Un homme en treillis militaire installé dans une chaise longue de plage qui pilote avec ses lunettes FPV un drone...
L’image est frappante, très frappante.
On dirait presque une affiche de film pour une comédie
Sauf que cette image n’a rien d’amusant ni de comique.
Cet homme fait la guerre.
Cette affiche a une fonction importante pour ne pas dire vitale : celle de recruter de jeunes pilotes de drones pour la 3ème brigade de chars (3rd SAB) des forces armées ukrainiennes !
C’est donc une image de recrutement militaire… dans un pays en guerre !
Alors évidement cette affiche remet beaucoup de choses en cause.
Et notamment nos représentations de ce qu’est un conflit, un militaire et donc la guerre.
Mais aussi d’une certaine façon de ce qu’est un sport.
La conduite de drone est en effet un sport mécanique avec ses grandés compétitions internationales.
Dans nos esprits :
- La guerre = champ de bataille, front, corps-à-corps, sacrifice physique
- Le sport = compétition réglée, effort corporel, fair-play
Là, on en est très très loin.
- C'est ni très héroïque,
- Ni très physique.
Les deux concepts (guerre/sport) supposent un engagement physique direct.
Ici, rien de cela : juste un geste du pouce, un écran, une destruction à distance.
De la guerre, il ne reste qu’un opérateur technique, décontracté, qui manipule une interface.
- La violence est délocalisée.
- Le corps n'est plus en jeu.
Et c'est là que l'on se dit que les notions de guerre et sport mériteraient sans doute d’être redéfinies pour mieux penser le futur à la fois du sport mais aussi de la guerre.
On en reparlera le 18 mars avec "Et si demain, la guerre changeait le sport ?"

