Monday, February 18, 2019

AMAZON + CAMPING CAR = ONE NEW NOMADIC URBANISM ?


(...) "Il y a toujours eu des itinérants, des vagabonds, des bourlingueurs, des âmes errantes incapables de tenir en place. Mais aujourd’hui, au vingt et unième siècle, on assiste à l’émergence d’une nouvelle tribu de voyageurs. Des gens qui n’auraient jamais pensé devenir nomades un jour se retrouvent bien malgré eux sur la route. Ils sont obligés de quitter leur maison ou appartement pour vivre dans ce que certains appellent des « résidences sur roues » : vans, camping-cars d’occasion, bus scolaires, campers 4 × 4, mobile homes et même bonnes vieilles berlines.
(...) "Certains les qualifient de « sans domicile fixe ». Mais les nouveaux nomades, eux, rejettent cette appellation. Pourvus à la fois d’un toit au-dessus de leur tête et d’un moyen de transport, ils ont opté pour un autre terme : « sans adresse fixe », qui leur semble plus conforme à la réalité de leur situation." (...)
(...) "Et ils reprendront la route en méditant une fois de plus cette vérité : en Amérique, les derniers endroits gratuits sont les parkings." (...)

"Il n’existe aucun chiffrage précis du nombre de nomades aux États-Unis. Ce type de population représente la bête noire du démographe. Sur le plan statistique, ils se fondent dans le reste de la population puisque la loi exige d’eux qu’ils conservent une adresse fixe – autrement dit, fausse. (...) 
(...) Quelle que soit l’ampleur de leurs pérégrinations, les nomades doivent être officiellement « domiciliés » quelque part. Votre état de résidence est celui où est immatriculé votre véhicule, celui où vous procédez aux contrôles techniques, là où vous faites renouveler votre permis de conduire, où vous payez vos impôts, où vous votez, où se trouve votre caisse d’assurance maladie (sauf pour les adhérents à Medicare) et où vous devez procéder à une litanie d’autres formalités. Or le fait de vivre nulle part vous permet de vivre n’importe où, du moins sur le papier(...)  
(...) Malgré l’absence de chiffres officiels, de nombreux indices convergent pour indiquer que le nombre d’itinérants américains a considérablement augmenté depuis l’effondrement du marché immobilier et ne cesse de grandir." (...)
(...) "Parmi tous les programmes de recrutement destinés aux travailleurs-campeurs, le plus offensif est sans conteste CamperForce, la plateforme spéciale créée par Amazon. (...) 
(...) Jeff Bezos a prédit que, d’ici 2020, un nomade américain sur quatre aurait déjà travaillé pour Amazon(...) 
(...) Amazon n’hésite pas à essaimer des stands de recrutement dans les événements fréquentés en masse par les nomades – type salons du camping-car et autres festivals – dans plus d’une dizaine d’États à travers le pays. Les recruteurs, affublés de tee-shirts CamperForce, distribuent tracts, stickers promotionnels, carnets de post-it, éventails en papier, baumes à lèvres, calendriers et manchons en néoprène pour canettes. Tous ces objets sont bien sûr estampillés du logo CamperForce : un camping-car Amazon en mouvement." (...)
(...) "J’ai longtemps cru que les conducteurs de camping-cars étaient de braves retraités sillonnant tranquillement les routes d’Amérique pour faire du tourisme et profiter de leur temps libre après des décennies de dur labeur. Après tout, « RV » (le terme anglais qui signifie camping-car) est l’abréviation de « recreational vehicle ». Ces joyeux retraités existent toujours, mais ils ont été rejoints par un nouveau genre de nomades. La plupart des occupants du Desert Rose RV Park n’étaient pas là pour faire du tourisme.(...)
(...) "Les travailleurs-campeurs sont des employés bouche-trous, c’est-à-dire l’idéal pour les employeurs à la recherche de main-d’œuvre saisonnière. Ils apparaissent juste où et quand on a besoin d’eux. Ils apportent leur propre maison avec eux et transforment des parcs de mobile homes en villages d’entreprise éphémères qui se vident une fois le boulot terminé. Ils ne restent pas assez longtemps pour se syndiquer." (...)
(...) Ces campements Amazon sont "comme le microcosme d’une catastrophe nationale. Les parcs de camping-cars étaient remplis de travailleurs ayant été brutalement dépossédés des éléments de confort de la classe moyenne qu’ils avaient toujours tenus pour acquis. Ils étaient représentatifs de toutes les mésaventures économiques qui avaient affecté les Américains au cours des dernières décennies. Chacun avait son propre récit. (...)(...) Les campements Amazon appartiennent à une catégorie qui a connu une croissance alarmante au cours des dernières années : les Américains seniors, mobiles et déclassés." (...)

Ces quelques lignes édifiantes sont extraites de "Nomadland : Surviving America in the Twenty-First Century" de Jessica Bruderdont on avait déjà parlé dans "Et si la pauvreté accélérait la mutation des parkings ?"

C'est passionnant.

C'est une description de ce que depuis 2015 nous qualifions chez Transit-City d'hyper lieux mobiles ®, c'est à dire une description de ces lieux qui se créent et se réinventent de façon plus ou moins provisoire par le flux, la mobilité et la multi-activité - Du "non lieux" à "l'hyper lieux" puis "l'hyper lieux mobile ®"

Cela raconte d'autres vies et un autre nomadisme - celui des déclassé et des pauvres - très éloigné de la branchée et souvent très narcissique van life

C'est la prolongation d'une longue histoire politique américaine.

C'est un autre rapport au territoire.

C'est un autre rapport au travail.

C'est une autre face de ce nouvel urbanisme de camping car

C'est un élément de plus dans ce nouvel urbanisme de parking émergent.

C'est aussi un autre éclairage sur le nouvel urbanisme temporaire en pleine croissance.

Mais c'est aussi le reflet d'un vrai basculement dans notre façon de penser le monde et l'architecture.

C'est aussi la preuve du rôle croissant des acteurs dits de la "nouvelle économie" dans l'urbanisme et l'architecture.

C'est, enfin, la confirmation de notre hypothèse que dans les années qui viennent, nous allons devoir travailler sur un VUCA Urbanism

Friday, February 15, 2019

PEUT-ON PENSER LA ROUTE SANS VOITURE ?

Dans le prolongement de "Et si la route, c'était fini ?", peut-on penser la route sans voiture ?

Une façon de répondre par notre toujours très talentueux ami Alain Bublex.


Sur les rapports ville/route/voiture vus par Bublex, voir 

Wednesday, February 13, 2019

ET SI LES VOITURES DEVENAIENT DES LIÈVRES ?

Les photos ci-dessus sont étonnantes.

Elles montrent la cycliste américaine Denise Mueller-Korenek sur le fameux Bonneville Salt Flats Race Trackbattant le record de vitesse à vélo (296 km/h) 

C'est en profitant de l'aspiration d'un dragster de 1000 chevaux spécialement conçu pour cette tentative de record, que l'Américaine est devenu la cycliste la plus rapide de tous les temps

Voir, les explications  et la vidéo, .

On peut trouver la démarche pour battre ce record assez vaine et même stupide, surtout par rapport à d'autres approches beaucoup plus porteuses d'avenir - voir "144,7 km/h ... en pédalant".

Mais on peut aussi voir dans cette voiture lièvre, le début possible d'une autre histoire et d'un autre rapport entre la voiture et des sports comme le cyclisme ou la course à pied.

En effet, ces images m'ont immédiatement renvoyé aux tentatives de Nike de passer sous la barrière mythique des deux heures sur un marathon, en faisant courir des athlètes derrière une voiture ... à la fois pour leur donner le rythme mais aussi pour profiter d'un léger effet d'aspiration - .

C'est la même histoire dans les deux cas.

- Un lieu mythique de l'automobile, le circuit de Monza pour Nike, le Bonneville Salt Flats Race Track pour Denise Mueller-Korenek.

- Une voiture à la fois lièvre, coupe-vent et aspirateur.

Et donc forcément un rapport voiture/vélo et voiture/course à pied un peu différent de l'habituel, étant là dans la complémentarité et non, comme souvent en ville, dans l'opposition et le conflit..

D'où, l'idée qu'il y aurait peut-être dans ces deux tentatives de record, le germe de nouveaux rapports possibles entre cyclistes, coureur et automobilistes.

Pourquoi ne pas imaginer que la voiture et les automobilistes deviennent des boosters et des aides pour les cyclistes et les coureur à la recherche de performance ?

Cela supposerait une nouvelle réflexion sur le partage de la route avec des couloirs spéciaux pour l'organisation à certains moments de la journées, de convois spéciaux associants voitures et coureurs - voir "Et si Nike et Adidas s'occupaient aussi de la voirie ?"

Le seul bémol étant que dans certaines villes comme Londres, la vitesses moyenne des automobilistes ne cesse de baisser pour se rapprocher de celle des joggers - voir, "Quand les coureurs iront plus vite que les voitures".

On en reparle lors de l'Atelier "Et si la route, c'était fini ?"

Tuesday, February 12, 2019

ET SI AUDI CÉLÉBRAIT DÉJÀ LA FIN DE LA NEIGE ?

Les images sont extraites du nouveau film Audi réalisé avec Candide Thovex - voir le film, .

Ce film est séduisant.

Mais derrière ces images se cache une vision du monde sombre et négatif.

Un monde où la neige n'existera plus.

Un monde dans lequel le réchauffement climatique ne serait pas si grave que cela, puisque l'on pourrait continuer à s'amuser et à faire du ski... même sous les tropiques - "Et si demain, le ski n'était plus associé à la neige ?"

Mais est-ce si étonnant de la part d'une marque qui n'a cessé depuis des années de tricher avec les normes anti-pollution ? - .

Monday, February 11, 2019

ET SI DEMAIN, LE ROLLERSKI DEVENAIT UN VRAI TRANS-SPORT® ROUTIER ?

Dans la lignée du précédent post - -, trois photos de rollerski pour prolonger la réflexion sur la façon dont certains sports associés traditionnellement au froid et/ou à la montagne, peuvent nous aider à repenser les pratiques routières du futur.

On est avec ces images au croisement de deux types de réflexions.

L'une concernant les conséquence du réchauffement climatique pour penser la mobilité demain :
-"Et si demain, le ski n'était plus associé à la neige ?"

L'autre concernant le rôle du trans-sport ® pour penser la route demain :
- "Et si nous assistions à l'émergence d'un trans-sport ® de longue distance ?"
- "Trois corps, trois prothèses"

Voir aussi, "No Motor Project".

Le tout est à inscrire dans le cadre de "Et si la route, c'était fini ?"

Friday, February 08, 2019

ET SI DEMAIN, LA ROUTE VERGLACÉE DEVENAIT UN IDÉAL ?

Demain avec le réchauffement climatique, le froid va devenir de plus en plus désirable - .

Demain avec les nouvelles exigences de santé et de bien-être, le sport va devenir un moyen de trans-sport ® - .

Demain, certains d'entre nous rêveront, donc, de se déplacer dans le froid en faisant du sport.

Demain, certains d'entre nous rêveront de ski de fond et de patin à glace comme moyen de trans-sport ® - .

Demain, certains d'entre nous rêveront de nouvelles routes.

Demain, certains d'entre nous rêveront de routes verglacées interdites aux voitures.

Demain, certains d'entre nous seront comme ces Hollandais qui sont obligés d'aller en Autriche pour assouvir leur passion pour le speedskating - lire "Racing the Clock, and Climate Change"

Demain, certains d'entre nous rêveront que la route ne soit plus pensée autour de la voiture et du moteur - -, mais autour du corps en mouvement, du sport ... et du froid.

Demain, nous aurons peut-être changé d'imaginaire et de pratiques routières.

Voir, "Et si on s'inspirait des militaires finlandais ?"

Wednesday, February 06, 2019

Tuesday, February 05, 2019

ET SI L'AMPHIBIE DEVENAIT L'UN DES GRANDS IMAGINAIRES AUTOMOBILES DU FUTUR ?

Une fois de plus, une partie de l'Australie se retrouve sous l'eau - .

Cela n'a rien d'extraordinaire dans ce pays habitué aux catastrophes climatiques - voir - et ce n'est qu'un début des dérèglements climatiques qui s'annoncent dans de larges parties du monde pour les décennies à venir.

Question : c'est quoi demain l'imaginaire routier si les inondations deviennent des banalités récurrentes ?

Autre question : c'est quoi demain l'imaginaire automobile, si les voitures doivent être quasiment amphibies ? 

Voir ci-dessus des images extraites du dernier spot américain de Kia -  -, mais aussi .

C'est, d'une certaine façon, le prolongement de "Et si la fin de la route était le nouvel avenir de la voiture ?"

Et de façon plus large sur les imaginaires routiers de demain, voir "Et si la route, c'était fini ?"

Friday, February 01, 2019

ET SI TINTIN ET UBER DISAIENT EXACTEMENT LA MÊME CHOSE ?



Quelques jours après les Uber Toys dans les rues de Paris - voir -, Le Monde annonçait l'édition le lancement d'un collection des plus fameuses petites voitures des aventures de Tintin - .

C'est évidemment un pur hasard.

Mais un hasard qui en dit beaucoup sur notre rapport à la voiture.

Aujourd'hui, la voiture est venue tellement banale et sans magie que seules la fiction - - et les jouets - - semblent pouvoir la magnifier et la réinventer.

Car la voiture va disparaitre.

Le faire part de décès a été émis par l'industrie automobile elle-même, lors du Mondial de l'Auto à Paris en octobre 2018.

Le funérailles vont être longues, mais elles sont engagées.

Car demain, la voiture autonome va tuer la voiture

La voiture autonome va tuer la voiture, car elle sera tout sauf une voiture.

La voiture autonome va tuer la voiture, car elle va tuer la conduite.

Bientôt dans les rues, il y aura des engins à roues que l'on continuera à appeler "voiture" mais qui n'en seront plus.

Un peu comme on continue à dire "téléphone" pour parler d'un iPhone, qui n'est, évidemment, plus plus un téléphone.

Cette mutation de la voiture va en chagriner certains, notamment les fous de la conduite.

Mais c'est pas très grave, ils iront s'amuser sur des circuits.

Il y a plusieurs années, Toyota avait déjà très bien identifié cette mutation et la frustration qu'elle pourrait engendré auprès des amoureux de la conduite sportive et transgressive - voir "Toyota contre Google Car".


La question qui va se poser demain aux constructeurs automobiles, va donc être : c'est quoi l'identité de la voiture si ce n'est plus la conduite et la vitesse ?

Certains y répondent avec talent, comme Toyota, .

D'autres, sans imagination, comme Renault, .

Ce décalage s'explique par l'histoire et la culture des deux marques.

Toyota pense mobilité - voir, - et, dans ce cadre, la voiture n'est qu'un élément de la réponse, ce qui permet d'être plus créatif et imaginatif par rapport à l'objet automobile

Renault pense voiture, et uniquement voiture. Mais quand l'histoire de la voiture change - ce qui va être le cas avec la voiture autonome - la marque se retrouve sans discours, ni vision.

Evidement, Renault n'est pas seulebeaucoup d'autres marques sont dans la même situation.

Ce qui fait qu'entre un présent terne - la voiture et le design automobile ne font plus rêver - et une mort annoncée - on aura plus besoin de conduire -, l'histoire de la voiture est aujourd'hui a un basculement.

Et comme à chaque fois que lorsqu'une histoire se termine, et que la nouvelle histoire n'est pas encore claire ni désirable, revient la nostalgie du passé.

Un passé forcément magnifié, souvent lié à l'enfance et donc au jouet.

Les récentes créations de Smart et Citroën illustrent à merveille cette évolution.


L'étape suivante ayant été imaginé il y a maintenant dix ans par les designers de GM,  - voir ci-dessous et .


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