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Tuesday, September 01, 2026

LA NATATION COMME DERNIÈRE ÉTANCHÉITÉ NUMÉRIQUE ?

Deux livres.


L’un - Nos Vies encapsulées - est un essai du philosophe Pascal Chabot. Le livre ne parle jamais de sport, le mot est même totalement absent du texte.


L’autre - La Hantise - est le dernier et excellent roman de Jean-Philippe Toussaint. Lui non plus ne parle pas de sport, si ce n’est deux scènes se déroulant dans un club de fitness haut de gamme avec piscine.


Ce que Chabot appelle les capsules, ce sont ces bulles étanches que sont devenues la voiture, le bureau, l'ordinateur, le smartphone, les écouteurs.


Dans La Hantise, Toussaint décrit un personnage qui passe son temps dans ces/ses capsules : un homme scotché à son téléphone, coincé entre bureaux, hôtels, TGV et salles de réunions. Quand il va faire du sport, il se glisse dans un couloir d'eau chlorée pour faire des allers-retours.


Si on lit Toussaint avec le concept de capsule en tête, on ne regarde plus la nage et la piscine de la même façon.


La piscine cesse d'être un simple lieu de sport pour devenir quelque chose de beaucoup plus précis : la seule capsule qui échappe aux autres capsules.


Toutes nos bulles modernes nous isolent du monde tout en nous reconnectant ailleurs.


Le bureau nous coupe de la rue, mais nous relie aux mails. 


La voiture nous coupe des autres, mais diffuse un podcast. 


Le smartphone, capsule ultime, nous enferme dans un écran pour mieux nous relier à mille choses à la fois. 


La piscine, elle, ne fait rien de tout ça. 


Elle isole. 


L'eau interdit littéralement le téléphone.


Ce n'est pas une discipline qu'on s'impose, genre résolution de "digital detox".


C'est une contrainte physique, imposée par la matière elle-même. 


On n'a plus à décider de se déconnecter : c’est l’eau qui décide pour nous.


Et c'est sans doute aussi pour cela qu’on aime aussi autant nager.

Tuesday, June 23, 2026

POURQUOI LA FÉDÉRATION FRANÇAISE DE NATATION VA CHANGER DE NOM

D'ici une dizaine d'années la Fédération Française de Natation aura de changer de nom.

On vous explique le pourquoi et le comment de cette mutation.


Chronique d’une bascule : de la performance à la survie publique (2026-2032)


Acte I : 2026 – Le "Choc de Juillet"

L'été 2026 reste dans les mémoires comme le moment où le déni a fondu. 

Ce n'est pas une injonction ministérielle qui déclenche la révolution à la Fédération Française de Natation (FFN), mais une réalité physique, brutale : le grand black-out hydraulique de juillet 2026.


En l'espace de trois semaines, sous une canicule stationnaire à plus de 40°C qui paralyse une grande partie du  pays, 450 piscines municipales ferment leurs portes. 


Les raisons ? Arrêtés préfectoraux de sécheresse absolue interdisant le renouvellement de l’eau, pannes en série des systèmes de filtration qui surchauffent, et explosion des coûts de l’électricité.


Pour les clubs amateurs, c'est l'asphyxie. Le Championnat de France open est annulé : l'eau des bassins extérieurs atteint 32°C, devenant un danger thermique pour les athlètes.


A l'automne 2026, un spécialiste des piscines, un certain P.B, envoie une note au président de la fédération, Ses conclusions sont sans appel : « À l'horizon 2035, le modèle de la piscine publique en béton, chlorée et chauffée, aura disparu de 60 % du territoire national. Si la FFN reste la fédération des bassins de 50 mètres, elle sera la fédération d'un sport fantôme. »


C'est cette année-là qu'est voté le budget de la cellule « Horizon Fraîcheur », une cellule de réflexion mené par d'anciens nageurs d'eau libre et des climatologues. 


Leur mission : redéfinir la valeur d'usage de la fédération auprès de l'État.

 

Acte II : 2028 – La révolte des "Maîtres-Nageurs Sauveteurs"

En 2028, la crise change de visage. 

Les piscines étant devenues des produits de luxe ou des zones rationnées, la population se rue massivement vers les "points d'eau sauvages" lors des pics de chaleur urbains. 


Les fleuves et les canaux se transforment en plages improvisées.


Le résultat est catastrophique : l'été 2028 brise le record national des noyades accidentelles. Les profils des victimes ? Des citadins fuyant des appartements surchauffés, ne sachant pas nager en milieu naturel (courants, hydrocution, obstacles).


Les syndicats de maîtres-nageurs (MNS) et les éducateurs de la FFN font bloc. Ils interpellent directement la fédération lors des Assises de la Natation à Lyon :« Nous ne voulons plus passer nos journées à chronométrer des enfants qui font du crawl pour la compétition. Nous passons nos week-ends à faire de la gestion de crise et à ramasser des corps dans des fleuves à 15 km/h de courant. Notre mission, c'est la santé publique ! »


La FFN comprend qu'elle tient là sa nouvelle légitimité politique pour le XXI° siècle. 


Elle négocie un accord historique avec le Ministère de l’Intérieur et la Sécurité Civile : la fédération reçoit des subventions massives non plus pour "générer des médailles", mais pour former la population française à la flottaison de survie en milieu hostile. 


Le programme national « Savoir Nager » est enterré au profit du plan « Auto-Sauvetage Canicule ».

 

Acte III : 2030 – La révolte des collectivités locales

En 2030, la France subit sa plus longue sécheresse hivernale, suivie d'un été étouffant.  

Les maires de France, acculés par des budgets énergétiques en ruine, menacent de couper totalement les subventions aux ligues régionales de natation si celles-ci n'ouvrent pas leurs lignes d'eau de manière "citoyenne".


La FFN opère un virage doctrinal radical. 


Elle cesse de soutenir les projets de construction de complexes aquatiques traditionnels et s'associe à des ingénieurs en génie écologique.


La fédération devient un cabinet d'audit : elle aide les mairies à transformer les anciennes gravières, les lacs de parcs urbains et les bassins de rétention des eaux pluviales en « Zones d’Aménagement de Fraîcheur (ZAF) » biologiquement surveillées. 


Les clubs de natation locaux ne s'entraînent plus en lignes : ils deviennent les gestionnaires et les animateurs de ces oasis urbaines.


La majorité des nageurs vont au club de natation pour apprendre à réguler sa température corporelle en eau froide et à optimiser sa respiration lors des nuits tropicales à 30°C.

 

Acte IV : 2032 – L'AG qui change tout.

Le 14 novembre 2032, c’est l'Assemblée Générale extraordinaire de la FFN. 


Un seul point est à l'ordre du jour : la refonte des statuts de l'organisation et son changement de nom.


L'opposition interne, menée par les derniers bastions du "sport-performance" et de l'olympisme nostalgique, crie à la trahison : « Vous tuez la natation française ! Vous sabotez l'héritage de nos champions pour devenir des animateurs de baignade et des agents de la transition écologique ! »


C'est la présentation par Léon Marchand d'une carte de la France conçue par la cellule Horizon Fraîcheur qui fait basculer le vote. 


Cette carte montre les projections d'habitabilité des villes françaises pour 2040. 


Sans accès à des points de fraîcheur liquide régulés, des dizaines de villes du Sud et de la vallée du Rhône deviendront invivables deux mois par an.


Le Directeur Technique National monte à la tribune et prononce cette phrase restée célèbre :

« Nos médailles d'or ne refroidiront pas les quartiers de Marseille ou de Bobigny à 45°C. Notre mission historique était d'apprendre aux Français à briller dans l'eau. Notre mission future est d'utiliser l'eau pour les empêcher de brûler. »


Le vote est validé à 74 % des voix.


La Fédération Française de Natation change de nom. 


Elle s’appelle désormais la Fédération Française de la Fraîcheur et de la Natation.


Les adhésions explosent - elles passent de 410 000 membres à plus de 600 000. 

La natation a cessé d'être un sport.  

Elle est devenue un service public vital.

Elle est la première fédération sportive a mettre le Principe d'Habitabilté au coeur de sa raison d'être.

Tuesday, July 15, 2025

ET SI ON FAISAIT UN MAPPING DES MARQUES DE SPORT DÉFAILLANTES ?

Quand on se demande "c'est quoi réfléchir à l'avenir d'une marque de sport ?", on se questionne à la fois sur ce qui pourrait être les points forts... mais aussi les points faibles.

Ces points faibles sont facilement descriptibles : 

- produits de mauvaise qualité 

- produits blessants

- service après vente fuyant

- promesses commerciales non tenues.


Ces rares que des marques associent ces quatre faiblesses.


C'est rare, mais cela arrive !!!


C'est le cas par exemple de la marque Orca spécialisée dans les différents types de combinaisons liées la nage.


Orca est, en effet, capable :


- de vendre une combi qui s'abime en séchant,

- de vendre une combi très abrasive pour la peau,

- d'avoir un customer service multipliant les manoeuvres dilatoires

- de promettre des produits annexes qu'elle ne délivre pas lors de l'achat.


Oui, ça fait beaucoup pour une seule marque !!!  


Nous avons évidement toutes les preuves - notamment photographiques - de ce que nous avançons !!!


En soi ce n'est pas très grave, les marques incapables d'être à la hauteur de leurs promesses et de leur communication ont toujours existé.


Orca en fait partie.


Ce qui est plus intéressant avec cette marque, c'est une fois de plus l'incroyable décalage entre le storytelling développé sur son site et sur les réseaux et la réalité de ses produits et "service".


Un décalage qui nous a donné l'idée de développer une hypothèse de travail : 

et si au lieu de faire le énième mapping marketing sur les attributs plus ou moins positifs des marques de sport, on construisait un mapping des marques de sport défaillantes ?


On en reparlera lors de nos Rencontres Sport/Équipement/Stratégie ® organisées autour de la question "c'est quoi demain, une marque de sport ?"

Saturday, January 11, 2025

ET SI NOUS VIVIONS TOUT SIMPLEMENT, LA FIN D'UN MYTHE DU XX° SIÈCLE ?

En 2019, Farhad Manjo publiait dans le NYT,  "It's the End of California as We Know It"" 
"C'est la fin de la Californie telle que nous la connaissons." 
"L'idée fondatrice de cet endroit est l'infinitude - sur des miles et des mile de jolies maisons reliées par des autoroutes et des lignes électriques non isolées qui s'étendent dans les collines boisées."  
"Notre mode de vie repose sur une série de mythes - le mythe de l'espace infini, du carburant infini, de l'eau infini, de l'optimisme infini, de l’étalement urbain infini et du stationnement gratuit infini."
"Un par un, ces mythes s'enflamment. 
Nous manquons de terres, de logements, d'eau, de routes et maintenant d'électricité 
Réparer tout cela nécessite un changement systémique, mais nous ne sommes pas à la hauteur."  
"La Californie, telle qu'elle est actuellement conçue, ne survivra pas au climat à venir.  -  là

Et si ce n'était pas si grave que cela, ce mythe étant totalement insoutenable ?

Lire absolument "Au bout du compte ce n'était pas suffisant"

Monday, July 08, 2024

ROME, BATH, TOKYO, NEW-YORK, BEAVERTON ... ILS SONT OÙ LES NOUVEAUX LIEUX DU CORPS ?

L'histoire des civilisations, comme celle de l'urbanisme, est toujours une histoire de relation avec l'eau.

Toutes civilisations ont inventé des lieux de l'eau, et des lieux du corps et l'eau : thermes, temazcal, hammam, sauna, sento, bain ayurvé­dique ...

Ces lieux de l'eau et du corps peuvent être la base d'analyse urbaine.

Quand on regarde l'histoire (Rome) ou le XX° siècle (New-York), on voit que les grandes civilisations ont inventé des nouveaux lieux du corps. 

Aujourd'hui, nous vivons dans une civilisation du corps.

Mais ils s'inventent où les Nouveaux Lieux du Corps ® dans les villes du monde aujourd'hui ?

A Bath ? là.

À Tokyo ? là.

A Beaverton, chez Nike ? là.

Et demain, ça pourrait être où ?

Monday, June 10, 2024