Tuesday, December 18, 2007

PEUT-ON PENSER L'AUTO SANS LE MOBILE ?

Dans un précédent billet, je me demandais si nous pouvions encore penser la voiture, sans intégrer les nouveaux imaginaires liés aux jeux vidéo

Dans le cadre de nos réflexions sur la
Mobilité 3.0, je me suis essayé à un petit exercice lié au mobile autour d'une question toute simple : et si les différentes phases de la téléphonie/communication mobile nous permettait de dessiner un nouveau futur et un autre modèle automobile ? Et cela, tant dans la forme et la marque de la voiture, que dans son mode d'accès.

La phase 1 serait liée au modèle japonais symbolisé par le téléphone de Sony et qui a correspondu , il y a trois-quatre ans, à l'apparition dans les écoles de design d'illustration de concept car du nom de la marque de l'inventeur du walkman.
Pour de nombreux jeunes du monde entier
Sony symbolisait une nouvelle mobilité liée à la musique et au fait de pouvoir être connecté en permanence aux autres.


La phase 2 serait liée à l'aura dont bénéficie Apple aujourd'hui avec son i-Phone et qui correspond, depuis quelques mois, à l'apparition de concept-car Apple et à la publication sur internet de photos de ce que certains imaginent comme une future Apple Car conçue avec Volkswagen.



La phase 2.1 serait la duplication du modèle de l'abonnement I-Phone / ATT aux Etats-Unis (ou I-Phone /Orange en France) pour lancer un nouveau concept de service de voiture électrique. C'est en tout cas, l'ambition de Shai Agassi qui dans le cadre de son Project Better Place, qui ambitionne de mettre sur pied un service d'abonnement semblable à celui de la téléphonie.
En gros, et pour faire simple, tout comme
Orange ou SFR vous offre votre mobile pour 1 Euro si vous vous abonnez chez eux, Agassi pense développer un nouveau business model qui permettant d'accéder à une voiture électrique contre un abonnement à un fournisseur d'électricité. A défaut de savoir si cela est réalisable (une voiture coûte quand même un peu plus cher qu'un mobile) reste que le rapprochement des deux modèles est loin d'être inintéressant et dessine probablement de nouveaux modes d'accès à la voiture.


La phase 3, quand à elle, serait à lier avec l'omniprésence de Google dans tous ce qui est lié à la mobilité et qui aboutit à l'hypothèse de l'apparition un jour ou l'autre d'une Google Car. Certains (dont je fais partie) vont même jusqu'à faire l'hypothèse que cette Google Car pourrait remettre complétement à plat tous les fondamentaux et toute l'organisation du marché automobile actuellement.



Cette hypothèse est très stimulante, tant il apparaît aujourd'hui que les constructeurs traditionnels ont le plus grand mal à réinventer un modèle automobile pourtant à bout de course. A bout de course car incapable de répondre ni aux nouveaux imaginaires des jeunes générations, ni au défi démographique posé par les seniors ni - et encore moins - aux défis écologiques des années à venir. Nous vivons probablement actuellement
la fin d'un cycle automobile apparu aux Etats-Unis il y a 70 ans.

Et tout comme on sait que ce ne sont pas les fabricants de calèches qui ont inventé la voiture, on peut se demander qui, demain, va réinventer la voiture ?

Ces réflexions s'inscrivent dans le chantier
Mobilité 3.0 / Mobility 3.0 que nous avons ouvert lors du tour du monde et dans la lignée directe de nos précédentes réflexions sur la mobilité et les nouveaux imaginaires qui y sont liés.

Sur le mobile et la ville, voir