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Monday, March 16, 2026

ET SI LES PISTES D'ATHLÉ DEVAIENT S'INVENTER UN NOUVEL AVENIR ?

Les pistes d'athlétisme se vident. 


Les trails affichent complet.


Même époque. 


Même corps. 


Même besoin de courir.


Mais d'un côté : des couloirs numérotés, du tartan, une performance mesurée au centième. 


De l'autre : de la boue, du dénivelé, de l'incertitude.


Les coureurs ont choisi l'incertitude.


Ce que montrent ces photos n'est pas la mort du sport. 


Juste le déclin d'une certaine idée du sport.


La piste abandonnée dit exactement ce qu'elle est devenue.


Un terrain vague... où quelque chose de nouveau devrait pouvoir s’inventer.



Axes de réflexion possibles là :

Tuesday, March 10, 2026

LA SOLITUDE, LE FROID ET LE SILENCE...

Pas de machine. 


Pas de foule. 


La solitude 


Le silence


Le froid.


Quand l'ultra-trailer Mathieu Blanchard donne à voir dans "L'Appel du Silence" quelques unes des grandes aspirations sportives des années à venir.


.

Saturday, March 07, 2026

NEIGE ARTIFICIELLE + CORPS AUGMENTÉ = UNE MÊME MUTATION INDUSTRIELLE ?

Si les JO d’hiver sont devenus un laboratoire de l’artificialisation de la nature, les Jeux Paralympiques d'hiver sont-ils - eux - en train de devenir un nouveau laboratoire de la "fusion homme-machine" ?


Au vu de certaines épreuves, on peut se poser la question.


- En monoski (Sit-ski), l'athlète fait corps avec un châssis en titane ou carbone doté d'un amortisseur haute performance (souvent issu de la technologie F1 ou du motocross). La mutation du corps ici est celle de la sangle abdominale et de l'équilibre de l'oreille interne, qui compensent l'absence de jambes.


- En snowboard para, les lames en carbone sont conçues pour absorber des impacts sur les genoux. Le corps de l'athlète devient une structure hybride capable de résister à des forces de compression extrêmes sur de la neige artificielle très dure.


- Dans les disciplines de vitesse (Descente/Super-G) pour malvoyants, les athlètes descendent à plus de 100 km/h (!!!) en suivant uniquement la voix de leur guide via un intercom. L’oreille remplace l’oeil.


- Dans le biathlon paralympique, les non-voyants utilisent des fusils laser qui transforment la précision visuelle en signal sonore. Plus le son est aigu, plus on est proche du centre. 


On a presque envie de dire que les JO d’hiver paralympiques n’ont plus grands choses à voir avec les Jeux des valides.


En effet, si les Jeux connaissent une vraie mutation environnementale (dépendance aux infrastructures), les Jeux Paralympiques connaissent eux - en plus !  - une mutation biologique et matérielle.


- Chez les valides, on "industrialise" la piste pour qu'elle soit une infrastructure parfaite.


- Chez les paras, on "industrialise" le corps pour qu'il soit une machine de performance parfaite.


Mais dans les deux cas, la "neige naturelle" et le "corps biologique" semblent presque devenir des variables obsolètes.

Thursday, March 05, 2026

2,4 MILLIONS DE MÈTRES CUBES


"Soit environ 2,4 millions de mètres cubes de neige artificielle, nécessitant près de 948 000 m³ d’eau, dont 580 000 m³ seulement pour le site de Livigno Mottolino - le snowpark olympique avec half-pipe et Big Air.


C'est l'équivalent de la consommation d'eau annuelle d'une ville de 20 000 habitants.

Wednesday, March 04, 2026

ET SI LES J.O D'HIVER N'AVAIENT PLUS BESOIN DE LA NEIGE... NI DE LA MONTAGNE ?

Regardons les choses objectivement (pour ne pas dire froidement)


Sur les 116 médailles d'or distribuées lors des JO d'hiver Milano-Cortina 2026, 55 n’ont rien à voir avec la neige.


En 2026, le ski alpin ne représente plus que 10 titres sur 116 !


Les JO d'hiver sont donc devenus, en majorité, des Jeux de «piste glacée», «d’échafaudage» et de «salle».


Pour les septiques, voilà le décompte précis :

- La « glace indoor » (patinoires) : 33 titres. C’est le plus gros bloc. Ces épreuves se déroulent dans des enceintes climatisées où la météo extérieure n'a aucune influence.


- Le « tube de glace » (pistes de bobsleigh) : 12 titres. Ici, on est à l'extérieur, mais sur une structure en béton réfrigérée artificiellement. On ne glisse pas sur de la neige, mais sur une paroi de glace vive de quelques centimètres d'épaisseur.


- Les « rampes du ski » : 10 titres. Bien que classés en "ski", les épreuves de sauts et de Big Air se déroulent sur des rampes d'échafaudage ou des tremplins où la "neige" n'est qu'un revêtement de réception ultra-compacté, souvent saupoudré de sel pour durcir la glace. 

Près de la moitié des épreuves (47% exactement) se jouent donc sans neige et ne dépendent plus du tout du climat, mais d’une infrastructure lourde.


D’où quelques réflexions 


- Les JO d’hiver ou le triomphe de la tuyauterie et du béton

- Une piste de bobsleigh/luge (comme celle de Cortina ou de Yanqing) coûte environ 100 millions d'euros à construire et nécessite des kilomètres de tuyauteries de refroidissement. 


- Un saut de Big Air nécessite une structure en échafaudage de 50m de haut posée sur un parking (comme à Pékin).


- C’est du "ski de laboratoire".


- En patinage de vitesse, les records ne tombent plus grâce à la météo, mais grâce au contrôle de l'hygrométrie et de la température de la glace au dixième de degré près.


- Les Pays-Bas dont le point culminant est à 322m, finissent troisième des Jeux grâce à une spécialisation extrême sur la glace circulaire.

- La «snow factory» ou quand la chimie remplace la météo

- 28% des épreuves se font sur neige artificielle. 


- A Cortina, 100% de la neige utilisée pour le ski acrobatique et le snowboard était artificielle.


- Pour le Big air ou le Half-pipe, la neige naturelle trop molle, trop changeante est remplacée par de la "glace broyée" ultra-compacte pour garantir la hauteur des sauts. 


- Le ski est devenu un sport de skatepark blanc plutôt qu'un sport de montagne.


- Dans l’épreuve de ski-alpinisme, c’est un escalier en bois qui faisait office de montage !!

- Une fracture culturelle : le style contre le chrono

- Un certain nombre de pays anglo-saxons (E.U, Canada, Australie,...) ont poussé le CIO à intégrer des disciplines comme le Slopestyle ou le Big Air pour capter l'audience jeune. 


- Le ski n'est plus un moyen de descendre une montagne le plus vite possible, mais un support de voltige.


- C’est le modèle X-Games, c'est à dire une culture de l'adrénaline où la créativité et la prise de risque spectaculaire comptent plus que la simple performance athlétique, qui devient peu à peu dominant. 


- La note artistique basée sur l'esthétique et la difficulté technique est devenue le juge de paix dans 32 épreuves exactement, soit 28 % du programme olympique !!

Le CIO privilégie désormais ces épreuves "hors-sol" car elles sont "transportables" sous toutes les latitudes.


On peut donc très bien imaginer dès aujourd'hui des JO d'hiver sans montagne.


D'où une possible double conclusion : 


Les JO d'hiver n'ont plus besoin de la montagne.


Et la montagne n'a plus besoin des JO d'hiver.


Tuesday, January 27, 2026

C'EST QUOI DEMAIN, LES SPORTS D'HIVER ?

Pendant que certains sont payés par Nike pour jouer au foot dans la neige, d'autres livrent en vélo des repas chauds dans un froid glacial.

Quand la couverture du New Yorker de cette semaine offre une formidable lecture sociale de ce que l’on pourrait être tentés de nommer les "sports d'hiver" du futur.

Quand ce qui est pour certains un loisir, devient une nécessité économique pour d'autres.

Quand le froid glacial devient une des réalités du nouveau sous-prolétariat du XXI° siècle.

Fracture sportive. 

Fracture climatique.

Fracture économique

Fracture sociale.

C'est quoi réfléchir aujourd'hui à ce qu'on appellera peut-être demain les sports d'hiver ?

Monday, January 26, 2026

ANECDOTIQUE... MAIS RÉVÉLATEUR ?

Il y a quelques jours, l'Inter de Milan a joué un match de foot sur un terrain enneigé et en partie occupé par des rochers et un arbre. Ce match était destiné à marquer de façon symbolique le fait que son quatrième maillot serait désormais brandé ACG, la filalie outdoor de Nike - détail, .

En soi, ce n'est qu'un coup marketing de plus dont on n'aurait franchement pas dû parler ici.

Alors pourquoi le faire ?

Car cela s'inscrit dans le cadre de nos réflexions sur les nouveaux imaginaires climatiques et sportifs dont notre dernier post témoignait sous le titre et si la guerre et le sport passaient du chaud au froid ?

Dans ce post nous posions l'hypothèse que le sport de demain pourrait notamment se partager (mais pas que...) en deux grands camps ayant chacun leurs codes et leurs imaginaires : le camp du chaud et le camp du froid.

En délaissant son stade de San Siro pour un terrain enneigé dans les Alpes, l'Inter semble illustrer parfaitement ce basculement de l'imaginaire sportif d'une esthétique de performance associé au confort et à la chaleur vers une esthétique de résistance et de résilience au froid.


On retrouve dans cette collaboration ACG/Inter quelques points de nos analyses :

- L'imagerie "héroïque" : le décor sauvage remplace le confort urbain par une esthétique montagnarde. 

- La mutation technique : Nike incarne avec ACG ces équipementiers qui ont compris que l'adaptabilité et la performance "brute" en milieu hostile était une valeur en hausse depuis quelques années. 

- Le paradoxe climatique : organiser un match sur neige en plein Piedmont souligne cette "nostalgie du froid" que l'on cultive artificiellement alors que le monde se réchauffe.

Ici l'Inter et ACG ne jouent donc plus seulement au foot, ils s'inscrivent dans ce qui pourrait devenir une nouvelle guerre culturelle où la noblesse sportive se mesurerait à la capacité de survivre — avec style — au froid glacial.


Voir : et si le désir d'outdoor supprimait les stades ?

Friday, January 23, 2026

ET SI LA GUERRE ET LE SPORT PASSAIENT DU CHAUD AU FROID ?

Nous changeons de contextes.

Nous changeons de contexte climatique, géopolitique et guerrier.

Et ces changements de contextes pourraient entrainer une importante mutation des imaginaires sportifs.


Les faits d'abord

Depuis plusieurs décennies les grands conflits se sont essentiellement passés dans des zones chaudes. 

Après l'Asie du Sud-est dans les années 70, ce furent le Moyen Orient et l'Afrique qui concentrèrent les principaux conflits.

Longtemps, la guerre fut et est encore globalement associée dans l'esprit des Occidentaux, à la pauvreté, à la chaleur et désert.

C'est en train de changer et ce de façon assez radicale.

Ça a commencé en 2022 avec l'Ukraine.

La guerre est redevenue associée au froid et à la boue 

Et ce basculement s'accélère aujourd'hui avec les menaces de conflits autour de l'Arctique et les prétentions américaines, russes et chinoises dans cette zone. 

Le Groenland est en train de remplacé le Sahara.

Et on sait que l'imaginaire sportif a toujours entretenu un lien étroit avec l'imaginaire guerrier et géopolitique. 

On peut donc imaginer que si les armées basculent de l'Afrique à l'Arctique, le sport suivra ce mouvement avec une décennie de décalage. 

Voilà comment on peut imaginer que ce basculement climatiques des militaires transforment radicalement les imaginaires climatiques des sportifs et donc les pratiques sportives dans les deux décennies qui viennent.

Depuis vingt ans, les trail et les ultramarathons dans des contextes chauds et désertiques incarnent un certain idéal sportif occidental. 

Cette esthétique reflétait parfaitement la guerre asymétrique en zones arides.

Le basculement vers le froid pourrait marginaliser ces pratiques au profit de disciplines hivernales d'endurance : ski de fond, trail hivernal, courses en raquettes. 

L'imagerie heroïque se déplacera du corps trempé de sueur sous le soleil au corps luttant contre le gel et la neige.

Le biathlon, le ski-alpinisme, le ski de randonnée nordique, voire des pratiques extrêmes comme les traversées polaires à ski pourraient passer du statut de niches confidentielles à celui de nouvelles disciplines de référence pour mesurer l'endurance et la résilience.

Retour de la rusticité.

On pourrait aussi assister à une réhabilitation de l'endurance "brute" contre la performance "connectée"

Si les armées redécouvrent que le "low-tech" l'emporte sur le "high-tech" dans le froid (batteries mortes, électronique gelée), le sport pourrait connaître un mouvement similaire. 

On assisterait à une valorisation des pratiques rustiques, sans technologie ; courses hivernales "déconnectées" (sans montre GPS, sans assistance électronique), défis de survie en milieu froid (bivouac hivernal, construction d'igloos)

On pourrait assister alors à une fracture générationnelle : les "digital natives" des sports chauds contre les "nordic natives" des sports glacés.

Militarisation des compétitions.

On pourrait voir émerger des compétitions hybrides mêlant sport et simulation militaire arctique : courses d'obstacles dans la neige avec épreuves de franchissement de rivières glacées, transport de charges lourdes dans des conditions de blizzard, épreuves de tir en conditions de gel extrême.

Ces événements, déjà embryonnaires (certaines courses "Spartan" ou "Tough Mudder" ont des versions hivernales), pourraient devenir mainstream si l'imaginaire collectif glorifie à nouveau le soldat arctique plutôt que le soldat désertique.

Mutation des équipementiers

Les marques de sport devront s'adapter. Les géants du running tropical (Hoka, On, etc.) devront développer des gammes hivernales crédibles ou risquer la marginalisation. À l'inverse, des marques scandinaves spécialisées (Craft, Haglöfs) pourraient devenir dominantes.

Les équipementiers militaires (Arc'teryx LEAF, 5.11 Tactical) pourraient franchir massivement la frontière vers le sport civil, apportant leur expertise arctique.


Mais…

Mais évidement tout cela se passerait dans un monde de plus en plus chaud. 

On vivrait alors un vrai paradoxe climatique : des sportifs qui s'entraînent au froid dans un monde qui se réchauffe !!

Ce paradoxe pourrait créer une fracture :

- Un sport "réaliste" qui s'adapte au réchauffement (moins de neige, sports de transition)

- Un sport "nostalgique" qui cultive artificiellement les conditions froides (chambres cryogéniques, entraînements en Alaska) comme affirmation idéologique.

On aurait alors possiblement une explosion des offres commerciales pour les sports polaires. 

Les courses au Groenland, les stages d'entraînement en Laponie, les camps de ski de fond dans le Grand nord canadien se banaliseraient peu à peu et deviendraient accessibles à une classe moyenne sportive, créant un nouveau marché du "sport extrême nordique".

Vers une bipolarisation climato-sportive ?

Dans la décennie à venir, on pourrait donc assister à une véritable guerre culturelle sportive entre deux imaginaires :

- Le camp chaud : technologie, optimisation, individualisme, déserts et tropiques, esthétique colorée et connectée

- Le camp froid : rusticité, endurance, collectif, Arctique et toundra, esthétique militaire et déconnectée


On en reparle le 18 mars avec "Et si demain, la guerre changeait le sport ?"