Thursday, April 16, 2026

ET SI LA THÉOLOGIE DE L'INVISIBILITÉ S'APPLIQUAIT AU SPORT ?

Il y a au début de l’épisode 2 de «The Young Pope», une scène passionnante.


C’est celle où le nouveau pape refuse de se prêter au jeu des photos officielles et des produits dérivés que lui propose la directrice de la communication du Vatican,


Dans cette scène fondatrice, le pape Pie XIII rejette le marketing de la transparence pour imposer une stratégie du mystère.


Plutôt que d'être un produit de consommation omniprésent, il choisit l'absence pour restaurer le sacré.


S’appuyant sur des figures comme Salinger, Kubrick ou les Daft Punk, il postule que ne pas montrer son visage transforme l'homme en mythe. 


Pour lui, l'Église s'est affaiblie en devenant trop accessible.


Pour lui, la disparition est la forme de pouvoir la plus absolue. 


Il définit ce qu’on pourrait appeler une «théologie de l’absence».



Pour alimenter nos récentes réflexions sur la furtivité ( et ), on peut se demander à quoi pourrait aboutir cette «théologie de l’absence» dans le sport demain ?


Ça serait le sport qui choisirait de "cacher" ses stars, de limiter les accès ou de supprimer les réseaux sociaux de ses athlètes pourrait recréer un désir mimétique absolu. 


Les clubs, les athlètes, les marques ne vendraient plus de la proximité, mais du mystère.


Le vrai champion serait celui dont on ne sait rien. 


Sa performance sur le terrain deviendrait sa seule expression, rendant chaque apparition sacrée car rare.


Pratiquer sans capteur, sans écran et sans partage social pourrait redonner au sport sa dimension mystique et personnelle. 


Et si demain, dans le sport comme en religion, l'invisibilité n'était plus une absence... mais une force ?