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Wednesday, March 07, 2018

C'EST QUOI L'AGRICULTURE AUJOURD'HUI ?

C'est quoi un tracteur aujourd'hui ?
Réponse de Rem Koolhass : "Le tracteur, qui a révolutionné la ferme au XIXe siècle, est devenu un poste de travail informatisé. C'est une série de dispositifs et de capteurs qui créent une interface numérique transparente, mais détachée entre le conducteur et la terre."
C'est quoi le rapport à la terre aujourd'hui ?
Réponse de Rem Koolhass "La connaissance profonde de chaque centimètre carré de la terre est transmise à l'ordinateur portable du fermier. L'ordinateur portable est le nouveau terrain. De l'ordinateur portable, l'agriculteur nourrit les données à un tracteur robotisé.
C'est quoi conduire un tracteur aujourd'hui ?
- C'est jouer à "Farming simulator" ?
- Ou c'est jouer à "Cattle and crops" ?

C'est quoi un agriculteur aujourd'hui ?
- un gamer ?
- un geek programmateur de robots ?

C'est quoi une ferme aujourd'hui ?
"Comme la machinerie robotique remplace le travail manuel, la géolocalisation de l'agriculteur n'est plus liée à la campagne. L'utilisation de machines automatisées et sans conducteur permet à l'agriculteur d'effectuer son travail au moyen d'une interface portable. Ces nouveaux «travailleurs» numériques dans les fermes recueillent des données en temps réel et introduisent des capacités sans précédent qui rationalisent les processus de la ferme. En outre, la journée de travail de la ferme est considérablement prolongée car les machines automatisées peuvent fonctionner 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 et indépendamment du jour et de la nuit. Alors que cet essaim automatisé de machines peut être utilisé en combinaison avec des machines traditionnelles, aujourd'hui, elles sont également exécutées simultanément sur certains champs sans perturbation humaine." - .
Ce post est le prolongement et l'approfondissement de :

Tuesday, November 28, 2017

UN AVENIR ENTRE "VILLE STUPIDE" ET "VOITURE TRIBUNAL" ?

 
"J’ai éprouvé un petit serrement au cœur en écoutant toutes ces personnes importantes parler de la smart city, parce que la ville, autrefois, était le domaine exclusif des architectes, mais ces gens-là se la sont tout simplement appropriée. Ce transfert d’autorité s’est fait grâce à une ruse habile, en déclarant la ville intelligente, alors que, ce faisant, on la condamne à être stupide. (...)  
"Les arguments en faveur de la ville intelligente seraient plus convaincants si les compagnies de haute technologie avaient choisi de s’établir dans des lieux propres à servir de modèles pour la ville. Mais allez voir la Silicon Valley : les plus grands innovateurs du monde informatique se sont créé un environnement fade et banal de banlieue américaine, qui devient de plus en plus autonome, insulaire, déconnecté de la sphère publique." (...) 
Les architectes ont arrêté d’écrire des manifestes au moment où la domination de l’économie de marché s’est affirmée. Nous avons cessé de réfléchir à la ville au moment où la croissance urbaine s’est accrue de façon spectaculaire dans les pays en développement. Le triomphe de la ville coïncide exactement avec la fin de nos réflexions sur elle. Le concept de smart city s’est engouffré dans ce vide. L’implication d’entreprises privées dans ce domaine est en train de faire évoluer la notion de ville elle-même. Ce n’est sans doute pas un hasard si, de plus en plus, des villes « vivables » ou « agréables » – sans relief –, comme Vancouver, Melbourne ou même Perth, prennent la place, dans notre imaginaire, des métropoles traditionnelles. (...) 
La voiture est un élément fondamental de la ville intelligente. À son bord, on trouve des capteurs de plus en plus sophistiqués. Certes, ces appareils peuvent aider le conducteur, mais ils peuvent aussi le surveiller de très près. Je ne suis pas convaincu que le public accepte un tel niveau de surveillance. Je crois préférable que la voiture ne soit pas un tribunal." (...)
Quelques lignes extraites de "Études sur (ce qui s'appelait autrefois) la ville", le dernier opus du toujours stimulant Rem Koolhaas.

On peux y lire le désarroi d'un architecte qui comprend que la ville n'est plus de la compétence des seuls architectes, car la ville c'est pas du bâti... mais aussi et surtout du flux - voir, . Et que c'est pour cela que le discours totalement insupportable sur la la smart city a pu s'imposer.

On peut y voir une analyse a priori pas fausse sur la voiture autonome - "un outil de surveillance" -, mais qui loupe l'essentiel. A savoir que la voiture autonome ne sera plus une voiture... mais une pièce mobile, et donc une question d'architecture - voir, .
Et moi personnellement, j'aimerai bien voir ce que pourrait être une voiture autonome dessinée par Koolhaas.

Monday, January 13, 2014

DU CAMPUS A L'AÉROPORT COMME IDÉAL DE BUREAU ?

Pour prolonger la réflexion engagée dans mes deux précédents posts - et - autour de la question "c'est quoi un bureau demain ?", je voudrais vous proposer une série d'images sur des réalisations et des projets très récents de lieux de travail.

Ci-dessus, il s'agit des récents aménagements dont vient de bénéficier la Manchester School of Art.

Ci-dessus, il s'agit du projet d'OMA pour l'École Centrale de Paris.

Ci-dessus, il s'agit de la propositions du Buro Ole Scheeren pour le futur Campus Springer de Berlin

Ci-dessous, il s'agit de la propositions d'OMA pour le même futur Campus Springer

Des images qui ont en commun de parler de lieu de travail sans montrer un seul bureau mais toujours des escaliers, des passerelles, des escalators, des halls d'accueil, des espaces d'attentes, des salles de réunions, des caféterias, des corners de commerces ... Bref des images qui semblent nous montrer comme futur du travail ce que nous connaissons depuis plus de 20 ans, à savoir les halls d'aéroports.

Comme si après avoir été fasciné par les campus universitaires (voir ), les entreprises se cherchaient un nouvel imaginaire symbolisant encore un peu plus la mobilité, la précarité, la nécessité du mouvement, du croisement, de l'échange.

Et comme s'il s'agissait de bien faire comprendre à ceux qui l'auraient pas encore totalement intégrés, que le bureau ne pouvait plus être un lieu d'ancrage - et encore moins un lieu d'enracinement - mais juste un lieu de passage.  

Sunday, November 03, 2013

IMAGINE IF MANHATTAN MOVED TO JFK

Si demain le sud de Manhattan doit être régulièrement inondée du fait des ouragans et des montées de la niveau de la mer qui vont avec (voir  et ) - il y a plusieurs façon de penser le futur de l'île :
- soit gérer l'urgence - voir .
- soit inventer et créer de nouveaux aménagements côtiers - voir  et le précédent post.
- soit imaginer déplacer une partie des fonctions installés dans le sud de Manhattan, ailleurs.

Et c'est cette dernière hypothèse radicale qu'a choisi évidement l'OMA de Koolhaas pour réfléchir au devenir de New-York, en imaginant que le coeur de la ville pourrait se déplacer et se réinventer sur de nouvelles bases autour de JFK.

Les explications qui vont avec les images ci-dessous sont .

L'image ci-dessus m'a particulièrement plu car elle me rappelle très directement les réflexions que nous avons au sein de Transit-City à la fois sur la vocation urbaine des aéroports - "Heathrow, a Vatican of western suburbs ?" -, mais aussi sur la représentation que l'on peut faire de ces lieux du fait de l'empilement des styles et des fonctions - "c'est quoi l'architecture d'un aéroport ?

On retrouve dans le travail d'OMA ces mêmes questions sur la difficulté de la représentation de tels équipements contournée ici par un tour de passe-passe qui renvoie à "Collage City"et à "Learning from Las Vegas". On retrouve là l'esprit des travaux de Koolhaas sur New-York - voir "Delirious New-York" - et sur Las Vegas - voir "Guide to Shopping"- qui mêlent fascination pour le fictif (les parcs de loisirs, les casinos, les centres commerciaux...) et véritable admiration sur la capacité des loisirs a fondé un nouveau genre de ville dont le projet ci-dessous rend très bien compte.

Le projet d'OMA est évidement la totale anti-thèse du projet ci-dessous, visible .

 

Friday, June 11, 2010

THE FALLER'S WONDERFUL WORLD

Quand aujourd'hui on regarde le monde et ses nouvelles réalités urbaines, on a toujours un peu tendance à regarder du côté de l'Asie (voir ) et notamment des villes comme Shenzen ou Mumbaï (photos ci-dessus). Il faut dire que c'est là que semble s'inventer une nouvelle condition urbaine qui va modeler la vie de plusieurs centaines de millions d'humains dans les décennies qui viennent.

Cette fascination pour les mégapoles, nous/me fait souvent oublier les autres réalités urbaines du monde, et notamment celles de toutes les petites villes qui constituent encore une bonne part de la trame urbaine en Europe.

J'avais d'ailleurs été frappé en décembre dernier par une conférence de Rem Koolhass au cours de laquelle il avait annonçé que son prochain sujet d'investigation serait les villages suisses (voir mon post sur le sujet , et la vidéo de la conférence - voir les dix dernières minutes, ). Sur le moment j'avais pris cela pour une nouvelle coquetterie intellectuelle de notre hollandais, et depuis j'avais un peu oublié cette anecdote. Mais elle m'est revenue en plein figure il y a quelques jours, quand je suis tombé, un peu par hasard, sur le site de Faller le fameux fabriquant allemand de maquettes pour trains électriques.

J'ai redécouvert subitement en quelques images (voir infra), un univers qui a accompagné une partie de mon enfance, et qui de façon incroyable semble s'être totalement figé depuis vingt ans. En effet, si la figure du beau village bien propret avec sa petite gare et sa jolie ferme fleurie, pouvait apparaître cohérente avec une certaine réalité dans les années 70/début 80, cette vision semble aujourd'hui tellement surréaliste qu'on se dit que cela n'a pas beaucoup de sens ni beaucoup d'intérêt de s'y intéresser quand on réfléchit aux villes actuelles et surtout du futur ( la seule concession à la modernité est l'installation de panneaux solaires sur les toits !!! ). Mais je pense que cette attitude de dédain serait une grosse erreur.

Car, quand on y réfléchit le monde de Faller, que l'on pourrait qualifier de disneyisé, n'est pas seulement en phase avec l'âge moyen des gens qui "jouent" encore du train électrique (les plus de 55 ans qui retrouvent là une partie de leur jeunesse), mais aussi, de façon beaucoup plus large et significative, avec les aspirations d'une très large population en matière d'aménagement urbain et de cadre de vie.

C'est vrai en France avec le succès des néo-villages. C'est vrai aux Etats-Unis avec le new-urbanisme. Mais c'est aussi vrai en Inde, pays dans lequel le village suisse est un véritable idéal urbain véhiculé par Bollywood et qui sert de support à de nouveaux programmes immobiliers pour les classes supérieures (voir, entre autres, ). Et, bien sur, on pourrait citer de nombreux autres pays.

Et si c'était donc aussi dans ces images là, que s'inventait une partie de nos paysages urbains de demain ? Voir .

(Image ci-dessus : ou quand même le logement social périphérique est bien propre et fleuri )

Saturday, December 12, 2009

ONE NEW HIGH-SPEED URBANISM ?


A l'occasion de la 2009 Shenzhen & Hong-Kong Bi-City Biennale of urbanisme / Architecture qui vient d'ouvrir, Ou Ning, directeur entre autres de la Shao Foundation, présente une belle réflexion intitulée A City Called Shenzhen sur la croissance ultra-rapide de cette nouvelle megapole du sud chinois.

Une croissance qui a radicalement bouleversé le paysage comme le montrent les photos ci-dessus. (Sur la croissance Shenzhen voir )

Evidement quand on voit ces différents clichés, on ne peut que penser à Dubaï et à sa formidable turbo-croissance que résument mieux que tous les discours les deux photos ci-dessus prises en 1990 et 2003. Toute la question avec la crise actuelle qui touche l'émirat étant de savoir si tout cela ne va pas finir en méga château de sable à l'image de la ville abandonnée dans Wall-E.

Si tel était le cas, on assisterait alors à un nouveau type d'high-speed urbanisme, pas celui de la croissance effrénée, mais au contraire celui de l'hyper décadence accélérée.


Si cette question vous intéresse, vous pouvez toujours jeter un coup d'oeil sur ces deux très stimulants articles, "Will Dubai Join The List Of Fallen Cities ?" et "What To Do With An Unfinished City In The Desert ?"


PS / A l'heure de la débâcle financière de Dubaï, on ne peut que constater le grand silence de celui qui fut l'un des plus brillant analyste - mais aussi souvent apologiste - de cet urbanisme de l'excès, à savoir Rem Koolhaas. Et on comprend mieux pourquoi celui-ci annonce maintenant que son prochain chantier de réflexion sera ... les petits villages suisses. (voir la vidéo , et plus particulièrement les 10 dernières minutes)

Tuesday, July 28, 2009

ET SI LES ARCHIS QUITTAIENT ENFIN KRYPTON ET GATTACA ?

Je sais pas pour vous, mais moi je n'en peux plus de tous ces beaux projets tout blancs, aseptisés, sans vie, que ne cessent de nous présenter les sites et les blogs d'architecture. Et le pire c'est que cela vient du monde entier, comme si cet esthétisme bas de gamme dont sont porteurs des gens comme Zaha Hadid ou Portzamparc (les deux plus grandes fausses valeurs de l'archi actuelle), pouvait être une réponse au défi urbain du XXI°.

Moi quand je vois ces projets, je pense à deux choses.

D'abord à Superman et plus particulièrement à Krypton, planète sur laquelle est né notre super-héros avant de rejoindre la terre pour sauver l'Amérique.
Toute l'imagerie de Krypton, que ce soit dans les comics ou les films, est assez minable (voir ci-dessous) mais semble toujours inspirer les "Hadid-Portzamparc & Co". C'est le modernisme cheap des années 50, quand on s'imaginait encore que l'architecture en forme de fusée ou d'électroménager était le comble de la modernité.


La bonne nouvelle dans Superman- et ce d'entrée -, c'est que Krypton disparaît lors d'une catastrophe. Mais cela, je crois que Hadid ne s'en est toujours pas remise, et rêve depuis, avec quelques autres, de reconstruire Krypton sur terre. Arghhhh !!!

Et là, subitement, me vient une idée "Et si on contactait cet allumé de Roland Emmerich pour qu'il nous mette toutes ces jolies tours blanches insipides dans son prochain film, qu'il s'empresserait immédiatement de détruire ?" (voir nos posts et ) On se sentirait un peu vengé, non ?

L'autre truc qui me vient à l'esprit devant ces projets, est bien évidement Gattaca et son univers aseptisé où rien ne dépasse et où rien ne vient gâcher la perspective forcément géniale voulue par l'architecte. C'est bien sur juste un enfer, mais on sent que nombreuses sont les "pseudo-stars" de l'architecture qui rêvent de ce genre de villes, que n'auraient pas renié les joyeux Albert Speer ou Oscar Niemeyer.

Evidement certains, plus malins que d'autres, ont compris que ce genre de vision architecturale ne correspondait plus forcément aux nouveaux imaginaires urbains en attente d'autres codes que ceux inspirés des comics de la fin des années 40.

Parmi les malins, on peut bien évidement compter sur l'inénarrable Rem Koolhass qui vient de se voir confier la réalisation à Bangkok de la tour MahaNakhon. Tour dont la principale caractéristique visible ci-dessous, est d'être en bonne partie complétement destructurée. Vue de loin, elle devrait même donner l'impression d'être soit pas totalement finie, soit en partie détruite. A ce propos, je pense que l'influence de Ben Laden sur les imaginaires architecturaux mériterait un jour d'être mieux analysée. Un peu comme si, pour certains architectes, une tour ne pouvait plus être un objet trop fini et trop formaté comme celles du World Trade Center. (Idée à creuser, peut-être ?!?!)

Bon, c'est vrai que le projet de Koolhass est entièrement pompé sur celui de Herzog - de Meuron pour New-York (image ci-dessous et beaucoup plus, ) Mais notre ami hollandais est coutumier du fait. Quand une idée lui plaît, il aime la dupliquer (voir )

Alors devant tous ces projets qui se ressemblent tous plus ou moins, quand certains imaginent d'autres choses, on ne peut que se réjouir.

Parmi ceux qui tentent d'innover, citons l'agence Axis Mundi’s et son projet de tour pour le Moma de New-York (images ci-dessous) en remplacement de celle de Nouvel. Tous les détails, .

Enfin une autre approche.

Enfin un autre esthétisme.

Enfin une autre façon d'imaginer la tour comme une vraie ville verticale et pas comme une fusée ou un Frigidaire.

Moi, j'adore et cela me fait penser à cela et cela.