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Monday, December 29, 2025

ET SI C'ÉTAIT EUX LES VRAIS MAITRES DE LA NOUVELLE GÉOPOLITIQUE DU SPORT ?

Ce post prolonge "et si la vraie géopolitique du sport, était désormais celle du climat ?"



Pendant un siècle, le sport mondial a vécu sous l'illusion de sa propre autonomie. 


Le CIO et la FIFA régnaient en monarques, distribuant les Jeux et les Coupes du monde comme des faveurs diplomatiques. 


Cette époque est en train de prendre fin.


Car une nouvelle puissance jusque là invisible, mais beaucoup plus implacable que n'importe quelle fédération sportive, est en train de prendre les commandes : la ré-assurance.


Aujourd'hui, l'attribution d'un événement n'est plus une question de soft power, mais une question de solvabilité environnementale


Le rôle des assureurs et des réassureurs (ceux qui assurent les assureurs, comme Swiss Re ou Munich Re) est le pivot invisible de cette nouvelle géopolitique. 

Les réassureurs ne sont plus de simples prestataires financiers, ils sont devenus les nouveaux cartographes du possible.

Si Swiss ReMunich Re, Lloyd’s refusent de couvrir un événement, celui-ci n'existe pas. 


L'isotherme, nouvelle frontière du possible


Le concept d’universalisme sportif est en train de disparaitre derrières les cat models, ces outils algorithmiques qui simulent des milliers de scénarios de catastrophes naturelles (séismes, canicules, inondations...) pour prédire statistiquement l’ampleur des pertes financières potentielles sur un lieu donné 


Pour Los Angeles 2028, le défi n'est pas de construire des stades, mais de sécuriser un "bouclier thermique". Les assureurs imposent désormais un diktat fondé sur l'AQI (Air Quality Index).


Ça ne sera pas le comité d'organisation qui décidera du maintien ou non d'une épreuve, mais les capteurs de particules fines !!


À Los Angeles, si la fumée des incendies de forêt devenus chroniques sature l'air, le contrat de ré-assurance s'interrompt. 


Le sport devient un privilège thermique : seuls les pays capables de garantir une "bulle de fraîcheur" et un air filtré via une infrastructure énergétique colossale vont rester dans le jeu.


L'ère paramétrique


Avec l'attribution des JO 2030 aux Alpes française, nous avons assister à la mort de l'assurance classique


On n'assure plus un risque (l'aléa), on gère une certitude (la fonte). 


C'est ici qu'apparaît l'assurance paramétrique : un contrat froid, déclenché automatiquement par la donnée. 


Si la température moyenne dépasse un seuil de 2°C sur le site de compétition, l'indemnisation tombe sans discussion. 


L'assurance ne sert plus à se dire "Ouf, je suis remboursé", mais se à dire : "Je sais que le problème va arriver, et j'ai déjà programmé le virement bancaire pour payer les camions de neige ou les systèmes de refroidissement le jour J."


Cette bascule transforme le budget des Jeux en une gigantesque taxe climatique. 


La France n'a pas gagné les JO 2030 par son prestige, mais par sa capacité financière à s'auto-assurer car le risque climatique rendait le projet pas assurable par le seul secteur privé.


La ségrégation par le risque


Le pouvoir des ré-assureurs va donc dessiner une nouvelle carte du monde. 


C'est le phénomène dit du bluelining, cette pratique financière par laquelle les assureurs et les banques décident de se retirer de façon pure et simple des zones à haut risque environnemental.


Un pays du Sud, même avec des infrastructures ultra-modernes, peut se voir rayer de la carte sportive si son exposition aux cyclones ou aux vagues de chaleur rend la prime d'assurance prohibitive.


L'assurance par la fragmentation


Pour réduire le "risque d'agrégation" (trop d'actifs au même endroit), les assureurs forcent les organisateurs des grands événements sportif à l'éclatement ou à la fragmentation géographique des épreuves.


Le Mondial de foot 2030 sur trois continents (Afrique, Amérique du Sud, Europe) n'est pas une hérésie écologique par accident, c'est une stratégie de couverture financière ("hedging"). 


La FIFA a utilisé le hedging géographique en éclatant le Mondial 2030 sur trois continents afin que si un sinistre climatique majeur touche l’un des continent cela ne coule pas l'intégralité du tournoi… et évidement les revenus financier du tournoi.


L'Arabie Saoudite 2034 ou la « bulle de survie »


Le cas saoudien est l'aboutissement de cette logique. 


Pour se voir attribuer l'organisation de la Coupe du monde 2034, l'Arabie Saoudite n'a pas vendu du football... mais de l'ingénierie de résilience


Dans un monde plus chaud, la puissance ne va plus se mesurer au nombre de licenciés, mais à la capacité de maintenir une pelouse à 22°C par 45°C extérieurs.


Le sport devient le laboratoire marketing de la survie technologique. 


Les ré-assureurs valident ces projets car ils reposent sur un contrôle total des variables physiques. 


Le Neom Stadium intégré dans une structure urbaine régulée, est un actif parfait pour un assureur : un environnement clos où l'aléa climatique est techniquement supprimé.


Le passage du prestige au risque


Nous avons donc changé d'ère. 


Ça se sait peu, mais le sport de haut niveau est désormais classé par les assureurs et ré-assureurs dans la même catégorie que l'exploitation pétrolière offshore ou le transport nucléaire : une activité à haut risque systémique !


Le « soft power » sportif est mort.


Il est aujourd'hui remplacé par le «hard risk power management », c’est à dire par les impératifs techniques et financiers (modélisations climatiques, clauses d'assurance, contraintes d'ingénierie) qui deviennent plus important que les considérations politiques ou sportifs pour déterminer la faisabilité d'un projet.



Ce nouvel ordre climatique et assurantiel va dessiner une double rupture :


Une rupture géographique : nous allons assister à l'émergence d'un véritable apartheid climatique, où l'universalisme sportif s'efface devant une "souveraineté thermique". 


Une rupture de légitimité : le pouvoir va changer de mains. Les présidents de fédérations vont désormais céder leurs places aux géants de la réassurance qui décideront de l'existence ou non des événements. 



On poursuit la réflexion dans le post suivant.

Friday, February 14, 2025

ET SI LES STADES DEVAIENT PROMETTRE AUTRE CHOSE QUE DU SPORT ?

Les grandes compétitions sportives sont tout sauf écologiques.

Elles sont même parfois carrément des absurdités climatiques.

Mais elles génèrent parfois des images qui peuvent amener à penser différemment les installations sportives dans un monde qui va devenir de plus en plus chaud.

Deux exemples :
- le projet du stade Hassan II à Casablanca.
- le projet de très grand stade King Salman à Riyad.

Les images de ces projets nous montrent des oasis de verdures au milieu de zones très arides.

Les images de ces projets nous montrent des zones de fraicheur au milieu de zones très chaudes.

On peut considérer qu'elles nous montrent des aberrations écologiques.

Mais on peut aussi considérer qu'elles nous montrent autre chose que des stades.

Ces images pourraient alors nous raconter une histoire plus ambitieuse qu'une simple histoire d'architecture sportive.


Et alors on pourrait regarder ces images comme une nouvelle façon de nous adapter à notre futur climatique.

On regarderait alors ces images un peu autrement.

On leur imaginerait de nouvelles vocations…

Et on pourrait imaginer à ces stades d’autres possibles…

On pourrait notamment imaginer que demain, les stades deviennent des refuges climatiques.

C’est une hypothèse parmi beaucoup d’autres…

Mais c'est loin d'être la seule


La réflexion est à poursuivre.

Thursday, November 30, 2023

ET SI LE SPORT REPARTAIT LUI AUSSI À L'EST ?

Il y a quelques années, The Economist publiait une carte montrant comment le poids grandissant de la Chine était en train de ramener le centre de gravité économique du monde vers l'est.

Question : et si aujourd'hui avec l'émergence des pays du Golfe, de l'Inde et de la Chine sur la carte des grands événements sportifs et des marchés du sport en pleine croissance, le sport était en train de suivre le même chemin  ?

Thursday, November 09, 2023

ET ON LES REGARDE COMMENT CES IMAGES ?

Dans notre précédent post, nous nous demandions "qui émet aujourd'hui de nouvelles images sur le sport de demain ?

Parmi les réponses que nous proposions, il y avait l'Arabie saoudite qui avec son mega projet de Neom est devenue une très forte émettrice de nouveaux récits urbains et sportifs.

Lors de la dernière Biennale d'architecture de Venise, l'exposition "Zero Gravity Urbanism" consacrée à Neom, était clairement l'une des plus inspirante. 

Evidement, Neon est a priori une aberration urbaine, sociale et écologique. 

Mais ...

Mais les pistes d'explorations générées par Néon apportent un vrai décalage dans la façon de pensée un certain urbanisme et sur les possibles nouvelles façons faire du sport.

On est pas obligé d'être d'accord, mais cela fait réfléchir.

Et c'est ce que dans ce post, nous voulons retenir.

La capacité de certains pays qui n'existaient pas sur la planète sport il y a encore 5 ans, à proposer aujourd'hui des choses nouvelles, de nouvelles histoires, de nouvelles approches ... 

Bref toutes ces choses qui nous manquent tant aujourd'hui en Europe.

Il sont où les nouveaux récits sur l'urbanisme et le sport en Europe à l'horizon 2045 ? Heuuu ...

Ils sont où les nouveaux récits européens sur les pratiques sportives du futur ? Heuuuu ...

Ne cherchez pas, ils sont nulle part !!

Ils n'existent pas.

Et si donc c'était ces pays émergents que l'on aime tant mépriser comme l'Arabie saoudite, qui remplissaient ce rôle de visionnaires que nous sommes devenus incapables de faire ?

Et si donc au lieu de critiquer l'Arabie saoudite (même s'il y a très largement de quoi ...), on se posait la question de savoir pourquoi nous européens sommes incapables aujourd'hui de proposer de nouvelles visions écologiquement tenables sur les nouvelles formes urbaines et sportives de demain ?

Et si au lieu de juger et de dénigrer les autres, on se mettait un peu plus à travailler pour émettre de nouveaux récits et apporter de nouvelles réponses ?

C'est ce que nous faisons au quotidien dans le cadre de notre Prospective Sport Lab ®+ .

Et c'est ce que nous ferons avec vous le 5 décembre prochain lors des Rencontres de la Prospective Sportive ® organisées autour de la question "Et si désormais le sport se réinventait en dehors de l'Occident ?"

Wednesday, November 08, 2023

QUI ÉMET AUJOURD'HUI DE NOUVELLES IMAGES SUR LE SPORT ?

Évidement que ces équipements ne verront jamais le jour !!

Mais ce n'est pas leur faisabilité ce qui nous intéresse.

Nous, ce qui nous intéresse, c'est de savoir qui émet aujourd'hui d'autres idées et d'autres visions sur le sport.

On en reparlera, .

Friday, November 03, 2023

POURQUOI DANS UN CAS ET PAS DANS L'AUTRE ?

C'est désormais une certitude, l'Arabie saoudite va organiser la Coupe du monde de football de 2034.

Certains voient dans cette attribution, un élément de plus de la désoccidentalisation du monde et du sport.

Mais pourquoi quand Coca Cola s'implante partout, on parle d'occidentalisation du monde ?

Et quand une compétition très occidentale sur le plan sportif et économique s'implante dans de nouveaux pays, on parle de désoccidentalisation du monde ?

On en reparlera lors des Rencontres de la Prospective Sportive ® qui auront lieu le 5 décembre autour de la question "Et si désormais le sport se réinventait en dehors de l'Occident ?"

Thursday, October 19, 2023

PEUT-ON PENSER LA GÉOPOLITIQUE DU XXI° SIÈCLE, SANS PARLER DE SPORT ?

Peut-on penser la géopolitique du monde de demain, sans parler de sport et du poids des grands évènements sportifs ?

Pour certains auteurs, oui c'est possible.

Dans les trois livres ci-dessus, jamais n'apparaissent les mots "évènement sportif" !!

Pour ces spécialistes en géopolitique, le sport est très très marginal et n'est visiblement pas un sujet pour penser le monde du XXI° siècle.

Nous le 5 décembre lors des sixièmes Rencontres de la Prospective Sportive ® qui auront pour thème "Et si désormais le sport se réinventait en dehors de l'Occident ?", on fera tout le contraire en mettant le sport au coeur de notre réflexion géostratégique.

Toutes les infos, .

Wednesday, October 18, 2023

DEMAIN : DÉSOCCIDENTALISATION DU MONDE + HYPER-OCCIDENTALISATION DU SPORT ?

Les prochaines Rencontres de la Prospective Sportive ® organisées le 5 décembre prochain auront pour thème "Et si désormais le sport se réinventait en dehors de l'Occident ?"

Cette interrogation sur l'évolutionn du sport ne vient pas de nulle part.

Elle est liée au grand débat actuel sur la désoccidentalisation du monde qui serait illustrée notamment par la montée en puissance des pays dit du sud global dans l'organisation des grands évènements sportifs internationaux.

Sur le phénomène de désoccidentalisation du monde, on peut lire :

Sur la montée en puissance du sud global dans le marché des grands évènements sportifs, on peut lire :

Une évolution qu'on pourrait être tenté de réduire à la question "et si demain le sport, c'était le Sud global contre l'Occident ?"

Sauf que ...

Sauf qu'évidemment les choses sont loin d'être aussi évidentes.

Toute la question étant de savoir quel type de lunettes on chausse pour penser le sport demain.

Quand des pays comme la Chine, l'Inde, l'Arabie saoudite, l'Indonésie se battent pour récupérer l'organisation des Jeux Olympiques ou de Coupes du monde de foot, elles se désoccidentalisent ou au contraire elle courent après l'Occident ?

Quand l'Arabie saoudite met des millions pour récupérer événements sportifs et des stars du foot, elle met en avant ses valeurs ou court-elle simplement derrière un système et un marché mis en place par l'Occident à travers le sport ?

Dit autrement : et si ce qui est pris comme mouvement d'émancipation du Sud global face à l'Occident dans le sport, n'était au contraire qu'une course après ce même Occident ?

Et si en fait le sport restait et devait rester encore longtemps sous la coupe de l'Occident

L'évolution toute récente des Jeux Olympiques irait plutôt dans ce dernier sens - voir,

Le débat est ouvert.

On en reparle le 5 décembre prochain, .

Friday, October 13, 2023

ET SI DEMAIN LE SPORT, C'ÉTAIT LA DÉSOCCIDENTALISATION + LA CLIMATISATION ?

Quand ...

Quand sous la pression de l'Inde, le cricket devient sport de démonstration au J.O de Los Angeles en 2028 ...

Quand l'Arabie saoudite promet l'organisation de compétitions de ski dans ses montagnes lors des Jeux asiatiques d'hiver en 2029 ...

Quand le Maroc va accueillir une partie des matchs de la coupe du monde foot de 2030 ...

Quand Ryad se prépare à accueillir les Jeux asiatiques de 2034 ...

Quand l'Inde, l'Arabie saoudite, ou l'Indonésie se préparent à candidater pour l'organisation des J.O d'été de 2036 ...

Alors ...

Alors on comprends deux choses :

- le sud global a décidé d'utiliser les grandes compétitions sportives pour s'affirmer - .

- le réchauffement climatique n'est pour certains pays pas un sujet - .

Si on essaie de synthétiser cette évolution autour de deux mots, ça pourrait être :

- la désoccidentalisation, car c'est clairement la fin de la domination occidentale sur l'organisation des grands évènements sportifs qui s'annonce dans les décennies à venir.

- la climatisation, car cela va être un des seuls moyen de lutter contre les réalités climatiques de la majorité de ces nouveaux lieux de compétition.

Désoccidentalisation et climatisation : et s'il fallait réfléchir à l'avenir des sports sous ce double prisme ?

C'est pour réfléchir à cette mutation et à quelques autres, que les sixièmes Rencontres de la Prospective Sportive ® auront lieu le 5 décembre prochain autour de la question "Et si désormais le sport se réinventait en dehors de l'Occident ?"