Thursday, June 11, 2009

ET SI LA VOITURE ELECTRIQUE DEVENAIT LA VOITURE DES ESCROCS ?

Et si c'était sur GTA 4, que l'on trouvait le meilleur, car le plus déjanté, spot de pub en faveur de la voiture électrique ? Voir le film .

C'est juste un petit bijou !!!!

Voir aussi et .

Wednesday, June 10, 2009

ET SI ÊTRE UN TUEUR AIDAIT A MIEUX NAVIGUER DANS LA VILLE ?

L'avantage d'être un tueur, un dealer et un proxénète, c'est que vous êtes obligé d'être en permanence sur vos gardes à la fois pour protéger votre business mais aussi, parfois, pour échapper à la police. Cette vigilance de tout les instants passe notamment par une très bonne connaissance de votre ville et des moyens de locomotion disponibles où que vous soyez.

Cette capacité a bien gérer sa mobilité est l'un des enjeu, pour ne pas dire l'enjeu essentiel de Grand Theft Auto 4. Un jeu vidéo absolument jubilatoire car totalement transgressif, l'essentiel des missions consistant à monter des trafics de drogue et des réseaux de prostitution. (site officiel, )

L'autre aspect jubilatoire est cette possibilité de sillonner Liberty City, copie de New-York, dans tous les sens et avec tous les moyens de transports imaginables (voir )

Mais si je vous parle aujourd'hui de ce jeu, sorti il y a maintenant plus d'un an, c'est qu'il est, selon moi, le véritable révélateur de nos nouvelles façons de penser la ville et ses mobilités. C'est, en effet, dans ce jeu que nous testons ce que sera notre mobilité connectée de demain. C'est à dire une mobilité qui nous tient en permanence informé de notre position dans la ville grâce à une mini-carte incrustée dans le bas de l'écran (voir photos ci-dessus) et qui nous permet, aussi, en quelques clics d'accéder à toutes les infos et services disponibles près de nous (voir les images ci-dessous).

Ces cartes conçues par Google dans les codes esthétiques et fonctionnel de Google Map, sont le laboratoire virtuel de ce qui se développe aujourd'hui sur nos mobiles. Toute une série de widget permettent, en effet, aussi bien de trouver un convenience store, un restaurant, une voiture, des armes , des planques, des boites de nuits ...
Vous trouverez toutes les infos sur ces cartes de Liberty City; .


Une fois que vous aurez joué plusieurs heures à GTA 4, et que vous serez donc devenu une véritable crapule, vous n'aurez plus aucun mal à vous adapter avec votre mobile à Street View ou EveryScape.

Et ces systèmes ne sont qu'un début dans l'émergence prochaine d'une multiplicité de nouvelles façons d'aborder la ville à travers des cartographies toujours plus réalistes et intelligentes.

Preuve en est la récente apparition du projet Here & there - a horizonless projection in Manhattan, vision étonnante sans être déroutante de New-York et de ses rues. (images ci-dessous)

Et pour mieux comprendre la genèse de ce projet, je ne peux que vous inciter à jeter un coup d'oeil sur Here & There influences, excellente analyse qui explique les sources de cette carte et parmi lesquelles on retrouve bien sur GTA, mais aussi David Hockney (voir un extrait de ses passionnantes explications en vidéo ; ) Sim City, Halo ou Iron Man.

Il serait donc temps de comprendre que c'est bien aujourd'hui toute cette nouvelle pop culture liées aux jeu vidéo qui irrigue dorénavant nos imaginaires et nos façons d'envisager la mobilité dans les années à venir.
(voir, entre autres, )

Voir à ce sujet Peut-on penser la voiture sans les jeux vidéos ? (, et ) mais aussi ou .

Thursday, June 04, 2009

NEW AFRICAN SUBURBIA


Si dans les pays occidentaux, le modèle de la suburbia américaine est remis en cause (au moins sur le plan conceptuel, voir ou ), ce n'est pas le cas partout notamment dans les pays qui connaissent depuis une dizaine d'années une forte croissance. Il suffit de circuler dans les périphérie de certaines grandes villes chinoises, indiennes, vietnamiennes ou chiliennes pour avoir parfois l'impression d'être en Floride. On y retrouve les mêmes villas, les mêmes piscines, les mêmes gazons et les mêmes 4x4. Ce sont là les symbole de la réussite.
Et cela se diffuse partout. Preuve en est ces photos ci-dessus des nouvelles zones urbanisées de Luanda, la capitale de l'Angola.

Après plusieurs années de guerre civile, l'ancienne colonie portugaise connaît, en effet, aujourd'hui une formidable croissance due au pétrole. Evidement cette croissance est loin de profiter à tout le monde (la très grande majorité de la population vit avec moins de 2 $ par jour et l'espérance de vie ne dépasse pas les 40 ans ! ), et les privilégiés qui en retirent de substantifiques bénéfices ne cherchent qu'une choses, s'isoler du reste de la population dans des gated communities directement inspirées des Etats-Unis. Il faut dire que la ville est particulièrement sauvage et que la vie y est dure. C'est donc là que se fait la nouvelle croissance urbaine de Luanda parallèlement à celle des bidonvilles.

C'est marrant, mais je ne peux m'empêcher de voir dans ces villas, le terreau de futures révoltes urbaines, ou en tout cas d'une future hyper-violence entre riches et pauvres, un peu comme à Lagos ou dans certaines villes sud-africaines.
Côté circulation Luanda est déjà avec ses embouteillages infernaux, très proches de ceux de l'ancienne capitale du Nigeria.

Les deux faces du nouveau Luanda


Plein d'infos et de photos sur les nouvelle formes d'urbanisation à Luanda, .

Sans oublier sur l'Afrique, cela et cela.

Mais aussi .

Wednesday, June 03, 2009

HYPER SUBURBIA




Quand la logique de la suburbia est poussée jusqu'au bout, cela peut donner ces visions détonnantes réalisées par Ross Racine, artiste québécois vivant à New-York. (Tout son travail, )

Le plus choquant, c'est que si ces photos sont a priori aberrantes et presque absurdes, elles ne sont pas loin non plus d'une certaine réalité comme le montre les travaux de Nathan Abels ou Sarah Mac Kenzie, mais aussi, bien sur, les photos d'Alex Mac Lean.



Pour aller plus loin, voir .

Monday, June 01, 2009

ET SI LEGO REMPLACAIT LE PRITZKER PRICE ?

Et si demain, en terme de reconnaissance, Lego remplaçait le fameux Pritzker Price, que beaucoup considèrent comme le Nobel de l'architecture ?

C'est la question que je me suis posé quand, l'autre jour, j'ai découvert que des boites de Lego de deux réalisations de Frank Lloyd Wright étaient en vente à la librairie du Guggenhein Museum de New-York.
Les oeuvres à construire sont bien évidement le Guggenhein Museum, où se déroule actuellement une exposition consacrée au génial architecte américain sous le nom de Frank Lloyd Wright: From Within Outward, mais aussi la fameuse Fallingwater House.

La conception de ces boites a été supervisée par l'architecte Adam Reed Tucker, grand legoman, et, bien sur, sous le contrôle pointilleux de la Frank Lloyd Wright Foundation.

A noter que si la boite Fallingwatter est une pure merveille, la boite Guggenheim est plus que moyenne, le musée ressemblant, au final, plus à une base lunaire qu'au chef d'oeuvre de la 5° Avenue.

Les autres réalisations disponibles sont, la Sears Tower, le John Hancock Center, la Seattle Space Needle et l'incontournable, et le toujours aussi magique Empire State Building. Des bâtiment pas forcément très excitants à construire, mais on peut espérer que l'offre s'élargissent dans les années à venir. Moi, je rêve par exemple d'une boite Centre Pompidou.

Pour revenir à la question de départ, mais formulée autrement ; et si demain, la vraie consécration pour un architecte était d'avoir une de ses réalisations en Lego ? Ce serait un joli pied nez à tous ces prix d'architecture qui - à l'image des "professionnels de la profession", comme on dit - se prennent très très au sérieux.

A noter que dans certains pays comme l'Australie, les Lego sont clairement utilisés pour sensibiliser les jeunes générations à l'architecture, comme ici à Sydney ou a Perth. (ci-dessous, l'affiche de la Christmas Party des architectes de Fremantle)

Sur le rôle des Lego dans nos façons de penser la vile et l'architecture, voir, entre autres ; , et .

Voir aussi "Rebirth of New Orleans", qui semble montrer que l'on peut même faire du Franck Gehry avec les Lego.

Sunday, May 31, 2009

BOULLÉE / GREENAWAY

Ces plans sont quelques-uns des très nombreuses projets imaginés par Etienne-Louis Boullée mais - faut-il le préciser ? - jamais réalisés. Je les ai récupéré sur l'excellent site de la BNF consacré à cet architecte. Allez-y, c'est un pur moment de bonheur et d'intelligence.

Alors pourquoi je vous parle de Boullée aujourd'hui ? Pour une raison toute simple. C'est que l'autre nuit dans l'avion j'ai revu l'étonnant The Belly of an Architect écrit et réalisé par Peter Greenaway.
Le film raconte la passion et les souffrances physiques et morales d'un architecte américain, admirablement interprété par Brian Dennehy, chargé de monter à Rome une exposition sur Boullée.

Honnêtement le film, sorti en 1987, a plutôt mal vieilli et se révèle, avec vingt ans de recul, plutôt creux. Reste la beauté des images et des plans (cinématographiques, ceux là) de Rome, mais aussi l'admirable bande son réalisée par Wim Mertens, le génial Phil Glass belge. (Voir une vidéo qui rend bien l'ambiance du film, )

Tout cela m'a donné envie de me replonger dans le travail d'Etienne-Louis Boullée, et de vous faire partager cette redécouverte. Voilà qui est fait.

Thursday, May 28, 2009

DETROIT : THE NEXT GARDEN CITY ?

L'illustration et les deux plans ci dessus ont été réalisés par Ebenezer Howard qui fut l'instigateur du mouvement des garden city apparu en Angleterre à la fin du XIX° siècle.

Cette démarche urbaine qui voulait associer les avantages de la villes et de la campagne, pourrait se résumer ainsi

"La cité-jardin de Howard est définie par les principaux points suivants :

- une maîtrise publique du foncier (ce dernier appartient à la municipalité afin d'éviter la spéculation financière sur la terre.)
- la présence d'une ceinture agricole autour de la ville (pour l'alimenter en denrées).
- une densité relativement faible du bâti (environ 30 logements à l'hectare, bien que ce point ne soit jamais mentionné, mais seulement déduit).
- la présence d'équipements publics situés au centre de la ville (parcs, galeries de commerces, lieux culturels)
- la maîtrise des actions des entrepreneurs économiques sur l'espace urbain : Howard est un partisan de la liberté d'entreprendre tant que l'activité ne nuit pas à l'intérêt collectif. La présence ou non d'une entreprise dans la ville est validée ou refusée par les habitants via la municipalité.

À terme, la cité-jardin ne devait pas rester un élément solitaire, mais devait faire partie d'un réseau plus large constitué de cités-jardins identiques de 30 000 habitants sur 2400 hectares, elles-mêmes situées autour d'une cité-jardin plus grande d'environ 58 000 habitants. L'ensemble étant relié par un réseau ferré dense.
" (source )

Et bien, c'est cette philosophie, que beaucoup d'urbanistes avaient enterré depuis plusieurs décénnies, qui semble, aujourd'hui, réapparaître du côté de Detroit. En effet, celle qui fut longtemps surnommée Motor City, doit faire face à tel un déclin urbain encore un peu plus accentué par la crise de l'industrie automobile (voir et ), qu'elle est obligée de repenser entièrement son futur. Le NYTimes lui consacrait, en novembre dernier, un long papier titré "The future if Detroit falls".

Il y a quelques jours, c'est le Detroit Free Press qui interpellait ses lecteurs avec un provocateur Urban villages in Detroit's future ?. L'article débutait ainsi : "In a new vision of Detroit's future, a team of visiting urban planners suggests the city might one day resemble the English countryside, with distinct urban villages surrounded by farms, fields and meadows. The idea may sound improbable, but Alan Mallach, a New Jersey-based planner who led the visiting team, said Detroit is evolving in that direction anyway, with large chunks of the city now largely abandoned."

Et le journal de présenter la carte ci-dessous réalisée par The Detroit Sustainable Design Assessment Team très directement inspirée par Ebenezer Howard. (cliquer sur la carte pour l'aggrandir)

Alors sérieux ou pas sérieux ? Qu'importe ! Ce qu'il faut surtout retenir, c'est que la crise actuelle oblige juste à repenser entièrement l'urbanisme du XX° siècle, et que, dans ce cadre, les Etats-Unis ne sont pas forcément - en tout cas sur le plan des idées et des images - les plus en retard. (Voir notamment )