Monday, October 13, 2014

UNE AUTRE APPROCHE AUTOMOBILE

Les images ci-dessus synthétisent un état de fait et une démarche.

L'état de fait c'est celui du marché africain de l'automobile aujourd'hui

La démarche c'est celle engagée à Khumasi au Ghana pour construite une "voiture africaine" en 12 semaines.

Voir , la démarche.

Voir , le concept de la voiture; la Smati Turtle.

On est dans la suite logique de "Et si c'était dans les casses de Dakar que s'inventait la voiture de demain ?" et de "Et si la pauvreté et la pauvreté servaient de base à un post-fordism low-tech ?"

Face à ce genre d'expérimentation , il y a deux attitudes possible :
- soit on se dit que c'est totalement anecdotique,
- soit on se dit que c'est peut-être le début d'une nouvelle ère industrielle low-tech comme au Kenya avec Mobius - voir : "On regarde où pour penser les micro-factories automobiles du futur ?"

Et comme souvent dans ce genre de démarche, ce sont les recherches exploratoires qui se révèlent souvent les plus passionnantes. 

J'avoue avoir été particulièrement sensible aux pistes explorées par la designer Cynthia Hataway au cours de l'élaboration de la Turtle 1 - plus . On y retrouve cette idée de voiture tubulaire low-tech et totalement modulable - voir "Vers un avenir frugal et modulaire ?"

Ce post est le reflet, entre autres, de :

Thursday, October 09, 2014

QUAND LES MILITAIRES PENSENT AU VÉLO ...

Pour prolonger mon précédent post sur la façon dont les militaires repensent aujourd'hui'hui leur mobilité autour d'engins légers et rapides, j'ai voulu aller au bout de la question en me demandant comment ils abordaient un objet comme le vélo.

J'avoue que dans le lien "militaire / vélo", j'en étais resté à des images soit assez anciennes, soit assez caricaturales, bien que pas forcément inintéressantes (voir ci-dessus l'ingéniosité de ces soldats qui ont mis une corde derrière un tracteur pour éviter de pédaler !!! ) Ces a priori étaient aussi justifiés par le fait que le vélo est aujourd'hui très peu développé dans les armées du monde - voir -, à l'exception, peut-être, des armées suisse et suédoise

Mais, avec les nouvelles formes de combat fondées sur la furtivité et la rapidité des forces spéciales, les choses pourraient changer dans les années à venir. Preuve en sont les réflexions conduites par la Darpa américaine avec la société Montague sur le vélo militaire - voir Military Bikes et les détails techniques .

Evidement les critères de performance des militaires ne sont pas vraiment les mêmes que dans le civil (le souci de sauter en parachute avec son vélo est quand même très minoritaire chez l'acheteur moyen de VTT !!), mais l'approche globale est très intéressante surtout quand elle aborde notamment la question de la capacité d'emport comparée à la consommation de pétrole - voir le tableau ci-dessous. Il y a là des pistes qui mériteraient d'être développées en matière de prospective sur la mobilité urbaine.

Si le vélo n'a pour l'instant pas véritablement réussit sa percée dans l'US Army, il séduit par contre de plus en plus une nouvelle génération de chasseurs américains plus sportifs qui recherchent une alternatives au duo "4x4 / fusils" dans un nouveau couple associant vélo et tir à l'arc. Le marché du hunting bike est aujourd'hui en pleine croissance et les arguments sont évidement très proches de ceux sur lesquels réfléchissent les militaires - voir "Entre arc et lance-pierres",  "Le chasseur comme modèle ?" et sur le vélo ci-dessous.

Reste maintenant à savoir comment ces réflexions et ces nouveaux vélos pourraient irriguer la pensée urbaine, surtout quand on connait la puissances des imaginaires du sport et de l'out-door dans les imaginaires mobiles urbains contemporains - voir "Du militaire à l'ultra-trailer comme référence de la performance ?"

Sur l'importance des sacoches dans la prospective mobilité, voir impérativement, "Vers des voitures molles ?" et "Et si le soldat devenait une machine molle ?"

Wednesday, October 08, 2014

Tuesday, October 07, 2014

ET SI L'US ARMY PRÉPARAIT LE TISSUS INDUSTRIEL SOUPLE ET NOMADE DU POST-FORDISM ?

Depuis 20 ans, la mondialisation ce sont deux choses : internet et le container.

Les containers ont changé la face du commerce et de la logistique.

Voir :
Container : the forgotten space 

Il sont, peut-être, en train de changer aussi la façon de concevoir des villes, des maisons et des usines.

Voir :
Package Home
The next 100%modular city
- Hong Kong entre container et Lego
- Imagine if Sydney ... if Manhattan

Les plus à la pointe sur ce sujet sont - une fois de plus - les militaires américains.


C'est eux qui, en mettant peu à peu la mobilité et la modularité au coeur de leurs réflexions stratégiques, proposent de nouvelles façons de concevoir des bases de vie, des aéroports, des prisons, des centres commerciaux, des hôtels et des micro-factories du futur.


Voir :
Sans usine fixe ?
- Lego, Brickarms et la Rapid Equiping Force
- Quand l'US Army invente la micro usine nomade du futur
Le camion comme usine du futur et son prolongement civil Mobifactory, l'usine nomade du futur ?
Quand les bateaux deviennent des ports

Ces réalités cela fait plusieurs années que j'en parle dans ce blog, mais il manquait jusque-là un ouvrage faisant la synthèse de ces mutations liées au container et aux nouvelles façons de penser le monde.

Aujourd'hui ce livre existe, il vient de sortir aux Etats-Unis sous le nom de "The Deadly Life of Logistics" et il est signé d'une jeune géographe de l'Université de Toronto spécialiste des questions militaires, Deborah CowenSon livre est absolument passionnant. 


Voila comment son éditeur - l'Université du Minnesota - le présente.
"In a world in which global trade is at risk, where warehouses and airports, shipping lanes and seaports try to guard against the likes of Al Qaeda and Somali pirates, and natural disaster can disrupt the flow of goods, even our “stuff” has a political life. The high stakes of logistics are not surprising, Deborah Cowen reveals, if we understand its genesis in war.
In The Deadly Life of Logistics, Cowen traces the art and science of logistics over the past sixty years, from the battlefield to the boardroom and back again. 

Focusing on choke points such as national borders, zones of piracy, blockades, and cities, she tracks contemporary efforts to keep goods circulating and brings to light the collective violence these efforts produce. She investigates how the old military art of logistics played a critical role in the making of the global economic order - not simply the globalization of production but the invention of the supply chain and the reorganization of national economies into transnational systems. While reshaping the world of production and distribution, logistics is also actively reconfiguring global maps of security and citizenship, a phenomenon Cowen charts through the rise of supply chain security, with its challenge to long-standing notions of state sovereignty and border management.
Though the object of corporate and governmental logistical efforts is commodity supply, "The Deadly Life of Logistics" demonstrates that they are deeply political - and, considered in the context of the long history of logistics, deeply indebted to the practice of war."

Moi j'ai voulu relier les analyses de Deborah Cowen à mes propres réflexions sur l'évolution des nouveaux modes de production industrielle dans un monde post-fordist et décentralisé - voir "Quand l'industrie automobile d'ère ..." - et sur le rôle possible des militaires dans cette évolution - .

Et je me suis posé la question de savoir si la nouvelle stratégie de développement de l'US Army autour de petites bases dite "nénuphar" ne pourrait pas préfigurer les micro-usines post fordistes du futur ?

Pour réfléchir sur la question, je vous propose des extraits d'un texte passionnant  titré "La Statégie des nénuphars" et signé David Vime, professeur d’anthropologie à l’American University à Washington DC.

« Tandis que diminue la collection de bases gigantesques de l’ère de la Guerre Froide, l’infrastructure des bases à l’étranger a éclaté en taille et en portée. Sans que la majorité des habitants des Etats-Unis ne le sachent, la création de bases sur toute la planète progresse, grâce à une nouvelle génération de bases que les militaires nomment « Lily pads » (« nénuphars »). 
Dans le monde entier, de Djibouti aux jungles du Honduras, des déserts de la Mauritanie aux petites Îles Cocos en Australie, le Pentagone cherche autant de « nénuphars » qu’il peut, dans autant de pays qu’il peut, le plus rapidement possible. (...)
(...) Les planificateurs militaires prévoient un futur d’interventions interminables à petite échelle dans lesquelles un grand nombre de bases, géographiquement dispersées, seront toujours préparées à un accès opérationnel instantané. (...)

(...) Autrement dit, les fonctionnaires du Pentagone rêvent d’une flexibilité presque illimitée, d’une capacité de réagir avec une rapidité remarquable devant des événements n’importe où dans le monde, et par conséquent quelque chose qui s’approche un peu d’un contrôle militaire total de la planète." (...)
Rapidité, souplesse, modularité, petites unités... difficile de ne pas faire un parallèle avec toutes les promesses post-fordistes d'un nouveau mode décentralisé  de production industrielle. On est complètement entre "Sans usine fixe ?" et "Quand l'industrie automobile change d'ère ..."

Monday, October 06, 2014

TRAVAILLER, SURVEILLER, NE PLUS DORMIR

Au début, on voit un enfant dormir dans sa chambre, et un homme endormi devant la télé.

On comprend qu'il est tard, qu'il fait nuit et que c'est normal d'être fatigué à cette heure là.

Dans les plans suivants, on voit une femme à son travail pimpante et souriante malgré l'heure tardive.

Elle anime un réunion mais est visiblement interrompue par un message sur son portable.

En consultant son téléphone, elle semble comprendre que son fils s'est réveillé et allume donc la veilleuse du bambin pour qu'il puisse se rendormir.

Elle comprend aussi que son mari s'est endormi devant la télé en oubliant de l'éteindre. Elle le fait donc pour lui.

Vous aurez compris que cette femme est merveilleuse.

Non seulement elle travaille pendant que ses hommes dorment, mais en plus elle s'occupe de leur sommeil.

Et elle fait tout cela avec le sourire, car elle visiblement très heureuse d'être encore à minuit au boulot au lieu d'être au fond de son lit. Et on sent que si, en plus, elle avait pu passer l'aspirateur, faire les vitres et étendre le linge avec son mobile, elle l'aurait fait.

Chez SFR, ils disent cela avec leurs mots : "Ce qui est smart, c'est d'être chez soi quand on y est pas".

Chez SFR, on trouve cela merveilleux, et on vous promet que vous aussi, bientôt, vous pourrez faire la même chose avec leurs services.

Ce spot de pub est terrifiant.

D'abord dans sa promesse : qui - honnêtement - peut rêver de mener la vie de cette femme là ? Franchement personne, sauf de façon exceptionnelle en cas d'urgence. Cela nous est tous arrivé, mais de là à en faire un modèle désirable, il y a un pas ...

Mais ce spot est aussi, et surtout, terrifiant par les deux grandes idéologies qu'il porte et qui sont supposées annoncer notre futur

- La première idéologie est celle tendant à nous faire croire que la vie de demain sera forcément et idéalement placée sous le signe de l'hyper contrôle non plus seulement des organismes étatiques - type NSA et consorts - mais aussi de ses proches. Et que cette hyper surveillance sera merveilleuse car elle se fera pour notre bien. On retrouve là le phénomène qui se met en place via la santé avec, entre autres, la politique d'une entreprise comme OM - voir "Quand la notion de performance sportive change de nature".

- La deuxième idéologie, tout aussi terrifiante, est celle qui voudrait nous faire croire que la performance ne peut-être qu'associée au fait de moins dormir. Une idéologie et un phénomène très bien décrits par Jonathan Crary dans son incontournable "Open 24/7 - Le capitalisme à l'assaut du sommeil". Vous pouvez en lire de larges extraits dans "Et si le post fordism c'était un homme qui ne dormira jamais ?


Ce spot de SFR est donc la poursuite de leur précédente saga "Et c'est pas fini !", avec, notamment, cette connasse qui racontait une histoire à son fils pour qu'il s'endorme et qui le réveillait car il avait eu le malheur de ... s'endormir avant la fin de l'histoire - . Un peu comme si avec ce nouveau film, SFR voulait nous faire comprendre que non seulement "ce n'est pas fini", mais que "ça ne fait que commencer !"

Et pour ne surtout pas conclure et tenter de poursuivre la réflexion sur les mutations du néo-capitalisme sous l'influence des nouvelles technologies, je voulais vous proposer cette une du dernier numéro de la version française de la Harvard Business Review. C'est la version managerial du spot de SFR, et c'est tout aussi terrifiant.

Friday, October 03, 2014

TAXI / PARCE QUE DANS CERTAINES CIRCONSTANCES ...

Parce que dans certaines circonstances les chauffeurs de taxis - ceux de Buenos Aires, en l'occurrence - peuvent se révéler de formidables diffuseurs de réflexions innovantes - voir .

On en reparlera sans doute lors de notre prochain Atelier Transit-City organisé le 7 novembre prochain autour de la question "C'est quoi un taxi demain ?" - toutes les infos, .

Thursday, October 02, 2014

TAXI / PARCE QUE DANS CERTAINS PAYS ...

Parce que dans certains pays le transport est synonyme d'efficacité,

Parce que dans certains pays le transport est synonyme de propreté,

Parce que dans certains pays le transport est synonyme de courtoisie,

Parce que dans certains pays le transport est synonyme de service aux clients,

Parce que dans certains pays le transport est synonyme de design innovant,

Alors ...

Alors dans ces pays, les taxis reflètent la culture locale de l'efficacité, de la propreté, de la courtoisie, du service aux clients et d'un certain design.

Parmi ces pays il y a évidement le Japon et, plus particulièrement, ses taxis de Tokyo avec leurs chauffeurs habillés comme des banquiers et leur voiture au look à la fois suranné et coloré - et .

Et c'est pour cela que dans certains pays, prendre le taxi reste toujours un plaisir.

On en reparle lors de notre prochain Atelier Transit-City organisé le 7 novembre prochain autour de la question "C'est quoi un taxi demain ?" - toutes les infos, .

Wednesday, October 01, 2014

SYMBOLE

La très élégante couverture du New-Yorker de cette semaine. Ou quand certaines villes ont le privilège de pouvoir être symbolisées par leurs taxis.

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