les coureurs dans un espace claustrophobe, l'installation démontre que ce qu'on appelle "outdoor" est avant tout une architecture psychologique : la confrontation à soi-même, l'obsession, la douleur, l'euphorie (SPEED : Sueur, Douleur, Endurance, Euphorie, Découverte).


Avec ses deux opérations, ACG ne se contente pas de s'adapter aux usages existants du territoire - elle en invente de nouveaux.


Le train et le tunnel sont deux infrastructures narratives qui peuvent aider à redéfinir ce que signifiera demain "aller dehors".


ACG ne nous demande pas  aller... mais comment sortir ?


Très très beau sujet de réflexion !

Monday, January 26, 2026

ANECDOTIQUE... MAIS RÉVÉLATEUR ?

Il y a quelques jours, l'Inter de Milan a joué un match de foot sur un terrain enneigé et en partie occupé par des rochers et un arbre. Ce match était destiné à marquer de façon symbolique le fait que son quatrième maillot serait désormais brandé ACG, la filalie outdoor de Nike - détail, .

En soi, ce n'est qu'un coup marketing de plus dont on n'aurait franchement pas dû parler ici.

Alors pourquoi le faire ?

Car cela s'inscrit dans le cadre de nos réflexions sur les nouveaux imaginaires climatiques et sportifs dont notre dernier post témoignait sous le titre et si la guerre et le sport passaient du chaud au froid ?

Dans ce post nous posions l'hypothèse que le sport de demain pourrait notamment se partager (mais pas que...) en deux grands camps ayant chacun leurs codes et leurs imaginaires : le camp du chaud et le camp du froid.

En délaissant son stade de San Siro pour un terrain enneigé dans les Alpes, l'Inter semble illustrer parfaitement ce basculement de l'imaginaire sportif d'une esthétique de performance associé au confort et à la chaleur vers une esthétique de résistance et de résilience au froid.


On retrouve dans cette collaboration ACG/Inter quelques points de nos analyses :

- L'imagerie "héroïque" : le décor sauvage remplace le confort urbain par une esthétique montagnarde. 

- La mutation technique : Nike incarne avec ACG ces équipementiers qui ont compris que l'adaptabilité et la performance "brute" en milieu hostile était une valeur en hausse depuis quelques années. 

- Le paradoxe climatique : organiser un match sur neige en plein Piedmont souligne cette "nostalgie du froid" que l'on cultive artificiellement alors que le monde se réchauffe.

Ici l'Inter et ACG ne jouent donc plus seulement au foot, ils s'inscrivent dans ce qui pourrait devenir une nouvelle guerre culturelle où la noblesse sportive se mesurerait à la capacité de survivre - avec style - au froid glacial.


Voir : et si le désir d'outdoor supprimait les stades ?

Monday, November 10, 2025

ET SI AU CONTRAIRE, IL FALLAIT MILITER POUR UN RETOUR DU CHEVAL ?

En 2018, au sein de Transit-City nous avons monté le Horse Mobility Lab afin de voir comment les imaginaires équestres pourraient ou non nous amener à réfléchir autrement aux mobilités urbaines dans les villes de demain.


C’est un chantier qui s'est révélé très fécond pour penser tant les autoroutes (), que la signalétique routière (), les espaces publics (là), l’architecture et l'organisation des immeubles (), la forme des voitures ( ou ), mais aussi les services (), la compétition de haut niveau ( et ), ainsi que la place possible de certaines marques de luxe () dans les villes qui souhaiteraient remettre du vivant au coeur de leurs réflexions sur les territoires du quotidien - voir,.


L’exercice était purement intellectuel, le retour du cheval n’étant pas vraiment d’actualité, et nous étions loin d’imaginer qu’en 2025 un constructeur automobile verrait dans le cheval un repoussoir à dénigrer.


C’est pourtant bien ce que fait actuellement le constructeur chinois BYD en Australie avec une campagne signée « Suddenly everything else feels old fashioned » qui n’attaque pas le moteur thermique, mais… le cheval.


Voir le film, .


Faut-il que l’imaginaire de la voiture électrique soit pauvre, pour qu’un constructeur ait besoin de dénigrer un animal pour tenter de vendre ses modèles !


Et surtout quel aveu de faiblesse : cette campagne semblant reconnaitre que la voiture électrique, en tant que concept, est incapable de définir seule un avenir désirable !!


Et BYD le fait de façon d’autant plus stupide, qu'elle s’inscrit dans une rhétorique totalement dépassée : celle qui voudrait que le nouveau soit nécessairement supérieur à l'ancien.


Sauf qu’à l’heure du réchauffement climatique et de l’épuisement des ressources, mettre sur un même plan une machine issue d'une chaîne industrielle forcément polluante et un être vivant ayant une empreinte carbone et environnementale minimale, est évidement un total contresens, voir une connerie monumentale.


Car c'est avouer que l'on a rien compris aux véritables enjeux du monde qui vient.


Et si on relançait nos réflexions sur le retour du cheval ? 


Et si demain, le vrai luxe était de se déplacer à cheval ?