Sunday, June 20, 2010

LAGOS MOBILITY


Pour faire suite à mes différents post sur la croissance urbaine africaine ( et ), je voudrais juste vous inciter avec les images ci-dessus, à regarder un excellent reportage réalisé par Channel 4 sur Lagos, la capitale économique du Nigeria.

C'est un bon complément au "Lagos / Koolhaas", dont certains extraits sont visibles .

Et pour un tableau complet de la situation, il faut lire "Nigeria : Petroleum, pollution and poverty in the Niger Delta" et "Far From Gulf, a Spill Scourge 5 Decades Old", deux contre-points sombres, et assez terrifiants, de la croissance nigériane.

Friday, June 18, 2010

NAIROBI, A DANISH CITY ?

Pour rebondir sur un récent post sur les nouvelles banlieues des villes africaines ( ), je voulais vous proposer ces quatre photos qui en disent plus que bien des discours sur les nouvelles logiques d'urbanisation actuellement en cours sur le continent noir ... et ailleurs.

Les deux premières photos montrent le très sélect Royal Nairobi Gulf Club, situé dans l'est de la capitale kenyane. Dans celle du haut, on y voit une résidence privée jouxtant le parcours, comme on en voit souvent aux Etats-Unis. Dans celle juste en dessous, on voit ce même parcours de golf, mais cette fois-ci entouré d'un tissus urbain totalement différent, puisqu'il s'agit d'un des plus grands bidonvilles d'Afrique, celui de Kibera. Un bidonville terrible de pauvreté et de violence qui abrite près d'un million d'habitants (soit plus d'un tiers de la population de Nairobi !!! ), et dont je vous avais déjà parlé à propos du bouleversant "I Want to Be a Pilot".

La pire des pauvreté côtoie d'à peine quelques mètres la plus grande des richesses.

Aujourd'hui plus de 50% des Kenyans vivent sous le seuil de pauvreté et 25 % avec moins d'un dollar par jour.

La situation économique et sociale du Kenya, est donc très très loin d'être comparable à celle des pays développés, notamment européens. Difficile dans ce contexte d'imaginer penser le futur de Nairobi avec des codes urbains et des références de pays riches.

Et pourtant cette évidence n'est visiblement pas partagée par tout le monde.

Preuves en sont les images ci-dessous. Elles sont tirées de "Nairobi Vision", un document d'urbanisme réalisé par le cabinet danois Henning Larsen Architects dans le cadre d'un concours organisé par la Nairobi Greater Metropolitan Region sur l'avenir de l'agglomération. Rassurez-vous, ce cabinet n'a pas gagné !

En découvrant ces images, j'avoue avoir été stupéfait par leur totale déconnection avec le réel. Oser proposer comme solution aux problèmes de Kibera une trame verte, relève d'une telle indigence qu'on a envie d'envoyer ces braves Danois y vivre ne serait-ce qu'une petite semaine ! Et que dire de ces éco-quartiers surréalistes, avec leur architecture et leur circulation tout droit issue de villes aussi riches et développées que Copenhague ou Munich ?

Certains architectes ont toujours autant de mal à comprendre que les nouvelles logiques du capitalisme font que la croissance ne profite qu'à une minorité, et que les grandes métropoles de demain ressembleront plus à Lagos ou Rio qu'à Stockolm ou Genève.

Il suffit de regarder ce qui se passe à Mumbai, Sao Paulo ou Caracas. C'est triste à dire, mais c'est plutôt là que s'écrit une bonne part du futur urbain dans de nombreux pays en voie de développement.

Aujourd'hui un milliard de personnes vivent dans des bidonvilles, il seront deux milliards en 2030.

Wednesday, June 16, 2010

PINTURA / IXTAPALUCA / SANTA MARTA




Quand une certaine misère urbaine, réelle ou conceptuelle, tente de se cacher sous des flots de couleurs criardes, cela donne des images comme celles-là.

Ci-dessus, il s'agit de l'incroyable - et assez improbable - quartier d'Ixtapaluca, dans la banlieue de Mexico. (Plus )

Ci-dessous, il s'agit de la dernière réalisation du groupe Favela painting dans celle de Santa Marta à Rio.



Dans les deux cas, c'est évidement déprimant et triste à pleurer.

Tuesday, June 15, 2010

LEVITTOWN IN AFRICA, 60 YEARS LATER



Le rêve américain de la banlieue paisible avec ses villas, ses pelouses, ses piscines et son golf irrigue le monde entier, et ce même dans les pays quasi désertiques qui n'ont a priori absolument pas le climat pour. Qu'importe, c'est un idéal et cela fait vendre. Et puis, comme me disait récemment un promoteur égyptien, "les Américains ont bien réussit à le faire à Las Vegas !" ... (Pour un parallèle entre Le Caire et Las Vegas, mais beaucoup moins rose, voir )

Sauf que ce beau rêve ne se concrétise pas toujours, comme le montre ce projet de Dreamland lancé au sud-est du Caire par le groupe Bahgat, et qui est aujourd'hui totalement ensablé, au propre comme au figuré. ( Voir l'article "Cairo: Suburbanizing the Desert", d'où proviennent certaines images de ce post, mais aussi )

Reste qu'au delà du plantage de ce projet, il faut bien réaliser qu'aujourd'hui la croissance urbaine d'un certain nombre de pays africains se fait aujourd'hui en partie sous cette forme de vastes banlieues pavillonnaires totalement privatisées et réservées à la classe aisée ( Voir, notamment, New african suburbia).

Et cela devrait largement se poursuivre quand on découvre que parmi les 25 villes les plus chères au monde, on compte cinq villes africaines ; Luanda (Angola), Libreville (Gabon), Abidjan (Côte d’Ivoire), Abuja (Nigeria) et Kinshasa (République démocratique du Congo). Soit, à l'exception d' Abidjan, des métropoles situées dans des régions productrices et exportatrices de pétrole. Une activité qui, on le sait, ne profite qu'à une extrême minorité qui cherche, ou va chercher, à s'installer dans des gated communties loin des centres urbains traditionnels. Et donc plus l'Afrique va s'enrichir ( voir "The progress and potential of African economies", mais aussi "L'Afrique va bien" de Matthias Leridon ), plus c'est ce type de croissance urbaine périphérique qui va se développer. Les nouveaux riches ont envie d'espace et de calme, et n'ont aucune envie d'aller vivre en centre ville dans des immeubles collectifs, aussi luxueux soient-ils. L'Afrique n'est pas l'Asie.

Pour preuve ces quelques images d'Abuja, la capitale du Nigeria.



Evidement devant de telles photos, on ne peut pas ne pas penser à la fameuse Levittown, la ville laboratoire qui a littéralement inventé la suburbia américaine à la fin des années 40, et dont le principe d'organisation est devenu un modèle totalement mondialisé.

Ci dessous, carte, photo et explications sur Levittown, tirées de l'excellent "49 CITIES - Mapping and Measuring the Utopian Metropolis", dont je vous avais déjà parlé .



Sunday, June 13, 2010

APPLE'S NEW FORBIDEN CITY


Ci-dessus la carte d'une de ces nombreuses "zones de croissance" chinoises situées dans l'agglomération de Shenzen et où sont fabriqués un certain nombre de produits Apple (et - bien sur - d'autres marques électroniques). Pour plus d'explications et d'analyses sur cette cartes et les conditions de vie qui s'y déploient, voir "The Forbidden City of Terry Gou" et "The ballet of iPod City".

De mon côté, j'ai juste envie de vous inciter à revoir le spot de pub réalisé par Apple en 1984 pour lancer son premier MacIntosh (Plus d'explications sur ce film, ).

Je ne suis pas certain que si les Chinois qui construisent les i-Phone pouvaient voir cette publicité, ils y verraient forcément un hymne à la liberté.

Aujourd'hui, dans cette publicité on peut, en effet, voir deux choses :

- soit un directeur d'usine dirigeant des ouvriers sur-exploités, comme les ouvriers des usines chinoises.

- soit Steve Jobs lui-même présentant un de ces nouveaux produits devant ses afficionados lors d'une ces fameuses grandes messes qu'affectionne tant le boss d'Apple.

Cruel retournement de situation.

Saturday, June 12, 2010

VILLAGES SUISSES

Pour faire suite à mon précédent post sur le monde "merveilleux" de Faller, je voulais juste mettre en regard ces quelques photos. Le pire étant évidement que le petit monde du train électrique n'apparaisse, en fin de compte, pas si artificiel que cela. Pourquoi le pire me direz-vous ? Tout simplement car dans un monde et une modernité toujours plus métissés, il est difficile de voir dans ces images autre chose que de jolis décors exotiques et aussi factices que des villages du Club Med, des casinos de Las Vegas ou un Disneyland.

Disneyland ... et encore, serais-je tenter de dire. Car au moins Walt Disney ambitionnait de mettre dans ses parcs, même sous la forme la plus aseptisée qui soit, la diversité du monde. Une altérité qu'une majorité de Suisses rejettent toujours obstinément, comme l'a montré leur vote du mois de novembre dernier lors d'un référendum aboutissant à l'interdiction de la construction de minarets dans la confédération. Heureusement certains sont passés outre, même si cela était par pure provocation. (voir la photo ci-dessous et les explications )

De façon parallèle, gageons qu'il faudra attendre encore de nombreuses années avant de trouver chez le maquettiste allemand une mosquée. A moins d'imaginer que le développement d'un réseau de train à grande vitesse en Arabie Saoudite, le Haramain High Speed Rail project, n'amène Faller a revoir son approche et que la marque propose un univers musulman, tout comme il offre déjà aujourd'hui un univers suisse, un univers allemand, italien et français. Les nouvelles échelles du développement ferroviaire dans les années qui viennent, risquent, en effet, de bousculer toutes ses belles représentations européo-centrées (voir et ).

Pour ne pas conclure sur la Suisse, je ne peux que vous renvoyer regarder (malheureusement pas en VO), un extrait de l'incontournable "Pain et chocolat" ( Pane e cioccolata ) de Franco Brusati avec le génial Nino Manfredi. Le film date de 1974, mais il est toujours autant d'actualité.