Dans «Les Furtifs», Alain Damasio imagine des créatures insaisissables - les furtifs - qui résistent à toute fixation, à toute capture, à toute mesure.
Dès qu'on les observe trop longtemps, ils se métamorphosent et échappent.
C'est évidemment une métaphore puissante contre la société de contrôle : la quantification permanente, la surveillance algorithmique, la marchandisation de chaque geste.
Le roman oppose deux régimes d'existence :
- celui de la fixité (les villes privatisées, les individus tracés, profilés, optimisés…)
et
- celui de la furtivité (le vivant, l'imprévisible, ce qui déborde…).
Le sport est devenu un espace de fixité totale
Le sport est le laboratoire de la fixité damasienne : GPS, capteurs cardiaques, performance modélisée, prédite, comparée, exhibée…
Le sport vit dans un régime de sur-visibilité : tout doit être vu, mesuré, commenté.
L'exploit et le plaisir deviennent des données.
Penser le sport demain à travers «Les Furtifs», ça pourrait donc vouloir dire :
- célébrer l'ingouvernable plutôt que l'optimisé.
- imaginer les pratiques qui résisteraient à cette capture permanente.
Et par conséquent, se demander :
- "Qu'est-ce qui, dans le sport et le jeu, ne peut pas être capturé ?"
- "Et - surtout ! - comment préserver cela ?"
