Wednesday, July 06, 2016

ET SI LA VOITURE NOUS OFFRAIT UN JOUR CE GENRE DE SENSATIONS ?

Mon précédent post se concluait par la question « et si le side-car était l’avenir de la voiture disruptive ? »

Pour alimenter la réflexion, je voulais vous proposer ces photos avec ces équipiers cherchant à maintenir la moto le plus possible collé au sol.

On imagine facilement le côté jouissif de l’exercice, le corps au ras du bitume dans une recherche permanente de vitesse et d’équilibre.

La question qui m’est venue tout de suite à l’esprit devant ces images fut « la voiture pourra-t-elle un jour nous offrir ce genre de sensations ? » et si oui sous quelle forme ?

Peut-être avec des projets comme celui de la AirDiv ci-dessous imaginée par le jeune designer coréen Jihwan Jung dans le cadre du Challenge design Michelin - toutes les infos, .

La voiture ne sera plus un habitacle étouffant comme trop souvent aujourd’hui - voir, , mais un tremplin permettant au corps de vivre la vitesse de façon radicalement nouvelle et aérodynamique. 

Tuesday, July 05, 2016

ARABIE SAOUDITE / FAIRE LES CONS

Pour faire un lien entre mon dernier post - "Arabie saoudite / une autre révolte automobile" - et mes précédents posts sur les mobilités déconnantes et les autres façons de penser le bus et la voiture - voir  et  -, je voulais vous proposer ces photos de jeunes saoudiens pratiquant le "tafheet", défi un peu couillon et parfois mortel visant à circuler le plus longtemps possible sur deux roues à plus de 150 km/h - des vidéos,  et .  Une pratique qui est bien entendu très fortement combattue par les autorités locales qui voient dans cette version locale de "Fast and furious" un dangereux pied nez à leur volonté de tout contrôler et régir.

L'idée de ce post n'est évidement pas de faire l'apologie de ce genre de pratiques automobiles en soi assez ridicules, mais d'y déceler d'éventuels nouveaux rapports disruptifs et transgressifs à l'automobiles dans les années qui viennent et ce partout dans le monde

Des rapports qui pourraient être conditionnés par, entre autres,
- une volonté de casser les codes routiers traditionnels en transformant la vie en circuit de course, voir "Hot wheels in Detroit".
- une volonté de transgression qui pourraient être accentuée par l'arrivée des voitures autonomes, voir "Toyota contre Google Car".

Mais ces photos montrent surtout la volonté de mettre son corps en danger, un peu comme dans les courses de side-car moto - voir "tous dehors ? (3)" D'où ma question "et si le side-car devenait demain un modèle automobile ?"

Je reviens plus longuement sur cette hypothèse du side-car comme figure automobile du futur dans mon prochain post.

Monday, July 04, 2016

ARABIE SAOUDITE / UNE AUTRE RÉVOLTE AUTOMOBILE

Pour prolonger mes derniers posts sur la façon dont une certaine contestation sociale peut s’exprimer à travers la mobilité, et la façon d’utiliser la  voiture en particulier, je voulais vous proposer de jeter un coup d’oeil sur les lignes ci-dessus.

Elles sont signées Pascal Menoret, l’auteur de "Royaume d'asphalte" excellent livre enquête sur la façon dont une frange de la jeunesse saoudienne conteste le pouvoir à travers des rodéos automobiles clandestins à Riyad. C’est passionnant car cela dépeint en creux cette société saoudienne complètement étouffée par des principes religieux qui laisse peu de liberté à une jeunesse connectée sur le monde mais qui ne peut vivre la vie qu’elle souhaiterait mener. Les rodéos automobile ne sont que les révélateurs d’un vrai mal être. 

Dans l’esprit, on est donc plus du côté de "La Fureur de vivre " et son refus des conventions dominantes que de "Fast and furious" et son apologie creuse et vaine de la vitesse.
(…)"Après minuit, Riyad  ennuyeuse et disciplinée pendant la journée, devient un terrain de jeu sauvage. Selon les fans de rodéos, les heures les plus folles sont à l’aurore, entre le départ des patrouilles de nuit et l’arrivée des équipes du matin. Pendant trente à soixante minutes, les dérapages sont à leur maximum, et les accidents de la route sont les plus fréquents : la ville est pour ainsi dire hors de contrôle. Les rodéos urbains révèlent un contraste extrême entre le Riyad très policé, dont je fais l’expérience quotidienne, et une ville nocturne turbulente, affranchie du regard de l’État. 
La présence des mfaḥḥaṭīn signale l’existence d’une autre géographie du pouvoir dans la capitale, une géographie où la police, d’habitude puissante, est dépassée et où l’espace fonctionnaliste de la ville marche sur la tête. L’aspect le plus fascinant des dérapages en voiture est probablement leur subversion des normes corporelles rigoureuses appliquées par l’État, la police, la police religieuse et l’"oeil soupçonneux" (naẓrat al-rība) des membres de la société sur les jeunes. 
Après le boom pétrolier, l’expansion suburbaine de la capitale entraîne de nouveaux usages de l’espace urbain et modifie les pratiques et normes corporelles. Rendu plus riche par le boom et tendant vers un conservatisme moralisant, l’État saoudien impose un contrôle plus étroit des usages du corps." (…) 
(…) "Puisque les moindres écarts sont criminalisés, on assiste à la prolifération de violations en tous genres. "La violence subversive réplique à la violence du pouvoir" et "la normalisation étatique impose la perpétuelle transgression". Riyad n’est pas une exception à cette règle. Des actes aussi manifestement déviants, dans le contexte saoudien, que le flirt en public, les pratiques homosexuelles ou la consommation de drogues et d’alcool deviennent autant de protestations contre les comportements stricts et l’ordre spatial promus par l’État. 
Sur certaines avenues de la ville, les garçons flirtent avec les filles ou avec d’autres garçons. Ils s’interpellent de voiture à voiture, se jettent leur numéro de téléphone sur des bouts de papier ou s’envoient des SMS. Chaque nuit, sur la rue Mūsā bin Nuṣayr, surnommée "Shāre‘ ‘Aqāriyya" ("rue de l’immobilier"), dans le quartier des affaires, une parade automobile tourne lentement autour du terre-plein central et des gars de tous âges et de tous gabarits se reluquent d’une voiture à l’autre. 
Les rues alentour sont transformées en un lupanar de plein air, où les garçons rencontrent des garçons avant de les conduire vers des lieux plus intimes, un parking, une chambre d’hôtel ou un terrain vague en périphérie de la ville. 
En 2010, visitant Riyad quelques années après la fin de mon enquête, je descends à nouveau la rue ‘Aqāriyya. La municipalité a modifié la circulation et on ne peut plus faire demi-tour au carrefour. Il y a des caméras de surveillance, reliées au système de surveillance Sâher ("vigilant "), un logiciel policier introduit en 2010 et critiqué pour ses défauts et ses conséquences inattendues. En rendant la surveillance étatique plus visible et plus prédictible, le système crée, paradoxalement, des zones de «  circulation anarchique  » (fawḍa murūriya) partout où il n’est pas installé
Alcool et drogues sont presque aussi faciles à trouver qu’un partenaire sexuel et peuvent être achetés à plusieurs endroits, pourvu qu’on ait le bon contact et une voiture pour y aller. Le captagon, une amphétamine illégale produite en Europe de l’Est et passée en contrebande à travers la Turquie, la Syrie et la Jordanie, est la drogue la plus répandue. Le haschisch, la cocaïne et l’héroïne, importés par les rives du Golfe et les montagnes du Yémen, sont très demandés aussi. Un alcool de dattes local, surnommé "al-kuḥūl al-waṭanī" ou "alcool national", est stocké et vendu en bouteilles d’eau en plastique, et sa transparence le rend indétectable à l’inspection visuelle. Vous pouvez conduire vers l’est ou le sud de Riyad, rencontrer votre vendeur et transférer quelques bouteilles de sa voiture à la vôtre. De retour à la maison, vous mélangez l’alcool à de la bière sans alcool ou à du soda, et devenez rapidement ivre. Comme on dit, ce qui est interdit est désiré (al-mamnū‘ marghūb) et Riyad est auréolée de l’attrait de l’interdit." (…)  
(…) "Lorsqu’ils écrivent sur les rodéos, les journalistes saoudiens recyclent la notion de fitna (sécession au sein de la communauté des croyants) que l’État saoudien et les experts occidentaux les plus conservateurs utilisent pour dépolitiser l’activisme armé en le réduisant à une pathologie religieuse. Au début de l’année 2006, un journaliste saoudien invente l’expression : fitnat al-tafḥīṭ ou "sécession du dérapage automobile". Plus tard la même année, la télévision publique d’information al-Ikhbāriyya diffuse un documentaire sur les rodéos, al-Jarīma al-murakkaba (le crime composite), dans lequel le réalisateur décrit les dérapages comme une forme de terrorisme de rue (irhāb al-shawāri’). À l’ère d’al-Qā‘ida, être un clodo, un punk ou un dur n’est plus assez désirable ou blâmable. Les mfaḥḥaṭīn se doivent désormais d’être des terroristes (irhābiyūn)." (…)
Plus, .

Et des vidéos et .

Thursday, June 30, 2016

QUAND WOODSTOCK A FAILLI INVENTER UN NOUVEAU RAPPORT À LA VOITURE

Pour prolonger mes derniers posts sur la façon dont la beat generation et les hippies ont créé de nouvelles façons de vivre et de penser la mobilité, je voulais revenir aujourd'hui sur un autre moment phare de la pop culture de la fin des années 60 que fut le festival de Woodstock.

Si dans l'imaginaire collectif ce festival est resté connu pour ces trois jours de fêtes rock et tous les excès qui l'ont joyeusement accompagné, c'est aussi oublié que Woodstock a reçu plus de 400 000 personnes dans un cadre qui n'était pas vraiment prévu pour accueillir une telle foule venant essentiellement en voiture.

C'est ainsi que Woodstock  fut pendant trois jours à la fois un énorme embouteillage et un immense parking où s'inventèrent de nouveaux rapports à la voiture.

C'est ainsi que pendant trois jours la voiture est devenue à la fois un moyen de transport collectif, un lieu de concert et/ou un dortoir.

Les notions de carrosserie, d'intérieur/extérieur, d'assise, de confort, de sécurité furent totalement bouleversées dans une bonne humeur et une décontraction dont témoignent ces images où tout semble cool et bon enfant. 

Bref pendant 72 heures Woodstock fut un formidable laboratoire de nouvelles pratiques automobiles.

Bon évidement ces façons de se réapproprier la voiture n'ont eu aucune suite concrète, mais elles permettent aujourd'hui d'alimenter nos réflexions sur la voiture automatique de demain - - et ses éventuelles nouvelles fonctions quand elle est à l'arrêt - voir "et si les voitures devenaient des bancs publics ?"

C'est une autre approche automobile qui peut aussi renvoyer à 
Et de façon plus large et plus prospective, voir notre question "et si la voiture autonome était aussi une histoire d'architecture ?" que toutes les images ci-dessus peuvent venir alimenter.

Wednesday, June 29, 2016

QUAND LE BUS SERT SURTOUT À FAIRE LES CONS

Pour prolonger mes deux précédents posts sur la façon dont la beat generation a changé et nourri les imaginaires de la mobilité américaine au cours des années 60, je voulais vous proposer ci-dessus quelques images du fameux bus Further des Merry Prankers. Un groupe qui fut crée par Ken Kesey, le génial auteur de "Et quelquefois j'ai comme une grande idée", et qui fit le lien entre la beat generation et celle des hippies.

Ce Further irrigua toute une génération de jeunes américains par l'esprit de liberté et de transgression qu'il trimbalait avec lui et que Tom Wolf  popularisa dans son fameux "Acid test".

Depuis cette approche du bus comme moyen de faire les cons a largement disparu tant sur les routes que dans les oeuvres de fiction, la seule exception étant l'incontournable et jubilatoire "Priscilla-Queen of Desert"

C'est d'ailleurs à propos de ce film culte australien - que nous avions lancé notre réflexion sur les mobilités déconnantes toujours en cours - voir "les plumes dans le cul comme idéal de mobilité ?"

Aujourd'hui, si cette histoire des bus comme lieu a un peu de plomb dans l'aile, certains essaient quand même d'en maintenir l'esprit comme la bande d'allumés des "flying frenchies" et leur "Back to the fjords" déjà évoqué .


Les "flying frenchies" ou une certaine façon rafraichissante et joyeuse de voir le monde et les façons de s'y déplacer.


Ca peut aussi renvoyer à "un avenir entre slackline et mega-teufs ?"

Tuesday, June 28, 2016

ON THE ROAD / ILLUSTRATED

Pour prolonger mon précédent post, je voulais vous proposer ces superbes vignettes destinée à illustrer le "Sur la route" de J. Kerouac.

Elles sont signées Paul Rogers, plus  et .