Tuesday, February 17, 2026

QUI POUR INVENTER LES TRAINS DE DEMAIN ?

Levi's - 2013.

Nike / ACG - 2026


Évidement...

Évidement que l'on ne devrait pas comparer trois types de trains qui n'ont rien à voir les uns et avec les autres, qui n'ont pas la même vocation et qui ne répondent pas aux mêmes logiques économiques.

Sauf que chez Transit-City, on est des passionnés et des amoureux des trains.

Que l'on partage avec Le Corbusier la conviction que les trains doivent être pensés comme des villages mobiles - .

Que l'on partage le même imaginaire que Le Clézio sur les nouvelles et futures vocations des trains dans un monde écologiquement détruit - .

Et donc qu’il ne peut être qu’enrichissant de comparer des trains avec des concepts très différents, voir opposés.

Ça aide à réfléchir à ce que pourrait être les trains demain.

Alors, allons-y pour une analyse comparative des trains Levi’sACG et Accor.

La finalité du mouvement :

Levi’s  : Le train est une usine à idées où le trajet est le moteur même de la production artistique. 

ACG : Le train est un camp de base tactique pour l'exploration physique du monde. 

Orient Express : Le train est une destination statique (malgré les rails) pour la consommation d'un luxe nostalgique.

Le rapport au monde extérieur :

- Levi’s : On utilise le paysage comme carburant créatif. Le train s'arrête dans des gares pour "déverser" de la culture et absorber l'énergie des lieux traversés. C'est un train "émetteur". 

- ACG : On ouvre les portes pour aller se confronter aux éléments (la porosité). 

Orient Express : On ferme les fenêtres (ou on les transforme en écrans de cinéma) pour s'isoler du monde réel dans un cocon du passé.

Le design et l'imaginaire :

- Levi’s : L'esthétique de l'atelier industriel. On est dans le "faire", le jean's, le bois brut et les machines. C'est un luxe de l'expérience, pas de l'apparat. 

- ACG : L'esthétique de la performance brute et d'un futur léger, sportif et utilitaire. 

- Orient Express : La réédition de vieux codes de caste du début du XXe siècle, une nostalgie qui tourne en boucle.

Le profil du passager :

- Levi’s : L'artisan, le musicien, le créatif qui transforme le wagon en prolongement de son cerveau. 

- ACG : L'aventurier moderne, le sportif montagnard, l'athlète des conditions extrêmes. 

- Orient Express : L'héritier ou le nouveau riche en quête d'une légitimité historique "prête-à-porter".


 - Le train Levi's prouve qu'on peut réutiliser des codes ferroviaires hérités (le denim, le rail américain) pour produire du neuf, là où Accor les utilise uniquement pour vendre du vieux.


- Alors que l'Orient Express d'Accor enferme l'imaginaire dans une cage dorée passéiste et dépassé, le train Levi's, tout comme celui d'ACG, le propulse.


- Avec ces trois trains, on passe de ce que l'on pourrait appeler une logistique de la création (Levi's) à une logistique de l'aventure (ACG) pour malheureusement finir par une simple scénographie d'un vieux luxe (Accor).


- Or aujourd’hui, le train ne peut plus être un simple décor nostalgique. 


- Il doit devenir le vecteur d'une modernité capable de le doter de nouvelles vocations.


- Il doit désormais se penser comme un dispositif créatif.


On en reparle très vite.