Tuesday, August 25, 2026

LES 3 FUTURS MÉTRIQUES DE LA PERFORMANCE SPORTIVE ?

Dans notre précédent post "et si nous posions les bases d'une nouvelle métrique sportive écologique ?", nous expliquions pourquoi et comment nous estimions nécessaire que dans un monde en grande souffrance écologique, le sport se donne de nouvelles missions et donc de nouveaux outils de mesure de la performance.

Nos explications étaient nécessairement longues.

Mais une fois posées notre méthode et nos convictions, arrive le temps où l'on peut simplifier et synthétiser.

C'est le temps et l'objet de ce post dans lequel nous présentons de façon très simple notre vision de la définition possible de nouvelles métriques de la performance sportive.

Étape 1 : La métrique de captation ® - Le sport loisir

- Le fondement : le sport compétition du XX° siècle

- Les indicateurs : Nombre de licences, abonnements en salle, données GPS individuelles, calories brûlées, équipements consommés.


- L’mpact : Incite à la surconsommation d'énergie et à l'artificialisation des sols.


Étape 2 : La métrique de substitution ® - La mobilité active

- Le fondement : remplacer les déplacements carbonés par des mobilités actives.


- Les indicateurs : Report modal vers la force humaine, part des déplacements fonctionnels réalisés par l'effort physique, kilomètres utiles parcourus.

- L’impact : Décarbonnation des transports et réhabilitation de l'effort physique utile.


Étape 3 : La métrique de régénération ® -  Le réensauvagement.

- Le fondement : Le réensauvagement pour restaurer la biodiversité et favoriser la résilience des écosystèmes.


- Les indicateurs : Surface de sols débétonnés et désimperméabilisés, taux d'ombre microclimatique créé, indices d'évitement des zones fragiles, contribution active à la sanctuarisation du vivant.


- L’mpact : Le sport devient un outil direct de restauration écologique.

En articulant l'ensemble de nos références et de nos concepts, nous avson voulu dessiner un basculement complet du système des mesures de la performance du sport.


On vous laisse y réfléchir.

Monday, August 24, 2026

ET SI ON POSAIT LES BASES D'UNE NOUVELLE MÉTRIQUE SPORTIVE ÉCOLOGIQUE ?

Cela fait plusieurs années qu’au sein de Transit-City et du Prospective Sport Lab ®, nous essayons de dessiner une nouvelle «carte des pensables» sur le sport.


Avec une conviction de départ simple mais forte : si les XIXᵉ et XXᵉ siècles ont été ceux de la mécanique, le XXIᵉ sera celui du corps.


Il nous est apparu nécessaire de faire un point sur nos réflexions, notre méthode et dire où nous en sommes alors que la crise climatique est là, qu’elle va bouleverser nos quotidiens et va laisser émerger de nouveaux imaginaires sportif, mobilitaire et écologique.


Étape 1 : Le point de départ - L'impasse du mot sport.


- Le constat est simple : aucun pays n’a jamais défini précisément ce qu’il entendait par le mot « sport ». 


- Cette notion est devenue tellement polysémique qu’il est aujourd'hui difficile de déterminer quelle activité en relève réellement.


- La publication toute récente d’une étude suisse sur les pratiques sportives du pays en offre une excellente illustration : 

. Plus de 80 % des agriculteurs suisses atteignent les recommandations de santé physique, mais seuls 30 % d'entre eux se considèrent comme sportifs.

. À l'inverse, un employé de bureau s'identifie immédiatement comme sportif dès qu'il s'inscrit en salle.
- La mesure publique de l'activité physique repose ainsi davantage sur des marqueurs de statut social et de consommation que sur la réalité de la dépense corporelle. On compte les licences, les abonnements et les infrastructures marchandes, tout en fabriquant une population statistiquement « inactive » dont l'effort physique réel reste invisible - voir, .

- Le sport moderne s'est structuré autour de la définition classique du loisir (activité désintéressée, choisie, sur un temps libéré des obligations). En appliquant ce filtre, les politiques publiques disqualifient d'emblée l'effort physique utilitaire ou lié au travail.


- C’est ce même constat qui nous avait conduit à définir en 2016 6 puis - en 2018 -  7 temps et récits du sport, pour montrer comment celui-ci avait peu à peu dévoré le monde :

1 - Le récit de la compétition

2 - Le récit de la libération

3 - Le récit de l’exhibition

4 - Le récit de la réparation

5 - Le récit de la dématérialisation

6 - Le récit de la revendication

7 - Le récit de la préservation -

Étape 2 : Le pivot mobilitaire - Du sport-loisir aux mobilités actives


- Pour sortir de cette impasse sémantique et penser les nouveaux avenirs du sport, nous avons engagé une seconde phase de réflexions prospectives en essayant de définir une nouvelle Carte des pensables.


- La Carte des pensables n'est pas un concept parmi d'autres : c'est un manifeste méthodologique. 


- La prospective ne sert pas à prédire le futur, mais à fabriquer des outils conceptuels (des «lunettes théoriques») pour déplacer les représentations mentales et élargir ce qu'il devient possible de concevoir.


- Ces concepts que nous avons ressenti le besoin de créer pour notre réflexion, les voici :

- Motri-Cité ® (2017) : Dépasser la notion trop vague de « mobilité » (tout étant mobile aujourd’hui) pour recentrer la réflexion sur la puissance motrice du corps humain.

- Trans-Sport ® (2017) : Reconnaître l'effort lié aux trajets fonctionnels (domicile-travail) comme une véritable séance sportive. Il réhabilite l'effort utile non marchand et réconcilie le corps qui produit avec le corps qui s'entretient.

- Sport As A Mobility ® / SAAM (Mai 2020) : Là où les économistes parlent de Mobility As A Service (MaaS), nous proposons le Sport As A Mobility (SaaM). Le sport y est reconnu comme une infrastructure et un service de mobilité légitime à part entière.

- Les 4 Souffles ® (Février 2026) : En 1941, Le Corbusier théorise les « 4 routes » (air, eau, fer, terre) comme fondements d’une mobilité moderne dominée par le moteur. 

Les « 4 souffles ® » invitent, eux, à repenser la mobilité contemporaine à partir du corps. Ils ouvrent la voie à une nouvelle cartographie où l’effort physique devient un mode de connaissance du monde.

La mobilité active comme nouvelle métrique sportive ?


Au lieu de comptabiliser des abonnements en salle ou des kilomètres parcourus à vide, ces nouveaux concepts permettraient d'évaluer la façon dont les populations assurent leurs déplacements par leur propre énergie corporelle.


Un nouvel indicateur pourrait ainsi quantifier :

• Le taux de substitution des mobilités mécanisées par l'effort physique (volume de kilomètres utiles parcourus à la force du corps). 
• L’intensité physique globale de la collectivité, en réintégrant les commutateurs actifs invisibilisés par le modèle classique.

Étape 3 : Le saut écologique — La mobilité sportive comme accélérateur du Rewilding


- Cependant, la mobilité active ne suffit pas si elle s'effectue sur du bitume surchauffé, sans ombre et dans un contexte urbain our agricole dévasté.


- Pour que le Trans-Sport ® et la Motri-Cité ® soient physiquement et thermiquement soutenables face au réchauffement climatique, une radicalisation écologique s'impose.


- C'est le rôle attribué à nos concepts probablement trop nombreux, mais qui nous aident à réfléchir autrement : 

Rewild City ®

Outdoor City ®

- Outwild City ®

- Rewild Urban Sport ®

et tout récemment 

- Économie de l'Ombre ®

- Réensauvagement Défensif Sportif ®.

- La mobilité sportive devient alors un accélérateur direct du réensauvagement selon trois mécanismes :

1 - Le bouclier climatique indispensable à l'effort :  

- Pour éviter la surchauffe thermique du corps, la ville doit abandonner le bitume et le « tout-aménagé ». Forêts microclimatiques, zones humides et sols vivants apportent l'ombre et la fraîcheur nécessaires. Le réensauvagement n'est pas un luxe esthétique, mais la condition matérielle d'existence du sport mobilitaire.  

2 - La réintroduction de la rugosité :

. La rugosité : L'urbanisme traditionnel a lissé la ville pour éliminer le frottement. 

. Le Rewild Urban Sport ® réintroduit les reliefs bruts, les zones d'expansion des crues et la végétation spontanée.  

. La rugosité devient le moteur de l'agilité physique et le support de la biodiversité.

3 - Le réconnexion écologique :  

- Là où le sport moderne reste majoritairement déconnecté du vivant (gymnases énergivores, neige artificielle), le Réensauvagement Défensif Sportif ® réconnecte la pratique sportive aux vivants :

. Le sportif-commuteur devient une présence vigilante sur les corridors écologiques, documentant l'état du vivant.
. Chaque axe de mobilité sportive créé devient une bande de terre débétonnée, restituée à la libre évolution.

- La réinvention de la métrique sportive n'est pas un simple ajustement statistique : c'est un basculement sociétal.


- On ne mesure plus ce que le sportif exige de son corps ou extrait de la planète, mais la manière dont la puissance motrice de son déplacement permet de régénérer, rafraîchir et défendre le vivant sur son passage.


Oui c’est ambitieux. 


Mais vu la situation a-t-on vraiment le choix ?


On vous laisse y réfléchir.

Friday, August 21, 2026

ET SI ON IMAGINAIT UN TEL GANG SUR L'UTMB ?

En 1975, paraissait aux Etats-Unis un petit chef d'oeuvre de subversion "The Monkey Wrench Gang" (Le Gang de la clé à molette) du génial et tonitruant Edward Abbey.

Ce roman culte de la contre-culture, raconte l'histoire suit quatre éco-guerriers excentriques - un vétéran du Viêt Nam, un chirurgien, une féministe et un guide de rivière mormon - qui s'unissent pour protéger les paysages sauvages de l'Ouest américain, en particulier le plateau du Colorado.


Pour lutter contre le bétonnage et la destruction de la nature, ils se lancent dans des actions de sabotage écologique (ou «monkeywrenching») : destruction de bulldozers, dégradation de chantiers et projet ultime de faire sauter le barrage de Glen Canyon.


Avec beaucoup d'humour noir, ce livre qui action et célébration de la wilderness, a posé les bases de l'éco-sabotage moderne et inspiré des mouvements environnementaux radicaux comme Earth First !.


C'est évidement un bouquin auquel on a vite envie de se référer quand on voit des aberrations écologiques.


Et c'est notament le cas ces jours-ci avec l'indécent barnum commercial de l'UTMB organisé autour d'un Mont Blanc en grande grande souffrance - .


Transposer le roman d'Edward Abbey dans la vallée de Chamonix lors de l'UTMB offrirait une satire féroce du greenwashing, du surtourisme et de la marchandisation de la montagne.


- Les motivations du gang

. Pour le gang, l'UTMB ne représenterait plus l'esprit sauvage du trail, mais une industrie hyper-commerciale : des milliers de coureurs venus en avion du monde entier, des sponsors de la fast-fashion sportive, des hélicoptères pour les caméras, et des sentiers alpins piétinés sous couvert de "dépassement de soi".

- Les personnages version chamoniarde.

. Le guide de haute montagne désillusionné : l'équivalent du Mormon Seldom Seen Smith. Il connaît chaque sentier, mais ne supporte plus de voir la montagne transformée en parc d'attractions pour cadres urbains.


. La gardienne de refuge radicale : lassée de voir la faune effrayée par le balai permanent des coureurs et des drones de la production média.


. Le bénévole infiltré : un jeune local qui utilise son pass organisation pour saboter la logistique de l'intérieur.


. Le vieux pisteur/artificier : l'équivalent de George Hayduke, grincheux, buveur de bière, adepte d'actions coup de poing et prêt à tout pour paralyser la course.

- Leurs cibles et méthodes de "monkeywrenching".

. Pas de violence physique ni de blessures visées contre les coureurs, mais un monkeywrenching ciblé pour paralyser l'événement et ridiculiser les sponsors :

. Réseaux et chronométrage : piratage ou coupure des puces de chronométrage LiveTrail et des relais satellites des caméras du direct.


. Balisage créatif : déplacement nocturne des fanions pour détourner la tête de course vers la terrasse d'un refuge isolé pour un apéro improvisé, ou vers des routes goudronnées peu glorieuses.


. Logistique sponsors : neutralisation des arches gonflables des marques au milieu de la nuit, brouillage des communications des navettes officielles.


. L'action d'éclat : l'interception le blocage complet du col de la Forclaz pour empêcher que s’y installe la fan zone survoltée qui s’y déploie chaque année.

Ces actions s'inscriraient dans l’aile très radicalisée du mouvement de Réensauvagement Défensif Sportif et de l'application de sa Charte.


Certains commentateurs ne pourraient pas s'empêcher de parler d'éco-terrorisme !


D'autres leur répondraient que les vrais éco-terroristes sont les organisateur de l'UTMB.


On vous laisse y réfléchir.