Wednesday, October 12, 2011

TOKYO / LONG TRIP ON THE HIGHWAY


pour une traversée de Tokyo de 4,43 minutes.

Plans extraits du "Solaris" d'Andreï Tarkovski.
"Il roule ; on roule à ses côtés. On suit le flux d'un chemin déjà tracé. Un tunnel, le périphérique, une route qui n'en finit pas. On roule sans savoir où l'on va, pendant des heures, jusqu'à la tombée de la nuit. Nous sommes emmenés dans un trafic de plus en plus dense, jusqu'au plan surchargé d'une ville emplie de voitures à une heure de pointe. Telles des illusions hypnagogiques, les lumières rouges et blanches des feux des voitures tournoient dans un ballet nocturne fluorescent."
C'est évidement l'exact opposé de cela.

Tuesday, October 11, 2011

PRESSER LA TOUCHE # 4

pour un menu en japonais merci de presser la touche #1 pour un menu en anglais merci de presser la touche #2 pour joindre le service réservation merci de presser la touche #1 pour une modification d’une réservation déjà effectuée merci de presser la touche #2 pour confirmer un vol déjà réservé merci de presser la touche #3 pour obtenir les horaires de départ et d’arrivée merci de presser la touche #4 pour consulter nos promotions merci de presser la touche #5 pour commander un repas spécial merci de presser la touche #6 pour toute autre information merci de presser la touche #7 pour un départ le jour même merci de presser la touche #1 pour un départ dans la semaine merci de presser la touche #2 pour un départ ultérieur à huit jours merci de presser la touche #3 pour les vols intérieurs merci de presser la touche #1 pour la zone Asie merci de presser la touche #2 pour la zone Amériques merci de presser la touche #3 pour la zone Europe merci de presser la touche #4 pour la First Excellence Class merci de presser la touche #1 pour la Silver Business Class merci de presser la touche #2 pour la Confort Economy Class merci de presser la touche #3 si vous êtes membre de notre programme de fidélisation merci d’entrer votre numéro d’affiliation sinon merci de patienter un opérateur va vous répondre votre temps d’attente sera supérieur à trois minutes merci d’appeler la Japan Airlines merci de patienter un opérateur va vous répondre votre temps d’attente sera supérieur à trois minutes pour écourter agréablement votre attente voici l’extrait d’une sonate de Mozart toutes nos offres sont également consultables sur notre site internet www.jal.com merci de patienter un opérateur va vous répondre merci d’appeler la Japan Airlines votre temps d’attente sera supérieur à trois minutes pour écourter agréablement votre attente voici l’extrait d’une sonate de Mozart
Texte extrait de "Tokyo", du toujours très bon Eric Sadin (oui, c'est un copain). Ou comment déconstruire en quelques lignes le joli mythe du service dans le secteur aérien.

Sur ce thème, voir , mais aussi l'incontournable Brenda.

Sunday, October 09, 2011

TOKYO / QUIET LIFE, QUIET MOBILITY

"Café lumière", ou le regard apaisé du cinéaste taïwainais Hou Hsiao-hsien sur la mobilité de Tokyo.
"Exploration douce et dure d’une solitude individuelle et collective… 
L’image initiale du film élève et révèle déjà l’à propos du film ; garder le mouvement passé, regarder le mouvement passer. Au cœur des mécaniques humaines, le passage vers un avenir de chemins croisés ? 
«Ma première inspiration pour « Café Lumière » n’est ni cinématographique, ni musicale, ni littéraire : c’est un plan, le plan du métro de Tokyo. (…) mon directeur de production qui est aussi mon monteur, dit que le film terminé ne se passe finalement pas tant que dans les cafés, et qu’il ne mérite plus vraiment son titre. Ce serait plutôt Métro Lumière !" » -
Trailer, , et longue séquence, .

Saturday, October 08, 2011

TOKYO / QUIET STREETS

Se perdre dans les innombrables ruelles de Tokyo, fait partie des grands bonheurs de la vie. C'est un monde fait de calme, de lenteur et de plein de petites choses élégantes et poétiques.

On peut imaginer que, contre toute logique, cela devienne un modèle urbain pour le futur. - voir .

Friday, October 07, 2011

TOKYO SORA

Quatre plans tirés du superbe "Tokyo-Sora" de Hiroshi Ishikawa. C'est l'un des plus beaux films japonais de ces dix dernières années, avec l'incontournable "Nobody Knows". C'est aussi un excellent complément au travail de Haruki Murakami, et plus particulièrement du récent "1Q84".

Le film est visible . On y retrouve toute la magie et la douceur de Tokyo.

Thursday, October 06, 2011

WORK IN PROGRESS / CHANTIERS EN COURS

Souvent on me demande "Et tu travailles sur quoi en ce moment ?" Parfois je peux répondre, d'autres non - les missions pour les clients n'ayant pas vraiment vocation à être dévoilées. Les réflexions engagées dans le cadre des Ateliers sont elles connues, il suffit de cliquer, .

Voilà donc quelques uns des chantiers lancés en 2011, qui suivent actuellement leurs cours, qui aboutiront (ou non) et qui sortiront probablement un jour sous forme de Carnet de Transit-City. Vous y trouverez évidement des thèmes abordés de façon assez légère dans certains posts publiés ces derniers mois.

Sur nos nouveaux imaginaires mobiles



Sur les nouveaux flux de la mondialisation



Sur les nouvelles formes d'urbanisme et de mobilité

Wednesday, October 05, 2011

Tuesday, October 04, 2011

Monday, October 03, 2011

LE MONDE DU TRAIN ELECTRIQUE COMME MODÈLE URBAIN ?

Des quatre photos ci-dessus, une seule a été prise sur un plateau de train électrique, la dernière. Pourtant rien ne la différencie véritablement des autres. Cette ressemblance est due à une technique photographique appelée tilt shift qui permet de donner un aspect de maquette à la réalité. Les deux photos de Times Square ci-dessous, montre la redoutable efficacité du système.

Le tilt shift a le grand mérite de rendre aimable un carrefour bruyant en le basculant dans un univers irréel et enfantin, un peu comme le faisait la ligne claire dans le monde de la BD.

La transformation des gens en personnage de train électrique accentue encore cet effet. Plus rien n'est réel, on est dans le monde magique des jouets ou dans celui de la ville rêvée, idéalisée et aseptisée de Disney (Voir sur ce sujet "The Faller's wonderfull world", "Villages suisses"). C'est, en ce sens, le total opposé des univers urbains des jeux vidéo, dans lesquels c'est plutôt la transgression qui est valorisée - voir et .

Les premiers à avoir compris tout le parti qu'il pourrait tirer de cette "déréalisation" de la ville et de sa circulation, furent bien évidement les publicitaires travaillant pour des marques auto. Grâce au tilt shift, la voiture devient, en effet, une amie bienveillante et une autoroute urbaine presque jolie (voir la pub Chevrolet ci-dessous). Le fait que nous ayons culturellement intégré que dans les villes en maquette les voitures soient statiques, renforce bien évidement ce sentiment.

Ce n'est donc pas par hasard si Mazda reprenait récemment les codes du monde du modélisme ferroviaire en osant montrer un train, chose exceptionnelle dans une pub automobile !!!

Cette capacité au lissage dans les aspects pas forcément les plus reluisants de la ville, se retrouve d'ailleurs aussi bien dans la pub Mazda, que dans la campagne Toy's R Us, "Everything's toys".

A partir de ces quelques exemples, il est tentant d'aller plus loin et de s'interroger sur ce que cette esthétique ludique implique dans nos façons de penser la ville, mais aussi dans la façon de la produire.

Ou dit autrement : n'aurions nous pas envie d'une façon ou d'un autre de retrouver dans la vie réelle la magie de ces villes artificielles, leur côté bienveillant et non agressif ?

Avec cette technique, les chantiers deviennent, en effet, des jeux de construction inoffensifs, sans bruit, ni poussière, comme ceux présentés dans le catalogue de Faller.

On peut aussi y voir une apologie du préfabriqué et du modulaire qui permet de proposer une vision apaisée de la construction urbaine. C'est d'ailleurs un des arguments de vente d'Algéco. On est d'une certaine façon pas très loin de ce que permet Lego. Avec la petite brique tout devient plus facile, sympathique et ludique - voir , par exemple.

Cet imaginaire ludique a bien évidement beaucoup de vertu pour un certain nombre d'acteurs urbains, et notamment les industriels du BTP.

Comment ne pas être tenté, par exemple, de montrer que la construction d'une route est une chose insignifiante et presque facile ?
C'est en tout cas ce que fait actuellement le groupe espagnol OHL avec la campagne ci-dessous.

La route est un gros rouleau de moquette à dérouler tranquillement dans un paysage idéalisé (et sans écologistes contestataires !!) … comme dans le monde du train électrique.

L'Autre voie.

La bonne nouvelle pour ceux que cette vision du monde aurait plutôt tendance à repousser, c'est que le modélisme ferroviaire peut aussi se révéler un formidable moyen de repenser de façon plus sociale et plus radicale notre monde urbain de demain.

La preuve avec le passionnant projet du ReFeRe (Réseaux Ferrés Réunis).


"En marge d’un pays pauvre car sans ressources, sous climat tempéré froid, quelque part sur la Terre, de nos jours.

Des îlots ras, où il n’y a ni herbe ni arbres, émergent d’une étendue plate d’une matière indéfinissable et changeante (dite le « stroma »). Ces îlots sont occupés par des bâtiments (civils et ferroviaires), des terrils, des dépôts de déchets… reliés par un dense réseau ferroviaire à voie étroite. D’un îlot à l’autre, les trains empruntent des véhicules sur coussins d’air, les « glisseurs ».

"Les gens sont industrieux, ingénieux ; ils tirent le meilleur parti d’Internet, diffusé par ondes radio (il n’y a aucun fil téléphonique). Un matériau de construction est omniprésent : une sorte de fibrociment appelé « concrete », qui se présente en plaques et s’assemble par collage. Plateformes, murs, ponts, voies, bâtiments, caisses des wagons et des engins de traction, passerelles, poubelles et rambardes sont faits en concrete – et peints de couleurs souvent peu définissables.

La ReFeRe a le monopole absolu des transports (nulle route, nul canal…). Son activité consiste à transporter les gens, le carburant, les pièces et les matériaux nécessaires à son fonctionnement, lequel consiste à construire et à faire tourner des trains. Sur les réseaux de la ReFeRe, la traction est confiée à des engins fonctionnant au fioul (pas de caténaire) et la longueur des convois est drastiquement limitée. Tous les véhicules sont des créations locales sur des châssis de récupération, importés.
"- source wikipedia
Le ReFeRe est visible au "Musée des Mondes imaginaires"

Là, rien n'est caché. Ca sent la poussière, le monde du labeur, la vie pas toujours facile. Sur le plan urbain, c'est la densité, le collectif, l'absence de voiture. C'est donc pas forcément ce qui fait rêver le plus. Mais en terme de prospective urbaine, ces images sont évidement beaucoup plus stimulantes que la vision très niaise proposée ci-dessous par Chevrolet.