Monday, March 22, 2010

AIRPORT : THE PERFECT SPACE FOR A NEW TERRORISM MUSEUM ?


"Par ses dispositifs de sécurité et de contrôle, l'aéroport est déjà un musée du terrorisme (en creux ou inversé). Il place le voyageur en degré d’alerte maximal, à l’intérieur de l’imaginaire de la terreur. On circule au sein de dispositifs de surveillance visibles ou invisibles, omniprésents, qui rendent la menace statistiquement très improbable. Mais, dans un cercle vicieux, plus la surveillance est sensible, plus la menace paraît elle-même palpable.

Dans l’aéroport se combinent plusieurs fantasmes sous leur forme la plus concentrée et la plus hystérique : le fantasme de la catastrophe, le fantasme de la surveillance absolue, le fantasme de la circulation mondiale instantanée, le fantasme du shopping illimité.

Ces espaces lisses et hygiéniques semblent destinés à être la cible d’une attaque.

Autrefois lieu de vitesse, de progrès, de propulsion vers un ailleurs instantanément accessible, l’aéroport s’est transformé en un lieu de stagnation, d’attente et d’angoisse, de détention climatisée, où l’on est fait prisonnier d’un centre commercial qui se serait étendu à la planète entière, dans l’attente infinie d’un accident aérien ou d’un détournement qui ne viendra jamais.

La menace, désespérément virtuelle, devient l’objet d’une tension impossible à dénouer entre réalité et fantasme, représentative du mécanisme par lequel se répand la terreur.
"

Ces quelques lignes sont l'introduction au projet "MUSEE DU TERRORISME / TERRORISM MUSEUM - Eléments pour un musée de l’imaginaire terroriste - Elements for a museum of the imagination of terror" développé par nos amis Stéphane Degoutin et Gwenola Wagon dans le cadre de leur très stimulant et passionnant Nogo Voyages.

Il faut à tout prix cliquer sur la carte pour encore mieux apprécier leur créativité et découvrir tous ces lieux habituels des aéroports rebaptisés par d'aussi improbables noms que Deep Tunnel Kafka, Habermas Elevator, Speculative Bubble, Derrida Corner, Red Scan Box, Baudrillard Vortex, sans oublier les incontournables Orwell Paradise Island, 9/11 Hotel, Paranoid escalator, et surtout les deux très jubilatoires Ravachol Duty Free et Don de Lillo Reverse stairs.

Ce projet, que je trouve absolument génial, rentre en très forte résonance avec nos questions sur l'évolution des aéroports (voir et ), mais aussi de la ville sous l'influence de la menace terroriste (voir et ), et sur le rôle des nouvelles technologies nomades dans nos façons de penser la ville et ses mobilités (voir et ).


"Musée du terrorisme est une application pour téléphone mobile.

Des sons, des vidéos, sont déclenchés en fonction de la position de l’utilisateur dans l’espace. On fournit au visiteur des lunettes de réalité virtuelle en même temps qu’il avale une gélule agissant sur son état mental. Ainsi équipé, il se promène à travers les différentes zones de l’aéroport, qui apparaissent transformées.

Le musée n’est pas séparé du réel, c’est une couche supplémentaire ajoutée au lieu. Le public le visite en circulant dans l’aéroport, en enregistrant ses bagages, en passant les portillons de détection d’armes, en attendant son avion, en achetant des cigarettes en duty free.

Musée furtif, il s’infiltre directement sur les lieux de sécurité et les cibles potentielles qu’ils constituent. Il s’insinue par les réseaux disponibles (Gsm, Wifi, Gps…), partout dans l’aéroport, y compris les espaces de surveillance.

Aucune autorisation n’est nécessaire pour son implantation. Rien ne signale son existence. Personne ne sait que vous êtes un visiteur du musée du terrorisme.
"


Toutes les explications et toutes les questions en français et en anglais sur ce très provocant - mais très bienvenu !!! - projet, .