Monday, November 11, 2013

LE PAQUEBOT DESTRUCTEUR OU IRRIGATEUR ?

Certains spots de pub déclenchent parfois chez moi une foultitude de réactions. C'est le cas  du dernier film "On The Dock" de Jean Paul Gaultier qui, avant toute chose, m'est immédiatement apparu comme un grossier pompage de la bande dessinée du "Leviathan" (voir image ci-dessous).

Deux types d'images, deux histoires différentes, mais une seule et même idée celle d'un paquebot destructeur de ville .Une idée de destruction malheureusement renforcée depuis 24 heures par les images qui nous arrivent des Philippines après le passage du typhon Haiyan et ses bateaux qui, ayant brisé leurs amarres, donnent l'impression d'avoir écraser une ville - là. 

Des images qui rappellent très directement celles vues au Japon au lendemains du tsunami en 2004 et qui rentrent dans une résonance étonnantes avec celle de certains chantiers navals installés en pleine ville - comme ce fut le cas en Angleterre à une certaine époque (photo ci-dessous) ou en Chine encore aujourd'hui - voir "Catastrophe ou chantier ?"



On retrouve dans ces images le sentiment toujours très ambigüe que les terriens éprouvent pour ces monstres face à un environnement urbain qui apparait parfois tout petit et très fragile. L'un des endroits le plus emblématique de cette relation de fascination et de craintes est certainement Venise avec ces paquebots à la fois nourriciers (apport de touristes, et donc de richesses) et destructeurs, les remous créés par ces bateaux fragilisant encore un peu plus la lagune. 


Évidement dans d'autres villes beaucoup plus hautes, le rapport est - ou a été - différent. A New-York les paquebots n'ont ainsi jamais été perçus comme des menaces, mais au contraire une source d'ouverture de brassage et donc forcément d'enrichissements. 

Autour de Manhattan, les paquebots ont longtemps font partie intégrante du paysage et même de la pensée urbaine et architecturale. Le paquebot est pensé dés 1935 par certains architectes comme un building (là). Et aujourd'hui le paquebot reste encore très présent dans la pensée prospective de la ville que ce soit de façon très utopique - voir "New-York Vision 2030" - ou, au contraire de façon très pragmatique pour lutter contre les inondations - voir "La carcasse de navire comme avenir urbain".  

Le paquebot n'est pas vu comme un bateau mais comme un ville, comme une source d'inspiration au même titre que la figure de l'hôtel - voir "New floating cities". 

Quelqu'un comme Le Corbusier a largement participé de ce mouvement. Fasciné par les paquebots qui reliaient l'Europe aux Etats-Unis, l'architecte suisse a, en effet, toujours reconnu s'être très directement inspiré de leurs aménagements pour concevoir ses cinq cités radieuses. L'idée de pouvoir associer en un seul bâtiment à la fois de l'habitat individuel, les services et les espaces collectifs, apparaissait au Corbu comme une solution idéale pour la nouvelle organisation urbaine qu'il rêvait de mettre en place. La disparition progressive des grands liners transatlantiques au cours des années 60, et l'échec patent de l'urbanisme imaginé par Le Corbusier ont fait peu à peu oublier ces liens entre paquebots et architecture. 

Pourtant aujourd'hui, avec l'apparition d'une nouvelle génération de méga-paquebots , les réflexions prospectives sur le paquebot comme figure de la ville de demain pourraient bien réapparaître, tant ces derniers semblent porteurs de dynamiques d'aménagement en germe dans nos sociétés urbaines - voir "Toujours marins ?" et "Le paquebot : symbole des mutations urbaines ?"

PS / A noter que les portes-containers pourtant beaucoup plus gros que les plus gros paquebots de croisières ne sont, eux, jamais pensés comme des objets urbain, car beaucoup plus lointains - voir "énormes et invisibles" - et alors que le container est, lui, devenu un objet urbain et architectural à part entière - voir là.

Friday, November 08, 2013

AU BUREAU OU A L'HÔTEL ?

Ci-dessus deux toiles du grand Eric Fischl.

Ci-dessous des visuels de l'actuelle campagne française de DayUse.Com.

Des images de nature très différentes mais qui renvoient à notre question "Et si les hôtels et les bureaux ...", mais aussi à "Du bureau à l'hôtel ?"

 
Sinon trouver un bureau vide - là. 

Thursday, November 07, 2013

C'EST QUOI TRAVAILLER DEMAIN ?

C'est quoi comme espaces ?

C'est quoi comme mode de management ?

C'est quoi la performance ?

C'est quoi la communication entre les collaborateurs ?

Ça s'appelle "10 Bullets", et ce sont 17 minutes de pur bonheur signées du génial Tom Sachs.

On reparle de tout cela lors de l'Atelier Transit-City du 18 décembre prochain dont le thème sera "Et si on se racontait un autre avenir de la mobilité et du travail ?"

C'est aussi le prolongement parfait de cela.

Wednesday, November 06, 2013

QUAND LE FERRY EST LA MAISON ET LE BUREAU

Pour prolonger esquissée dans mes deux précédents posts sur la mutation de certains moyens de transports en lieux de vie et de travail, je voulais vous proposer ces trois images sur la transformation d'un vieux ferry en un logement avec bureau. Oui, ça fait rêver - toutes les infos là.


On reparle de tout cela lors de notre Atelier Transit-City le 18 décembre prochain dont le thème sera "Et si on se racontait un autre avenir de la mobilité et du travail ?"

Tuesday, November 05, 2013

QUAND LE BUREAU N'EST PLUS AU BUREAU

Là les explications sur ces chiffres qui confirment une tendance lourde - voir là.

On en reparle lors de l'Atelier Transit-City le 18 décembre prochain dont le thème sera "Et si on se racontait un autre avenir de la mobilité et du travail ?"

QUAND LE BUS EST DEVENU UN BUREAU

Pour prolonger mon précédent post sur les mutations possibles du bus ...

Les infos factuelles sont là sur cette agence de Los Angeles qui a décidé de ne plus avoir de bureau fixe et d'aller jusqu'au bout de sa logique en s'appelant "Let There be Dragons".

Ça peut, en partie répondre, à la question de "l'embouteillage comme bureau du futur", et nourrir la réflexion autour de la question "c'est quoi un bureau demain ?"

On reparle de tout cela lors de l'Atelier Transit-City le 18 décembre prochain dont le thème sera "Et si on se racontait un autre avenir de la mobilité et du travail ?"

QUAND LE BUS EST DEVENU UN HÔTEL

Entre "Priscilla" et "On the roof", là une autre approche du voyage qui renvoie à la fois à cette superbe expérience ferroviaire mais aussi à cette hypothèse automobile.

Ça peut aussi nourrir les réflexions sur l'évolution du travail et de ses nouveaux espaces - voir Next Factory - mais voir aussi "l'embouteillage comme bureau du futur ?", "et si le car sharing changeait le design automobile ?" et "avachis, nomades et hyper-connectés"

On en reparle lors de notre Atelier Transit-City le 18 décembre prochain dont le thème sera "Et si on se racontait un autre avenir de la mobilité et du travail ?"

Sunday, November 03, 2013

IMAGINE IF MANHATTAN MOVED TO JFK

Si demain le sud de Manhattan doit être régulièrement inondée du fait des ouragans et des montées de la niveau de la mer qui vont avec (voir là et là) - il y a plusieurs façon de penser le futur de l'île :
- soit gérer l'urgence - voir là.
- soit inventer et créer de nouveaux aménagements côtiers - voir là, là et le précédent post.
- soit imaginer déplacer une partie des fonctions installés dans le sud de Manhattan, ailleurs.

Et c'est cette dernière hypothèse radicale qu'a choisi évidement l'OMA de Koolhaas pour réfléchir au devenir de New-York, en imaginant que le coeur de la ville pourrait se déplacer et se réinventer sur de nouvelles bases autour de JFK.

Les explications qui vont avec les images ci-dessous sont là.

L'image ci-dessus m'a particulièrement plu car elle me rappelle très directement les réflexions que nous avons au sein de Transit-City à la fois sur la vocation urbaine des aéroports - "Heathrow, a Vatican of western suburbs ?" -, mais aussi sur la représentation que l'on peut faire de ces lieux du fait de l'empilement des styles et des fonctions - "c'est quoi l'architecture d'un aéroport ?" 

On retrouve dans le travail d'OMA ces mêmes questions sur la difficulté de la représentation de tels équipements contournée ici par un tour de passe-passe qui renvoie à "Collage City"et à "Learning from Las Vegas". On retrouve là l'esprit des travaux de Koolhaas sur New-York - voir "Delirious New-York" - et sur Las Vegas - voir "Guide to Shopping"- qui mêlent fascination pour le fictif (les parcs de loisirs, les casinos, les centres commerciaux...) et véritable admiration sur la capacité des loisirs a fondé un nouveau genre de ville dont le projet ci-dessous rend très bien compte.

Le projet d'OMA est évidement la totale anti-thèse du projet ci-dessous, visible là.