Friday, January 30, 2026

ET SI COMME LE SPORT, ON POUVAIT PENSER LA GUERRE AUTOUR DE 7 GRANDS RÉCITS ?

Cela fait un certain nombre d'années qu'au sein de Transit-City et du Prospective Sport Lab ®,  nous utilisons une grille de lecture du sport à travers 7 temps ou 7 récits.

Dans un premier temps, nous nous sommes concentrés sur le corps - voir, Les 6 temps de la dévoration du monde.

Puis, nous avons intégré un septième temps partant du principe qu'après s'être occupé des corps, le sport allait mettre au coeur de ses récits la préservation de la planète - voir, Et si l'écologie devenait...

Devant l'efficience de cette trame pour analyser le sport, ses pratiques, ses imaginaires et faire de la prospective sportive, nous nous sommes demandés s'il ne serait pas possible de faire ce même genre de travail sur la guerre ?

Voilà ce que pourrait donner ce que nous appellerons une première version.


On vous laisse y réfléchir. C'est pour l'instant un work in process sur lequel nous allons revenir dans un prochain post .

Si nous avons construit ces 7 récits c'est bien évidement aussi dans le cadre de la préparation de nos prochaines Rencontres de la Prospective Sportive ® qui auront lieu le 18 mars prochain autour de la question  "Et si demain, la guerre changeait le sport ?"

Thursday, January 29, 2026

IL Y A DIX ANS, ON PENSAIT ÉCRIRE SUR LE SPORT ... ALORS QUE L'ON ÉCRIVAIT SUR LA GUERRE

Il y a dix ans - en mars 2016 - nous écrivions "Les drones, les robots et les cyborgs comme nouveau temps du sport ?"

Nous pensions alors écrire sur le sport et les nouveaux temps possibles du sport et ce après l'annonce par la World Federation of Future Sport (WFFS) des premiers World Future Sport Games.

Nous cherchions à comprendre comment l'arrivée des drones et des robots pourrait changer le rôle du corps dans les confrontations sportives à venir.

Voilà ce que nous écrivions. 
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Dans "les 6 temps du sport, du corps et de la performance", nous analysons les différentes phases de l'évolution du sport en six phases : 

- phase 1 : le sport compétition. 

- phase 2 : le sport libre.

- phase 3 : le sport narcissique.

- phase 4 : le sport augmenté.

- phase 5 : le e-sport.

- phase 6 : le sport revendication.

A chaque phase du sport est associée une certaine représentation du corps :

- phase 1 : le corps athlétique.

- phase 2 : le corps libre.

- phase 3 : le corps narcissique.

- phase 4 : le corps augmenté.

- phase 5 : le corps avatar.

- phase 6 : le corps politique.

Ces six temps du sport, du corps et de la performance ne se succèdent pas les une aux autres, ils coexistent les uns avec les autres. 


Et leur imaginaires s'enrichissent les uns les autres.


On va donc dire que jusque-là les choses étaient assez simples. 


Mais dans les années qui viennent, les choses risquent de changer avec une nouvelle révolution du sport qui va voir s'affronter des corps plus ou moins augmentés à des robots, des corps plus ou moins augmentés contrôlant des robots ou des drones ou des corps plus ou moins augmentés contrôlant des avatars. 


Bref, une grande confusion des genres.


Ce mouvement qui était en train de se dessiner depuis quelques années sous l'influence du e-sport mais aussi des exosquelettes et autres prothèses, va changer notre regard sur le corps et le sport.


C'est d'ailleurs cette évolution qui nous a conduit à nous interroger sur l'émergence d'un néo-olympisme bionique et mécanique avec le Cybathlon.


Aujourd'hui, on passe à une nouvelle étape avec la création à Dubaï de la World Federation of Future Sport (WFFS) et de l'organisation par cette même fédération des premiers World Future Sport Games en décembre 2017.


Les World Future Sports Games comprendront neuf épreuves employant des technologies liées à la robotique et à l’intelligence artificielle : course de voitures sans pilote, football robotique, compétitions de course robotique, course de drones habités, natation robotique, tennis de table robotique, lutte robotique, courses de drones et cybathlon.


Devant un tel programme, on comprend qu’il ne s’agit pas tant pour Dubaï de créer un nouveau sport, que de s’emparer en terme d’image de la mutation du sport sous l’influence de la robotique, de l’intelligence artificielle et de la réalité virtuelle


Dans un deuxième temps, on comprends aussi que Dubaï aimerait profiter des retombées économiques de ces nouvelles technologies qui vont peu à peu irriguer notre vie quotidienne


La question est de s'avoir si, avec cet événement, on bascule dans une énième forme de sport mécanique (au même titre que la Formule 1 ou la moto GP) ou dans une forme de sport radicalement nouvelle ?


L'autre grande question est de savoir si ces nouveaux sports vont modifier nos rapports au corps comme l'on faite les six phases précédentes ?


Et si oui, comment pourrait-on qualifier cette nouvelle phase du sport sur le plan corporel ? le Sport Cyborg ? le Néosport Bionique ? le Sport Phygital ? le Sport Exogène ? le Sport Algorithmique ?


Nous, nous avons décidé de le nommer le Sport Algorithmique ®.


Et dont la définition pourrait être "Le Sport Algorithmique ® est la fusion de l'influx nerveux de l'athlète (réflexes, stress, muscle) avec la puissance de calcul d'un algorithme. 


Dans le Sport Algorithmique ®, l'humain ne délègue pas l'effort, il le projette dans une machine pour atteindre une précision et une vitesse inaccessibles au corps biologique seul."

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En nous relisant dix ans plus tard, on se dit que sur le plan sportif nos analyses n'ont pas trop mal vieilli avec des compétitions comme les Phygital Gammes of he Future qui viennent de se dérouler à Abu Dhabi.

Mais surtout on réalise que nous n'écrivions pas sur le sport... mais sur la guerre du XXI° siècle comme on la voit se dérouler en Ukraine avec le rôle fondamentalement nouveau des drones.

Dans le parallèle que l'on peut faire entre ce nous appelons le sport algorithmique ® et la guerre algorithmique ®, c'est que ce qui rapproche désormais un soldat d'un athlète ce n'est plus le corps... mais leur interface.


Nous assistons à la virtualisation progressive de deux activités autrefois très corporelles



D'où trois observations sur la façon de penser les corps des athlètes et des soldats :


1° - Le soldat est devenu un athlète algorithmique ®. Le stress, l'influx nerveux et les réflexes du pilote sont projetés dans une machine pour atteindre une létalité qu'un corps biologique seul ne pourrait jamais obtenir.


2° - On est passé du stade au champ de batailleHistoriquement, le sport était une préparation à la guerre (le javelot, le tir à l'arc). Aujourd'hui, c'est l'inverse ! Les technologies du divertissement (les courses de drones, le eSport) sont devenues la laboratoire du combat moderne.


3° - On rentre sans doute dans un nouveau temps commun au sport et à la guerre qui va être celui du corps distanciel ® ou du corps délocalisé ®Ce n'est plus seulement un corps augmenté, c'est un corps dont l'action est déconnectée de sa vulnérabilité physique.


Voir, et si nous devions redéfinir les notions de sport et de guerre ?


On poursuit la réflexion dans le prochain post .


On en reparlera le 18 mars avec "Et si demain, la guerre changeait le sport ?"

Wednesday, January 28, 2026

ET SI NOUS DEVIONS REDÉFINIR LES NOTIONS DE SPORT ET DE GUERRE ?

Un homme en treillis militaire installé sur une plage dans une chaise longue et qui pilote avec ses lunettes FPV un drone... 


L’image est frappante, très frappante.


On dirait presque une affiche de film pour une comédie 


Sauf que cette image n’a rien d’amusant ni de comique.


Cette affiche a une fonction importante pour ne pas dire vitale : celle de recruter de jeunes pilotes de drones pour la 3ème brigade de chars (3rd SAB) des forces armées ukrainiennes !


C’est donc une image de recrutement militaire… dans un pays en guerre !



Alors évidement cette affiche remet beaucoup de choses en cause.


Et notamment nos représentations de ce qu’est un conflit, un militaire et donc la guerre.


Mais aussi d’une certaine façon de ce qu’est un sport.


La conduite de drone est en effet un sport mécanique avec ses grandés compétitions internationales.


Dans nos esprits : 


- La guerre = champ de bataille, front, corps-à-corps, sacrifice physique


- Le sport = compétition réglée, effort corporel, fair-play


Là, on en est très très loin.


- C'est ni très héroïque, 


- Ni très physique.


De la guerre, il ne reste qu’un opérateur technique, décontracté, qui manipule une interface. 


- La violence est délocalisée. 


- Le corps n'est plus en jeu. 


Et c'est là que l'on se dit que les notions de guerre et sport mériteraient sans doute d’être redéfinies pour mieux penser le futur à la fois du sport mais aussi de la guerre.


On poursuit la réflexion dans un prochain post, .



Et on en reparlera beaucoup plus longuement le 18 mars avec "Et si demain, la guerre changeait le sport ?"