Monday, April 04, 2011

OSAKA / D'UNE FICTION L'AUTRE

Pour faire suite à mon dernier post sur les nouveaux rapports imaginables entre ville et stade, je voulais vous proposer ces quelques images assez surréalistes d'une enceinte sportive enserrant une mini-ville (photos signées Naoyo Hatakeyama).

Il s'agit de l'ancien Osaka Stadium qui, délaissé à la fin des années 80 par l'équipe de baseball des Nankai Hawks , fut transformé par un promoteur immobilier en village témoin.

C'est la figure inverse du grand mouvement engagée depuis une trentaine d'année des villes se transformant en stade. Là, plus aucune place pour le sport, juste ces tribunes assez improbables pour un spectacle qui a priori a disparu. Sauf à supposer que la vie elle-même devienne objet de contemplation, un peu comme dans un mega Loft Story de la taille d'un zoo. On hésite alors entre "la Ville qui m'existait pas" et "The Truman Show" .

Le "stade" fut détruit à la fin des années 90 pour laisser place au centre commercial Namba Park, dont je vous avais déjà parlé .

La fausse ville a ainsi été remplacée par un faux canyon. La fiction continue.

Friday, April 01, 2011

C'EST QUOI UN STADE DEMAIN ?

Si la ville est devenue un stade (voir , , ou ), se pose la question de savoir à quoi ressemblera un stade demain ?

Toujours plus grand ou au contraire toujours plus petit, notamment sous la forme d'un simple écran au sein de la maison ou au fond de la poche sous forme de smartphone ?

Éléments de réflexions S/M/L/XL avec ces trois récentes campagnes d'opérateurs de chaînes sportives qui ont le grand mérite de casser les codes architecturaux et urbains traditionnels ... et donc de nous inciter à réfléchir juste un tout petit peu autrement.

Ci-dessous, vision aérienne du fameux stade installé sur le toit d'une des immeubles entourant la gare de Shibuya à Tokyo. C'est évidement l'exacte opposé de la vision proposée par Sky.

Mais on pourrait imaginer que peu à peu s'installent autour de ce micro stade des tribunes qui à terme recouvriraient l'ensemble du quartier Shibuya, rajoutant ainsi encore un peu plus de complexité à un quartier qui n'en manque déjà pas (voir ).

On serait alors pas très loin de la vision proposée ci-dessous par Studio Gang lors de la Biennale d'architecture de Venise de 2004.

Thursday, March 31, 2011

RETHINKING COMPETITIVENESS : THE LIMITS TO GROTH



Pour faire suite à mon dernier post, ce très beau tableau (cliquez dessus pour l'agrandir) sur les limites de la croissance au vu de l'empreinte écologique et issu du très stimulant site Visual Assessment.

"This diagram documents the competitive situation of the selected countries and their constraints to growth. Population and ecological debt provide a clear idea of the country's long-term potentiality to improve or maintain its competitiveness level. It has been proved that there is no better solution for poverty alleviation than economic growth. However, infinite economy growth in a finite world is impossible. Sustainable growth needs to be based on the sustainable use of resources. New development pathways are therefore required to reduce the common negative human environmental impacts of a country's development process.

The diagram is a call to rethink competitiveness in a resources-constrained world. National competitiveness analyses still lack clear accounts of biocapacity and resource demands placed by different countries. They fail to consider the fundamental link between economy, human population and environment."

Ce tableau et la démarche qui l'accompagne sont aussi une excellente introduction à notre prochain Atelier du 8 avril prochain organisé sur le thème Et si on utilisait un peu plus les cartes pour penser le futur ?

GROENLAND / CIVILISATION


Ces photos sont extraites de la série Greenland réalisée par le photographe Alban Kakulya.

Elles sont la preuve que la civilisation dite moderne est en marche partout. Comment ne pas s'en réjouir devant de si belles réalisations ? Tout y est, même le réchauffement climatique et les déchets.




Voir aussi, .

Wednesday, March 30, 2011

GATTACA OU LE LORRAIN ?

Pourquoi l'avenir doit-il forcément être plus beau, plus vert et plus proche de Gattaca comme le laisse entendre cette affiche pour l'expo "La Ville fertile" ?

Pourquoi toujours se référer à une esthétique évoluant entre le Magicien d'Oz et une mauvaise publicité de promoteur ?


Pour penser demain, et plus particulièrement les rapports villes/nature, moi, je préfère une photo comme celle ci-dessous. Elle ouvre certainement plus l'imagination que les images aseptisées d'un avenir qui serait déjà tout tracé et forcément fleuri. Voir sur ce sujet, et .


Et puis cette photo renvoie d'une certaine façon aux toiles du Lorrain, visibles actuellement dans la superbe exposition "Nature et Idéal". Elle permet de réfléchir un peu autrement sur le devenir de nos villes notamment sous l'angle du dépérissement et des vestiges imaginaires du futur. Voir, et .


Tuesday, March 29, 2011

Sunday, March 27, 2011

TRÈS SOMBRES RUINES OU LES VESTIGES IMAGINAIRES DU FUTUR

La sidérante et bouleversante photo ci-dessus a été prise à Yamada le 16 mars dernier, soit cinq jours après le tsunami. Elle n'est que ruine et désolation, comme beaucoup d'autres images qui nous viennent du Japon (voir ). Seuls les phares d'une voiture semblent montrer qu'il y a encore - et aussi improbable que cela puisse paraître - un peu de vie.


Cette photo m'a immédiatement renvoyé aux travaux d'Anne et Patrick Poirier, dont je vous avais déjà parlé dans Destroy the tower. Ce couple de plasticiens développe autour de la figure de la ruine toute une réflexion sur le devenir des villes et de ce que l'on pourrait appeler les vestiges imaginaires du futur.


Exotica - installation dont les photos ci-dessous sont extraites - en est une excellente illustration. Cette oeuvre "représente en photos une ville tombée en ruine, puis conservée comme patrimoine et visitée comme nous, les occidentaux, visitons des sites d’autres civilisations disparues. Seulement cette ville ressemble étrangement à nos villes d’aujourd’hui." Nous nous retrouvons, donc, dans "une perspective du « futur antérieur »"

Les installations des Poirier permettent d'explorer sur le mode imaginaire ce que ruines et vestiges évoquent.


Si avec Exotica ci-dessus on pense évidement à Tokyo, on retrouve dans d'autres de leurs oeuvres, comme celle ci-dessus de Thunderstruck Landscape, des paysages qui rappellent, elles, très clairement les images post-apocalyptiques de Nagasaki ou Hiroshima après leur anéantissement nucléaire. On est pas très loin de la photo de Yamada qui débute ce post, ni non plus de ground zero au lendemain du 11 septembre.


Pour prolonger la réflexion sur ce sujet, je ne peux que vous inciter à jeter un coup d'oeil sur Danger Zone , ouvrage conçu par les Poirier avec des artistes, des anthropologues et des spécialistes de l'urbanisme, et dont je vous propose ces quelques lignes qui pourraient servir de légende à toutes les photos qui nous arrivent actuellement quotidiennement du Japon.


" Nos villes modernes sont-elles des villes imaginaires, les cités actuelles sont-elles des idées détournées, des projets avortés, des objets périmés - ou l'inverse ? L'utopie est-elle atopie, entropie, philanthropie ?


Qu'est-ce qu'une ville, qu'est-ce qu'une rue, quels sont leurs centres, leurs bords, leurs limites, ceux qui les font, ceux qui les habitent ? "


Saturday, March 26, 2011

LAGOS GARBAGE


En complément de mes différents posts sur Lagos (voir , et ), et de ceux sur l'envahissement des ordures dans les villes africaines (voir, et ), je voulais vous proposer ces quelques photos réalisées par Samantha Appleton et tirées de sa superbe série Devastation Inhabited.

Thursday, March 24, 2011

THE END OF THE WORLD ... ON THE ROAD

Ci-dessus deux visuels de la dernière campagne d'Eaton, entreprise qui se présente comme "a global technology leader in diversified power management solutions that make electrical, hydraulic and mechanical power operate more efficiently, effectively, safely and sustainably."

N'étant ni camioneur, ni routier, je me garderai bien de porter un jugement sur la pertinence du message et de la promesse.

Par contre, ce dont je suis à peu près certain, c'est qu'en cette période trouble de menace de grosse catastrophe nucléaire, ces visuels apocalyptiques prennent un sens un peu particulier.

Moi j'y ai vu une illustration du superbe livre de Cormac McCarthy, "The Road", dont je vous propose une photo du film ci-dessous.


Dans le même esprit, voir "Mad Max comme futur ?"

Tuesday, March 22, 2011

LE STRING ET LES HAVAIANAS COMME NOUVEL IMAGINAIRE DE LA MOBILITÉ ?

Certains pays suscitent par leur créativité et leurs modes de vie plus de réflexions que d'autres.

C'est le cas notamment du Brésil qui, à travers ses deux produits emblématiques que sont le string et les Havaianas, a su véhiculer depuis un certain nombre d'années, un certain rapport au corps totalement décomplexé fondé sur le bien être et la décontraction.

On retrouve en trainant sur les plages brésiliennes les codes qui ont fait le succès et la modernité de la Californie dans les années 70', notamment sous l'influence du flower power. De cette époque, on a aujourd'hui gardé les valeurs de glisse et de fluidité que portaient des sports alors émergents comme le surf et le skate board.

Sur le plan automobile cela se concrétisa notamment par l'apparition et la diffusion du fameux buggy qui cassait totalement les codes de l'automobile traditionnelle, pour s'inspirer de la jeep des militaires mais aussi de celle utilisée par les astronautes sur la Lune (voir ).

Toute une génération de jeunes occidentaux abandonnait alors délibérément la dimension statutaire de la voiture et s'achetait, selon les pays, des 2 CV, des Coccinelles ou les fameux combis VW et rêvait de buggies. En France, la géniale Méharie de Citroën ( ma voiture préférée !!! ) est née de cette mouvance.

C'est donc fort de cette histoire entre nouveaux rapports au corps et réativité automobile que l'on peut se demander si, aujourd'hui, le string et les Havaïnas brésiliens ne sont pas devenus l'équivalents de ce que furent le surf et le skate bord californiens durant les seventies ?

Il suffit pour cela de regarder les récentes créations publicitaires de la marque brésilienne, dans lesquelles les fameuses tongs sont présentées comme des alternatives aux traditionnelles chaussures et voitures, le tout dans des codes très flower power venant directement de la côté ouest américaine.

On retrouve là tout un esprit brésilien que la marque se fait fort de véhiculer dans ses créations et qui sont en total résonance avec un certain mode de vie carrioca (le sport, la décontraction, la plage, la fête ... ) dont le carnaval est, d'une certaine façon, la quintessence.

On est évidement pas très loin non plus de la démarche conduite brillamment par Nike depuis plusieurs années sur la mobilité urbaine (voir ) avec, peut-être, à terme les mêmes conséquences sur les imaginaires automobiles (voir ).

Et quand on commence à analyser à la fois les valeurs mais aussi les codes esthétiques des tongs et du string (une ficelle pour tout faire tenir) tout en les comparant à certains lieux symboliques de Rio, tel le sambodrome et son fameux string en béton dessiné par Niemeyer (photo ci-dessus), on est vite tenté de se demander quelles conséquences pourrait avoir cette esthétique en matière automobile ?

Et la réponse vous l'avez en partie ci-dessous avec ces croquis de la première voiture électrique brésilienne, l'Obvio.



Les codes techniques et esthétiques de cette voiture sont un rappel évident tout à la fois au string, à la tong et à certaines rondeurs féminines et sportives (voir photo tout en haut), le tout s'inscrivant dans les codes d'une contre-culture mélangeant à la fois la course automobile et les codes de la buggy (voir les références culturelles de l'Obvio).

Il y a là, une lignée de références et de codes dont Havaianas est aujourd'hui le porte drapeau, mais qui sera nourri - n'en doutons pas - par beaucoup d'autres marques brésiliennes dans les années qui viennent, et qui contribueront encore un peu plus à bousculer joyeusement les codes et les imaginaires de la mobilité mondiale. La Coupe du Monde de foot 2014 et les JO 2016 devraient - en toute logique - être d'excellentes pistes de lancement pour ce mouvement.

Pour renforcer mon hypothèse, je vous propose ci-dessus la passerelle dessinée par Niemeyer dans la favela de Rocinha ... et un croquis de l'Obvio.
Et pour continuer à réfléchir, je vous propose cette planche.