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Thursday, June 11, 2026

ÇA VEND QUOI NIKE EN 2040 ?

Il y a quelques semaines Nike a lancé la Mind 001, une chaussure pour avant et après l'effort destinée selon ses concepteurs à influer le cerveau en facilitant notamment la concentration et la récupération - plus, 


Le pari de Nike est de traiter le pied comme un capteur neurologique. 


"Une chaussure conçue depuis le cerveau vers le sol, et non l'inverseexpliquait le directeur scientifique du Nike Sport Research Lab.


On est pas qualifiés pour dire si tout cela est du pur bullshit ou non.


Mais on peut au moins s’interroger ce que peut signifier ce genre de produit dans la stratégie Nike à 10 ou 15 ans.


Car ce que révèle la Mind 001, ce n'est pas juste un nouveau produit. 


C'est potentiellement un changement de paradigme profond sur ce qu'est Nike.


Pendant 50 ans, Nike a vendu de la vitesse, de la puissance, du dépassement physique. 


« Just Do It » c’était du corps, et que du corp. 


La Mind 001 marque le pivot vers quelque chose d'autres choses : la performance mentale, la concentration, la récupération cognitive. 


C'est une logique de développement qu'on peut extrapoler et qui peut être porteur d'un formidable business : demain, pourquoi pas des textiles qui régulent le cortisol, des semelles qui mesurent le stress en temps réel, des équipements qui "lisent" l'athlète avant même qu'il commence à bouger ? 


Nike se positionne pour devenir une marque de biofeedback


Si ça se confirme, la concurrence changera de terrain.


Ça ne serait plus Nike face à Adidas ou New Balance


Ça sera Nike face à Whoop, Oura, Garmin, et surtout Apple


Voir : et si Apple ringardisait Nike ?


La question qui se pose donc aujourd'hui est : est-ce que Nike peut devenir la marque pivot entre le corps, les données et la performance ?


Si c’était le cas, le Nike de demain ressemblerait moins à un équipementier sportif qu'à une plateforme de performance humaine globale - physique, mentale, sensorielle. 


L'image qui illustre ce post semble en tout cas vouloir aller dans cette direction : l'athlète regarde vers le bas, immobile, connecté. Il n'est pas en train de courir. Il semble être en train de préparer son cerveau. 


Le cerveau comme nouvelle frontière de Nike pour 2040 ?


Intéressante perspective à méditer.



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Sur les possibles basculements des territoires de marque dans le monde du sport dans les années qui viennent, il faut lire :


- Comment en 2040, l'Oréal est devenue une grande marque de sport ?

- Comment en 2040, Danone est devenue une marque de sport ?


- Les 3 sphères de domination du marché sportif en 2040.

- Et si ces deux trilogies aidaient à penser mieux et autrement les futurs du sport ?

Monday, June 08, 2026

ET SI EN RÉALITÉ, NIKE N'AIMAIT PAS LE FOOTBALL ?

Ça y est, c'est parti ! 

La grosse machine marketing de Nike s'est mis en branle à quelques jours de la Coupe du Monde de foot avec en point d'orgue le spot "Rip the Script" avec sa floppée de star du foot (Mbappé, Haaland, Ronaldo) et d'icônes de la pop culture mondiale (Travis Scott, Kim Kardashian, LISA de Blackpink, ou le personnage de fiction Ted Lasso).

Un lancement qui avait été précédé par l'annonce de nombreux partenariats avec des marques de modes dans 9 pays () et une nouvelle ligne de produits inspirée de la culture mexicaine ().

A priori, tout cela ressemble à une ode au football.

Oui, sauf que...

Sauf que en analysant le contenu de cette offensive marketing, on peut se poser la question inverse : et si pour Nike, le football en tant que sport était devenu un obstacle à son propre marketing ?

On peut,en effet, tout à fait soutenir la thèse - et c'est celle que nous défendons dans ce post - que Nike n'aime pas le football pour ce qu'il est (un sport de 90 minutes sur du gazon), mais juste pour ce qu'il permet de générer (de la hype, de la culture et de la consommation).



Défense et illustration de notre thèse en quatre points.



> Le football est devenu "trop ennuyeux" pour le marketing de Nike


Dans le spot Rip the Script, le slogan est limpide : «Instinct over instruction» (L'instinct plutôt que la consigne). 


Le film met en scène un football robotisé, dicté par des tactiques rigides, que les stars de Nike viennent littéralement "déchirer".


Le constat : Le football professionnel moderne est ultra-tactique, parfois fermé, et dicté par des datas. 


Pour Nike, ce football-là n'est pas vendeur. Il est trop rigide pour captiver la génération TikTok qui a une capacité d'attention de 8 secondes.


Notre analyse : Nike n'aime pas le football des entraîneurs ou des tacticiens. 


La marque aime le football fantasmé : celui des gestes techniques acrobatiques, de la rue, et du chaos créatif. 


En disant qu'i veut "réécrire le script", l'équipementier avoue à demi-mot que le spectacle actuel du football ne lui suffit plus. 


Il doit le transformer en divertissement hollywoodien pour le rendre attractif.



> Le terrain est un carcan dont il faut à tout prix sortir


From Pitch to Street est l'aveu le plus flagrant de cette thèse. 


L'innovation majeure de Nike cet été n'est pas un crampon pour marquer des buts en finale de Coupe du Monde, c'est le Cryoshot : un crampon dont on a encapsulé les pointes dans une semelle transparente pour pouvoir marcher sur le bitume !!!


Le constat : On ne peut pas porter des crampons pour aller en cours, au travail ou en boîte de nuit. Pour une marque de vêtement, le football est un marché limité par ses propres règles et ses infrastructures.


Notre analyse : Nike cherche désespérément à "sortir le football du terrain". 


Nike aime le football uniquement lorsqu'il devient du lifestyle


Le sport en lui-même n'est qu'un prétexte pour vendre des sneakers et des vestes à des gens qui, pour beaucoup, ne tapent jamais dans un ballon.



> Les footballeurs ne suffisent plus


Le casting de Rip the Script est révélayeur de cet état de fait. À côté de Mbappé ou Haaland, Nike ressent le besoin d'aligner Travis Scott, Kim Kardashian, et LISA de Blackpink.


Le constat : Si Nike aimait le football pour le football, la simple présence des meilleurs joueurs du monde suffirait à créer l'événement. Mais la marque sait que la bulle du football peut être hermétique surtout aux Etats-Unis.


Notre analyse : Pour Nike, le footballeur est devenu un influenceur parmi d'autres. 


En diluant les athlètes au milieu d'icônes de la télé-réalité, de la K-Pop et du rap américain, Nike traite le football comme une sous-catégorie de la pop culture globale. 


Le sport est instrumentalisé pour faire le pont vers des marchés bien plus lucratifs (la musique, le maquillage, le luxe).



> Le jeu doit se diluer dans du lifestyle local


Dans Amor & Furia et Tercer Tiempo, Nike s'intéresse à la culture latino-américaine. 


Mais de quoi parle-t-on ? De l'avant et de l'après match, des fêtes de quartier, des graphismes de tatouages et du crochet.


Le constat : Le jeu en lui-même (les règles, l'effort physique, la compétition) est totalement absent de la description. 


Ce qui intéresse Nike, c'est "l'esthétique de la passion".


Notre analyse : Nike aime l'enrobage culturel du football, pas le cœur du jeu. 


L'équipementier vend l'émotion de la communauté, le style des supporters, la nostalgie des maillots vintage, parce que c'est là que réside la marge financière. 


Pour lui, match de 90 minutes est presque une distraction qui interrompt le flux de consommation.



Et si Nike n'était plus une marque de sport ?


En fait, Nike aime le football comme un vampire aime sa proie : pour ce qu'il a dans les veines (la ferveur populaire, l'identité, la culture de rue), afin de nourrir sa propre machine marketing.


Le football "originel" semble être devenu trop horizontal, trop associatif, trop réglementé pour l'idéal de liberté capitaliste et esthétique de Nike


A travers sa com, Nike crée son propre football : un sport hybride, qui se joue en sneakers Jacquemus, sur une musique de Travis Scott.


Le but n'est plus de gagner un trophée, mais de générer de la hype.


La définition de la marque de sport est en train de changer - Et si Michelob au même titre que Nike, était une marque de sport ?



On est dans le prolongement de :


Et si Nike faisait du football un univers fictionnel ?


Et si Nike devenait un concurrent de Marvel et Star Wars ?

Tuesday, May 12, 2026

ET SI LE CONCEPT DE CLUB-ARCHIPEL ® AIDAIT LES CLUBS AMATEURS À SE RÉINVENTER ?

Le concept de Club-Archipel ® que nous proposons pour penser l’avenir des clubs () part d'un constat simple : le modèle hérité du club comme institution unifiée, dotée d'un centre fort, d'une direction claire et d'une identité monolithique, se fissure.


Et cette fissure ne provient pas d'une mauvaise gestion locale, mais de profondes transformations de notre société elle-même.


Nous vivons, en effet, dans une société d'individus dominée par la figure de l'hyper-personnalisation.


Parler de club et donc de collectif n'est par conséquent pas simple aujourd'hui


Et c'est pour cela cela que la question de la raison d'être des clubs amateurs n'est plus sportive, mais fondamentalement politique.


D’où l’importance d'essayer de mieux expliquer comment le concept de Club-Archipel ® peut nous aider à penser le collectif et l’avenir des clubs amateurs.



Ce qui rend la notion de Club-Archipel ® particulièrement opérante pour les clubs amateurs, c'est qu'elle ne décrit pas un idéal à atteindre - elle décrit une réalité déjà existante… mais non assumée.


Tout club amateur est déjà, structurellement, un archipel. 


Il est composé d'une multiplicité d'îles spontanées (l’équipe fanion, l'équipe réserve, les jeunes, les parents, les anciens, les bénévoles, la buvette, le partenaire local, le groupe WhatsApp…)


Le petit club amateur ne souffre pas d'être un archipel, il souffre de vivre cet archipel en mode subi et non optimisé


Le passage d'un archipel subi à un archipel choisi et organisé constitue donc le vrai défi de transformation.


Tentons de définir les mutations concrètes que le concept Club-Archipel ® peut rendre possibles


- En matière de gouvernance.

- Le modèle classique du petit club repose sur deux ou trois personnes qui portent tout - le président, le trésorier, quelques bénévoles historiques. C'est un modèle cathédrale miniature, mais sans les ressources d'une cathédrale. 


- La logique Archipel propose une gouvernance distribuée, un "conseil des îles" qui ne centralise pas les décisions mais fait remonter les tensions, co-construit le calendrier, donne à chaque composante du club le sentiment d'exister et d'être entendue. La question clé devient : quelles îles sont actuellement invisibilisées dans la vie du club ?


- En matière financière. 

- Le modèle économique du club amateur se résume trop souvent résumé à chercher un sponsor local, valorisé sur un maillot ou lors d’une compétition. Cela ne fonctionne de moins en moins. 


- La logique Archipel  ouvre une autre voie : le club ne vend plus un emplacement, il devient un nœud de connexion entre ses différentes îles et les acteurs économiques locaux. 

Il se transforme en agence de mise en relation territoriale - une forme de coopérative d'attention locale - où la valeur ne réside plus dans la visibilité d'un logo mais dans la densité des liens tissés.


- En matière de bénévolat. 

- L'un des grands maux des clubs amateurs est de traiter le bénévole comme une force de travail disponible, polyvalente et si possible silencieuse. 


- La logique Archipel retourne complètement cette logique : chaque bénévole est une île à part entière avec ses motivations et son identité. Le bénévole est enfin valorisé, reconnu et acquiert le même statut d’acteur que les sportifs, les parents, les anciens…


- En matière de récits et d’identité 

- Le grand club professionnel construit son récit autour de son palmarès et de ses joueurs-marques. 


- Le club amateur n'a pas de star capable de donner une identité pérenne au club. 

Mais la logique Archipel montre que c'est précisément là une opportunité : construire une identité narrative à entrées et récits multiplesUn récit qui peut être entré par l'école de sport (transmission), par la buvette (convivialité), par l'équipe fanion (fierté locale), par les anciens (mémoire). L'identité est un écosystème de petits récits qui se renvoient les uns aux autres. 



Mais le concept de Club-Archipel ® dépasse la simple question sportive.


Aujourd’hui, le sport est une pratique qui brasse toutes les catégories de population, et le club de sport reste un des rares lieux de sociabilité forte. 


Et c’est là que peut s'opèrer un glissement conceptuel plus fort et  plus exigeant : si le club sportif amateur est déjà un des derniers espaces de lien social réel dans des territoires fragmentés, pourquoi se contenter de bien gérer du sport ? 


Pourquoi ne pas penser les clubs de sport comme les nouvelles cellules souches de notre société d'individus


Cette métaphore des cellules souches n'est pas gratuite. 


Elle permet de pointer une possible transformation fondamentale de la vocation du club demain. 


Dans ce contexte le club amateur ne serait plus seulement un opérateur de pratique sportive, mais un opérateur de lien social à spectre possiblement très large : accueil des primo-arrivants dans une ville, soutien aux personnes isolées, soutien scolaire, espace de rencontre intergénérationnelle, plateforme de solidarité de proximité, tiers-lieu de confiance sur un territoire....


Autant de rôles que ni le marché ni les institutions publiques ne savent plus forcément très bien remplir et que le club amateur pourrait imaginer tenir.


C'est une suggestion.


Juste une suggestion.


Car penser l'avenir des clubs amateurs à travers le prisme du Club-Archipel ® n'est pas une injonction à faire. 


Il n'est pas non plus un modèle à importer et à imposer clé en main. 


Le concept de Club-Archipel ® est avant tout une invitation à changer de questions.


Non plus se demander : comment recruter des licenciés, trouver des sponsors, garder des bénévoles ? 


Mais : quelle est la raison d'être de notre club dans ce territoire précis et à cet instant précis de la société ? 


- Quelles îles composent notre archipel et lesquelles sont invisibles ? 


- Quel récit commun sommes-nous capables de co-écrire avec toutes les parties prenantes qui gravitent autour de nous ? 


- Quel tissu social abîmé sommes-nous, nous et nous seuls, en position de réparer ?


- Dans quel tissu environnemental et écologique abîmé évoluons-nous et comment sommes nous - nous, le club de sport - en position - même marginalement - de le restaurer ?


Le Club-Archipel ®  est une boussole conceptuelle pour que chaque club amateur, dans sa singularité et avec ses contraintes propres, cesse de se penser comme une entité en survie et commence à se penser comme autre chose qu'une simple entité sportive.


C'est une boussole conceptuelle pour que chaque club se dessine sa propre et nouvelle carte des pensables.