Showing posts with label innovation. Show all posts
Showing posts with label innovation. Show all posts

Friday, July 24, 2026

ÉCONOMIE DE L'OMBRE ® : LA RÉVOLUTION ÉCO-CLIMATIQUE DES MOBILITÉS ACTIVES

Le réchauffement climatique et la multiplication des canicules vont radicalement modifier nos modes de vie européens.

Mais nous ne sommes pas préparés à cela.

Car si on vit actuellement très concrètement la menace, on a encore du mal à penser les changements que cela va impliquer dans les logiques économiques et dans la vie quotidienne.


Il va donc falloir penser notre avenir avec de nouveaux outils et de nouveaux concepts.


C'est pour cela que nous avons décidé de créer et de travailler autour de cette notion d'Économie de l'Ombre ®.


L'ombre ne pourra plus résumer à un élément de confort ou de paysage : l'ombre va devenir une ressource vitale rare, donc un actif économique monétisable.


L'Économie de l'Ombre ® va bouleverser l'économie urbaine - voir, .


L'Économie de l'Ombre ® va donc aussi bouleverser l'économie de la mobilité quotidienne, et notamment des mobilités actives.


La surchauffe va bouleverser complètement les valeurs des déplacements.


Il va nous falloir changer de références mobilitaires : sur nos trajets de tous les jours (marche, vélo, trottinette, bus, tram), la fraîcheur n'est plus une option de confort itinérant, elle devient la condition sine qua non de la possibilité même de se déplacer.


L'ombre n'est plus un simple arbre planté le long d'un trottoir : c'est le nouvel actif stratégique et économique des réseaux de transport.


Voici comment on peut imaginer que se structure concrètement l'Économie de l'Ombre ® dans la fabrique des mobilités actives du quotidien :



- La création d'actifs de circulation "frais" (Les servitudes de transit à l'ombre)


De la même manière qu'il existe un droit de passage ou des crédits carbone, on peut imaginer la création d'un marché de compensation thermique des corridors de déplacement ou de servitudes d'ombre mobilitaire.

. Le mécanisme : Un gestionnaire d'infrastructure, un promoteur de passerelle ou le propriétaire d'un bâtiment aligné sur une piste cyclable qui conçoit sa structure ou sa végétation pour projeter une ombre portée maximale et continue sur les voies de circulation aux heures de pointe les plus critiques (ex. entre 12h et 18h) génère un gain thermique et sanitaire mesurable pour la collectivité. 

. La valorisation : Ce gain (exprimé en réduction de température ressentie par les cyclistes/piétons ou en évitement de malaises thermiques sur la voie publique) donne droit à des bonus de constructibilité, des subventions des régies de transport ou la revente de "crédits d'itinéraires rafraîchis" aux opérateurs de mobilité. 

. L'ombre projetée devient une infrastructure mobilitaire en soi.

- Le rendement commercial des flux de déplacement (La géographie des itinéraires rafraîchis)


Dans une ville à 42 °C, la valeur marchande d'un trajet quotidien ne dépend plus du kilométrage brut, mais de la continuité du cheminement à l'ombre.

. Dévaluation des axes de transit ensoleillés : Une piste cyclable ou une artère piétonne non abritée perd la quasi-totalité de son trafic entre 11h et 18h. Le report modal s'effondre et les bornes de vélos en libre-service exposées plein soleil deviennent inutilisables (selles et guidons brûlants). 

. Hyper-valorisation de la "canopée de transit ®" : Les axes de mobilité équipés pour garantir une continuité d'ombre captent l'intégralité du flux de déplacements quotidiens. La valeur d'usage d'un kilomètre de piste sous structure rafraîchissante devient 3 à 4 fois supérieur à celui d'un kilomètre exposé au soleil. 

. L'ombre est le nouveau moteur d'attractivité et de traçabilité des mobilités actives.

- L’externalité négative de la réverbération routière (Taxer la chaleur générée sur le transit)


Dans une économie de l'ombre et du rafraîchissement mobilitaire, la physique thermique entre dans le code de la voirie et des transports.

. Le coût du rayonnement : Un véhicule ou une infrastructure de transport qui surchauffe son couloir de déplacement par réverbération (effet miroir ou accumulation thermique de l'asphalte) détruit le confort des mobilités douces voisines et décourage la marche et le vélo. 

. La fiscalité thermique du déplacement : La collectivité applique une redevance de surchauffe mobilitaire  ® aux véhicules lourds non isolés ou aux voiries asphaltées foncées, et subventionne à l'inverse les flottes de transport équipées de toits isolants et les voiries ombragées. 

. Adapter son véhicule ou son tracé pour créer ou préserver l'ombre devient une stratégie d'optimisation fiscale pour les opérateurs de transport.

- La monétisation du service écosystémique (La mobilité à l'ombre comme service public marchand)


Dans ce modèle, la gestion de la fraîcheur sur les parcours quotidiens bascule du statut d'aménagement de voirie à celui de service public marchand (utility), au même titre que la fourniture d'énergie ou de données GPS.

. Opérateurs d'ombre mobilitaire ® : Des entreprises privées, des régies de transport ou des SEM conçoivent, financent et maintiennent des infrastructures de protection solaire à grande échelle le long des axes de déplacement (ombrières rétractables sur grands boulevards, tunnels frais pour vélos, stations de bus bioclimatiques). 

. Modèle de financement : Elles se rémunèrent via des contrats de performance mobilitaire et thermique ® signés avec les métropoles (économies réalisées sur le budget de santé publique et valorisation des données d'itinéraires frais via des GPS dédiés) et par le biais d'abonnements ou de micro-tarifications d'accès aux voies rapides ombragées.

La révolution à venir :


L'Économie de l'Ombre ®, c'est le passage d'une mobilité de la vitesse et du plus court chemin (parcourir une distance le plus vite possible) à une mobilité du microclimat protégé (effectuer son trajet quotidien dans un couloir thermique tolérable).


La piste cyclable, la station de bus, le pôle d'échange ou le cheminement piéton trouvent leur nouvelle valeur mobilitaire, fiscale et d'usage dans la fraîcheur qu'ils garantissent d'un point A à un point B.


C'est un des pans de la nouvelle révolution mobilitaire du XXI° siècle.


On poursuit la réflexion.

Wednesday, July 08, 2026

CE QUI A ÉTÉ FAIT PAR CHOIX PEUT - TRÈS BIEN - ÊTRE DÉFAIT PAR CHOIX

Ce post prolonge

"Non, il n'y a pas de petite bulle qui tienne !"

- "Pourquoi en supprimant sa caravane, le Tour va devenir plus rentable"

________________________________


On présente souvent la caravane publicitaire et le cortège de suiveurs comme une réalité intouchable et surtout nécessaire économiquement. 


C'est faux. 


Et l'histoire même de la caravane le prouve.


Rappel des trois étapes + celle possiblement à venir.

1. La genèse (1930) - un choix budgétaire, déjà. La caravane publicitaire n'est pas née d'une nécessité sportive mais d'un problème budgétaire. 

En 1930, Henri Desgrange supprime les équipes de marques et impose des équipes nationales : le Tour doit désormais payer et entretenir tous les vélos. Pour financer cette décision, il invente un système où des marques extérieures au cyclisme paient pour défiler devant le public.

La caravane est donc, dès l'origine, une solution financière mais absolument pas un élément constitutif de la course !!!


2. L'âge d'or (1930-1960) - la publicité devient spectacle. Chocolat Menier, La Vache qui rit, Yacco, Bic : les marques comprennent vite la puissance de ce défilé gratuit. Le succès est tel qu'une partie du public repart avant même l'arrivée des coureurs. La caravane devient un produit à part entière, autonome, presque plus attendu que la course par certains.


3. L'explosion logistique (1930-2026) - une croissance non pilotée par la performance sportive.

Le nombre de véhicules explose : ~30 dans les années 1930, ~80 avec l'arrivée de la télévision, ~150 avec le retour des équipes de marques en 1969, jusqu'à 150-200 véhicules pour la seule caravane aujourd'hui - et plus de 500 véhicules en mouvement en comptant toute la « bulle » du Tour. 

Cette croissance suit l'évolution des médias et du marketing, pas les besoins réels de la compétition cycliste.


4. La disparition imaginée (2036) - la preuve que ça serait possible économiquement.

Notre scénario imagine qu'en 2036, sous la pression climatique et financière, ASO démantèle la caravane publicitaire et les flottes de suiveurs : véhicules réduits à moins de 10 unités électriques/hydrogène, directeurs sportifs pilotant à distance, captation par drones. 

Résultat projeté : coûts opérationnels réduits de 60 %, marge opérationnelle passant de ~20 % à 38 %, chiffre d'affaires doublant grâce à de nouveaux revenus (data environnementale, droits médias mondiaux asynchrones, sponsoring tech, subventions de résilience territoriale). Le public n'est pas perdu et l'audience progresse.

Ce qui a été créé par choix peut être défait par choix.


La caravane n'a rien de naturel. 


Elle n'existe pas parce que l'actuel modèle économique du Tour de France en a besoin. 


Un problème de budget historiquement daté a créé un dispositif publicitaire, qui est devenu un dispositif logistique, qui est devenu - un siècle plus tard - un monstre de 500 véhicules en mouvement. 


Rien dans cette évolution n'est une loi de la nature. 


C'est une accumulation de décisions économiques, prises une à une, chacune rationnelle sur le moment, mais dont peu de personnes interrogent la somme.


Le scénario 2036 que nous avons imaginé dans notre précédent post n'est pas un rêve écologique : c'est une équation comptable


La suppression de la caravane et des suiveurs n'y est pas présentée comme un sacrifice, mais comme une opportunité de marge. 


Moins de véhicules à louer, assurer, héberger et ravitailler, c'est une réduction de coûts opérationnels de 60 %. 


Et en face, de nouveaux revenus apparaissent précisément parce que le modèle change : vente de données environnementales, droits médias mondiaux liés à des horaires de course décalés, sponsoring de R&D à haute valeur ajoutée, subventions de collectivités qui voient dans le passage du Tour un label de résilience territoriale. 


La marge opérationnelle grimpe de ~20 % à 38 %. 


Notre proposition est donc un meilleur business model !!


Et un meilleur business model plus écologique !


La caravane et les suiveurs ne sont une nécessité économique - c'est juste une préférence, un attachement à un modèle connu, une inertie organisationnelle. 


On continue parce qu'on a toujours fait ainsi, pas parce qu'il n'existe pas d'alternative rentable. 


L’alternative rentable existe - il suffit de vouloir s’engager dans un nouveau modèle.


Le public ne disparaît pas, il se déplace.


L'argument le plus commode pour défendre la caravane est social : «le public l'adore, il faut bien l'occuper pendant l'attente». 


Mais nous, nous sommes persuadés que l'engagement du public ne dépend pas de la distribution de goodies en plastique. 


Il dépend du récit !!!


En recentrant le spectacle sur l'exploit sportif - des coureurs plus autonomes, une compétition plus âpre, une dramaturgie retrouvée - l'audience et l'engagement progressent, alors même que la caravane a disparu. 


Le public ne demande pas des bobs et des saucissons : il demande une histoire à suivre !!


La caravane comblait un vide narratif ; mais elle n'est pas la source de la passion populaire pour le Tour.


Ce que cela change dans le débat


Tant que l'on présente la caravane et les suiveurs comme une fatalité - «c'est comme ça, ça a toujours été ainsi» -, on interdit toute discussion sérieuse sur son coût environnemental, sa pertinence économique ou son intérêt réel pour le sport. 


Mais dès l'instant où l'on montre qu'un scénario alternatif est non seulement viable, mais plus rentable, l'argument change de nature. 


Ce n'est plus une question de renoncement, c'est une question de volonté.


Le Tour de France de 1930 a créé la caravane pour résoudre un problème d'argent. 


Rien n'empêche d'imaginer qu'en juillet 2030, ASO annonce la suppression de la caravane publicitaire pour le Tour de 2036 pour des raisons économiques !!!


Voir en début de ce post à quoi pourrait ressembler la Une de l'Equipe du 12 juillet 2030.


ASO et le Tour auraient six ans pour gérer leurs transitions.



On vous laisse y réfléchir.

Thursday, June 11, 2026

ÇA VEND QUOI NIKE EN 2040 ?

Il y a quelques semaines Nike a lancé la Mind 001, une chaussure pour avant et après l'effort destinée selon ses concepteurs à influer le cerveau en facilitant notamment la concentration et la récupération - plus, 


Le pari de Nike est de traiter le pied comme un capteur neurologique. 


"Une chaussure conçue depuis le cerveau vers le sol, et non l'inverseexpliquait le directeur scientifique du Nike Sport Research Lab.


On est pas qualifiés pour dire si tout cela est du pur bullshit ou non.


Mais on peut au moins s’interroger ce que peut signifier ce genre de produit dans la stratégie Nike à 10 ou 15 ans.


Car ce que révèle la Mind 001, ce n'est pas juste un nouveau produit. 


C'est potentiellement un changement de paradigme profond sur ce qu'est Nike.


Pendant 50 ans, Nike a vendu de la vitesse, de la puissance, du dépassement physique. 


« Just Do It » c’était du corps, et que du corp. 


La Mind 001 marque le pivot vers quelque chose d'autres choses : la performance mentale, la concentration, la récupération cognitive. 


C'est une logique de développement qu'on peut extrapoler et qui peut être porteur d'un formidable business : demain, pourquoi pas des textiles qui régulent le cortisol, des semelles qui mesurent le stress en temps réel, des équipements qui "lisent" l'athlète avant même qu'il commence à bouger ? 


Nike se positionne pour devenir une marque de biofeedback


Si ça se confirme, la concurrence changera de terrain.


Ça ne serait plus Nike face à Adidas ou New Balance


Ça sera Nike face à Whoop, Oura, Garmin, et surtout Apple


Voir : et si Apple ringardisait Nike ?


La question qui se pose donc aujourd'hui est : est-ce que Nike peut devenir la marque pivot entre le corps, les données et la performance ?


Si c’était le cas, le Nike de demain ressemblerait moins à un équipementier sportif qu'à une plateforme de performance humaine globale - physique, mentale, sensorielle. 


L'image qui illustre ce post semble en tout cas vouloir aller dans cette direction : l'athlète regarde vers le bas, immobile, connecté. Il n'est pas en train de courir. Il semble être en train de préparer son cerveau. 


Le cerveau comme nouvelle frontière de Nike pour 2040 ?


Intéressante perspective à méditer.



_____________________________________


Sur les possibles basculements des territoires de marque dans le monde du sport dans les années qui viennent, il faut lire :


- Comment en 2040, l'Oréal est devenue une grande marque de sport ?

- Comment en 2040, Danone est devenue une marque de sport ?


- Les 3 sphères de domination du marché sportif en 2040.

- Et si ces deux trilogies aidaient à penser mieux et autrement les futurs du sport ?