Tuesday, April 24, 2018

ET SI ON PASSAIT DE MICHEL VAILLANT À BEN HUR ?

C'est quoi faire de la prospective ? C'est essayer de penser le futur.

C'est quoi faire de la prospective chez Transit-City ? C'est évidemment aussi essayer de penser le futur en interrogeant notamment les modèles dominants ou émergents présentés comme des évidences.

La voiture électrique fait partie de ces évidences devenue ... évidente. Même ceux qui étaient contre et qui n'y croyaient absolument pas, comme beaucoup chez notre client Renault, s'y sont convertis.

Donc la voiture électrique est devenue une solution technique crédible (et on va pas s'en plaindre), reste à en convaincre une bonne part de la population dubitative sur ses capacités d'autonomie et de puissance.

C'est pour répondre ce défi, qu'a été lancé en 2014 le circuit de E-Formula, copie de la Formule 1 mais avec des engins dotés de moteurs électriques et dont les courses se déroulent en coeur de ville - Le prochain aura lieu à Paris, le 28 avril - .

C'est l'affiche de ce Paris E-Prix qui illustre le début de ce post.

Cette affiche est une caricature visant à essayer de faire croire que faire rouler des voitures à plus de 250 km/h en ville n'est pas une énorme connerie au simple prétexte qu'elles sont électriques. C'est pour cela qu'on y a mis une bouche de métro et des plaques de rues parisiennes (voir ci-dessous)

C'est évidemment pitoyable.

C'est pitoyable car c'est moche, grotesque mais c'est surtout scandaleux, ce E-Prix n'étant qu'une apologie de la vitesse automobile en ville et donc une apologie de la violence routière.

C'est pitoyable car ce E-Prix relève d'un imaginaire totalement usé et dépassé, celui de la F 1 dont, d'une certaine façon, les fameuses BD de "Michel Vaillant" furent les porteuses y a une vingtaine d'années avec notamment l'album "300 à l'heure dans Paris" paru en 1983.

En 2016, Michel Vaillant revenait dans Paris avec l'album "Renaissance", nouvelle apologie de la course en ville, la seule différence étant que les "vroaw" et les "rooaar" ont été remplacé par des "wrii" et "driuuu", moteur électrique oblige.

On comprend que les constructeurs automobiles aient trouvé cet album formidable - voir, .

On s'étonne plus que la mairie de Paris soit disant en lutte contre l'envahissement automobile, défende une telle apologie de la violence routière, voir, . De façon incroyable, seuls les écologistes semblent avoir compris le scandale et l'aberration de cette course (). Mais, bon....

Une fois considéré que ce E-Prix est juste une vaste escroquerie intellectuelle tentant de faire croire que la violence automobile serait moindre avec un moteur électrique, on peut se demander comment Paris pourrait réellement servir de cadre à de nouveaux types de défis sportifs capables de renouveler les imaginaires de la mobilité urbaine.

La question pourrait être : quelle serait la compétition qui pourrait inciter à repenser la mobilité parisienne à l'horizon de 2025 ? Un peu à l'image de ce que pourrait faire le Tour de France cycliste - .

Pour essayer de répondre à cette question, et dans la lignée des réflexions conduites dans le cadre de notre Horse mobility lab, nous nous sommes inspirés d'une autre affiche parisienne, celle du "Prix de l'Arc de Triomphe" ci-dessous.

Nous sommes partis du principe qu'il y avait dans cette image des chevaux galopant un imaginaire sportif à réinventer autour du cheval au coeur de Paris, un peu à l'image de ce que pourrait faire le Tour de France cycliste - .

L'un des modèles pourrait être le fameux Palio de Sienne.

Un autre modèle, plus violent, pourrait être la réintroduction des courses de chars à la romaine. La mairie de Paris y retrouverait ses petits avec des bolides non polluants et neutre sur le plan cartonne.

Le modèle pourrait alors être la figure de "Ben Hur".

En passant ainsi de Michel Vaillant à Ben Hur, on s'ouvre les portes d'une réflexion neuve.

On se nourrit des imaginaires de notre pop culture pour imaginer des futurs plus disruptifs - voir "Fiction Cities".

On se force à imaginer la mobilité urbaine, écologiste et sportive autrement.


On s'oblige aussi à se replonger dans l'histoire - en l'occurence celle de l'antiquité romaine, mais pas que - pour essayer de penser un peu différemment.

Bref, on essaie de faire de la prospective de façon un peu décalée pour renouveler nos références. 

Sur la figure de l'hippodrome pour penser demain, voir "Run fast, live low", l'hippodrome comme modèle urbain ?"

Et pour ceux qui n'aiment pas Ben Hur mais adorent "Alix", voir le slide ci-dessous.


On reviendra sur ce thème des nouveaux imaginaires sportifs urbains, le 8 juin prochain à l'occasion de l'Atelier Transit City organisé autour de la question "Et si les révolutions du sport entrainaient une vraie mutation urbaine ?"