Monday, January 26, 2026

ANECDOTIQUE... MAIS RÉVÉLATEUR ?

Il y a quelques jours, l'Inter de Milan a joué un match de foot sur un terrain enneigé et en partie occupé par des rochers et un arbre. Ce match était destiné à marquer de façon symbolique le fait que son quatrième maillot serait désormais brandé ACG, la filalie outdoor de Nike - détail, .

En soi, ce n'est qu'un coup marketing de plus dont on n'aurait franchement pas dû parler ici.

Alors pourquoi le faire ?

Car cela s'inscrit dans le cadre de nos réflexions sur les nouveaux imaginaires climatiques et sportifs dont notre dernier post témoignait sous le titre et si la guerre et le sport passaient du chaud au froid ?

Dans ce post nous posions l'hypothèse que le sport de demain pourrait notamment se partager (mais pas que...) en deux grands camps ayant chacun leurs codes et leurs imaginaires : le camp du chaud et le camp du froid.

En délaissant son stade de San Siro pour un terrain enneigé dans les Alpes, l'Inter semble illustrer parfaitement ce basculement de l'imaginaire sportif d'une esthétique de performance associé au confort et à la chaleur vers une esthétique de résistance et de résilience au froid.


On retrouve dans cette collaboration ACG/Inter quelques points de nos analyses :

- L'imagerie "héroïque" : le décor sauvage remplace le confort urbain par une esthétique montagnarde.

- La mutation technique : Nike incarne avec ACG ces équipementiers qui ont compris que l'adaptabilité et la performance "brute" en milieu hostile était une valeur en hausse depuis quelques années.

- Le paradoxe climatique : organiser un match sur neige en plein Piedmont souligne cette "nostalgie du froid" que l'on cultive artificiellement alors que le monde se réchauffe.


Ici l'Inter et ACG ne jouent donc plus seulement au foot, ils s'inscrivent dans ce qui pourrait devenir une nouvelle guerre culturelle où la noblesse sportive se mesurerait à la capacité de survivre — avec style — au froid glacial.