Le HCSH serait un lieu de négociation - pas une autorité réglementaire - où se trancherait concrètement une question que personne ne tranche aujourd'hui : jusqu'où peut-on développer le sport sans dégrader les conditions qui le rendent possible ?
- Sa fonction centrale serait d'arbitrer les conflits de compatibilité.
Aujourd'hui, quand une fédération veut développer une pratique dans un territoire vulnérable - organiser un trail en zone sèche, une compétition nautique sur une rivière fragilisée, construire une station de ski à 1400m - personne n'arbitre la tension entre l'intérêt sportif et l'habitabilité du milieu.
Le HCSH serait cette instance !
Ses délibérations et avis auront pour seule question et boussole : "Cette décision sportive préserve-t-elle, dégrade-t-elle, ou est-elle neutre vis-à-vis des conditions qui rendent ce sport possible dans 20 ans ?"
- Sa composition serait une chambre hybride
Ni purement sportif, ni purement écologique. Il réunirait :
- des représentants des fédérations sportives (par grande famille de milieux : montagne, eau, urbain, nature)
- des scientifiques de l'habitabilité (climatologue, hydrologue, écologue du territoire)
- des praticiens de terrain (clubs, entraîneurs, guides)
- des juristes spécialisés en droit environnemental
- des élus locaux de territoires sportifs vulnérables
- et des représentants des milieux naturels dotés d'une personnalité juridique et disposant d'un droit de parole formel.
- Ses outils seraient nouveaux.
Son instrument de base serait L'Atlas de l'habitabilité sportive ®, une cartographie qui n'existe pas encore mais qui serait à créer.
Cet Atlas croiserait pratiques sportives et vulnérabilités écologiques territoire par territoire, avec des horizons temporels. Tel massif skiera encore 15 ans. Tel fleuve ne pourra plus accueillir de compétitions de kayak d'ici 2040.
A partir de cet Atlas, il publierait chaque année un Baromètre annuel du sport habitable ® évaluant chaque fédération sur sa trajectoire de compatibilité avec les conditions d'habitabilité de ses pratiques.
- La forme de ces décisions.
Le HCSH émettrait des avis de compatibilité sur les grandes décisions sportives nationales : candidatures olympiques, plans de développement des fédérations, grands événements internationaux.
Il ne disposerait évidemment pas d'un droit de veto, mais rendrait un avis public et motivé, opposable dans le débat.
- Son positionnement institutionnel
Il ne serait évidement ni sous tutelle du CNOSF (ce qui l'asservirait aux intérêts des fédérations sportives), ni sous tutelle du Ministère (ce qui le politiserait), ni une ONG (ce qui risquerait de le marginaliser).
Il fonctionnerait comme le Haut Conseil pour le Climat, c'est à dire une autorité indépendante, dotée d'une légitimité multi-acteurs, sans pouvoir réglementaire mais avec un pouvoir de vérité publique.
Ce qui en ferait une institution réellement nouvelle.
- Ce ne serait pas un comité de plus.
- Sa rupture serait de retourner la logique actuelle : au lieu de demander comment le sport peut s'adapter à la contrainte écologique, il poserait la question comment le sport peut devenir un acteur de la préservation des conditions de sa propre existence ?
C'est une institution traiterait le sport non pas comme une victime du changement climatique... mais comme un acteur à part entière et donc responsable de l'habitabilité.
On vous laisse y réfléchir.
