Friday, August 21, 2026

ET SI ON IMAGINAIT UN TEL GANG SUR L'UTMB ?

En 1975, paraissait aux Etats-Unis un petit chef d'oeuvre de subversion "The Monkey Wrench Gang" (Le Gang de la clé à molette) du génial et tonitruant Edward Abbey.

Ce roman culte de la contre-culture, raconte l'histoire suit quatre éco-guerriers excentriques - un vétéran du Viêt Nam, un chirurgien, une féministe et un guide de rivière mormon - qui s'unissent pour protéger les paysages sauvages de l'Ouest américain, en particulier le plateau du Colorado.


Pour lutter contre le bétonnage et la destruction de la nature, ils se lancent dans des actions de sabotage écologique (ou «monkeywrenching») : destruction de bulldozers, dégradation de chantiers et projet ultime de faire sauter le barrage de Glen Canyon.


Avec beaucoup d'humour noir, ce livre qui action et célébration de la wilderness, a posé les bases de l'éco-sabotage moderne et inspiré des mouvements environnementaux radicaux comme Earth First !.


C'est évidement un bouquin auquel on a vite envie de se référer quand on voit des aberrations écologiques.


Et c'est notament le cas ces jours-ci avec l'indécent barnum commercial de l'UTMB organisé autour d'un Mont Blanc en grande grande souffrance - .


Transposer le roman d'Edward Abbey dans la vallée de Chamonix lors de l'UTMB offrirait une satire féroce du greenwashing, du surtourisme et de la marchandisation de la montagne.


- Les motivations du gang

. Pour le gang, l'UTMB ne représenterait plus l'esprit sauvage du trail, mais une industrie hyper-commerciale : des milliers de coureurs venus en avion du monde entier, des sponsors de la fast-fashion sportive, des hélicoptères pour les caméras, et des sentiers alpins piétinés sous couvert de "dépassement de soi".

- Les personnages version chamoniarde.

. Le guide de haute montagne désillusionné : l'équivalent du Mormon Seldom Seen Smith. Il connaît chaque sentier, mais ne supporte plus de voir la montagne transformée en parc d'attractions pour cadres urbains.


. La gardienne de refuge radicale : lassée de voir la faune effrayée par le balai permanent des coureurs et des drones de la production média.


. Le bénévole infiltré : un jeune local qui utilise son pass organisation pour saboter la logistique de l'intérieur.


. Le vieux pisteur/artificier : l'équivalent de George Hayduke, grincheux, buveur de bière, adepte d'actions coup de poing et prêt à tout pour paralyser la course.

- Leurs cibles et méthodes de "monkeywrenching".

. Pas de violence physique ni de blessures visées contre les coureurs, mais un monkeywrenching ciblé pour paralyser l'événement et ridiculiser les sponsors :

. Réseaux et chronométrage : piratage ou coupure des puces de chronométrage LiveTrail et des relais satellites des caméras du direct.


. Balisage créatif : déplacement nocturne des fanions pour détourner la tête de course vers la terrasse d'un refuge isolé pour un apéro improvisé, ou vers des routes goudronnées peu glorieuses.


. Logistique sponsors : neutralisation des arches gonflables des marques au milieu de la nuit, brouillage des communications des navettes officielles.


. L'action d'éclat : l'interception le blocage complet du col de la Forclaz pour empêcher que s’y installe la fan zone survoltée qui s’y déploie chaque année.

Ces actions s'inscriraient dans l’aile très radicalisée du mouvement de Réensauvagement Défensif Sportif et de l'application de sa Charte.


Certains commentateurs ne pourraient pas s'empêcher de parler d'éco-terrorisme !


D'autres leur répondraient que les vrais éco-terroristes sont les organisateur de l'UTMB.


On vous laisse y réfléchir.

Thursday, August 20, 2026

ET SI À CÔTÉ DE L'INSEP, ON LANÇAIT L'INSTITUT NATIONAL DU SPORT ET DU RÉENSAUVAGEMENT ?

Imaginons !


Imaginons que d’ici une quinzaine d’années le monde du sport français décide de faire sa grande révolution.


Imaginons que face aux dérèglements climatiques, les grandes fédérations sportives décident qu'il faut arrêter le bricolage de l'adaptation au climat et réinventer un nouveau récit du sport autour de nouvelles pratiques?


Qu’il faut assigner au sport un nouveau rôle sur une planète en souffrance.


Et que ce nouveau récit s’appelerait le Réensauvagement Défensif Sportif ®.


Un récit du sport qui ne viserait plus à mesurer la seule performance des corps, mais la performance des pratiques qui aideraient préserver le vivant. 


Un récit du sport qui disposerait d’une Charte du Réensauvagement Défensif Sportif ®.


Et qui serait soutenu parallèlement par nouvelle institution destinée à soutenir les nouvelles pratiques et qui aurait pour nom l’Institut National du Sport et du Réensauvagement (INSER).


L’INSER ne remplacerait pas l’INSEP.


L'INSEP resterait la maison du sport du XX° siècle - celui des podiums -, alors que l'INSER préparerait au sport du XXI° siècle - celui de la protection du vivant.


Si l'INSEP prépare aux médailles olympiques dans un environnement sportif ultra artificialisé, l'INSR serait son exact miroir subversif : un centre d'excellence dédié à la haute performance physique, scientifique et tactique au service de la sanctuarisation du vivant.


Plutôt qu'un campus ultra-moderne financé par l'État et les partenaires privés, ce serait un bastion de la résilience, implanté dans un milieu sauvage complexe - forêt dense, massif montagneux ou zone humide réensauvagée - choisi précisément pour son inconfort, considéré comme le premier des enseignements.


1. Les infrastructures : des "installations" brutes


À l'INSR, pas de pistes en tartan ni de bassins de 50 mètres chlorés :

. Pistes d'agilité et d'entrave : des parcours du combattant naturels intégrés au relief (éboulis, marécages, enchevêtrements de bois mort, franchissements de rivières sans ponts) pour développer une motricité adaptative extrême.


. Le laboratoire de "Physiologie de l'inconfort" : des zones d'entraînement exposées aux conditions météo brutes (froid, chaleur, humidité, nuit) pour acclimater les athlètes à la dépense énergétique en milieu hostile sans assistance technologique.


. Le pôle "Botanique & génie physique" : des serres de multiplication d'espèces pionnières (ronces, épines, essences locales) et des ateliers de charge lourde pour apprendre à transporter et implanter du vivant à haute cadence.


. Le Centre de récupération low-tech : bains en eau vive glacée, physiothérapie manuelle, nutrition dense issue du glanage et de la culture locale, loin des compléments alimentaires industriels.

2. Le profil des athlètes


L'admission ne se fait pas sur les tests traditionnels des Fédérations (perf, vma,...), mais sur la capacité à allier puissance athlétique et conscience du milieu :

. profils "Extracteurs / Infiltrateurs" (issus du parkour, de l'escalade, de la spéléologie) : capables de franchir n'importe quelle clôture, paroi ou structure industrielle pour accéder aux zones à protéger.


. profils "Endurance / Portage" (issus du trail, de l'aviron, du crossfit) : capables de transporter 30 kg de matériel ou de végétaux sur 50 km de terrain accidenté sans laisser de trace.


. profils "Hydro-Tactiques" (issus de la nage en eau vive, du kayak, de l'apnée) : spécialistes des interventions en milieux aquatiques - libération de cours d'eau, désenclavement de zones humides.


. profils "Sentinelles" : moins spectaculaires, mais essentiels - ce sont eux qui lisent un paysage avant tout le monde, qui remarquent la plante qui a changé de couleur ou l'oiseau qui ne chante plus au bon endroit.


. profils "Tisserands" : chargés de recoudre le lien entre les athlètes de l'INSR et les habitants des territoires où il agit, pour que la haute performance ne devienne jamais une arrogance isolée.

3. Le pôle de recherche


Là où l'INSEP cherche à optimiser des gains de performance grâce à des outils et des équipement de très haut niveau technique, le pôle recherche de l'INSR travaille sur :

. des outils légers, réparables, increvables ;

. des chaussures à empreinte neutre, conçues pour se biodégrader en fin de vie ;

. des protocoles de suivi écologique où chaque athlète devient aussi un capteur humain sur le terrain ;

. une revue interne, "Les Cahiers du Réensauvagement Sportif ®", qui documente moins des performances que des observations : ce qui repousse, ce qui revient, ce qui persiste.

Il y a probablement plein d'autres choses à imaginer, nous n'en sommes qu'au début de nos réflexions.


On vous laisse y réfléchir

Wednesday, August 19, 2026

CE QUE POURRAIT ÊTRE LA CHARTE DU RÉENSAUVAGEMENT DÉFENSIF SPORTIF

Dans notre précédent post nous émettions l'idée que puisse émerger dans les années qui viennent un véritable mouvement de Réensauvagement Défensif Sportif ®, ayant vocation à faire du sport un outil de préservation du vivant.

Mais comme tout mouvement qui se veut à la fois clair et efficace dans ses objectifs et ses méthodes, nous avons imaginé que ce mouvement se dote d'une charte du pratiquant, la Charte du Réensauvagement Défensif Sportif ®.

Voici cette Charte du Réensauvagement Défensif Sportif ®, toute simple et en seulement 4 points à fois 

Charte du Réensauvagement Défensif Sportif 

1. Adapter le corps au milieu, non l'inverse

- Nous refusons la dépendance aux infrastructures lourdes, énergivores et artificielles 

- Le terrain de pratique est brut, changeant et vivant. L'athlète développe son agilité, sa proprioception et sa résilience en s'adaptant à la complexité du milieu naturel, sans chercher à le dompter ou à l'aplanir.

2. Faire du sport un bouclier territorial et écologique

- Chaque sortie, entraînement ou itinérance est une présence attentive sur le terrain. Nous mettons nos compétences physiques et d'orientation au service de la protection des espaces menacés par le bétonnage ou l'extractivisme. 

- En arpentant les zones tampons et les corridors écologiques, nous documentons l'état du vivant, signalons les dégradations et affirmons un usage citoyen protecteur face à l'accaparement des terres.

3. Favoriser la régénération passive et la botanique de combat

- Là où nous évoluons, nous faisons alliance avec les processus naturels. Nous respectons la libre évolution des milieux et favorisons le retour de la végétation spontanée sur les espaces sportifs obsolètes ou dégradés. 

- Nous adaptons nos itinéraires pour contourner strictement les zones de nidification ou de régénération fragile, transformant la contrainte géographique en éthique de pratique.

4. Cultiver l'autonomie et la sobriété matérielle

- Le matériel doit être durable, réparable, low-tech et réduit au strict nécessaire. Nous rejetons la course à l'équipement jetable et au renouvellement superflu. 

- La véritable performance réside dans l'autonomie : savoir s'orienter sans signal GPS, gérer son effort face aux intempéries, lire le terrain et évoluer en sécurité sans laisser d'autre empreinte que l'éphémère trace de nos pas.


Oui, c'est clairement un outil d'écologie politique et sportive.


On vous laisse y réfléchir et imaginer toutes les améliorations possibles.

Monday, August 17, 2026

ET SI LE MONDE DU SPORT S'EMPARAIT DU CONCEPT DE "RÉENSAUVAGEMENT DÉFENSIF" ?

Le réchauffement climatique va changer le sport.

Il va changer ses pratiques, ses infrastructures, ses imaginaires. 
.
Dans 50 ans, le sport ne ressemblera plus à celui que l'on connait aujourd'hui.

Le sport est né de la révolution industrielle de la vapeur et de l'électricité dans l'imaginaire d'une planète aux ressources infinies.

La sport va devoir se réinventer avec la révolution industrielle de l'IA et sur une planète à bout de souffle où vont se multiplier les catastrophes climatiques.

Tout cela est connu et évident.

On voit donc émerger une partie du monde sportif qui va tout faire pour se couper des nouvelles réalités écologiques et tenter de se protéger dans un apartheid climatique ® - .

Mais on peut aussi imaginer que parallèlement de nombreux sportifs refusent cette logique et utilisent au contraire le sport comme un outil de combats écologiques

C'est en tout cas le pari que nous faisons au sein du Prospective Sport Lab ®.

Et nous avons même donné un nom à ce mouvement avec le Réensauvagement Défensif Sportif ® ou Sport Défensive Rewilding ®.

Dans ce post, on pose les premières bases de ce concept de Réensauvagement Défensif Sportif ®.

Précisons notre pensée.


Et d’abord expliquons ce qu’est le réensauvagement défensif (defensive rewilding)


Le réensauvagement défensif (defensive rewilding) est une approche de la restauration écologique qui utilise le retour de la nature sauvage et des processus naturels comme un moyen d'action défensif face à deux grands types de menaces :


- La défense environnementale et climatique


Dans ce cadre, la réintroduction d'espèces ou la libre évolution des milieux naturels servent de bouclier contre les perturbations climatiques ou écologiques :

- Prévention des risques naturels : restaurer des zones humides ou laisser les castors réinvestir des cours d'eau pour créer des tampons naturels contre les inondations, filtrer l'eau et ralentir les incendies. 

- Résilience des écosystèmes : favoriser des forêts mixtes et sauvages plus résilientes face aux ravageurs et à la sécheresse qu'une monoculture gérée par l'homme.

- La défense territoriale et géopolitique


Dans un sens socio-politique ou stratégique, le concept désigne le fait de laisser des zones de frontière ou des espaces tampons retourner à l'état sauvage afin de créer des barrières naturelles :

- Obstacle naturel : les forêts denses, les marécages non entretenus et le relief brut offrent un terrain difficile à traverser ou à militariser, servant de zone tampon passive. 

- Sanctuarisation : l'abandon ou la protection stricte de certains territoires évite l'étalement urbain, l'exploitation industrielle ou le mitage du paysage en y réimplantant une faune/flore sauvage difficilement compatible avec les infrastructures humaines.


À l'horizon 2030, appliquer le réensauvagement défensif aux pratiques sportives aurait donc vocation à réinventer la façon d'aménager le territoire et de pratiquer le sport face au changement climatique et à la dégradation des milieux.


- Des infrastructures sportives "défensives" et auto-protégées


Dans 10 à 15 ans, les équipements sportifs traditionnels (stades, complexes) subiront de plein fouet les canicules, les inondations et le coût de l'énergie. 


Le réensauvagement défensif propose d'utiliser la nature comme bouclier pour maintenir ces pratiques :

- Stades et terrains auto-rafraîchissants : utilisation de forêts micro-climatiques et de zones humides sauvages autour des terrains pour créer des îles de fraîcheur naturelles, évitant l'usage de climatisation ou d'arrosage massif. 

- Bassins de rétention et zones tampons sportives : des parcours de trail, de VTT ou de street-workout intégrés dans des zones de expansion des crues. Quand il pleut trop, ces espaces absorbent l'eau et protègent la ville ; le reste du temps, ce sont des terrains de jeux bruts.

- Du terrain calibré au terrain instable


D'ici 10 à 15 ans, la dépendance aux infrastructures lourdes (neige artificielle pour le ski, gazon synthétique issu du pétrole, gymnases énergivores) deviendra de moins en moins tenable.

- La fin du "tout-aménagé" : transition du ski de piste vers le ski de rando ou le trail hivernal sur des reliefs sauvages ; abandon des parcours de golf hyper-arrosés au profit de parcours multi-sports en végétation spontanée. 

- Le sport comme outil de restauration écologique : des événements sportifs "défensifs" où la pratique est couplée à la protection du milieu (ex: courses d'orientation qui évitent ou protègent activement certaines zones de régénération forestière,..).

- Résilience physique et entraînement "tout-terrain"


Face à des environnements futurs plus imprévisibles (vagues de chaleur, météo extrême), la préparation physique sportive évolue :

- Entraînement à la variabilité : abandon de la recherche de la performance sur surface parfaite au profit de la capacité d'adaptation du corps aux sols dégradés, à la chaleur ou aux éléments sauvages. 

- Micro-aventures et autonomie : développement massif des sports d'itinérance légère (bikepacking, packraft, bushcraft sportif) où le pratiquant apprend à évoluer dans une nature réensauvagée sans laisser de trace et en gérant son autonomie.

On vous laisse y réfléchir.


Et on poursuit, dans nos prochains postsla réflexion sur la façon dont ce concept de Sport Défensive Rewilding ® pourrait devenir un outil central d'écologie politique et sportive.