Friday, December 14, 2012

INTERIEUR

Par opposition aux deux précédents posts.

CONDUITE EXTÉRIEURE

Pour prolonger mon précédent post, je vous propose cette publicité brésilienne pour continuer à gamberger sur le sujet. Une pub qui renvoie aussi à cela dans la rubrique "inversion des codes".

LA VOITURE DE KENNEDY COMME MODÈLE ?

Ces images du convoi présidentiel quelques heures avant l'assassinat de Kennedy m'ont toujours fasciné. Non seulement parce que l'on sait ce qui va se passer après, mais aussi - et surtout - par les postures des agents des services secrets. Des positions volontairement martiales, et qui ne serviront à rien (- voir JFK's Secret Service agents reflect on loss of a president), mais qui montrent que l'on peut se déplacer en voiture autrement qu'assis sur un siège.

Et c'est évidement à ces images auxquels j'ai immédiatement pensé en découvrant hier ces publicités indonésiennes en faveur d'un purificateur d'air pour voiture. 


Ces images n'ont rien à voir avec ce qui s'est passé à Dallas en 1963, mais elles ont suscité chez moi le même sentiment de performance ... qui est pourtant exactement l'inverse de ce qu'elles affirment. Les agents des services n'ont pas empêché l'assassinat de Kennedy, et si ces Indonésiens sont accrochés dehors, c'est que leurs voitures puent !!

Alors pourquoi ce ressenti ? Peut-être car ces photos associent du transgressif - "ne pas s'assoir ou c'est prévu" -, mais aussi un formidable sentiment de liberté - "je fais ce que je veux et me mets où je veux".

Et ce sentiment est d'autant plus fort que non seulement aucun des personnages ne semble souffrir de la situation, mais qu'en plus ils semblent en profiter avec beaucoup plaisir (voir la mariée qui, elle, a carrément l'air de prendre son pied !!!) Comme si d'être libéré des carcans traditionnels du monde automobile ne pouvait apporter que de la joie. Un sentiment que l'on pouvait avoir il y a encore quelques années, en restant debout sur les plate-formes ouvertes des bus londoniens.

Un constat qui ne peut, selon moi, que nous interroger sur l'offre automobile actuelle à la fois ultra sécuritaire pour les gens dans la voiture (ceinture, air bag ...) et ultra dangereux pour les gens autour (piétons, cyclistes, motards ...), alors qu'il faudrait probablement prendre le problème de façon totalement inverse - voir la démarche des Japonais avec iSave You. Réflexion qui devrait aussi nous inciter à nous interroger encore un peu plus sur les codes automobiles actuels (puissance, vitesse, lourdeur, ultra-protection, position statique... ) en décalage de plus en plus flagrants avec les nouveaux imaginaires mobiles fondée eux sur la légèreté, la sobriété, l'exercice physique - voir .

Thursday, December 13, 2012

QUAND TENTENT D'ÉMERGER DE NOUVEAUX MODÈLES

Quand les nouveaux imaginaires de consommations et les nouveaux imaginaires mobiles changent, cela aboutit - entre autres - à une vraie révolution urbaine - voir "La revolution américaine en quatre tableaux" et "American Urbanism : the silent revolution".
Mais cela donne aussi naissance à ce que The Atlantic appelle la "cheapest generation", celle qui se ne se reconnaît plus dans les modèles dominants actuels.
"In 2009, Ford brought its new supermini, the Fiesta, over from Europe in a brave attempt to attract the attention of young Americans. It passed out 100 of the cars to influential bloggers for a free six-month test-drive, with just one condition: document your experience online, whether you love the Fiesta or hate it.
Young bloggers loved the car. Young drivers? Not so much. After a brief burst of excitement, in which Ford sold more than 90,000 units over 18 months, Fiesta sales plummeted. As of April 2012, they were down 30 percent from 2011.
Don’t blame Ford. The company is trying to solve a puzzle that’s bewildering every automaker in America: How do you sell cars to Millennials (aka Generation Y)? The fact is, today’s young people simply don’t drive like their predecessors did. In 2010, adults between the ages of 21 and 34 bought just 27 percent of all new vehicles sold in America, down from the peak of 38 percent in 1985. Miles driven are down, too. Even the proportion of teenagers with a license fell, by 28 percent, between 1998 and 2008. (...)
(...) "Still, in the next decade, a group of people the size of California’s population—­most of them Millennials—will likely come together to form new households. The question is: Where, and in what manner?
In some respects, Millennials’ residential aspirations appear to be changing just as significantly as their driving habits—indeed, the two may be related. The old cul-de-sacs of Revolutionary Road and Desperate Housewives have fallen out of favor with Generation Y. Rising instead are both city centers and what some developers call “urban light”—denser suburbs that revolve around a walkable town center." -
Dans ce nouveau contexte quand il faut penser demain, certains essaient de penser autrement - c'est notamment le cas du programme Changing Place du MIT Media Lab. Ci-dessous quelques pistes de réflexions, les détail sont . C'est pas forcément hyper-révolutionnaire par rapport à des tas d'expériences tentées depuis plusieurs décennies dans le domaine de l'habitat (notamment sur le modulaire) et de la mobilité (notamment autour de la compact car). Ce que je retiens moi, c'est que cela se fait aux Etats-Unis et que cela se fait sous l'influence du modèle urbain asiatique. Comme un énième symbole du basculement des références - voir, entre autres,  et .

Nouvelles voitures, nouvel habitat, nouvelle consommation, les pistes de réflexion du MediaLab

PLAY FLUID

Quand l'esprit de Donkey Kong rejoint celui d'Ingress, ça donne "Missions", une nouvelle tentative pour associer mobilité ludique, mobilité sportive et mobilité connectée.

Wednesday, December 12, 2012

L'EMBOUTEILLAGE COMME BUREAU DU FUTUR ?

De façon très régulière, sortent des études nous montrant combien les embouteillages automobiles sont des horreurs économiques et écologiques. IBM est un des grands spécialistes de ce genre d'études sur toutes les grandes villes mondiales, le tout accompagné bien évidement d'un discours sur les vertus de ses logiciels de gestion de trafic et de l'avenir radieux que nous promettent les smart cities. - voir "commuter pain".

Il y a quelques jours, c'est Inrix, elle aussi société spécialisée dans l'info trafic, qui révélait que "les embouteillages coutaient 56 milliards d'euros à la France, soit 623 euros par foyers" - détails, .

Et la même étude de préciser que Paris concentrant 40 % des bouchons français, "chaque année, les conducteurs passent 57,8 heures bloqués dans les bouchons parisiens." Un Parisien passerait, ainsi, en moyenne "l’équivalent de près de deux semaines ouvrées dans les embouteillages." Toujours selon cette étude "rester immobilisé dans les bouchons à Paris coûte 11,7 euros de l’heure. En termes de coûts directs induits par les bouchons à Paris seuls font perdre 1,8 milliard d’euros à l’économie française." 

Bref, le message est simple ; les bouchons sont des catastrophes. 
- Sur le plan écologique, c'est une évidence. 
- Mais sur le plan économique, en est-on si certains ?

On peut, en effet, aussi se dire que ce genre d'étude sur le coût économique des embouteillages sont complètement stupides et ineptes car elles supposent, d'une part, que les gens ne font rien en voiture (première ineptie !!) et, d'autre part, qu'au bureau les gens passent leur temps à travailler (deuxième ineptie !!). 

On sait pourtant depuis un certain nombre d'années qu'aborder le travail et la productivité à travers le seul prisme du temps passé au bureau ne veut évidement plus rien dire (voir, "Work in process : c'est quoi un bureau ?"). 

Les bonnes idées naissent rarement au bureau, et c'est même a priori l'un des pires lieux pour travailler, réfléchir et s'isoler - voir "Office Workers Lose Focus Every Three Minutes" et "Works Place Distraction". 

De plus aujourd'hui la voiture est devenue - comme beaucoup d'autres lieux - un lieux de réflexion (et donc de travail) à part entièreC'est une évidence que même une compagnie de taxis comme la G7 a compris, c'est dire ! Opposé de façon binaire "bureau" à "voiture" n'a donc plus grand sens !

Je ne vais pas revenir non plus sur l'idée que dans une société fondée sur la mobilité, les temps de la mobilité (comme les temps l'immobilité qui leur sont forcément liées) sont tout sauf, évidement, des temps morts ou non productifs

Et dans les années qui viennent ce phénomène ne devrait que se renforcer avec la multiplication des terminaux nomades, sans parler à plus long terme du développement possible de la voiture à conduite automatique qui va radicalement changer la nature de l'automobile- voir .

A ce stade je vous renvoie sur les vignettes qui débutent ce post et qui sont tirées de l'excellente bande dessinée "Les Mange Bitume : Chronique de la civilisation routière" parue en 1974 (presque 40 ans !!!). Cette BD montre comment les embouteillages peuvent engendrer une vraie révolution urbaine à partir du moment où on les aborde d'une façon radicalement différente, au point d'aboutir à une nouvelle civilisation nomade vivant uniquement dans des mini-vans d'un nouveau genre - voir .

Dans ce contexte, ma question est toute simple : pourquoi ne pas aborder de façons totalement nouvelles les embouteillages en les considérant autrement que comme de simples de temps vacuités ? Je n'ai évidement pas de méthodologie à proposer à ce stade de ma réflexion, mais je me dis simplement que j'aimerai mieux comprendre comment sont vécus aujourd'hui les embouteillages et surtout, comment demain il pourrait l'être de façon plus intelligente ?

J'ai été marqué lors d'un récent séjour à Beijing, par le fait que le quatrième périphérique est tellement embouteillé que les Pékinois l'appellent "le parking". On peut en rigoler. On peut aussi être tenté de repenser entièrement ce quatrième périph autour de ses embouteillages avec de nouvelles infrastructures - et c'est d'ailleurs ce que font certains, voir .

Lagos, une bonne partie de la vie est organisée autour des embouteillages qui sont la source de nouvelles logiques économiques informelles et très dynamiques - voir "Quand le bordel ..."

On peut aussi élargir la réflexion sur les embouteillages, en tentant des parallèles sur le thème "bureau = voiture" ou "bureau = parking", et ce plus particulièrement sur le plan de la consommation d'espace et de la consommation d'énergie. C'est notamment ce que fait de façon très brillante Raphaël Menard, directeur de la prospective du groupe Egis et co-gérant d'Elioth, dans le cadre de l'expo "Work in Process" avec les petits schémas ci-dessous. Ce que moi de mon côté je résume autour d'une question : et si les tours de La Défense n'étaient que des embouteillages verticaux ?

Et pour poursuivre le parallèle, il faut lire "Le Bureau vraiment intelligent "de Catherine Sabbah.

 
«Moins de 40 % des salariés disposent aujourd'hui d'un bureau fermé. Nous travaillons tous les uns près des autres, sans réelle maîtrise d'un environnement que nous subissons et supportons, plus ou moins bien. Aucun contrôle du bruit, de la température, de la lumière… et un mal-être au travail que traduisent parfois une baisse de la productivité, un absentéisme en hausse, une mauvaise ambiance… C'est ce manque de liberté individuelle sur un plateau de bureau - et ses conséquences - qui ont poussé les architectes de l'agence Enia associés au groupe industriel Saphyr à réfléchir à un poste de travail « pilotable » et la référence automobile n'est pas qu'une métaphore. "Si les gens continuent de prendre leur voiture, c'est aussi parce qu'ils se sentent libres dans la bulle personnalisée qu'ils recréent dans leur petit habitacle. Même dans les avions et les trains où justement l'espace est contraint et collectif, le confort passe par le sentiment de maîtriser, seul, quelques fonctions. (...) « Pour arriver à ce résultat, il faut évidemment connecter le meuble au bâtiment, là réside peut-être l'avenir de ce type de dispositifs. Il permet de reporter une partie de la technique de l'enveloppe immobilière vers le mobilier, donc de soustraire du coût de construction de l'immeuble certains terminaux qui deviennent individuels comme les ventilo-convecteurs et une partie des luminaires. »»
Vous l'aurez compris, l'idée de ce post n'est évidement pas de faire une apologie des bouchons, mais juste de se dire qu'il faudrait peut-être y réfléchir de façon un peu différente et surtout moins primaire que ce que font habituellement les boites d'études.

Pour les cas extrêmes, voir 

THE NEW FAT MOBILITY ?

.

Après les handicapés - , les gros - ?

Vers - enfin - une "new sweat mobility" pour tous ? -

Monday, December 10, 2012

C'EST QUOI LA SÉCURITÉ ?

Ces photos sont tirées de l'exceptionnel travail de Trevor Plagen - voir et - et illustrent parfaitement notre réflexion autour de la question "C'est quoi, demain, la sécurité ?"

UN PEU DE MÉCANIQUE

Pour nourrir la réflexion sur ce thème, mais dans le secteur de l'aérien.
Ça renvoie aussi forcément à cela.

Friday, December 07, 2012

BIZ BED

Quand les espaces du néo fordism post-industriel rencontrent les nouveaux codes du confort aérien, on regarde la Business Class un peu différemment, - c'est à dire juste comme un espace de travail ... de plus.

C'est d'ailleurs ce qu'affirme clairement British Airways avec sa Biz Bed, une classe affaire comme il en existe beaucoup d'autres, mais dont le nom semble synthétiser à merveille le nouvel imaginaire d'un travail devenu sans lieu ni temps bien définis !

Pour prolonger cela et cela.