Sunday, October 19, 2008

C'EST QUOI UN CHANTIER EN 2100 ?


La carte ci-dessus est celle des zones qui, en France, seraient totalement noyées sous l'eau si le niveau des mers augmentait de 2 mètres.

Question N°1 : comment construira-t-on les villes en 2100 si un tel scénario catastrophe se réalise ?

Personne ne le sait et ne se penche vraiment sur la question, sauf peut être les Hollandais qui, sur ce sujet, ont toujours eu une longueur d'avance (voir )

Question N°2 : Et si c'était avec des photos comme celles ci-dessous venant de la société américaine Dockwise, qu'il fallait imaginer ce que seront les futurs chantiers des villes inondées de demain ?


On y retrouve l'esprit de certains grands travaux engagés pendant la seconde guerre mondiale par la Royal Navy, comme les étonnants, et toujours fascinants, Maunsell Forts qui sont, selon moi, parmi les plus belles réalisations de l'architecture moderne, au même titre que les plates-formes pétrolières. (Vidéo à voir )


Et si c'était dans ces photos que se dessinaient l'urbanisme et l'architecture des villes inondées du futur ?

Sur ce sujet, voir aussi .

Saturday, October 18, 2008

HONG-KONG ENTRE CONTAINERS ET LEGO

Aujourd'hui le port Hong-Kong est le premier port de containers au monde juste devant Singapour.

Un contexte qui explique, en partie, la fascination qu'exercent les containers sur le couple Valérie Gutierrez et Laurent Portefaix, installés à H-K depuis une petite dizaine d'années, et fondateurs de MAP Office. (Sur leurs activités, voir, entre autres, et )


Cela fait plusieurs années que ces français installés à HK réfléchissent, entre autres, aux liens entre architecture et containers.

MAP présente d'ailleurs actuellement à la Biennale d'architecture de Venise, une installation appelée Underneath: Life with the Continuous Monument of China. ( images ci-dessous)


C'est donc de façon presque assez naturelle, qu'ils ont aussi réfléchi au Légo avec LEGO CITY / Plan-it-Yourself, dont vous trouverez ci-dessous les principales visions.

Ces images m'ont immédiatement fait penser à deux romans que je vous propose des extraits ci-dessous, comme des légendes lumineuses aux images de ce post.

PLAN D'OCCUPATION D'UN SOL MOUVANT
in “Exemplaire de démonstration” de Philippe Vasset - ed. Fayard 2003
(...) “Sur les docks, les empilements de containers s’intégrent parfaitement dans les perspectives des barres d’immeubles de la banlieue de Rotterdam, toute proche. Même tons - bleus et bordeaux pour les caisses comme pour la cité-, mêmes numéros- d’immatriculation ou d’escalier -, mêmes grues, mêmes tirets de néons ponctuant l’alignement, mêmes silhouettes qui errent et griffonnent les parois.

A moins que les containers ne reproduisent l’agencement des banlieues lointaines où ils ont été chargés, et que, sur les docks, s’offre un brève image des cités d’Abidjan ou de Kuala Lumpur.
Des friches portuaires qui auraient fugitivement traversé les océans pour devenir, quelques heures, le reflet exacte d’autres friches. Toute une ville sur le port, démembrée au matin, quand les blocs aveugles de marchandises sont chargés sur les palettes des camions fumants qui les attendent à quelques mètres
" (...)

DES VILLES-CONTAINERS
in “Le Successeur de Pierre” de Jean-Michel Truong - ed. Denoël 1999
"Dans le port, pareilles à des girafes démesurées écartant leurs pattes pour broutter, les grues automatiques déchargeaient les barges en provenance des pouponnières. Sitôt débarqués, les cocons étaient transbordés sur des convoyeurs téléguidés, hissés au faîte de l’édifice, et soudés aux alvéoles qui les attendaient.” (...)

Vu de l’extérieur, c’étaient des containers, en tout point semblables à ceux utilisés pour le transport des marchandise. A l’intérieur, ils étaient aménagés comme des caravanes. On les empilait au fur et à mesure sur les aires de stockage. Une fois en place, on les brancahit aux circuits d’air conditionné, d’eau, d’électricité, d’évacuation des effluent, puis on les connectait au web.(...)

Ces mégalopoles ressemblaient aux terminaux de fret de Marseille, Rotterdam ou Hong-Kong, montagnes de métal desservies par des myriades d’engins. En raison de leurs dimensions pharaoniques (certains) les avaient nommées “pyramides”, bien que leurs sommets tronqués évoquassent davantage les ziggourats assyriennes.

Typiquement, on comptaient dix milions d’occupants par “unité de survie”, mais le plus gigantesque de ces amoncellements - trois kilomètres de côté, douze cents mètres d’altitude - en abritait quarante cinq milions (...) la population entière des Etats-unis était concentrée dans onze pyramides, celle de la France dans trois, tandis que le peuple nippon tenait tout entier dans cinq.

PS / Et si c'était cela un chantier de construction demain ? Voir et .

Friday, October 17, 2008

DE VALPARAISO A HAPPY STREET


Entre Valparaiso et le projet Happy Street ...


Dans le même esprit voir , mais aussi .

AFTER THE PARTY N°2



Une carte et un tableau pour illustrer la situation de l'immobilier et, donc, la situation financière de millions de foyers aux Etats-Unis.

Plus d'éléments dans cet article du NYT titré : Housing Pain Gauge: Nearly 1 in 6 Owners 'Under Water'.

Monday, October 13, 2008

ET SI LES ÉCHANGEURS ROUTIERS DEVENAIENT DES BUILDINGS ?



LOT-EK est une agence d'architecture new-yorkaise extraordinaire, car c'est une des rares agences qui regarde la ville avec d'autres yeux que ceux d'un architecte. Pour cette équipe la ville est un organisme qui bouge, qui roule, qui stocke, qui destocke, qui fait transiter tout les types de flux 24 heures sur 24, bref qui circule dans tous les sens et qu'il est donc impossible de ne concevoir qu'en terme de bâtiments fixes et immuables.

Toutes leurs réflexions s'organisent donc autour d'objets qui bougent (containers, camion, avions, bateaux ...) ou d'objets destiner à faire circuler les hommes, les marchandises ou l'énergie (autoroutes, port, câbles électriques, gaines de climatisation ... ). Leurs projets et leurs réalisations sont réjouissantes et assez vitaminantes, car elles nous obligent à regarder et à imaginer la ville autrement. (voir leur livre LOT/EK: Urban Scan)

La preuve avec le projet ci-dessous destiné à transformer un des échangeurs routiers de Hong-Kong en un Design Insitut.






Dans le cadre de villes toujours plus compactes et de plus en plus interdites aux voitures, il va falloir penser autrement certaines infrastructures urbaines. Ces images sont intéressantes, car elles sont porteuses d'autres avenirs. Et c'est sans doute, ce dont on a le plus besoin aujourd'hui.

Sur ce sujet des new spaghetti junction, voir aussi .

AFTER THE PARTY



Et si, sans le vouloir, avec son pavillon After the party réalisé pour la Biennale d'Architecture de Venise, la Belgique proposait la vision la plus juste de la situation de l'immobilier aujourd'hui dans le monde ?

Le bâtiment, dont la façade est cachée derrière un échafaudage totalement opaque, est, en effet, entièrement vide, mise à part quelques chaises. Le sol est, lui, recouvert d'un épais tapis de confettis multicolors.

C'est pas forcément triste, c'est juste que la fête est finie et qu'il ne reste plus grand chose à montrer !

Thursday, October 09, 2008

CHATEAUX DE SABLE ?



Et si même Dubaï était touché ? c'est en tout cas l'une des hypothèses émise par le NYT dans un papier titré Boomtown Feels Effects of a Global Crisis

Extraits

(...) DUBAI, United Arab Emirates — On the surface, this glittering Arabian boomtown seems immune to the financial crisis plaguing the global economy. The skyline still bristles with cranes — an estimated 20 percent of the world’s total — and the papers are full of ads promoting spectacular new building projects. (...)

(...) But as recession looms in the West, cracks are appearing in the oil-fueled boom that has made Dubai, with its futuristic skyscrapers on the turquoise waters of the Persian Gulf, a global byword for unfettered growth. (...)

(...) Until recently, credit in Dubai was growing by 49 percent a year, according to the Emirates’ Central Bank — a rate almost double that of bank deposits’ growth. That unnerved some bankers here, who felt it could lead to a collapse. (...)

(...) At worst, if the global economy worsened and some Dubai banks failed, there would be a firm crutch to lean on. In the early 1980s, after several Dubai banks stumbled, the government rescued them and relaunched them as the Emirates Bank International. In the early 1990s, two more banks were rescued. At that time, of course, Dubai was far smaller. The repercussions of such a government bailout today would be far more damaging to Dubai’s image as the epicenter of Persian Gulf development."


Ou quand les excès de l'ultra-libéralisme menacent la ville de l'ultra-libéralisme.

Et pour aller plus loin et mieux imaginer ce que cela peut vouloir dire pour Dubaï, voir et .

Sunday, October 05, 2008

VIVRE EN VILLE, C'EST QUOI ?


Vivre en ville, cela veut dire quoi aujourd'hui ? Tentative de réponses avec ce petit bouquin dirigé par Julien Damon, et auquel j'ai modestement participé.

J'y aborde la mutation des villes américaines et australiennes sous l'influence du réchauffement planétaire et des catastrophes naturelles.

Ce travail s’appuie sur une enquête de Veolia environnement dans 14 métropoles, sur les cinq continents. Les contributions croisent ces résultats avec d’autres études et données internationales. Les différents textes proposent également un panorama de la situation, des préoccupations et des problématiques urbaines (développement durable, mobilité, stratification sociale, pauvreté, gouvernance, démographie).

Sommaire détaillé ci-dessous.
-Urbanisation planétaire, villes et modes de vie urbains, par Julien Damon
- Une enquête mondiale, démarche et principaux résultats, par Philippe Méchet et Joachim Soëtard
- L'urbanisation du monde et des populations, par Gérard-François Dumont
- Le monde comme ville ? Les territoires de l'homo urbanus par Thierry Paquot
- Les jeunes et la ville par Olivier Galland et Anna Stellinger
- Mobilité et qualité de vie en ville par Vincent Kauffman
- La ville, ses habitants et le développement durable par Geneviève Ferone
- La globalcity et ses critiques. Tensions dans l'espace urbain et divisions des classes moyennes par Louis Chauvel
- Inégalités et pauvretés urbaines. Évolutions mondiales et perspective transnationale par Julien Damon
- La gouvernance métropolitaine par Lamia Kamal-Chaoui
- Fragments d'un monde urbain en devenir par François Bellanger
Tout cela est très sérieux, et c'est tout le contraire de mon blog; il n'y a aucune image mais plein de tableaux chiffrés !

Saturday, October 04, 2008

NEXT CITIES ?



J'ai jamais beaucoup aimé les revues d'architectures que je trouve souvent très ennuyeuses car très collées au présent et incapables de générer des images sur le futur des villes. Soit, en gros, tout le contraire des jeux vidéos qui, eux, sont de formidables réservoirs d'images, et donc d'imaginaires, sur les villes de demain, au même titre que la BD ou le cinéma. (voir ou )

Les images ci-dessus ont été réalisées par un jeune graphiste islandais, B. Börkur Eiríksson, qui travaille au studio de création de jeux vidéos, CCP, éditeur du célèbre EVE.

Je ne sais pas ci ses rough serviront un jour de décors à une jeu, mais qu'importe. Les images sont fortes, et donnent à réfléchir sur certaines facettes de notre monde urbain du XXI° siècle. C'est pas forcément joyeux. Mais qui a dit que les villes seront forcément joyeuses ? En tout cas, moi je n'y ai pas vu que de la science fiction.
Cela m'a plutôt rappelé à certaines villes argentines, chinoises ou russes, entre décrépitude, immeubles jamais finis et infrastructures transports délabrées .

Et pour compléter ces images et continuer à réfléchir, je vous propose, même si cela n'a a priori rien à voir, ces quelques lignes de l'économiste Jean-Raphaël Chaponière sur l'Asie : "Alors que la plupart des villes de plus de 1 million d'habitants sont asiatiques, la majorité de la population asiatique réside encore dans les zones rurales : trois Indiens sur quatre, deux Chinois sur trois et le même pourcentage de Pakistanais. D'ici 2030, on construira en Chine l'équivalent d'une ville de 1 million d'habitants par mois et une tous les deux mois en Inde."
(Le texte complet, )

Friday, October 03, 2008

VANCOUVER GETS IN YOUR FACE GLOBAL WARMING WARNING


Vancouver est certainement une des villes les plus agréables à vivre au monde, mais est aussi l'une des plus menacée par une éventuelle montée des eaux du Pacific. C'est ce que montrent très bien les cartes ci-dessus, issues du site spécialisé Flood.firetree qui permet de faire des simulations sur les conséquences d'une possible montée des océans liée au réchauffement planétaire. (les photos ci-dessus vont de la situation actuelle à + 2 mètres, + 4 m. et + 6 m.)

Alors, face à cette menace, faut-il aller jusqu'a installer des canaux de sauvetage au quatrième étage des immeubles, mettre des lifejackets sous les bancs publics, et même faire surveiller les rues par des sauveteurs ? Sans doute pas ... Et c'est pourtant ce qu'a fait la société Offseters spécialisée dans les problèmes environnementaux afin de secouer les habitants de Vancouver sur les conséquences du global warming. (voir ci-dessous)


Il faut avouer que c'est terriblement bien fait et efficace.

Outre l'effet d'alerte, cette opération pose aussi la question de savoir quelles actions concrètes prévoient d'engager les pouvoirs publics en cas d'inondation d'une ville. Faîtes l'exercice, et vous verrez que personne ne pourra vous répondre.

Sur ce sujet, voir aussi l'excellent dossier du Guardian, titré The struggle to stay afloat, qui fait notamment un bilan des inondations qu'à connu la Grande-Bretagne en 2007.

Wednesday, October 01, 2008

QUAND BRITISH AIRWAYS CASSE - ENFIN - L'INSUPPORTABLE MYTHE DE LA MOBILITÉ FLUIDE

L'image ci-dessus est extraite d'une plaquette de promotion de l'aéroport d'Heathrow à Londres datant des années 60. On y retrouve tous les codes de la modernité jet set des sixties, et cette belle idée que le voyage en avion était un moment magique.

Les deux annonces ci-dessus datent, elles, du début des années 2000. Elles font partie de différentes campagnes d'Air France destinées à faire croire aux passagers qu'entre les Navettes et les nouvelles technologies (internet, e-ticket ...), prendre l'avion va devenir aussi facile que "de prendre un taxi". Bref que le transport aérien allait devenir un moyen de transport totalement fluide.

Evidement ce discours n'est pas crédible une seconde. Toute le monde sait que prendre l'avion est une succession d'obstacles sous formes de queues, de contrôles, d'attentes diverses et , depuis peu, de chaussures à enlever, de pâte dentifrice à jeter ou de bouteille d'eau à vider, etc, etc ... Bref, que des choses très éloignées de la première image, mais qu'une compagnie comme Air France continue à vouloir incarner à travers une communication onirique et tellement décalée qu'elle ressemble ouvertement à du foutage de gueule. (voir )

Alors quand à ces tracasseries habituelles s'ajoute un gros bug informatique dans le système de gestion des bagages, le fait de voyager en avion devient une véritable enfer. Et c'est justement ce qu'ont vécu cet été de nombreux passagers de British Airways dans le nouveau (et superbe) Terminal 5 que vient de faire construire la compagnie anglaise à Heatrow. Des dizaines de vols furent annulés et des centaines de passagers furent bloqués plusieurs jours. Bref un gros boxon qui donna lieu, entre autres, aux images comme celles ci-dessous.

Alors, pourquoi je vous parle de cela maintenant ?
Pour deux raisons.


La première est, que pour retrouver la confiance de ses clients, BA vient de lancer une vaste campagne destinée à montrer que son nouveau T5 est désormais totalement opérationnel et performant. La compagnie a pour cela monté un site Terminal 5 is working, sur lequel, chaque jour elle donne des informations très concrètes sur la façon dont a fonctionné l'aéroport la veille, et ce à la minute près parfois.

Les images ci-dessous sont des captures d'écran de ces annonces mises en ligne quotidiennement sur le site.

A noter dans cette dernière annonce juste ci-dessus, la précision importante "In the airline industry "on time" means arriving within 15 minutes of the scheludes time."

Si on ne peut que saluer cette initiative de transparence et ce discours de vérité de la part de BA, on ne peut s'empêcher, dans le même temps, de constater que, même quand cela fonctionne bien, les temps d'attentes à chaque étape du voyage restent quand même significatifs (plus de 20 minutes entre la sortie de la soute et l'arrivée sur le tapis à bagages). Ce qui veut dire - et c'est là, la deuxième raison de ce post - que quoi qu'il arrive, on sera toujours très loin du mythe technophile qui voudrait que grâce aux nouvelles technologies et au téléphone mobile, toute notre mobilité devienne fluide.

Comme si le fait que le mobile devienne un pass sans contact ou un moyen de paiement comme Japon, allait faire que tous les obstacles de la mobilité disparaissent, que les contrôle de sécurité n'existent plus, que tous les avions et les trains arrivent à l'heure et que tous les embouteillages disparaissent par magie. Il ne s'agit pas de nier le rôle fondamental que joue déjà, et encore plus demain, le mobile dans nos mobilités (voir et ) mais cessons d'en faire l'outils magique qui va tout régler !!! Jamais l'information, même sur un petit écran de téléphone, n'a annulé la réalité de la mobilité physique soumise à tous les aléas de la vie.

Il faut d'ailleurs remarquer que les entreprises de transports qui parlent le plus de fluidité et qui annoncent régulièrement de nouveaux services sur le téléphone mobile - je pense notamment à la RATP à Paris - sont, en général, celles qui mettent le plus d'obstacles à la mobilité physique des gens. Les portiques du métro parisien doublés d'une porte rabattante, en sont la meilleure preuve, surtout pour les gens avec des bagages ou avec une poussette. Je n'ai jamais vu ailleurs dans le monde, un tel système destiné à bien faire comprendre que tout client est un resquilleur refoulé.
Si prendre le métro à Tokyo donne l'impression d'une certaine fluidité, ce n'est pas parce que les Japonais ont un mobile, mais parce qu'il ne faut jamais attendre plus de 2 minutes entre deux rames !!!!

Et c'est pour cela que la campagne de British Airways me paraît très forte, car elle tient enfin un discours honnête sur ce qu'est réellement le voyage en avion. On s'y reconnaît, et on apprécie - disons le franchement - de ne pas être pris pour des cons.

Pour finir sur l'aéroport et cette idée de fluidité, vous trouverez ci-dessous l'extrait d'un long entretien que j'avais eu il y a maintenant plus de dix ans, avec Paul Andreu, qui était à l'époque l'architecte en chef d'Aéroports de Paris.
"Les flux n'impliquent pas la rencontre
Les gares et les aéroports sont des lieux de foules, mais sont-ils pour autant des lieux de rencontre ? En montant ou descendant d'un avion ou d'un train, on ne voit que le dos des gens.
Les gestionnaires de ces lieux attendent des architectes d'organiser des flux indépendants. Dans aucun des aéroports que j'ai conçus, on ne m'a demandé de faire se croiser les gens. Au sein de ces flux les seules rencontres face-à-face d'un voyageur, ce sont les commerçants et les panneaux de publicité. La publicité et le commerce ont leur place. Le commerce a toujours eu une fonction de sociabilisation et d'échange, mais il ne génère pas la rencontre.
Les nouveaux aéroports sont un peu comme les autoroutes. Pour éviter que les voitures ne se percutent, risquent un accident, on a bâti des échangeurs. C'est plus sûr, mais ce faisant on élimine la rencontre."
Ou quand la fluidité fantasmée nie la raison même du voyage, à savoir la rencontre avec l'autre.