Thursday, November 24, 2022

ET SI LE SPORT N'ÉTAIT PAS ASSEZ UTILISÉ POUR PENSER LES MUTATIONS SOCIÉTALES ?

Les choses sont claires : nous changeons peu à peu de modèle de société.

Tous les cadres et valeurs construits dans la foulée des deux première révolutions industrielles au XIX° et au XX° siècle sont remis en cause.

Et c'est normal : toute révolution industrielle - et nous en vivons une avec le numérique - engendre une révolution des références culturelles et donc de la politique.

Aujourd'hui tout notre de système de valeur est réinterrogé.

Certains le disent avec beaucoup de talent depuis de nombreuses années.

C'est le cas notamment de Michel Mafessoli qui depuis deux décennies nous explique que nous passons d'une société jusque-là dominée par la figure de Promethée à une société dominée par la figure de Dionysos.

Dit autrement : nous passons d'une société dominée par les figures de la production industrielle à une société dominée par la recherche du plaisir.

Et quand vous y ajouter les réseaux sociaux, ça change forcément le profil des leaders d'opinion comme le montre le schéma ci-dessous issus du Media Lab du MIT - voir, .

Ce basculement des valeurs s'accompagne d'un écroulement des grands récits qui ont structuré les deux siècles précédents.

On attend plus de grandes réponses pour le futur, on veut des réponses pour maintenant.

C'est une nouvelle éthique de l'instant qui s'impose.

Et dans ce cadre, être en forme, faire attention à son corps et faire du sport deviennent des choses de plus en plus importantes.

Le corps devient le nouvel outil de production du XXI siècle.

Ça veut dire quoi ?

Ça veut dire que le sport va être une des grandes révolutions culturelles du XXI° siècle.

Ça veut dire qu'on va lui demander de plus en plus de choses : de lutter contre l'obésité comme de sauver la planète ou de rendre heureux les gamins.

Ça veut dire que sa/ses définition(s), ses missions, ses imaginaires vont se multiplier.

Ça veut dire que d'universel, il va devenir pluriversel.

Et ça veut donc dire qu'il va falloir faire une nouvelle cartographie des récits sportifs, comme nous l'avons fait (voir ci-dessous)

Ou quand on comprend que le sport dépasse largement le sport.

Ou quand on comprend que le sport est au coeur des mutations sociétales.

Ou quand on comprend que le sport n'est pas seulement le reflet de ces mutations, mais qu'il en est souvent l'accélérateur et parfois le moteur.

Des constats qui amènent deux questions.

C'est ce sur quoi nous travaillons actuellement.

Et que nous vous présenterons très prochainement.

Vous verrez, c'est passionnant et décapant !

Wednesday, November 23, 2022

ET SI POUR ANALYSER LA SOCIÉTÉ, LE SPORT REMPLAÇAIT LE TRAVAIL ?


Quand un article sur un grand marathon est aujourd'hui illustré par une femme âgée ...

Quand un article sur la retraite est illustré par un couple de seniors faisant son footing ...

Quand on comprend que les grilles de lecture traditionnelles sur la société ne tiennent plus ...

Et que l'on est donc obligé de se poser de nouvelles questions ...

Et si plutôt que d'analyser la société sous les seuls angles de la fatigue et de la flemme, on l'analysait donc plutôt sous les angles de l'effort et du sport ?

Et si on remplaçait le travail par le sport pour analyser la société en devenir ?

L'idée n'est évidement pas de dire que le sport va remplacer le travail.

Mais que l'analyse du sport, de ses pratiques et de ses imaginaires permet certainement de beaucoup mieux comprendre la société que l'analyse du monde du travail.

Cela inciterait à se poser de nouvelles questions 

Et si on associait l'effort non plus au travail, mais au sport ?

Et si on remplaçait la flemme par la notion de récupération ?

On pourrait poursuivre la liste longtemps.

Bref ...

Bref, et si on acceptait enfin de tirer les conséquences du changement radical de société, en revoyant totalement nos grilles d'analyses sur nos sociétés en mutation ? 

On poursuit la réflexions dans de prochains posts.

Tuesday, November 22, 2022

ET SI ON ARRÊTAIT AVEC CETTE IDÉE DE "SOCIÉTÉ DE LA FLEMME" ?

Ainsi donc selon certains observateurs, nous serions entrés dans "une société de la flemme


On vous épargnera la synthèse de ce travail tant il accumule les clichés et les enfilages de perles sur une société qui ne voudrait plus travailler, des gens qui veulent plus sortir et bien sur des jeunes avachis qui ne font plus de sport.

Et tout au long de l'étude, on nous parle de "perte de motivation", de "fragilisation physique", de "nouveau rapport à l'effort" et même d"épidémie de flemme".

Les analyses ne sont pas forcément fausses, mais les termes employés sont tellement peu positifs, que les auteurs semblent plus nous parler d'un corps malade et en phase terminal... que d'une société en mutation.

Ils jugent le monde d'aujourd'hui avec des références de l'ancien monde. Celui d'avant la révolution industrielle du numérique qui est, en effet, en train de mettre à bas toutes les codes construits au XIX° et XX° siècles.

Comme toute révolution industrielle, celle du numérique engendre une révolution des valeurs, de la politique et des territoires.

Les partis politiques du XIX et XX° sont en train de doucement mourrir.

Le modèle urbain du XX° est lui très fortement réinterrogé et doit se réinventer autour du vivant.

Les codes et les espaces du travail et du sport souffrent.

Et c'est normal, car aujourd'hui on peut travailler partout comme on peut faire du sport partout.

Bref, on vit une explosion des cadres et des codes définis pendant deux siècles.

Et ce n'est pas forcément une catastrophe, quand on voit les crises écologiques et climatiques engendrées par les deux précédentes révolutions industrielles. Pourquoi vouloir maintenir et avoir de la nostalgie pour un système qui n'est pas viable ?  

Et donc, comme tout révolution, celle-ci va faire émerger de nouveaux récits.

Vont donc émerger de nouveaux récits politiques.

Vont donc émerger de nouveaux récits urbains.

Vont donc émerger de nouveaux récits sportifs - .

Les sociétés occidentales des XIX° et du XX° se sont construites autour de l'effort et du travail.

Les jeunes générations des sociétés occidentales du XXI° sont en train de se construire de nouvelles références autour du corps, du bien-être, des loisirs, du plaisir, de nouveaux rapports à la nature ...

Est-ce forcément une mauvaise nouvelle ?

Et si en fin de compte, la flemme n'était tant pas du côté de la société, que de ceux qui prétendent l'analyser avec leurs vieilles lunettes du XX° siècle ?

Thursday, November 17, 2022