Tuesday, March 26, 2019

CES LIEUX QUI N’ONT PLUS BESOIN D'HUMAINS

Jusqu'à récemment l'architecture et l'urbanisme étaient pensées autour des hommes.

Ce n'est plus vrai.

Des pans entiers des territoires contemporains sont occupés par des bâtiments et des emprises qui sont destinés à fonctionner sans les hommes.

C'est le cas des terminaux portuaires de containers, comme des mega-entrepôts d'enseignes comme Amazon.

Ils sont pensés autour d'une fluidité maximale, mais une fluidité pensées et assurées par des machines, notamment des grues et des robots.

Et leur présence va se faire de plus en plus pressante dans les années qui viennent sur nos territoires, car ils sont au coeur de nos modes de vies et, surtout, de nos nouveaux modes de consommation. Ils sont l'arrière cours indispensables du shopping sur internet.

Mais ils ne sont qu'un étape vers un nouvelle ère des machines et des robots qu'annoncent les voitures autonomes, les drones - voir "Seoul city machine" - mais aussi les tracteurs autonomes - voir 'C'est quoi l'agriculture aujourd'hui ?" , et bientôt les porte-containers autonomes - .

C'est cette mutation que raconte le tout récent ouvrage "Machine Landscape - Architecture of the Post-Anthropocene" dirigé par Liam Young.

Pour l'architecte australien, les choses sont claires; nous vivons un changement d'époque radicale où l'architecture ne se met plus aux services de l'homme, mais des machines et des flux.
"The most significant architectural spaces in the world are now entirely empty of people. The data centres, telecommunications networks, distribution warehouses, unmanned ports and industrialised agriculture that define the very nature of who we are today are at the same time places we can never visit. Instead they are occupied by server stacks and hard drives, logistics bots and mobile shelving units, autonomous cranes and container ships, robot vacuum cleaners and internet-connected toasters, driverless tractors and taxis (...) This collection of spaces, however, more accurately constitutes an era of the Post-Anthropocene, a period where it is technology and artificial intelligence that now computes, conditions and constructs our world. Marking the end of human-centred design, the issue turns its attention to the new typologies of the post-human, architecture without people and our endless expanse of Machine Landscapes".
Les cas étudiés dans "Machine Landscape" ne sont pas franchement originaux, mais le livre a le grand mérite de les regrouper et de donner, ainsi, une vision cohérente à une révolution en cours.

Sur la façon dont la logistique dévore les territoires, voir nos récents :
Sur le plan social, cela renvoie à