Thursday, March 28, 2019

HORIZONS HANGARS

Pour prolonger les précédents posts sur les nouvelles enclaves productives - voir , et - et sur l'envahissement du hangar dans le paysage - voir et -, je voulais vous suggérer de jeter un coup d'oeil sur "Quête d'horizon".

C'est une travail conduit par les paysagistes d'Initial autour du marché alimentaire de Rungis, soit une approche paysagère sur un site qui n'a jamais été pensé sous cet angle... et qui pourtant symbolise à lui seul, bien des paysages péri-urbains contemporain - .

"Quête d'horizon, ou quand le hangar semble devenir la norme paysagère.

Wednesday, March 27, 2019

CES FERMES QUI N'EN N'ONT QUE LE NOM

Une Google data farm dans l'Oklahoma - voir "the farm".

Ou quand le mot ferme recouvre aujourd'hui ce genre de bâtiment sans humains.

Ou quand la novlangue techno change peu à peu le sens des mots, et donc nos rapports au réel, à notre environnement et à la nature. 

Ce post est le prolongement "ces lieux qui n'ont plus besoin d'humains".

Tuesday, March 26, 2019

CES LIEUX QUI N’ONT PLUS BESOIN D'HUMAINS

Jusqu'à récemment l'architecture et l'urbanisme étaient pensés autour de l'homme.

Ce n'est plus vrai.

Des pans entiers des territoires contemporains sont occupés par des bâtiments et des emprises qui sont destinés à fonctionner sans les hommes.

C'est le cas des terminaux portuaires comme des mega-entrepôts d'Amazon.

Ces lieux et bâtiments sont pensés autour de la fluidité, mais une fluidité assurées uniquement par des machines.

La présence de ces lieux va se faire de plus en plus pressante dans les années qui viennent, car ils sont au coeur de nos modes de vies et, surtout, de nos nouveaux modes de consommation. Ils sont, notamment, l'arrière cours indispensables du shopping sur internet.

Mais ils ne sont qu'un étape vers un nouvelle ère des machines et des robots qu'annoncent les voitures autonomes, les drones - voir "Seoul city machine" - mais aussi les tracteurs autonomes - voir 'C'est quoi l'agriculture aujourd'hui ?" , et bientôt les porte-containers autonomes - .

C'est cette mutation que raconte le tout récent ouvrage "Machine Landscape - Architecture of the Post-Anthropocene" dirigé par Liam Young.

Pour l'architecte australien, les choses sont claires; nous vivons un changement d'époque radicale où l'architecture ne se met plus aux services de l'homme, mais des machines et des flux.
"The most significant architectural spaces in the world are now entirely empty of people. The data centres, telecommunications networks, distribution warehouses, unmanned ports and industrialised agriculture that define the very nature of who we are today are at the same time places we can never visit. Instead they are occupied by server stacks and hard drives, logistics bots and mobile shelving units, autonomous cranes and container ships, robot vacuum cleaners and internet-connected toasters, driverless tractors and taxis (...) This collection of spaces, however, more accurately constitutes an era of the Post-Anthropocene, a period where it is technology and artificial intelligence that now computes, conditions and constructs our world. Marking the end of human-centred design, the issue turns its attention to the new typologies of the post-human, architecture without people and our endless expanse of Machine Landscapes".
Les cas étudiés dans "Machine Landscape" ne sont pas franchement originaux, mais le livre a le grand mérite de les regrouper et de donner, ainsi, une vision cohérente à une révolution en cours.

Sur la façon dont la logistique dévore les territoires, voir nos récents :
Sur le plan social, cela renvoie à

Monday, March 25, 2019

QUAND L'ÉLECTRICITÉ RÉVÈLE LA VIOLENCE DU MONDE




Il faut absolument regarder le film "Plain Sight" réalisé par Diller Scofidio.

C'est un film de 18 minutes absolument extraordinaire.

C'est un film que certains d'entre vous ont peut-être vu dans le pavillon des Etats-Unis lors de la dernière biennale d'architecture de Venise, mais que l'on peut voir et revoir tellement il est puissant.

"Plain Sight" montre la terre la nuit, vue du ciel. 

Il montre un visage de notre planète souvent méconnu ou totalement mésestimé, celui des réseaux énergétique, de leurs lacunes, de leur inégalités.

Il montre un monde terriblement binaire et terriblement moderne.

On y voit des zones remplies d'humains mais ne disposant pas d'électricité, et des zones totalement désertiques très bien alimentés pour une mine, un camp de touristes ou une base militaire. 

C'est un film très puissant car il montre toute l'inégalité, l'injustice et la violence qui fonde une bonne part de notre modèle et de notre croissance économique.

Les zooms sur le Congo, le Pérou et la république dominicaine sont particulièrement frappants.

Regardez-le.

C'est fort, très fort.

Friday, March 22, 2019

FUTUR OBÉSITÉ MOBILE ?

Et si, on regardait la trottinette électrique un peu autrement ?

Et si, on reconnaissait enfin que la trottinette électrique c'est tout, sauf de la mobilité active ?

Et si, on se décidait enfin à constater que la trottinette électrique ne concurrence pas la voiture, mais la marche à pied ?

Et si on regardait donc la trottinette électrique comme une machine à obésité ? 

Bref, et si on cessait de s'extasier sur ces inventions inutilement énergivores mauvaises pour la santé ?

Voir :
- "A société toujours plus mobile, corps toujours plus sédentaires ?"
- "Sédentarité, obésité, obé-cité ® ?"

Et, surtout, notre "No Motor Project".

Thursday, March 21, 2019

NEW STEREOTYPES AVAILABLE ?

Shutterstock est une banque d'image.

Elle vient de lancer une campagne de pub pour annoncer de nouvelles séries d'images qui se veulent moins lisses et aseptisées que celles qu'elle proposait jusqu'à alors - .

Parmi les nouvelles séries d'images, il y a celle ci-dessus avec cette légende "New stereotypes available".

On peut trouver choquante et caricaturale la façon présenter une fille ronde en train de courir sous le label "new stéréotype". 

Mais on peut aussi considérer que présenter un corp en mouvement en dehors des canons esthétiques et athlétiques dominants est une excellente chose.

Car, il est urgent de changer le regard sur les "gros" et leur liens supposés avec le sport.

Car, l'obésité va être un des grands enjeux de santé publique de demain - voir, l"Obé-cité ®" et que forcément le sport et la mobilité vont faire parties des réponses à imaginerUn enjeu qu'un équipementier sportif comme Nike a compris depuis longtemps - "the new fat mobility ?"

Et pour continuer à réfléchir à la question, on peut toujours se replonger dans "Les Métamorphoses du gras - Histoire de l'obésité du Moyen-Âge au XX° siècle" de Georges Vigarello, qui raconte comment on a inventé "le gros" à travers l'obsession du corps mince à partir des années 1920, soit il y a un siècle seulement.

Le livre est passionnant et permet de penser différemment aux évolutions du corps - voir, .

Tuesday, March 19, 2019

LE SURVIVALISME COMME RÉVÉLATEUR D'UNE NOUVELLE ARTICULATION SPORTIVE ?

Après la publication de "Le survivalisme comme nouvelle horizon sportif ?", certains m'ont fait remarquer que le survivalisme n'était pas un sport.

Et ils ont raison.

Le survivalisme n'est pas un sport, mais il permet de penser et d'imaginer autrement le sport de demain.

Petites explications.

Traditionnellement, l'approche du sport se fait par les pratiques, et notamment selon un distinguo entre "loisirs" et "compétition".

C'est une approche légitime pour beaucoup d'acteurs, mais pas forcément très pertinente pour penser le futur, et surtout les futurs territoires du sport.

On sita qu'aujourd'hui que c'est l'approche loisir qui est largement dominante. mais elle cache tellement de réalités différentes qu'elle n'est plus pertinente.

Par contre ce qui est claire, c'est que le sport loisir a fait exploser les cadres du sport - il se pratique partout, et de moins en moins dans les stades.

Le sport loisir a donc fait exploser les cadres spatiaux traditionnels du sport.

Il s'agit donc de le faire atterrir quelque part, de lui définir de nouveaux territoires, de nouveaux points de contacts.

Aujourd'hui, cette recherche d'un quelque part où atterrir pour penser le sport demain, pourrait se définir dans un axe "virtuel / réel", c'est à dire autour d'un axe allant du e-sport à l'tultra-trail, ou du gamer à l'ultra-trailer.

Demain, le sport pourrait donc se penser entre ceux qui fuient le réel et d'autre qui veulent au contraire s'y confronter.

Il y aurait donc d'un côté le virtuel et de l'autre, le terrestre.

Et dans ce cadre, le survivalism, quels que soient ses défauts, est le révélateur de ce retour vers le terrestre.

C'est un retour au terrestre que l'on peut condamner dans certaine formes (notamment le côté para-militaire aux Etats-Unis), mais qui remet bien le terrestre au centre du débat

Le survivalism est le révélateur extrême que le dérèglement climatique va s'inviter dans la pensée sportive de demain.

Et c'est pour cela qu'il intéressant à suivre, même si lui - et c'est là, tout le paradoxe - ne lutte pas contre le dérèglement climatique.

Demain, on peut imaginer que l'on classifie les sports au regard de leurs action sur le changement climatique.

On aurait là une nouvelle articulation sportive.

Les sports qui font du bien à la planète... et les autres.

Une hypothèse déjà développée, .

Et évidement avec ce genre de grille de lecture, on remet complètement à plat les valeurs traditionnelles du sport et la base d'un nouveau mapping permettant de renouveler totalement l'approche du sport.

Un seul exemple : c'est quoi le football si on commence à y intégrer son bilan carbone ?

Cette réflexion sur une nouvelle articulation du sport et sur le terrestre s'inspire très directement de l'exceptionnel travail de Bruno Latour sur les nouveaux imaginaires de la politique "Où atterrir ? Comment s'orienter en politique ?"

Il montre comment aujourd'hui c'est le dérèglement climatique qui redéfinit un nouveau mapping politique qui n'opposerait plus la gauche/droite ou les nationalistes aux mondialistes, mais ce qui mettent, ou non, le changement climatique au coeur de leur réflexion et de leur action politique.

Pour B. Latour, le vrai curseur en politique de demain sera la volonté de lutter ou non, contre le changement climatique.

Demain, on peut faire le pari que ca sera aussi vrai pour le sport.

Sur ce sujet, voir :
- "Et si le sport pouvait réinventer le combat écologique ?"

Et on en reparlera beaucoup plus longuement, et de façon beaucoup plus construite, lors de l'Atelier Transit-City du 13 septembre prochain organisé autour de la question "Et si c'était à Branly que s'inventait notre avenir ?"

Monday, March 18, 2019

LE SURVIVALISME COMME NOUVEL HORIZON SPORTIF ?


Cela fait plusieurs années que Transit-City travaille sur les évolutions du sport, de ses imaginaires et de ses pratiques.

L'une de nos conclusions est que, aujourd'hui, "le sport a dévoré le monde"

Cette dévoration s'est faite autour de nouveaux rapports au corps en 6 temps - voir, "les 6 temps de la dévoration du monde"

Mais qu'un nouveau temps apparait non plus autour du corps, mais de la terre - voir "Et si l'écologie devenait le 7° temps du sport ?"

Le sport n'est met pas seulement au service du corps, mais se met au service de la défense de la nature et de la lutte contre le réchauffement climatique.

Cette mutation politico-sportive s'est incarnée récemment par les initiatives des marques d'outdoor américaines contre Trump lors des midterm de novembre dernier - voir "quand l'out-door américain s'engage dans l'écologie politique".

L'outdoor s'est, a avec cette initiative, mis au service d'une cause commune et généreuse : celle de la lutte écologique.

Mais une autre phase de l'outdoor plus sombre et pessimiste est en train d'émerger depuis plusieurs années : c'est celle du survivalisme.

Il ne s'agit pas de lutter contre le réchauffement climatique ou essayer de lutter contre une catastrophe, mais de s'y préparer et - surtout - d'apprendre à y survivre.

Aux Etats-Unis cela fait déjà plusieurs années que s'est développée une offre de stages dits survivalist - voir, entre autres, "12 Survival school that could save your life"

Avec la montée des périls climatiques et le succès d'ouvrage "Comment tout peut s'effondrer" - le mouvement survivalist est en train de s'implanter peu à peu en Europe.

En France, l'ouverture dans quelques jours à Paris de la deuxième édition de "Survival Expo le Salon de l'Outdoor et de l'Autonomie ", montre que le mouvement trouve aujourd'hui un véritable écho.

Et si l'affiche se veut fraiche et joyeuse, l'objet du salon est très claire : présenter "les méthodes utilisées par une partie de la population qui souhaite se préparer aux risques susceptibles d’interrompre le fonctionnement de la société. En s’équipant de produits et en investissant dans des systèmes leur permettant d’accroître leur autonomie, les survivalistes se préparent à la survenance de certains risques." Le tout est évidement emballé d'une pointe d'écologie "l’adoption de ce mode de vie est la clé pour devenir un citoyen responsable et respectueux de l’environnement".

L'outdoor n'est plus vu comme une activité destinée à être proche de la nature par choix, mais comme une préparation à la catastrophe, à la survie.

On pourrait voir cela comme le simple prolongement de toutes les courses et expéditions extrêmes qui se déploient depuis des années et qui dessinent aujourd'hui de nouveaux rapports à la nature, et dont le fameux Barkley Marathons en est une des illustrations les plus connues - .

On serait alors dans le simple prolongement "et si la route dégradée devenait un idéal ?" et "nouveaux trans-sport ® cynégétique ?", c'est à dire dans une mouvance sportive cherchant un rapport de plus en plus directe avec une nature sauvage et dans laquelle l'homme devrait se débrouiller seul et par ses propres moyens - voir, "La solitude pour penser demain ?"

Mais, on peut aussi imaginer que ce courant survivalist donne naissance à d'autre pratiques sportives plus guerrières, et dont un film comme "Hunger Games" serait l'aboutisement le plus extreme.

On peut aussi faire l'hypothèse que le survivalisme donne naissance à un nouveau temps du sport - le huitième? - associerait survie, catastrophe et écologie.

Un nouveau temps qui se nourrirait encore un plus de l'univers militaire déjà très présent depuis quelques années. Voir sur ce sujet :
"Le militaire comme nouvelle référence mobile ?"
"Quand les militaires ne sont jamais très loin."

Quoi qu'il en soit, on comprend que si le survivalism n'est pas un sport, il est en train de dessiner un nouveau horizon sportif qui met la nature au coeur de sa pensée.

On y revient dans le prochain post.

Et on en reparlera forcément le 13 septembre prochain, .

Saturday, March 16, 2019

LIQUID FRONTIERS / C'EST QUOI ISTAMBUL ?


C'est quoi la géographie une ville ? 

Du bâti ou des flux ... même des flux maritimes très lointains  ?

sur Istambul.

sur Singapour.

sur Le Havre.



Friday, March 15, 2019

LIQUID FRONTIERS / COMMENT PENSER SINGAPOUR ?

Pour prolonger la réflexion sur les nouvelles façons d'aborder les frontières de plus en plus floues entre terre/mer - voir,  et -, je voulais vous inciter à jeter un coup d'oeil sur "Sea Region", un remarquable travail conduit par le département d'architecture de l'ETH de Zurich sur la zone de Singapour. 

C'est à mettre en perspective avec "Liquid Frontiers / C'est quoi le Havre ?"

Thursday, March 14, 2019

LIQUID FRONTIERS / KELONG URBANISM

Pour alimenter la réflexion esquissée dans le précédent post sur la notion de frontière liquide, je voulais vous inviter un regard sur les iles autour de Singapour.

Voilà, en effet, une zone qui s’est développée depuis très longtemps sur un urbanisme liquide et souple structures fixes et structures mobiles pour définir de nouveaux rapports entre terre et mer. 

Le symbole de cette hybridité est le kelongune plate-forme offshore construite principalement en bois, et qui peut servir aussi bien à la pêche, qu'à la pisciculture ou au logement de famille entière de pécheurs.

Une partie de ces kelong sont mobiles et sont régulièrement conduits au large pour servir de base de pêche temporaire - schémas ci-dessous.


Se dessine ainsi, selon les saisons, un territoire mobile qui brouille les frontières traditionnelles à la fois entre la terre et mer, mais aussi entre navire et habitat.

Pour mieux comprendre ce qui se dessine là, il faut lire le passionnant travail de recherche  "Cultivated sea" conduit par le département d'architecture de l'ETH de Zurich dont sont issus toutes les illustrations de ce post.


On est, de façon plus artisanale, dans le prolongement de "Floating mobile factory 2030 ?"

Ce qui est certain, c'est que cela pose clairement la question de savoir comment définir un territoire urbain à partir du moment où celui est en partie mobile sur l'eau - voir  "c'est quoi le Havre ?"

On y revient dans le prochain post.

Et on en parlera le 13 septembre prochain, .