Des voitures à l'arrêt.
Des sculptures blanches.
Les formes sont là, mais le mouvement n'y est plus.
Ce qui reste ?
La carrosserie comme coquille vide d'une époque qui croyait que se déplacer vite était une forme de liberté.
Le Greyhound en noir et blanc radicalise le constat.
Ce bus, c'était l'Amérique pauvre en mouvement - Kerouac sans voiture.
C’était la promesse d’une mobilité accessible à tous.
C’était la promesse d’une irrigation fine du territoire.
Mais lui aussi ne dit plus grand chose aujourd’hui.
Face à ça, des photographies d'aéroports.
Des images prises de l'intérieur.
Toujours derrière une vitre.
L'aéroport n'est jamais vécu, jamais habité - il n'est qu'un aquarium où s'agitent des machines.
L’heure est indéterminée.
On ne sait pas si on attend de partir ou si on vient d'arriver.
Ce que nous disent ces images qui viennent de différentes expositions ?
Que la grande infrastructure de la mobilité du XXe siècle est déjà du passé sans le savoir.
Elle fonctionne encore - les avions décollent, les voitures sont partout - mais elle a perdu sa magie.
Il ne reste que des formes.
Des formes qui finissent comme sculptures dans des galeries d'art, sur un socle blanc, sous une lumière froide.
Les objets des nouvelles mobilités et des nouvelles formes du voyage ne sont pas visibles.
Peut-être le sont-elles plus là ?




















