La finalité du mouvement :
- Levi’s : Le train est une usine à idées où le trajet est le moteur même de la production artistique.
- ACG : Le train est un camp de base tactique pour l'exploration physique du monde.
- Orient Express : Le train est une destination statique (malgré les rails) pour la consommation d'un luxe nostalgique.
Le rapport au monde extérieur :
- Levi’s : On utilise le paysage comme carburant créatif. Le train s'arrête dans des gares pour "déverser" de la culture et absorber l'énergie des lieux traversés. C'est un train "émetteur".
- ACG : On ouvre les portes pour aller se confronter aux éléments (la porosité).
- Orient Express : On ferme les fenêtres (ou on les transforme en écrans de cinéma) pour s'isoler du monde réel dans un cocon du passé.
Le design et l'imaginaire :
- Levi’s : L'esthétique de l'atelier industriel. On est dans le "faire", le jean's, le bois brut et les machines. C'est un luxe de l'expérience, pas de l'apparat.
- ACG : L'esthétique de la performance brute et d'un futur léger, sportif et utilitaire.
- Orient Express : La réédition de vieux codes de caste du début du XXe siècle, une nostalgie qui tourne en boucle.
Le profil du passager :
- Levi’s : L'artisan, le musicien, le créatif qui transforme le wagon en prolongement de son cerveau.
- ACG : L'aventurier moderne, le sportif montagnard, l'athlète des conditions extrêmes.
- Orient Express : L'héritier ou le nouveau riche en quête d'une légitimité historique "prête-à-porter".
- Le train Levi's prouve qu'on peut réutiliser des codes ferroviaires hérités (le denim, le rail américain) pour produire du neuf, là où Accor les utilise uniquement pour vendre du vieux.
- Alors que l'Orient Express d'Accor enferme l'imaginaire dans une cage dorée passéiste et dépassé, le train Levi's, tout comme celui d'ACG, le propulse.
- Avec ces trois trains, on passe de ce que l'on pourrait appeler une logistique de la création (Levi's) à une logistique de l'aventure (ACG) pour malheureusement finir par une simple scénographie d'un vieux luxe (Accor).
- Or aujourd’hui, le train ne peut plus être un simple décor nostalgique.
- Il doit devenir le vecteur d'une modernité capable de le doter de nouvelles vocations.
- Il doit désormais se penser comme un dispositif créatif.
On en reparle très vite.



