Sunday, March 08, 2009

ET SI LA CRISE ÉTAIT PLUS ...


Et si la crise actuelle était plus civilisationnelle qu'économique ?

Et si la crise actuelle était avant tout une crise des valeurs ?

Et si nous étions simplement en train de sortir de trois siècles d'histoire ?

Et si c'était une occasion rêvée pour - enfin - se réinventer ?

Quelles conséquences cela peut-il avoir sur nos modes de vies et nos façons de penser la ville ?


Tentative de réponse avec Michel Maffesoli, lors du prochain Atelier Transit-City le 3 avril 2009 consacré à la crise actuelle.


«La confusion des mots finit, toujours, par entraîner celle des choses. La littérature, tout comme l’expérience courante, montre en quoi tout cela aboutit, rapidement, à la confusion des sentiments, c’est-à-dire des modes de vie.

Ainsi, dans les périodes de changement, est-il urgent de trouver les mots, sinon totalement justes, du moins les moins faux possibles. Des mots, qui peu à peu, (re)deviennent des paroles fondatrices ; c’est-à-dire assurant les assises de l’être-ensemble en train d’émerger.

Comme toutes ces banalités qu’il est important de rappeler, on est au seuil d’une ère nouvelle. Et il est vain de vouloir rafistoler les idéologies élaborées aux XVIII° et XIX° siècles, et dont nous fûmes, dans tous les sens du terme, irradiés. Oui, il faut bousculer les idées rancies, rejeter les analyses apprêtées et quelque peu maussades. En bref, se dessiller les yeux.
»

Ces quelques lignes sont tirées du très revigorant livre "Apocalypse" (ed CNRS) que vient de publier Maffesoli. Un livre qui tente de montrer que nous changeons actuellement totalement de monde, et que la crise actuelle n'est qu'un élément d'un mutation sociale et sociétale beaucoup plus large.

Toutes les informations, .

Friday, March 06, 2009

THE FUTUR URBANISM OF THE NEW APARTHEID ?


La politique d'hyper-apartheid mise en place par Israël dans les territoires occupés, et notamment en Cisjordanie, va-t-elle déboucher sur un urbanisme radicalement nouveau destiné à inscrire dans l'espace cette volonté de séparer juifs et non juifs ?

C'est terrible à dire, mais la réponse est évidente. Et elle est clairement positive, comme nous l'avons plusieurs fois souligné en nous appuyant sur des travaux de chercheurs israéliens. (voir et ). C'est une question qui nous intéresse au sein de Transit-City dans le cadre de nos réflexions sur le thème Et si les villes privées et fortifiées devenaient une banalité ? Nous travaillons notamment sur l'hypothèse qu'Israël est le laboratoire d'un futur urbanisme basé sur la ségrégation et l'hyper-sécurité. Voir sur ce sujet et .

Rappelons simplement sur ce sujet, que "certaines villes (Jéricho ou Jénine par exemple) sont entourées d'un fossé interdisant toute entrée ou sortie de la ville, à l'exception de points de passage ou « checkpoints » contrôlés par l'armée. Il y a aussi plus d'une centaine de ces checkpoints disséminés sur les routes de Cisjordanie, et d'innombrables contrôles mobiles." (sources )

Rappelons, aussi, que les "colonies « israéliennes » sont exclusivement peuplées de Juifs ou de personnes ayant profité de la loi du retour (alors qu'en Israël, il y a 20% de citoyens d'origine non-juive, principalement arabes) et leurs habitants bénéficient de la citoyenneté israélienne, et de certains privilèges fiscaux ou sociaux." (source )

Devant une telle réalité, il n'est pas étonnant de découvrir que certains étudiants en architecture travaillent sur des scénarios d'urbanisme visant à faciliter cette séparation raciale et religieuse mise en place par Israël.

C'est notamment le cas de Viktor Ramos, étudiant à la Rice University, avec son projet The Continuous Enclave : strategies in bypass urbanism.

Vous trouverez ci-dessous les images et les explications de son projet.


"The Continuous Enclave takes a formal approach to understanding the Israeli-Palestinian conflict by studying mechanisms of control within the West Bank.

The occupation of the West Bank has had tremendous effects on the urban fabric of the region because it operates spatially. Through the conflict, new ways of imagining territory have been needed to multiply a single sovereign territory into many. It is only through the overlapping of two separate political geographies that they are able to inhabit the same landscape.
"


"The Oslo Accords have been integral to this process of division. By defining various control regimes, the Accords have created a fragmented landscape of isolated Palestinian enclaves and Israeli settlements. The intertwined nature of these fragments makes it impossible to divide the two states easily. By connecting the fragments through a series of under- and overpasses, the border between the two states has shifted vertically."



"Overlapping Geographies. It is only through the overlapping of two separate political geographies that they are able to inhabit the same landscape."


"Infrastructural Connections. One feature of the Oslo Accords is the bypass road which links Israeli settlements to Israel, bypassing Palestinian areas in the process. These are essential to the freedom of movement for the settlers within the Occupied Territories.

Extrapolating on the bypass, this thesis explores the ramifications of a continuous infrastructural network linking the fragmented landscape of Palestinian enclaves. In the process, a continuous form of urbanization has been developed to allow for the growth and expansion of the Palestinian state.

Ultimately, the Continuous Enclave questions the potential absurdity of partition strategies within the West Bank and Gaza Strip by attempting to realize them.
"




Reste la vraie question : cette démarche de Viktor Ramos se veut-elle cruellement dénonciatrice ou au contraire terriblement positive ?

Wednesday, March 04, 2009

DS OU DS ?

"Les jeunes Allemands sont plus nombreux à pouvoir imaginer une vie sans voiture que sans Internet. C'est ce qu'il ressort d'un sondage publié ce lundi, veille de l'ouverture du Cebit, salon des hautes technologies de Hanovre.



Selon cette enquête commandée par la fédération allemande des hautes technologies Bitkom, 84% des Allemands entre 14 et 29 ans ne peuvent s'imaginer une vie sans le Web, contre 64% incapables de concevoir une vie sans voiture." (Source AFP)

Une étude de plus qui confirme que dans les pays riches, la voiture ne fait plus rêver les jeunes générations.

Au Japon, une enquête réalisée en 2007 montrait que seuls 13 % des 20 à 40 ans habitant la région de Tokyo possèdent une voiture. Ils étaient 23,6 % en 2000. Plus significatif encore, cette enquête financée par les constructeurs automobiles montrait que l'envie de posséder une voiture avait pratiquement diminué de moitié en sept ans : la proportion est aujourd'hui de 25,3 %, contre 48,2 % lors du même sondage réalisé en 2000 !!!
Yoshinobu Shigenaga, membre de Association japonaise des concessionnaires automobiles, expliquait alors "Les jeunes n'aiment pas les voitures. Ils préfèrent consacrer leur argent aux services sur téléphones portables et aux jeux vidéo." (Plus )

DS OU DS ?

Toujours sur le même sujet des nouveaux imaginaires de la mobilité des jeunes générations, il faut noter que si Citroën a annoncé récemment vouloir lancer une nouvelle série de DS, dans la lignée de sa mythique voiture, le nom de DS n'a plus aujourd'hui le même sens dans le monde de la mobilité.

Faites le teste : taper DS sur Google.com images, et c'est une DS Nintendo qui apparaît !

Sur ce sujet, voir , et .

Tuesday, March 03, 2009

TOKYO SUPER GREEN

Shibuya aujourd'hui


Shibuya demain ?


Les rues de Tokyo demain ?




Un Tokyo comme on ne l'a jamais vu, et comme on ne le verra sans doute pas à court terme (quoique ... ), mais révélateur des nouveaux imaginaires urbains qui agitent aujourd'hui les grandes métropoles du monde riche, et plus particulièrement les grandes villes japonaises déjà engagées dans un cycle post-automobile.

Toutes les infos sur ces surprenantes et rafraîchissantes images réalisées par IMKW de Green Island, .

Monday, March 02, 2009

CES VILLES CHINOISES QUI VONT DISPARAITRE A TOUT JAMAIS


Superbes et très émouvants montages que ces clichés du photographe chinois Yang Yi sur ces villes qui ont été noyées dans le cadre de la construction du Barrage des Trois-Gorges sur le Yang Tsé.

Ce sont plus de 1,2 millions de personnes qui ont perdu leur maison et vus disparaître leurs villes.

On comprend pourquoi cette série de photos est intitulée "Uprooted" (déracinés)

Plus d'infos sur le travail de Yang Yi, .

Sunday, March 01, 2009

NEW AQUATIC BOULEVARD IN MANHATTAN ?

Dans le cadre de notre chantier Liquid City sur les nouveaux rapports entre la ville et la mer (voir ), nous avons pris comme hypothèse de travail, qu'avec la montée des océans Venise pourrait devenir un modèle urbain pour un certain nombre de villes, notamment Londres ou New-York.
Cette hypothèse venitienne avait aussi été la piste retenue par une équipe d'architectes et d'urbanistes lors concours lancé en 2006 par History Channel sur le thème " The City of the Future" (voir photo juste au dessus).

D'autres ont choisi d'aborder cette question des nouveaux rapports entre l'eau et New-York d'une façon moins catastrophiste. C'est notamment le cas d'une étudiante en architecture de la Rice University, Amanda Chin, qui a imaginé un Manhattan traversé par de vastes hydro-boulevards - Manhattan's Annex: The Crosstown [of] Excess

Ces hydro-boulevards sont évidemment très très hypothétiques, mais ils ont le grand mérite de nous inciter à réfléchir à la façon dont de nouvelles circulations aquatiques pourraient changer les villes.

Depuis la fin des années 70, la course à pied a transformé la ville et ses rues. 

Et si au XXI° siècle, c'était au tour de la natation de métamorphoser la ville ?

Friday, February 27, 2009

NEW-YORK 30 / MUMBAI 09


La photo du haut est une vision de New-York datant des années 30.

Celle en dessous est une vision de Mumbaï datant de quelques mois à peine.

Près de cent ans d'écart, mais la même esthétique au service de la finance.

Voir une réflexion sur ce sujet, là : Urban Un-Planning | Form Follows Finance.

Voir aussi Mumbai Anno Zero

Thursday, February 26, 2009

BETWEEN ARCHIGRAM AND MANGA : THE NEXT AUSTRALIAN SUBURBS ?

Pour faire suite à mon précédent post sur les mutations de l'urbanisme australien et notamment la densification de ses suburbs, ces quelques visions d'Andrew Maynard, jeune architecte australien dont je vous ai déjà parlé , pour les banlieues australiennes à l'horizon 2020.

Ou quand les imaginaires d'Archigram s'enrichissent de la culture robots issus des mangas. (Voir sur ce sujet )

Explications :

"The Australian suburb was born out of our dependance on the car.
With Peak Oil rapidly approaching the epoch of the automobile with soon come to an end and with it so will the Australian outer suburb.

Where will suburbanites live when there is no other means of circulation to their homes?
What will we do with our abandoned and decaying suburbs?
And most importantly, what will we do with the 50% of Australians that are over-weight due to car dependance and a sedentary lifestyle?

Well Andrew Maynard Architects has the answer : the CV08. CV08 is a robot that consumes the abandoned suburbs through its front 2 legs.
It processes the materials and fires off compacted recycling missiles to awaiting recycling plants. CV08’s middle legs and one rear leg follow the front legs to terra-form the newly revealed earth with native Flora and Fauna. Vast stocks of the Flora and Fauna are stored within CV08 in carbonite sleep until they are required to colonise what was previously suburban wasteland.
"

Et toutes les détails sur ce projet .

Tuesday, February 24, 2009

AUSTRALIA : HIGH-RISE SUBURBS COMING

Les trois tableaux Burning ci-dessus ont été peints par Vincent Fantauzzo en 2008. Exposés récemment à la Boutwell Draper Gallery de Sydney, ils résument assez bien l'état d'esprit d'une partie des Australiens actuellement. La question n'est pas nouvelle, je vous en ai déjà parlé dans un précédent post sur les mutations urbaines australiennes, voir .

Ce qui est certain par contre, c'est que ces feux vont accentuer le désir des Australiens de développer un urbanisme plus dense comme ils le font déjà à Melbourne et Sydney depuis plusieurs années (voir ). Rappelons qu'aujourd'hui, 72% des Australiens vivent dans une maison individuelle.

Pour preuve la volonté d'autoriser à Sydney, la construction de bâtiments de 15 étages dans la banlieue de la ville, afin, notamment de pouvoir y développer de nouvelles lignes de métro, dans des zones aujourd'hui trop peu denses. Tous les détails sur le site du Sydney Herald Morning, sous le titre "Get ready: high-rise suburbs coming"

"Sydney will be reinvented as a high-density metropolis serviced by mass-transit subways under a transport blueprint being developed by senior state and federal government bureaucrats.

Powerful new legislation underpinning a proposed metro network costing $13 billion will enable transport and planning officials to reshape the inner suburbs of Sydney, paving the way for apartment towers as high as 15 storeys as well as large-scale retail and office blocks.

To justify the multibillion-dollar investment, tens of thousands more people would have to live and work within walking distance of the proposed Parramatta Road metro stations, according to planning officials behind the overhaul
."

Sunday, February 22, 2009

CO2 : TOTAL = LA SUISSE


Chaque année le groupe pétrolier Total émet 54,8 millions de tonnes de CO2 du fait, notamment, de son activité de raffinage.
C'est exactement le même taux que celui de la Suisse !

PS : Plus grave que prévu.

"Le niveau des émission de CO 2 dans l'atmosphère est plus élevé que ne le prévoyait les scénarios les plus pessimistes des experts du climat, a mis en garde l'un d'eux, samedi 15 février de la réunion annuelle de l'Association américaine pour l'avancement des sciences à Chicago." (...) "Les émissions de CO ont augmenté de + 3,5% par an depuis 2000, contre à,9 % dans les années 90." (dépêche AP - 16/02/09)

PS 2 : Et maintenant, on fait quoi ?

Et pour aller plus loin sur ce sujet, jetez vous sur "C'est maintenant ! 3 ans pour sauver le monde" de Jean-Marc Jancovici et Alain Grandjean. Une lecture salutaire, en ces temps où l'on essaie de nous faire croire que la grande priorité est de sauver des constructeurs automobiles qui depuis vingt ans n'ont pas bougé et rien compris, et qui aujourd'hui demandent des milliards pour réparer leur aveuglement.


Présentation de l'éditeur "Au rythme de l’océan, dont le niveau s’élève insensiblement de quelques millimètres par an, énergie et changement climatique s’insinuent doucement dans les discours. En petits cercles pour l’heure, industriels, économistes, politiques, débattent de plus en plus des risques encourus, et des mesures à prendre pour les éviter ou les atténuer. Ici et là émergent des propositions nouvelles : abandonner les outils économiques obsolètes, en finir avec l’obsession du court terme en matière financière et politique, réaménager radicalement le territoire, les transports et le travail. Mais la fin annoncée du pétrole bon marché sera surtout celle d’une façon – dépassée – de voir l’avenir des hommes. Pour les prochaines décennies, tout reste à inventer, et tout va se jouer dans les années qui viennent. Un plaidoyer alarmiste, mais ô combien réaliste et enthousiaste, pour que nous prenions enfin le problème à bras-le-corps !"

PS 3 : Rappel des faits

Et juste pour se remettre les idées en place, vous trouverez ci-dessous un extrait de l'excellent interview accordé par Jean-Marc Jancovici, climatologue et économiste au Nouvel Observateur en 2006. Tout reste d'actualité ... mais depuis, rien n'a été fait.

N. O. - Selon vous, nous sommes « drogués » au pétrole et nous devons d'urgence nous désintoxiquer.

Jean-Marc Jancovici. - Cette cure de désintoxication est notre seule planche de salut. Une diminution drastique de notre consommation d'énergies fossiles, pétrole mais aussi charbon et gaz, est vitale pour la survie de la planète. Les combustibles fossiles représentent aujourd'hui 80% de l'énergie mondiale. Si la consommation de ces énergies continue à croître dans le monde de 2% par an, comme elle le fait en moyenne depuis 1970, les émissions de CO2 seront telles que la température planétaire aura grimpé de 5 degrés au moins en 2100, et de 10 à 20 degrés en 2200 !

N. O. - Vous avancez aussi un autre argument qui n'a rien à voir avec la sauvegarde de l'environnement.

J.-M. Jancovici. - En effet. Imaginons que la question climatique n'existe pas. L'humanité devra de toute façon consommer moins d'énergies fossiles avant la fin du xxie siècle. Contrairement à ce que nous croyons souvent, le stock disponible n'est pas extensible à l'infini et il faut à la planète des millions d'années pour faire du pétrole ou du charbon. Ce sont les opérateurs pétroliers eux-mêmes - souvent plus conscients du problème que les politiques ou les médias - qui le disent. Selon Shell, la production pétrolière commencera à décliner vers 2025. Total parle lui de 2020.

N. O. - C'est donc l'affaire d'une génération ?

J.-M. Jancovici. - La seule question est maintenant de savoir si nous allons subir cette « fin du pétrole » ou l'anticiper. La même question se pose pour le climat. Au cours du siècle dernier, la température planétaire moyenne a gagné un demi-degré et le gaz carbonique a augmenté de 30% dans l'atmosphère. Qu'on le veuille ou non, l'évolution climatique des vingt prochaines années est déjà scellée. Car la durée de vie du CO2 que nous injectons dans
l'atmosphère est très longue. Et même si l'on cessait brusquement demain matin nos émissions, il faudra attendre plusieurs milliers d'années avant que l'atmosphère redevienne ce qu'elle était avant le début de la révolution industrielle.
La perturbation que nous avons mise en route est irréversible à l'échelle de la vie humaine. Le changement climatique n'est pas une « pollution » que l'on pourra traiter quand la nuisance deviendra insupportable.
Nous sommes donc face à un choix majeur : décider si nos enfants vivront avec un climat différent du nôtre, mais gérable, ou si nous allons leur léguer une planète considérablement moins hospitalière. L'alternative est toujours la même : subir ou anticiper.


Interview in extenso, .

Saturday, February 21, 2009

SHODOW CITIES / SQUATTER CITY


Pour faire suite à mon précédent post, je ne peux que vous encourager à lire un petit bouquin pas forcément récent mais que j'ai découvert cette semaine "Shadow Cities" de Robert Neuwirth. Cela permet de remettre les idées au clair sur l'avenir des villes dans le monde et de sortir des visions sans envergures traditionnellement entendues dans le milieu architectural européen.

Voilà comment son éditeur le présente : "In this superbly probing book, investigative reporter Neuwirth relates the struggles and successes of some of the world's most resourceful poor people, among the one billion urban squatters in countries like Brazil, India, Kenya and Turkey. Having lived alongside them in these four countries and thus gained firsthand knowledge of their daily lives, Neuwirth is able to dismantle many common preconceptions about the so-called slums in which they live. The vast, bustling favela of Rocinha in Rio de Janeiro, for example, has distinct neighborhoods, apartments for rent, dance parties in the street and local entrepreneurs, as well as drug lords and gangs. In Nairobi's Kibera, many squatters have white-collar jobs, yet lack the income to rent more than a simple mud hut. Clarifying local legal considerations and housing policy city by city, Neuwirth closely attends to the characters, historical particularities and human potential of the squatter communities he encounters."

Pour poursuivre ses réflexions, Neuwirth tient un blog Squatter City qui permet, lui aussi, de regarder notre devenir urbain d'une façon moins occidentale et opulente. Salutaire.

A retenir aussi des travaux de Neuwirth, la très féconde notion, selon moi, de “The 21ist Century Medieval City”. Et si c'était cela notre avenir ? Tentative de début de réponse .

Tuesday, February 17, 2009

VERTICAL FAVELA

Ces images ont été réalisées par Léopold Lambert, architecte et bloggeur prolixe et talentueux avec son site de boîteaoutils. C'était sa proposition pour le concours eVolo sur les grattes-ciel du futur (voir ).

Je trouve ces images fantastiques et formidablement porteuses d'autres d'imaginaires urbains que ce que l'on essaie de nous fourguer un peu partout (genre, ).

Mais ces images prennent encore plus de sens et de force avec les explications de Léopold Lambert sur son projet. Elles sont à lire ci-dessous.

"During XIIth century, rich merchant families from San Gimignano were exhibiting their wealth by building towers which were visible by any of the town’s inhabitant. From middle age Tuscanny to recent Emirates, by XIVth century Flanders and current United States, skyscrapers stay a symbol of captalist power.

Dubai is the new Babylon and represents a benchmark for emerging countries such as China and India. Developpers’ projects grow in every cities of these countries, in order to provide for the middle and upper social classes, a confortable and secure world inside quoting Robert Silverberg’s 1971 novel. The dream of a socialy unified autarkic world, we can observe with gated communities, could become even more extreme thanks to towers in these countries which own huge social discrepancies.

Infact, rural depopulation and demography growth already brought one billion human being to live in slums and the estimated figure for 2030 is reaching the amount of two billions. This kind of unsanitary districts has been well known through history. Charles Dickens, Emile Zola or Max Gorky describe in their novels these western shanty towns developped by XIXth century’s industrial revolution. However, nowadays’ world situation implies much many people and we can now oberve a poverty globalization in new South American, African and Asian.

This new amount of slums’ population reaches inexorably to an increase of density and, therefore, to vertical constructions. We can thus imagine an aggregate of habitations, one upon another, developping an unstable vertical favela. When developpers promote highest levels as the climax of ivory towers, the vertical favela, being technicly limitated in its circulation, brings more value to the ground as a connexion with the world.

In conclusion, Robert Silverberg and James Graham Ballard were too naive for imagining high rises where every social classes would live. Capitalism, rather than placing the poors as the system’s basis, prefers to see growing autarkic vertical favelas from Rio de Janeiro to Nairobi, from Gaza to Mumbai. Result is an ambiguous beauty, both fascinating and terrifying.
"

Cela fait du bien d'entendre une voix juste un peu dissonante sur notre futur qui - il faut malheureusement le craindre - ne sera pas forcément tout rose dans de nombreuses zones de la planète.

Friday, February 13, 2009

VERS UNE VERITABLE RÉVOLUTION URBAINE AUX ETATS-UNIS ?


La crise actuelle et ses conséquences a plus ou moins long terme, vont-elle remettre en cause les fondements de l'urbanisation tels qu'ils se sont développés depuis le début du XX° siècle, et qui jusque là n'ont pas beaucoup évolué ?

C'est une question à laquelle, au sein de Transit-City, on essaie de répondre en analysant les nouvelles dynamiques urbaines, et c'est ce qui nous a conduit, entre autres, à organiser le 6 mars prochain un Atelier sur le thème des shrinking cities.

C'est aussi une question à laquelle tente de répondre le toujours très stimulant urban theorist Richard Florida dans un long et passionnant papier titré "How the Crash Will Reshape America" publié par The Atlantic et dans lequel il revient longuement sur ces villes qui rétrécissent. Mais il aborde la question de façon beaucoup plus large en faisant un bilan des dynamiques urbaines du siècle passé et en décrivant quels seront les moteurs de la croissance des cités dans les décennies à venir.

Voilà comment est posée la question : "The crash of 2008 continues to reverberate loudly nationwide—destroying jobs, bankrupting businesses, and displacing homeowners. But already, it has damaged some places much more severely than others. On the other side of the crisis, America’s economic landscape will look very different than it does today. What fate will the coming years hold for New York, Charlotte, Detroit, Las Vegas? Will the suburbs be ineffably changed? Which cities and regions can come back strong? And which will never come back at all ?"

Un large extrait
"Every phase or epoch of capitalism has its own distinct geography, or what economic geographers call the “spatial fix” for the era. The physical character of the economy—the way land is used, the location of homes and businesses, the physical infrastructure that ties everything together—shapes consumption, production, and innovation. As the economy grows and evolves, so too must the landscape.

To a surprising degree, the causes of this crash are geographic in nature, and they point out a whole system of economic organization and growth that has reached its limit. Positioning the economy to grow strongly in the coming decades will require not just fiscal stimulus or industrial reform; it will require a new kind of geography as well, a new spatial fix for the next chapter of American economic history.

Suburbanization was the spatial fix for the industrial age— the geographic expression of mass production and the early credit economy. Henry Ford’s automobiles had been rolling off assembly lines since 1913, but “Fordism,” the combination of mass production and mass consumption to create national prosperity, didn’t emerge as a full-blown economic and social model until the 1930s and the advent of Roosevelt’s New Deal programs.

Before the Great Depression, only a minority of Americans owned a home. But in the 1930s and ’40s, government policies brought about longer-term mortgages, which lowered payments and enabled more people to buy a house. Fannie Mae was created to purchase those mortgages and lubricate the system. And of course the tax deduction on mortgage-interest payments (which had existed since 1913, when the federal income-tax system was created) privileged house purchases over other types of spending. Between 1940 and 1960, the homeownership rate rose from 44 percent to 62 percent.
Demand for houses was symbiotic with demand for cars, and both were helped along by federal highway construction, among other infrastructure projects that subsidized a new suburban lifestyle and in turn fueled demand for all manner of household goods. More recently, innovations in finance like adjustable-rate mortgages and securitized subprime loans expanded homeownership further and kept demand high. By 2004, a record 69.2 percent of American families owned their home.
For the generation that grew up during the Depression and was inclined to pinch pennies, policies that encouraged freer spending were sensible enough—they allowed the economy to grow faster. But as younger generations, weaned on credit, followed, and credit availability increased, the system got out of hand. Housing, meanwhile, became an ever-more-central part of the American Dream: for many people, as the recent housing bubble grew, owning a home came to represent not just an end in itself, but a means to financial independence.

On one level, the crisis has demonstrated what everyone has known for a long time: Americans have been living beyond their means, using illusory housing wealth and huge slugs of foreign capital to consume far more than we’ve produced. The crash surely signals the end to that; the adjustment, while painful, is necessary.

But another crucial aspect of the crisis has been largely overlooked, and it might ultimately prove more important. Because America’s tendency to overconsume and under-save has been intimately intertwined with our postwar spatial fix—that is, with housing and suburbanization—the shape of the economy has been badly distorted, from where people live, to where investment flows, to what’s produced. Unless we make fundamental policy changes to eliminate these distortions, the economy is likely to face worsening handicaps in the years ahead.

Suburbanization—and the sprawling growth it propelled—made sense for a time. The cities of the early and mid-20th century were dirty, sooty, smelly, and crowded, and commuting from the first, close-in suburbs was fast and easy. And as manufacturing became more technologically stable and product lines matured during the postwar boom, suburban growth dovetailed nicely with the pattern of industrial growth. Businesses began opening new plants in green-field locations that featured cheaper land and labor; management saw no reason to continue making now-standardized products in the expensive urban locations where they’d first been developed and sold. Work was outsourced to then-new suburbs and the emerging areas of the Sun Belt, whose connections to bigger cities by the highway system afforded rapid, low-cost distribution. This process brought the Sun Belt economies (which had lagged since the Civil War) into modern times, and sustained a long boom for the United States as a whole.

But that was then; the economy is different now. It no longer revolves around simply making and moving things. Instead, it depends on generating and transporting ideas. The places that thrive today are those with the highest velocity of ideas, the highest density of talented and creative people, the highest rate of metabolism. Velocity and density are not words that many people use when describing the suburbs. The economy is driven by key urban areas; a different geography is required."

Bref, vous avez compris, le papier de Richard Florida est passionnant. Lisez-le in extenso, vous en sortirez plus intelligent. Si, si, je vous l'assure !

Thursday, February 12, 2009

JUST FEW ECOLOGICAL SKYSCRAPERS FOR TOMORROW

Juste quelques images de trois projets issus du concours Skyscrapers Competition organisé par la revue d'archi new-yorkaise eVolo.

Question : quand va - enfin - être construite la première tour-jardin ou la première tour-ferme ? Cela fait une dizaine d'années que régulièrement sont lancés des projets, des concepts et qu'apparaissent de belles images, mais toujours rien ...
Et on peut douter que la crise ne fasse beaucoup bouger les choses, malheureusement.

Alors faute de mieux, on se réfugie dans la fiction, en oubliant que ce type de projets préfigure pourtant les réponses aux défis de l'écologie urbaine de demain, en associant densité et nature. Voir, entre autres, .